samedi 20 février 2016

Lecture Commune d'un nouveau genre

Une LC 2.0 avec A-Meli-Melow.
J'ai eu cette idée d'un coup, en essayant de trouver un moyen de trouver le bénéfice d'une LC tout en respectant les possibilités de lecture de chacune. Pour moi, le plaisir d'une Lecture Commune vient des échanges qu'on a sur le livre pendant sa lecture. Echanges qui se font par messages privés, et qu'on ne publie pas ici (enfin pour ma part en tout cas, je ne sais pas comment vous faites vous d'ailleurs ?). Mais cela demande une certaine disponibilité de la part des lectrices, de ne pas partir en voyage par exemple, et puis aussi de lire vraiment en même temps. Or, pour tout vous avouer, j'avais très très envie de commencer assez vite le nouveau roman de Delphine de Vigan (que je craignais pourtant de lire...). Or Méli ne l'avait pas encore, donc j'ai réfléchi à un moyen de le lire en LC mais de façon différée. J'ai alors pensé à des questions qu'on pourrait se poser après la lecture du livre; pas des questions en mode "questionnaire de lecture" (mes pauvres élèves en souffrent assez...) mais des questions qui lient le fond, le livre et aussi notre intimité de lectrices, et puis pourquoi pas des questions plus personnelles encore. Ainsi on échange sur le livre, mais aussi sur ce qu'on a pu faire pendant la lecture, et enfin sur nous. Ma co-équipière (son article ici) a aussitôt adoré l'idée, et voici ce que ça donne. 

Les questions de A-Méli-Melow et mes réponses

Est- ce que pour toi L. existe vraiment? Toujours cette question du vrai et du faux, qui pointe dès le titre... d'après une histoire vraie... Il y a une part de vérité, c'est certain. Mais toute vérité, une fois racontée, devient de la fiction. L'écriture déforme, transforme. Donc oui, il y a sûrement un fond de vérité à tout ça, mais jusqu'à quel point, je ne sais pas. L'auteur brouille les pistes, d'autant qu'elle utilise une simple initiale pour désigner le personnage. Elle nous donne ainsi l'impression du vrai, comme si elle cherchait à protéger le nom de la protagoniste, comme dans un témoignage. A mon avis, ça n'a pas existé, mais elle a connu quelque chose d'un peu semblable (c'est d'autant plus troublant qu'elle utilise le nom de son amoureux est François, et j'ai eu confirmation grâce à Internet qu'elle vivait bien avec François Busnel, qui est donc le François du livre ! Elle brouille bien les pistes...). L. est tellement horrible qu'on a envie qu'elle n'ait pas existé... Mais elle fait un parfait personnage de roman. 
Ou bien simplement l'auteur sait que se faire harceler par quelqu'un ça arrive à des écrivains, en vrai, parfois. Enfin je n'en sais rien. En tout cas ça arrive à des écrivains de fiction, puisqu'elle s'est fortement inspirée de Misery de Stephen King, roman dans lequel un écrivain est fait prisonnier par une de ses plus grandes fans. 
Et puis d'un autre côté il y le "mentir-vrai" d'Aragon. Même si tout ce qu'un auteur raconte est pure fiction, il y a une part de vérité. Même, la fiction permettrait de faire émerger l'essence même du réel, avec encore plus de force que le réel lui-même. Finalement, même l'auteur ne pourrait être certaine d'avoir écrit la vérité, puisque l'écriture est un masque, qui travestit tout. Le fantasme de la mimésis est bel et bien un fantasme; tout ce qui passe à travers le prisme de l'art et même avant, à travers le prisme de la perception de l'individu, est selon moi fatalement déformé. Donc on ne sait pas... et on ne peut pas savoir, et c'est ça qui est bien.

Pour L., les lecteurs "attendent du Vrai, de l'authentique":  et toi? qu'attends tu de la littérature?
J'attends justement ce qu'elle m'a permis juste ici : réfléchir ! J'adore réfléchir à la littérature, à ce qu'elle est, à ce qu'elle peut faire, à la place qu'elle peut avoir dans nos vies. Et je peux lire n'importe quelle histoire : je sais qu'elle contient toujours une part de vérité et une part de fiction. Mais ce que je préfère, tout de même, c'est quand la littérature s'interroge sur elle-même, qu'elle met en scène des écrivains, et qu'elle nous dévoile un peu de la réalité de leur monde intérieur. Je ne sais pas pourquoi, mais ces personnalités m'ont toujours fascinée. Alors, dès que je peux lire un roman ou une autobiographie (et finalement, pas tellement de biographies..) dans lequel il est question d'un écrivain, de son travail, de sa manière de voir le monde, j'adore ! D'ailleurs, si vous avez des titres à me proposer, je suis preneuse !
Si je veux du vrai, il suffit d'allumer la télé... et de regarder les infos. C'est le vrai, dans tous ses états; et encore, il y a des déformations. La télé-réalité (dont il est d'ailleurs question dans le roman) n'a d'ailleurs rien de réel, puisque (comme l'auteur l'explique d'ailleurs), tout est scénarisé à l'avance. J'ai vraiment adoré toutes ces allusions, cette réflexion indirecte sur le vrai, le faux, la fiction et le réel. 

En combien de temps as-tu lu ce livre? J'ai lu ce roman très vite, alors qu'en ce moment je suis plutôt lente avec mes livres VO. Cela m'a fait du bien de lire en Français, et en plus le format du livre était plutôt confortable. Comme c'est écrit assez gros, j'avançais vite, les pages se tournaient rapidement et ça me motive ! En plus j'étais en vacances, donc j'ai pu lire deux heures après manger, ce qui est impossible en période de travail. Donc pour répondre concrètement à la question, j'ai du le lire en 5 heures, étalées sur deux jours à peine. Donc très rapidement :).

As-tu lu le précédent livre de D. de Vigan dont il est question ici, et si oui, qu'en as-tu pensé? Oui je l'avais lu, il y a 3 ans de cela. J'en avais même fait un article. Je laisse le lien ici. J'avais adoré; je ne me souviens presque que de ce sentiment d'ailleurs. J'aimerais beaucoup le relire maintenant, mais il est très très marquant, et je ne sais pas si je suis dans le bon état d'esprit. Mais c'est certain que dès que j'en aurai l'occasion, je le ferai. 

As-tu toi aussi reconnu "le point de démence" (p. 180) de quelqu'un? Je pense que oui, mais peut-être pas aussi consciemment. En même temps, L. est vraiment dingue. Mais j'imagine effectivement que quand on apprécie vraiment quelqu'un, on l'apprécie tout entier, avec ses qualités, ses défauts et ses folies. Du moments que ce sont de douces folies, qui ne risquent pas de nous faire nous retrouver dans un lit d'hôpital :p. 

Quelle est ta citation préférée? ou ton passage préféré? Je n'ai pas relevé de citation, car si je l'avais fait, j'en aurais relevées plein. Et c'est pareil pour les passages préférés. Je n'en ai pas qu'un mais plusieurs, et ce sont ceux où elle parle de ses sentiments en tant qu'auteur; la crainte de la page blanche, les petits carnets, les idées qui fusent,... J'ai adoré la dimension méta-littéraire du roman

Penses-tu comme L. que les séries télés sont vraiment mieux que les romans? Sur ce point je ne suis pas d'accord avec L. (elle !). Je trouve que les romans sont largement meilleurs que tous les films et que toutes les séries télé. Il y a bien plus de détails, on peut vraiment entrer dans l'intimité d'un personnage, et les points de vue varient. Je suis définitivement une adepte des romans. 

As-tu pu t'identifier à un personnage? Non, pas tellement puisque L. est une espèce de psychopathe et que Delphine est écrivain. Heureusement pour la première et malheureusement pour l'autre, je ne suis ni l'un ni l'autre... Les autres personnages de la vie de Delphine étant simplement esquissés, je n'ai pas réussi à m'identifier à eux non plus. Mais si je devais n'en choisir qu'un, ce serait François, parce que c'est un amoureux des livres. (et puis c'est François Busnel, de la Grande Librairie ! Je me suis renseignée après la lecture du livre; je me disais bien qu'il y a avait un truc, avec ces histoires de voyages aux USA (François Busnel adore Irving, Paul Auster et les autres)). 

Où as-tu lu ce livre? J'ai lu ce livre dans mon fauteuil de lecture, l'endroit le plus confortable sur terre. Un tabouret tout doux sous les pieds, un plaid sur moi et un cousin sur les genoux, pour poser le livre. Parfait. Et j'ai passé plusieurs heures de suite comme ça. C'est rare; mais ce roman s'y prêtait. Je ne l'ai même pas lu dans mon lit (fait encore plus rare). Il a donc eu un impact certain sur mes habitudes de lecture. 

Pourquoi as-tu voulu le lire? J'avais certaines craintes quant à ce roman; je pensais qu'il allait être très sombre, comme le précédent. Je me disais que la légèreté d'un roman comme Dysfonctionnelle serait plus appréciable pendant les vacances. Et puis finalement je l'ai emprunté au CDI, je l'ai feuilleté, et j'ai commencé à lire quelques pages. J'ai réalisé que ça parlait de littérature, et de Delphine écrivain. D'emblée ça m'a plu; pour une fois que je lis quelque chose qui me fait réfléchir à cet art ! ça m'a rappelé mes années d'étude (pas si éloignées), la réflexion sur la vérité de l'écriture, la place de l'auteur, et toutes ces choses. J'ai adoré dès le début, et je savais que la suite allait me plaire. 

As-tu mangé ou bu quelque chose pendant ta lecture? Oui, pour une fois je m'étais super bien installée, j'avais déplacé le fauteuil un peu plus près de la table et y avais posé ma tasse de thé. Un petit rayon de soleil qui passait par là en plus et c'était parfait. (J'ai l'impression de lire un de ces blogs de blogueuses un peu bisounours, qui parlent de plaid de chat et de thé. ça m'agace, mais en fait je comprends pourquoi elle en font toute une histoire... c'est quand même bien agréable tout ça !)

"On est amis ou on ne l'est pas": as-tu une "meilleure" amie? J'en avais indéniablement une quand j'étais jeune, que j'ai perdue de vue à l'âge de 15 ans (on a pris des voix différentes, elle avait déménagé, c'était compliqué mais ça s'est fait naturellement). Et puis j'en ai retrouvée une en Terminale, qui a été ma témoin de mariage. Et une autre en Prépa, qui a été mon deuxième témoin. Et depuis un an, une autre au travail. En fait, à chaque grande étape de ma vie, j'ai rencontré une meilleure amie. Je n'en ai donc pas qu'une, mais 3 au moins ! Je n'ai pas les mêmes relations ni les mêmes échanges avec chacune d'entre elles, mais je sais que je peux compter sur elles en toutes circonstances

Retranscris à la façon de L. (p. 296) les 10 premiers titres de ta bibliothèque. Ahah, question difficile, puisque je ne sais que choisir : la bibliothèque VO ou la française ? Je vais mélanger alors !
As-tu lu paper town, les fiancés de l'hiver, fan girl, les disparus du clair de lune, les outrepasseurs, les hommes qui n'aimaient pas les femmes, nothern lights, l'apprenti assassin, l'alliance des trois, le garçon qui voulait dormir ? 

J'ai trouvé ces questions géniales, et super intéressantes. Elle a su lier le personnel et les questions de fond. J'adore !! J'ai essayé d'y répondre avec force et honneur :p
Ce livre m'a en tout cas permis de repenser à toutes mes interrogations d'étudiante en Lettres; questionnements qui n'étaient pas tant destinés aux dissertations qu'à me permettre de comprendre des choses qui me tenaient à coeur. 

Voilà maintenant mes questions

J'ai donné pas mal de réponses précédemment. Nos questions se recoupent en fait ! Je vais m'arrêter sur les questions qui n'ont pas du tout été abordées précédemment. 

- Quel est ton passage préféré ? 
- Comment as-tu réagi quand on découvre que L. a carrément empoisonné Delphine ? J'ai complètement halluciné, je me suis demandé comment on pouvait en arriver là, mais en même temps ça ne m'a pas surprise. Je savais qu'elle allait être méchante. Je me suis même demandée si (attention, SPOIL !) elle n'était pas responsable aussi de l'accident dans l'escalier.
- Où as-tu lu ton livre ?
- Quel est l'endroit le plus incongru où tu as lu ce livre ? Aucun, puisque je l'ai lu dans mon fauteuil de lecture et tellement rapidement que je n'ai pas eu l'occasion de l'emmener ailleurs. 
- Quel a été ton moment préféré dans ta vie pendant la période de lecture de ce livre ? Je passais deux jours toute seule à la maison, pour travailler. Mais avant j'étais avec ma mamie et on a été dans un hôtel-spa, et c'était génial ! J'ai nagé dans des piscines d'eau de mer chauffées...!
- As-tu voulu abandonner ? pourquoi ? Non, même si par moments je me sentais un peu fébrile pendant ma lecture, hâte de savoir quelle serait l'issue. Donc au contraire, j'ai même plutôt accéléré !
- Quelle a été ta vitesse de lecture ? Extrêmement rapide, comme je vous le disais. 
- A quels personnages as-tu pu t'identifier ? 
- Et le style de l'auteur ? Qu'en as-tu pensé ? J'ai aimé son style, on voit qu'elle a pesé chaque mot. C'est vraiment une oeuvre littéraire, avec une réflexion sur la littérature, un style et une verve prenante. Et ça fait du bien de lire ce genre de livre de temps en temps. Bien écrit, mais pas du tout prise de tête et qui se lit très rapidement. 
- Et le format du livre ? Sa couverture ? Très agréable, couverture souple, pas trop grand ni trop petit, des pages bien aérées qui se tournent vite. 
- Quelles émotions as-tu ressenties pendant la lecture ? Je ne ressens pas énormément d'émotions lors de mes lectures, sauf dans les moments de coups de théâtre ou de grands évènements. Mais là j'ai aimé le suspense, qui m'a laissée assez fébrile tout au long de la lecture. 
- Quel marque-page as-tu utilisé ? J'ai utilisé un marque-page que je prends assez peu souvent comme il est assez haut : il est turquoise, avec une tour-Eiffel et plein de petits dessins. Je vous mets le lien ici. Je voulais faire une photo, je vais voir si je peux en ajouter une mais ces derniers jours c'était compliqué, surtout que je n'ai pas de carte photo sur la Surface...
- Combien de pages maximum as-tu lues en un seul coup (environ) ? J'ai réussi à lire 200 pages en une seule fois (C'est écrit assez gros, ça aide). J'ai eu envie de savoir la fin avant de poser le livre, et c'est très rare chez moi. Cela montre que c'est un bon thriller ! 

Et pour clôre le tout... des questions pour vous qui l'avez lu !

Comment avez-vous réagi quand vous avez réalisé que François était François Busnel ?
Avez-vous toujours soupçonné L. ?

En espérant que ce nouveau format de LC vous ait plu !! N'hésitez pas à le reprendre et à commenter :). 

jeudi 18 février 2016

New Moon, la saga continue

M'y voilà enfin, j'ai terminé le tome 2 de la série Twilight et suis enfin à même de vous en faire un article. Ils me prennent du temps ces bouquins, c'est le moins que l'on puisse dire. Non pas que l'intrigue soit philosophique ni même complexe; je ne fais pas des arrêts en mode "ouahou j'apprends tellement de choses sur la vie !" ou alors "ouahou, la pensée développée par cette auteur, et ce de façon métaphorique, avec ces allégories sexy de la vie, la mort, la peur, l'indécision... c'est d'une portée intellectuelle inouië !!" Nop. Je me dis juste "ahlàlà pas mal ce Jacob, pourquoi elle succombe pas cette greluche ? En même temps Edward est pas mal aussi, elle a pas tord d'attendre, en plus il brille au soleil." Bon, ok, pas à ce point là non plus. Mais ces bouquins me détendent; c'est indéniable. Je suis toujours prête à bien dormir après en avoir lu quelques pages. Donc j'adore, et je suis contente d'avoir encore deux gros tomes à lire. En plus je n'hésite pas à m'interrompre dans ma lecture pour lire des romans un tantinet plus évolués, en LC par exemple (ahah suspense les amis, vous vous demandez ce que ça peut bien être !! Mais il y a des indices dans les articles précédents :p). Bref, je suis bien contente d'avoir franchi le pas et commencé cette saga. Les romans sont tellement, terriblement meilleurs que les films !! W9 a eu la bonne idée de les repasser le lundi (c'était le 2 justement il y a deux jours) et j'ai pu constater à quel point c'est pathétique. Les livres rendent Bella un peu moins niaise, et l'intrigue un tantinet plus profonde (si l'on peut parler de profondeur...). 

J'ai plutôt bien aimé que l'auteur laisse des pages blanches pendant la dépression de Bella; c'était presque méta-littéraire : la page blanche du désespoir. Et puis ensuite son début de résilience grâce à Jacob est touchant. En revanche, Edward part un peu comme un gueux, sans raison véritablement convaincante. Il paraît que StephEnie (et oui ^^, n'est-ce que pas Tiphanie ?!) a voulu, dans ce tome, illustrer la douleur liée à la perte d'un grand amour. J'ai trouvé ça plutôt convaincant, même si Bella a un contrôle sur ses pensées assez impressionnant (surtout quand Jacob la réchauffe). Le gros bémol de ce roman selon est la fin, en Italie. Concernant ce passage, ma préférence va au film. Peut-être aussi est-ce dû à quelques mécompréhensions de la prose anglaise de Madame Meyer, mais j'ai eu le sentiment que tout allait bien vite avec les Volturi. Dans le film évidemment, les décors nous semblent plus grandioses, la succession des évènements plus limpide. Mais ce sera le seul bémol, peut-être avec les explications que Bella et Edward se donnent à la fin concernant sa disparition, sa dépression et surtout les voix qu'elle entendait. Enfin c'est mon avis; je n'ai peut-être pas saisi toutes les subtilités philosophiques de la relation de nos deux héros...
En tout cas il me tarde de lire le tome 3, dans lequel les deux zoms de sa vie vont rivaliser de génie pour la séduire. Ahah le pied ^^(sauf que je connais la fin, et sais pourquoi Jacob la cherche tout le temps, et que ça me fait bien marrer ! Beurk, c'est pas du tout romantique...!!)

Pour relever le niveau de tout cela, je vous ai choisi un tableau. Je reviens à mes bonnes résolutions, laisse de côté le lettering et vais vous parler d'art; plus particulièrement d'un tableau que beaucoup connaissent : "Le baiser" de Klimt. Depuis que j'ai commencé Twilight, je sais que c'est de ce tableau que je vais vous parler. Non pas seulement parce qu'il représente l'amour; ça aurait été trop simple, même si ça tombe sous le sens. L'histoire de Bella et Edward est un peu plus troublante qu'une simple histoire d'amour; c'est d'ailleurs ce qui a séduit un aussi grand nombre de lecteurs. Pour ce tableau, c'est un peu l'inverse : on croit d'abord à une magnifique représentation de l'amour, touchante, riche, brillante, onirique et champêtre. Mais si on y regarde de plus près, on se rend compte de certains détails...
1908-1909, Huile et feuille d'or sur toile,
180 x 180 cm
Regardez d'abord la position des amants. On ne voit pas la tête de l'homme, et elle est complètement penchée. Cela fait référence aux têtes coupées chères à l'art symboliste, et qu'on retrouve souvent dans la littérature, la poésie et la peinture. Pensez au mythe de Salomé qui demande la tête de Jean le Baptiste, ou bien à Mathilde de la Môle qui porte sur ses genoux la tête de Julien en l'emmenant au tombeau. Si on regarde maintenant la tête de la femme, on se rend compte que cette dimension morbide se justifie encore. Elle est très pâle cette dame, même si ses joues sont un peu rosies. On a l'impression qu'il embrasse une morte, ou une presque morte. De plus, on n'a pas tellement le sentiment qu'elle apprécie ce baiser... elle a la tête rentrée dans ses épaules d'une façon assez peu naturelle... Enfin, regardez sa posture : elle est en réalité à genoux; ses pieds dépassent. Etrange, encore une fois... Pour finir sur la femme : observez le bas du tableau : il y a comme des tresses à droite. On pourrait croire à de simples effets de style, mais on peut aussi supposer qu'elle représentent les cheveux de la femme. Dans l'art symboliste, on aimait représenter les femmes fatales avec de longues chevelures, grâce auxquelles elles pouvaient séduire et capturer... Charmant n'est-ce pas ! Le vampire ne serait, dans le cas de notre tableau, pas celui qu'on croit, malgré le baiser suggestif !
Parlons enfin de la facture plus que particulière de ce tableau. Cette abondance de doré, qui rappelle les œuvres artisanales, peut-être même les icônes, illustre la liberté créatrice de Klimt. Il n'appartient pas véritablement à un courant particulier. Membre de la Sécession viennoise - courant souhaitant s'extraire de l'académisme-, inspiré par les symbolistes, il finit par créer son propre style, et nous a particulièrement marqués par ses œuvres de la période dorée. Cette abondance de feuille d'or et de motifs sertis lui vient sans doute de l'observation de son père au travail : il été orfèvre. Tout cet or confère au tableau une dimension brillante et hiératique; on a presque l'impression que les deux amants sont allongés non pas dans un lit, mais dans un sarcophage (encore une fois, voilà pourquoi il m'a fortement inspiré suite à ma lecture !) Le seul élément qui évoque la nature dans ce tableau et apporte une dimension pastorale est le parterre de fleurs...

dimanche 7 février 2016

Le Lettering : les débuts


Je vous avais promis une "surprise" pour ce dimanche. J'ai cru ne pas y parvenir, mais finalement me voilà ! Cela fait plus de deux semaines maintenant que j'ai découvert ce loisir créatif, et j'avais envie de vous en parler plus avant. J'ai découvert le Lettering grâce au magazine Flow (et indirectement grâce à Ludo), et j'ai tout de suite accroché. Cette calligraphie d'un nouveau genre n'est pas encore tellement connue en France. C'est surtout dans le pays anglo-saxons qu'elle se développe, mais ça commence à arriver chez nous. D'ailleurs dans un mois un livre très attractif sort en Anglais sur le sujet. Je pense que je me l'offrirai...Je me suis donc lancée, sans outil au début (ce qui a donné le dessin de l'article sur Twilight), puis j'ai acheté un feutre-pinceau et les choses ont commencé à aller bien mieux. Je vous avait déjà joint la vidéo grâce à laquelle j'ai appris à faire les lettres de l'alphabet avec un feutre-pinceau : je vous la remets ici.

Le feutre- pinceau
Petite bestiole au bout allongé, en forme de pinceau (d'où son nom) ce feutre permet faire des traits épais ou très fins (comme avec un pinceau de calligraphie, mais en moins compliqué, n'ayant pas à doser la peinture). Le mien est de la marque Faber-Castell, noir. C'est le PITT artist pen, black 199****, B pour les intimes. Le prix est tout à fait abordable (moins de 3 euros), d'autant qu'ils sont de bonne qualité et remplis à l'encre de Chine. Le noir est donc profond, sans bavures et sans ombres. (je cause comme si je m'y connaissais... bref, c'est un beau noir quoi ^^). 
Les débuts sont un peu difficiles, il faut maîtriser la bête. D'ailleurs mon premier feutre-pinceau (et oui depuis j'en ai adopté un autre !) est tout écrasé au bout... En fait j'ai voulu faire comme dans les vidéo, c'est à dire faire des pleins et des déliés sans changer d'angle ni de position de mon crayon, mais je n'y parvenais pas bien (et j'ai un peu bousillé mon feutre au passage...). Maintenant je change mon crayon d'angle quand je fais des pleins, et le redresse pour les déliés. Mon mouvement est bien moins fluide que dans les vidéos, mais le résultat est le même (enfin, autant que possible !). Ce type de feutre vous permet de faire du brush lettering (une vidéo exemple ici, mais moins pédagogique que la première). 
Le petit nouveau que j'ai depuis jeudi est en bien meilleure santé, et fait des traits bien plus nets. Je pense donc réinvestir dans un autre de couleur noire. 

dix-polices-manuscrites-gratuitesLes polices
Une fois que j'ai eu maîtrisé l'alphabet brush (au bout de deux soirs je crois), j'ai eu envie de tester d'autres polices, pas forcément avec le feutre-pinceau. En plus de celui-ci je m'étais procuré un feutre plus épais, de chez Faber-Castell aussi (le M pour les intimes). Il est assez épais
, sans être trop fin ni baveux. Il permet de faire des lettres qui se voient bien.
Pour avoir de l'inspiration concernant les polices, j'ai fouiné sur Pinterest, et ai fini par découvrir ce site : il propose différentes polices, avec leurs alphabets. Une petite mine. Sinon ma collègue du CDI m'a parlé d'un site génial, sur lequel je me suis empressée de m'inscrire, et qui permet de créer des poster, banderoles et autres slogans, avec justement moult polices diverses. Il s'appelle PixTeller. J'y ai trouvé pas mal d'inspiration. 

Ainsi sur l'exemple que je joint à cet article, j'ai utilisé la police du brush lettering, mais aussi "into the vortex" (je l'adore, elle me fait penser à celle des Jolis Mots de Confidentielles), mais aussi un mélange à ma sauce de Just Realize. Pour ce qui est du mot BLOG en rouge, je l'ai simplement réalisé avec la pointe épaisse du feutre double pointe de Faber-Castell (encore !). Ces feutres sont géniaux, je les ai depuis longtemps.
Pour finir, un conseil si vous vous lancer : il faut persévérer ! Les progrès arrivent assez vite, mais on bafouille un peu au début, et parfois on stagne. J'ai mis je ne sais combien de temps à finaliser le dessin que je vous joint avec l'article, et qui en plus ne me convient pas totalement encore... Mais je voulais vous mettre quelque chose, alors voilà. La source d'une bonne semaine de réflexion et d'entraînement !
Je crois avoir fait le tour de ce que je voulais vous dire sur mon nouveau hobby, qui m'occupe pas mal ! J'apprends aussi peu à peu à dessiner (des livres comme ici par exemple !) et j'adore. Je ne vois pas le temps passer. Le seul inconvénient c'est que je lis moins, mais je vais vous rassurer : le tome 2 de Twilight, New Moon, est entamé aux trois quarts, et une LC d'un nouveau genre (encore de la nouveauté !! je suis inspirée en ce moment, profitions-en...) arrive avec A-Meli-Melow (on la commence mercredi).
A très bientôt donc, et bonne semaine !!

Alors, vous allez tester ??

lundi 1 février 2016

Jolies perspectives

Bonsoir à tous ! 
Vous l'avez sans doute remarqué, je poste moins souvent ces temps derniers. La raison est simple : je me suis mis au lettering et ça m'occupe pas mal. J'ai acheté un feutre pinceau d'ailleurs, et à l'aide de cette vidéo, je m'entraîne à utiliser cet objet un peu étrange... Maintenant je sais faire presque toutes les lettres de l'alphabet, et j'ai un projet pour le blog, en préparation. Bref, je prends moins le temps de lire, et en plus Twilight en Anglais est un tantinet plus long à lire qu'en Français. 
MAIS je voulais partager avec vous mes perspectives futures : alors que je désespérais de ne pas savoir quel livre en Français commencer pour faire une pause dans la VO, voilà ce que m'a envoyé la documentaliste du lycée : 

La joie !!!! Elle vient de recevoir la commande effectuée il y a un certain temps, avec plein de romans que je lui avais conseillés. J'ai déjà mis une option sur Dysfonctionnelle (je crois que c'est celui qu'il me tarde le plus de lire !), le dernier Delphine de Vigan et Les petites Reines. Je pense aussi que je lirai The Book of Ivy, Ludo et Whalzz m'en ont dit du bien (et en général je les écoute :p). Quant aux autres - à part Ma Raison d'Espérer que j'ai en VO, Nos étoiles contraires que j'ai déjà lu et Eternels que je ne connais pas...- , je les lirai sans doute un jour, puisque maintenant ils sont au CDI !!!

Et vous, lequel vous fait le plus envie ??

D'ailleurs, je lance un appel : si une lecture commune d'un de ces romans vous tente, c'est tout à fait possible ;)

dimanche 24 janvier 2016

Twilight, un phénomène

Bonsoir chers ami de la blogo ! Je suis vraiment heureuse de vous retrouver après ces quelques deux semaines (ouch) sans écrire... Mais la raison en est louable : Edward Cullen a eu ma peau... Oui... à moi aussi... Avec 10 ans de retard, je me suis enfin plongée dans le phénomène Twilight. Plus ou moins convaincue par les films, je me suis immergée dans la VO pour me donner bonne conscience. C'est ce qui explique mon rythme de lecture ralenti : il me faut presque le double de temps pour lire un livre en Anglais. Et puis je crois que, d'une certaine manière, je n'avais pas tellement envie d'aller trop vite... Cette lecture, chaque soir quelques pages ou un chapitre, avait un effet extrêmement délassant sur moi... Ce qui fait que j'ai acheté le tome 2 et que je crois bien y succomber dès ce soir...

Bon, je vous dois sans doute déjà quelques explications : pourquoi avoir commencé la saga qui a marqué une génération aussi tardivement ? Et bien tout simplement parce que j'étais une étudiante en Lettres snob. Et comme toute étudiante snob, je ne voulais pas toucher au tout venant, à la littérature de gare, aux miasmes adulescents dégoulinants de bons sentiments. Beurk.
Mes copines de prépa le lisaient (en Anglais !) mais j'avais seulement accepté de voir le film (Oh dear...). J'avais moyennement apprécié, n'étant pas une fan inconditionnelle de Robert, et encore moins de Christen. J'avais toutefois, quelques années plus tard, succombé à l'envie de voir tous les films; ce que j'avais fait, avec un certain plaisir mais toujours le sentiment de rester sur ma faim. 
Et c'est cette faim que j'ai comblé avec le tome 1,Twilight

Je vous le répète (au cas où) : j'ai adoré. Surkiffé. Idolâtré (bon ok, quand même pas). Bref, j'ai passé de super bons moments. Pourquoi ? Déjà parce que la focalisation interne (très souvent utilisée maintenant dans les romans YA, mais on comprend pourquoi) avec le personnage de Bella, est loin du "semi-sourire bouche ouverte" de l'actrice. Autrement dit, ce n'est pas niais. Bella est plutôt mûre pour son âge, différente des autres et réfléchie. Elle tombe certes sous le charme d'Edward, mais n'en fais pas des mantras dans sa chambre, laquelle chambre n'est pas recouverte de poster de jeunes acteurs plus ou moins virils. Ensuite, j'ai ADORE en apprendre davantage sur les coulisses des intrigues du film, intrigues étranges genre pourquoi Edward ne peut pas sentir Bella au début du roman, pourquoi cette dernière ne peut pas être transformée aussi aisément qu'on le croit, pourquoi Alice est chelou, etc. Comme toujours quand je lis un livre dont j'ai vu l'adaptation, j'ai aimé connaître tous les détails qui font du livre un objet bien plus précieux. Les vampires, les sentiments d'Edwards, les lois qui régissent leur clan, tout ça m'a beaucoup plu. Ajoutons à cela des indices indéniablement éclairants sur le pastiche qu'est Fifty Shades (jusqu'à un certain point, puisqu'Edward le vampire est quand même vachement moins bizarre que Christian le SM...) et une action plutôt sympa à la fin, et voilà tout ce qui fait que j'ai passé des moments super. 
Aparté pour Margaud : Le Edward VO est "so cutttteeee" !!
Le seul bémol que j'émettrais concerne la relation Edward-Bella : forcément, elle m'a beaucoup fait rêvé, rajeunir mais aussi apprécier d'avoir mon chéri tout près. Mais j'ai trouvé qu'à un moment donné tout s'accélérait vraiment entre eux. Ils passent la journée dans la forêt et hop (je spoile parce que je me dis qu'à part moi et quelques autres ferventes défenseurs de la grande littérature, tout le monde connaît l'histoire.), hop, donc, ils se font des déclarations de fou, sont prêts à tout l'un pour l'autre etc. D'accord le jeu de séduction ne pouvait pas durer une éternité, mais c'était quand même sympa.
Tout ça montre en tout cas que pour une fois, j'ai vraiment réussi à m'identifier aux personnages, ressentir des émotions et surtout beaucoup me détendre. Je crois que la VO a ce mérite avec moi : je me concentre davantage sur ma lecture et donc finalement sur l'histoire. Le fait de déchiffrer la langue ne me coupe pas de l'intrigue; étrangement, c'est plutôt le contraire. Donc, après avoir hésité un instant, je continue le tome 2 en VO aussi. Je ne sais pas si j'irai plus loin dans la saga, ayant ouï dire que les derniers tomes étaient moins bons, mais à voir... En tout cas, je suis tellement contente qu'il y ait un tome 2 qui m'attende ! C'est un livre qui, comme les Harry Potter ou Fan Girl, est extrêmement rassurant, puisque je sais que je ne vais pas avoir à me poser la question fatidique, que je me pose toujours au début d'un roman : est-ce que ça va me plaire, est-ce que je vais continuer. Rien de pire que ce sentiment, qui m'empêche de me plonger vraiment dans l'histoire. Pour tout vous dire, j'hésite ce soir à continuer La Liste de Siobhan Vivian, mais j'ai également ouï dire à son propos que ça n'était pas le roman du siècle... So...

Je profite également de cet article et de mon retour ici pour vous parler un peu de mes loisirs du moment. Depuis quelques temps je cherche ardemment des activités pour occuper mon esprit ou mes mains, ou bien les deux. Et miracle, cette semaine, j'ai trouvé deux occupations : La Corée et le coréen, et le Lettering ! Pour la première occupation, il ne s'agit pas d'une lubie mais de la préparation de notre voyage de noces (et oui !!). On part dans deux mois et une semaine, et je commence à bien me renseigner sur le pays, sa langue, ses coutumes. ça va être tout simplement génial !! Je ne peux pas vous parler coréen ici, ni l'écrire, mais si c'était possible, je saurais vous dire "bonjour" et "merci" ^^. C'est un début. Mais avec Le Coréen pour les Nuls, et le Lonely Planet du pays (une super édition d'ailleurs!), je vais être au point :p.
Je voulais surtout vous parler de ma seconde découverte : le Lettering. Et elle date seulement d'hier. 
Suite à la vidéo de Ludo sur les magazines (super idée d'ailleurs :p) j'ai eu envie de découvrir le magazine Flow; sa couverture m'attirais. Et en le feuilletant, j'ai constaté qu'il était empli de jolies images et de petites surprises. Sympa. Il n'est pas donné mais ça les vaut. Bref, Flow sous un bras et des feutres noirs dans l'autre (finalement, les heureux hasards ça existe !), je suis rentrée à la maison. Mais pourquoi des feutres noirs ? Et bien parce que je voulais m'entraîner à dessiner des idéogrammes coréens ! J'étais persuadée d'y passer mon week-end. Et puis le hasard en a voulu autrement : dans le magazine Flow de ce mois-ci (enfin de ces deux premiers mois de l'année), il y a un petite carnet concernant le lettrage manuscrit. Il s'agit en fait de faire de jolies lettres, de tailles, de format et de police différents, à la main. Et à terme, de mettre en page des mots ou des citations de façon artistique. J'ai tout de suite accroché; j'ai toujours aimé écrire, mais je ne sais pas dessiner. C'est donc un assez bon compromis. Mon apprentissage du coréen a donc été un peu retardé, puisque j'ai passé toute la soirée d'hier et une bonne partie de mon après-midi à griffonner, tester, gommer... pour finir par avoir l'inspiration pour créer... ceci :


Plutôt qu'un commentaire sur un tableau aujourd'hui, c'est un petit exemple fort modeste et fort perfectible de tentative de Lettering que je vous montre avec cet article. 
Si vous voulez en savoir plus sur ce loisir créatif (je pense qu'on peut l'appeler ainsi), rendez-vous sur Pinterest ou sur des sites, majoritairement british. Ils m'ont semblé assez peu accessibles pour la plupart, sauf celui-ci (et surtout cet article) qui explique comment débuter très simplement, sans feutre pinceau etc. 

lundi 11 janvier 2016

Première lecture commune de 2016

Ainsi puis-je mourir, Vivian Moore
Première lecture commune de l'année, et quelle lecture ! Avec Accalia, cela fait au moins 2 mois que nous l'avions prévue, (repérée chez Bénédicte, merci encore à elle !) mais nous attendions le bon moment. Il est enfin venu. Je vous avoue que j'étais un peu sceptique... et un peu en panne de lecture depuis mercredi. Pour tout vous dire je ne suis pas parvenue à continuer Angor de Franck Thilliez, que j'avais pourtant démarré sur la chapeaux de roues. L'intrigue policière qui se mêle à la quête d'une gendarme sur sa greffe cardiaque, c'est génial. Après avoir lu très vite les 100 premières pages, je me suis très vite essoufflée...et ai abandonné le livre. Sans doute pour toujours. J'ai poussé jusqu'à dépasser les 200 pages mais ça n'a pas pris. Tant pis ! Et je pense que ça n'enlève rien à la valeur de ce polar, dont je n'entends que de bonnes choses. Mais fi de tout cela, je ne suis pas ici de vous parler d'un polar mais d'Ainsi puis-je mourir de Vivian Moore. Comment qualifier ce livre d'ailleurs ? Roman sans doute, mais avec une forte tendance historique. Le récit du personnage principal, une romancière qui a épousé l'héritier du château des Ravalet à Tourlaville, alterne avec celui qu'elle écrit à propos de Marguerite de Ravalet et de son frère, les amants maudits. 
Dit comme ça, ça paraît vraiment glauque et tragique; pour ma part j'ai trouvé que la relation qui unit les deux jeunes gens est plutôt belle avant tout, sauf peut-être la fin (mais pas de spoil !). En revanche, celle qui lie la romancière à son mari est des plus étranges... Mariés au bout d'un mois, ils n'ont pas eu tellement le temps de se connaître que déjà Gabrielle s'installe au château. Pour son plus grand bonheur d'ailleurs. Non pas que la vie de châtelaine l'enchante; mais elle a la chance d'évoluer dans les mêmes murs que son héroïne d'il y a 600 ans. Quoi de mieux pour une romancière ?
C'est ce que j'ai le plus apprécié dans ce livre : le fait que son personnage principal écrive. On la suit dans son quotidien au rythme quasi monacal, entièrement centré sur ce roman à la lisière de la fiction et de l'Histoire. A chaque fois je suis conquise. En plus s'ajoute à cela une ambiance à la Rebecca, que j'avais adoré. Tout pour me plaire. Et ultime point positif : j'ai vraiment apprécié rencontrer presque à chaque chapitre des lieux que je connais de nom, ou bien que je côtoie au quotidien, dont ma librairie préférée, Ryst ! C'est la première fois que cela m'arrive, et je trouve que ça ajoute un petit quelque chose à l'ensemble; en plus, je n'oublierai pas ma lecture de si tôt en passant dans les lieux en question. Je ne passerai plus devant la pancarte qui mène au Château des Ravalet avec la même innocence...
Ceci étant, je ne mettrais pas non plus la note parfaite à ce livre. J'ai trouvé la fin un peu niaise et décevante, à la manière de Gabrielle. Trop hantée par ses personnages, trop sensible, trop tout , simplement. J'ai également trouvé les personnages secondaires de l'intrigue principale trop peu fouillés; on a envie d'en savoir plus sur le mari de l'écrivain par exemple. 
Mais dans l'ensemble, ce fut une très bonne lecture. J'ai d'ailleurs tourné les pages très vite, ce qui arrive rarement. En un peu plus de 24 heures, il était terminé. Nos échanges pour la LC s'en trouvèrent un peu amenuis, mais nous nous rattraperons :) !! Nous trouvons facilement des titres en communs avec Accalia. 

Pour illustrer cette lecture somme toute assez sinistre, j'ai choisi un tableau de John William WATERHOUSE, datant de 1888. Il s'agit de La Dame de Shalott. Cette huile sur toile de taille modeste (153x200 cm) représente l'héroïne d'un poème de Tennyson (contemporain du peintre), inspirée de la légende arthurienne.
Condamnée à vivre recluse dans une tour, avec pour seul passe-temps sa broderie, la jeune femme ne doit à aucun prix regarder par la fenêtre. Mais lorsque Lancelot passe par là.. malédiction. Plus rien ne la retient, elle se précipite pour le voir... et se condamne. Cette peinture représente ses derniers instants, quand elle descend la rivière vers Camelot, et vers sa propre mort.
Le regard de la jeune femme me semble particulièrement glauque et tragique; elle sait qu'elle va mourir, et affronte son destin le front haut. On la croirait presque déjà morte en fait... Elle me fait un peu peur... Mais j'ai quand même tenu à mettre ce tableau car les représentations pré-raphaélites me plaisent toujours beaucoup, de par leurs couleurs chaudes, leur verdoyance et leurs représentations de la nature. Et il colle parfaitement à l'histoire de Marguerite : belle mais funeste. 

mercredi 6 janvier 2016

Les Outrepasseurs, deuxième

Les Outrepasseurs, tome 2 : Let it snow (La Reine des Neiges) 

Comme je vous le disais dans le haul de Nowel, j'ai enfin succombé et ai acheté (et maintenant lu) le tome 2 des Outrepasseurs. Si l'objet-livre m'emballe énormément, et pour ça je ne regrette pas d'y avoir mis une petite somme tout de même, le roman en lui-même, comment dire... m'a déçue.
La plupart des lecteurs avaient eu du mal avec le tome 1, pour lequel j'avais eu un véritable coup de coeur (une de mes meilleures lectures de l'été). Et la plupart ont adoré le tome 2. Ce qui n'est pas mon cas; tout à l'inverse.
Dans ce second tome, on suit Peter, à Londres, dans notre époque moderne. Il est devenu un Outrepasseur et est obsédé par la recherche d'Arnaut et du Chasseur, qu'il a vus dans son immersion inaugurale (cf le tome 1). Depuis un an qu'il s'entraîne, il a compris beaucoup de choses sur le fonctionnement des Outrepasseurs; le meilleur mais surtout le pire...

Je n'en dis pas plus au risque de spoiler. Mais ce qui advient dans l'esprit de Peter est un aspect qui m'a beaucoup plu et auquel je ne m'attendais pas. Les méchants ne sont pas forcément ceux qu'on croit (ou en tout cas je n'avais pas saisi les choses comme ça.) J'ai apprécié suivre son évolution, sa quête éperdue, sa pugnacité. J'ai aussi apprécié les nombreuses références littéraires (réelles ou totalement fictives) présentes au début de chaque chapitre (lesquels chapitres, au contraire du premier tome, sont très nombreux). Les personnages des fés sont peu actifs mais on en découvre beaucoup sur eux, en particulier sur la Reine des Neiges.
Malheureusement, je crois que c'est tout... pour le reste, je n'ai que des bémols...
Le style ne m'a pas tellement convaincue d'abord. Je lui trouve toujours un certain charme, une sorte de naïveté, des tournures de phrases un peu maladroites mais mignonnes; parfois, malgré tout, ça devient un peu lassant et répétitif. En plus de cela, j'ai souvent eu l'impression que l'action était noyée dans des réflexions et des paroles redondantes, qui ne faisaient pas avancer grand chose. En plus l'essentiel de l'intrigue était centrée sur le personnage de Noble, qui est plus que désagréable.
Bref, tout ce qui m'avait séduit dans le tome 1 était absent de ce deuxième opus : le Moyen-Age, la découverte de l'univers magique par les personnages, les points de vue des différentes familles,...
Je dois même avouer que je me suis presque forcée à avancer à partir de la moitié du livre...  Ce n'est pas tellement bon signe en général. Mais je m'arrête là sur les critiques ! Pour faire court : c'est une très bonne saga, mais le tome 2, plus conventionnel sans doute (je ne lis pas souvent de genre fantastique, donc je ne suis pas tellement bien placée pour juger), m'a bien moins emballée. Toutefois une chose est sûre : je ne regrette pas d'avoir uniquement le second tome dans ma bibliothèque car il est vraiment très beau !

Pour continuer sur ma lancée, deux tableaux, dont l'un m'évoque l'ambiance du premier tome des Outrepasseurs (et aussi le thème de la couverture du second), et l'autre l'aura plus sombre de certains passages. 

Ce tableau s'intitule tout simplement "Chasseurs dans la neige", de Pieter Bruegel l'Ancien. Il date de 1565, époque de la Renaissance. C'est un auteur flamand.
Avec ses chasseurs dans un paysage hivernal, il m'a beaucoup fait penser aux scènes de la fin du premier tome des Outrepasseurs, quand ils traquent les fés. En revanche ici, le paysage qui s'étend sous les yeux des chasseurs me semble plutôt serein. On peut remarquer un souci du détail, notamment dans les textures. Ce tableau marque ainsi la volonté des artistes du Nord de représenter la nature de manière réaliste; contrairement aux artistes italiens, ils sont loin de sujets mythologiques (je peux vous dire que j'en apprends des choses, j'espère que vous serez également intéressés :). La perspective est aussi étonnante : la ligne de force qui part des sommets, le contre-bas en plongée, nous donne l'impression de surplomber la scène tout en faisant presque partie de l'équipe des chasseurs (je crois que j'ai encore du progrès à faire en interprétation mais bon, je me lance ^^).

"Nocturne en noir et or : la fusée qui retombe". N'est-ce pas un joli intitulé pour un tableau ? Réalisé par James Abbott Whistler au XIXème siècle, un américain venu vivre en France. Il est représente bien ce qu'a été le courant de l'Esthétisme. Ce courant s'oppose au réalisme et surtout à la peinture de narration. Leur but est de représenter la Beauté, au détriment de toute interprétation.
Inutile de vous dire que ce tableau a fait grand bruit à sa sortie. John Ruskin l'avait défini, lors de son exposition, comme "un pot de peinture jeté à la figure du public". C'est vrai qu'il est très sombre et qu'on n'y distingue pas grand chose. Mais à bien y regarder, on remarque le soin apporté à la poussière d'or, à la gradation des couleurs. On a vraiment l'impression d'assister au feu d'artifices.
Je trouve ce tableau très beau, sombre et lumineux à la fois, vaporeux aussi. Et puis le doré, les étincelles, ça m'a interpellée. En plus, cette idée de faire de "l'art pour l'art" m'a pas mal plu. Je suis contente de vous avoir fait partager ce tableau, que je n'avais jamais vu et donc je ne connaissais pas du tout le courant.

Voilà, c'est fini pour l'intermède artistique du jour !
Je crois que je vais continuer, j'adore ça et en plus je m'instruis :). Je vais alterner entre des tableaux connus et d'autres moins (comme ici), au grès de mes envies et de mes lectures.
A très vite ! 

samedi 2 janvier 2016

Bonne année !!

Voici venu le temps du bilan de l'année !!
Je ne comptais pas vraiment en faire un, je voulais surtout vous souhaiter bonne année et puis finalement...

Donc tout d'abord : Bonne Année à tous et toutes ! Qu'elle soit riche de projets accomplis, de belles lectures et surtout de bonheur. Pour ma part, au niveau blogueque, j'espère continuer sur la même lancée que cette année, qui fut riche en rencontres et en échanges. J'adore être avec vous tous. Vous êtes un énorme plus dans ma vie, et pas seulement à cause de la lecture. La blogo fait naître des amitiés, et pour cela MERCI !
Je crois qu'un petit bilan s'impose. 

Le bilan livresque d'abord 
J'ai lu un peu plus d'une soixantaine de livres cette année. C'est un très bon bilan, puisque ça donne une moyenne d'un livre par semaine. J'ai également beaucoup lu en Anglais, et ça c'est top. Et des pavés, comme 3 tomes d'Harry Potter (enfin la moitié du tome 5...), Reason to Breath, Fan Girl, la saga des Hunger Games et... je ne sais plus mais c'est déjà pas mal. Amazon a été gâté avec mes commandes en tout cas ! Et je remets ça cette semaine, puisque j'attends de recevoir Carry On et le premier tome de Twilight, en VO :) (oui oui je me donne un peu bonne conscience :p). 

J'ai aussi eu des coups de coeur cette année :
- La Passe-Miroirs (tomes 1 et 2)
- Fan Girl de Rainbow Rowell
- Rebecca de Daphné du Maurier 
- Vango de Timothée de Fombelle 
Ces romans sont en plus liés à de jolies histoires, puisqu'ils m'ont été conseillés par des personnes chères; cela leur donne un charme particulier.

Mais mon bilan ne serait rien si je ne parlais pas des rencontres...

Une rencontre réelle d'abord, celle avec Tatiana de Rosnay. Par Skype c'est vrai, mais c'était très fort. Son livre sur Daphné du Maurier m'a aussi permis de découvrir Rebecca
J'ai également fait la connaissance de Margaud, par vidéo interposées d'abord, puis par mail. Cette fille est juste adorable, et de très très bon conseil. C'est grâce à elle que j'ai découvert La Passe-Miroirs. Margaud, si tu passes par là... des bisous !
Ce fut aussi l'année des belles rencontres amicales sur la blogo : ma chère Accalia, avec qui j'ai fait des lectures communes, ma petite Eniaa dont j'adore le blog, Eden qui me touche toujours beaucoup, et puis Ludo. Ahlàlà Ludo... que dire, si ce n'est que c'est un garçon formidable. Je suis contente d'avoir été un peu sa conseillère à ses débuts :). Sans oublier A-Meli-Melow avec laquelle j'ai fait ma première lecture commune ! 
Les amis, merci, vous êtes géniaux ! 


Pour achever cet article en beauté, une petite nouveauté que j'ai envie d'intégrer au blog. Comme je l'évoquais dans l'article Haul de Nowel, je vais essayer de vous parler un peu d'Art... Grâce au livre sur l'art que je me suis offert pour Nowel (#la fille qui se fait des cadeaux à elle-même...^^), je peux vous parler avec plus d'érudition et de précision des tableaux que j'apprécie.
Aujourd'hui, et pour commencer l'année, ce sera une fête galante de Watteau : le Pèlerinage à l'île de Cythère.


Ce tableau date de 1717 (une date facile en plus !) et de l'époque du Rococo. Le style rococo est un mélange entre le baroque et les sujets légers, fantaisistes. Il représente un groupe de jeunes gens qui viennent de se divertir sur l'île de l'amour (on voit la statue de Vénus à droite). Ils en repartent, mais je trouve pour ma part que le paysage qui se dessine face à eux a un côté plutôt encourageant. Comme si le fait d'avoir séjourné quelques temps sur l'île de l'Amour leur donnait un nouveau souffle. C'est d'ailleurs ce que j'ai envie de voir dans ce tableau : un nouveau souffle pour l'année à venir. 
Pourquoi ce tableau est-il classé dans la catégorie des "fêtes galantes"? C'est parce qu'il représente une scène idyllique et romanesque, en plein air. C'est Watteau qui est à l'origine du genre. Ce tableau est d'ailleurs celui qui lui a permis d'entrer à l'Académie. Le sujet était d'ordinaire imposé, mais il a pu le choisir, et ainsi donner naissance à ce genre fort mignon. 
Voilà; ce petit rapport n'égale même pas l'émission d'Art d'art du dimanche soir, mais c'est un début :).

PS : finalement je ne vous ai pas tellement parlé de mes cadeaux de Nowel. Ils ne sont pas tellement liés aux livres en fait. Mais je peux vous dire que j'ai eu plein d'éléments de déco et de vaisselle (comme on s'installe c'est cool) et surtout une montre Fitbit. Vous savez, celle qui dit combien de pas on fait, quelle est notre fréquence cardiaque etc. C'est un gadget mais j'adore ! Je vous dirai combien de pas je fais dans une journée de prof, mais je crois que ça va être assez hallucinant ^^. 

jeudi 31 décembre 2015

Mémoires d'elles

Mémoires d'elles, T. Greenwood
J'ai découvert ce livre encore une fois par hasard, sur les conseils de ma maman qui l'a adoré. 
Et encore une fois, j'ai eu bien raison de m'y attarder

Billie vit une vie plutôt morose dans un quartier résidentiel. Elle n'arrive pas à avoir d'enfants, mais a adopté deux petites filles. Un jour, alors qu'elle croit être enceinte et espère, un évènement vient bouleverser sa vie : de nouveaux voisins s'installent en face de chez elle. Eva est elle aussi maman, et enceinte. Les deux femmes vont se lier d'amitié.
Attention, je vais spoiler un peu dans cet article !
Eva et Billie vont en réalité lier une relation qui dépasse la simple amitié. Leur histoire devient alors encore plus touchante, puisque dans les années 60 aux Etats-Unis, il ne fait pas tellement bon être homosexuelles. Se voir, passer quelques instants ensemble, va devenir une lutte permanente. Et lorsque leurs maris respectifs s'en mêlent, leur relation va tendre vers l'impossible.

Je m'attendais à ce que ce roman traite simplement de l'histoire d'amour entre les deux femmes. Je me disais d'ailleurs que ça risquait d'être assez (trop?) détaillé, puisqu'il fait presque 600 pages. Mais j'ai été agréablement surprise par cette histoire, qui nous tient en haleine et émeut beaucoup. On a envie qu'Eva et Billie puissent s'aimer sans contraintes; leurs sentiments sont vraiment purs et profonds. Mais c'est sans compter les bâtons dans les roues que leur mettent leurs maris, leurs enfants et la société. J'ai été particulièrement ébranlée par ce que Billie raconte des comportements de son mari, qui se transforme dès qu'il touche à l'alcool. Celui d'Eva n'est pas mieux, puisqu'il la bat. 
Il ne faisait vraiment pas bon être une femme dans les ces années-là...
Finalement, la question de l'homosexualité est traitée sur le même plan que les difficultés que pouvaient rencontrer les femmes à l'époque. Eva et Billie vivent une histoire d'amour très touchante, avant d'être une histoire homosexuelle. Leur combat pour faire exister leur couple est rude, hasardeux. J'ai trouvé le roman plein de rebondissements, avec des moments heureux et d'autres vraiment bouleversants.  Comme dans Le Secret de Brokeback Mountain, j'ai été très émue par la relation et l'amour qui unit les deux êtres, peut-être plus fort que ce qui unit une homme et une femme. L'interdit et le tabou que revêt leur histoire à cette époque lui donne une dimension supplémentaire que je trouve tellement belle... Je pleure à chaque fois en regardant ce film d'ailleurs.

Bref, j'ai vraiment aimé ce roman, un hymne féministe à l'amour, plein de tendresse, de passion et aussi de suspense. On ne s'attend pas à ce qui va se arriver. L'alternance entre le récit de Billie au moment de la narration (dans les années 2000) et celui de son passé, qui semble étrange au début, sert finalement à rendre le suspense plus prégnant dans le dernier tiers.
Un très joli roman, à lire sans a priori. 

lundi 28 décembre 2015

Haul de Nowel

En exclusivité, mon craquage du lendemain de NOWEL !!
La Reine des Neiges n'est pas qu'une rengaine musicale finalement :p
Depuis le temps que je le voulais : lecture parfait pour la saison :)


J'en profite pour faire un peu de pub pour la gigantesque et géniale librairie Mollat de Bordeaux. Des livres en VO en pagaille, et TOUS les livres de littérature jeunesse que vous voulez. Je n'avais d'ailleurs jamais vu cette série en librairie. Donc j'ai craqué :).


J'ai aussi acheté, quelques jours avant Noël, un livre dont j'avais très envie : un panorama sur l'art. J'ai envie de me perfectionner dans ma connaissance de l'Histoire de l'art. Je ne m'y connais pas mal dans celle de la Littérature (on ne fait pas 5 ans d'études dans ce domaine pour rien...) mais alors, en Histoire de l'art, je ne suis pas du tout au point. Par conséquent, cet ouvrage devrait me permettre de progresser. Je vous tiendrez au courant, pourquoi pas en publiant quelques tableaux emblématiques de temps à autres... ? 
JOYEUSES LECTURES DE NOEL à tous et toutes :)

mardi 22 décembre 2015

Toi et moi à jamais

Toi et moi à jamais, Ann Brashares 

Comme pour le précédent, j'ai découvert ce roman par hasard au CDI. La documentaliste m'a dit que ça avait été un coup de coeur pour elle, donc je n'ai pas hésité longtemps. Et j'ai eu bien raison.
En deux jours, j'avais fini le livre. L'histoire est captivante, touchante, avec le style qui va avec. 

Paul et Alice se connaissent depuis qu'ils sont tous petits. Chaque été ils se retrouvent sur une île des Etats-Unis, où tout le monde marche pieds-nus. Immuablement, ils se retrouvent autour de Riley, la soeur d'Alice et la meilleure amie de Paul. Elle est fougueuse, heureusement, toujours prête à sa jeter dans la mer déchaînée. Alice est différente, plus pondérée, plus réservée. Mais c'est elle que Paul aime par dessus tout. Ils ne se le sont jamais avoué, jusqu'à cet été de leurs 21 et 24 ans. Alors tout change. Mais ce n'est pas ça qui bouleverse alors le plus leur vie : Riley est malade, elle qui a toujours été un modèle de force de vie...

La première partie du roman, concentrée sur l'amour que se vouent Paul et Alice et qu'ils ont du mal à s'avouer, est très poétique. J'ai vraiment apprécié le style de cette auteur. Je n'aurais pas cru que l'auteur de Quatre filles et un jean avait une telle plume. Sans doute parce que je n'ai jamais lu Quatre filles et un jean et qui je suis perclus d'a priori sur le style dans la littérature de jeunesse... Qui pourtant, je le découvre peu à peu, peut être carrément génial.  
En plus ce roman n'est pas seulement une histoire d'amour. Il est aussi question du passage à l'âge adulte, question traitée avec beaucoup de subtilité et d'intelligence. Paul et Alice, sur cette île, se sentent encore comme les enfants qu'ils étaient depuis des années; et pourtant, les responsabilités de la vie adulte les menacent. Ils ne vont d'ailleurs pas tarder à être happés par son tourbillon avec la maladie de Riley. 
La deuxième partie du roman est plus triste, plus sombre. La première n'était pas non plus très pétillante, mais on avait de l'espoir pour les personnages. Là, on commence à douter... Quelle sera l'issue ? Est-ce qu'on aura droit à un happy end ? J'ai vraiment vécu ma lecture, ce qui est assez rare. J'ai eu envie de que ça s'arrange bien entre Alice et Paul, qu'ils vivent enfin au grand jour cet amour tu depuis des années. J'ai même pleuré à la fin, pour vous dire.

Ce roman pour ados date de 2007. Je suis presque triste de ne pas l'avoir découvert avant, mais mieux vaut tard que jamais. Je comprends pourquoi ça a pu être un coup de coeur au CDI du lycée. D'ailleurs ça se voit à la couverture, toute cornée. Il a été beaucoup lu. Pas de traces de larmes, mais ça aurait pu. 
Ados ou adultes, n'hésitez pas à vous y jeter. Encore une fois, la littérature de jeunesse nous prouve qu'elle a autant voire plus de choses à nous dire que les autres littératures !

Et vous, l'avez-vous lu ?

samedi 19 décembre 2015

Une histoire de soeur

Frangine, de Marion Brunet 

J'ai pris ce roman par hasard au CDI du lycée pour les vacances... et je l'ai terminé hier. Or hier était seulement le premier soir des vacances. On peut donc dire que j'ai beaucoup aimé, vraiment. La vitesse de lecture est souvent proportionnelle au goût que j'ai pour le livre. Donc là, c'est plutôt pas mal ! 
Frangine raconte l'histoire émouvante d'une famille heureuse, épanouie, soudée, mais un peu différente. Joachim et Pauline ont deux mamans, Maman et Maline. Tout roule pour eux jusqu'au jour où Pauline, la frangine du narrateur, rentre au lycée. Sa situation familiale passe assez mal auprès de ses camarades. La suite va de soi, on n'est pas tellement surpris. Mais là où l'auteur est fine, c'est dans la manière de raconter cette histoire. A travers le regard de Joachim, jeune homme de 17 ans qui découvre l'amour (envers sa soeur, sa copine et ses mamans), elle nous fait plonger dans l'univers de tous les membres de cette famille très touchante. C'est ce que j'ai apprécié : que tout ne soit pas centré sur Pauline. Dans un ordre totalement aléatoire, il nous raconte Maline, Maman, Pauline, et même la grand-mère distante. Si les points de vue sont assez aléatoires, le cadre temporel est bordé par le premier trimestre, de la rentrée de septembre à la fête du Nouvel An. En somme la narration est bien menée, ce qui est un atout en plus pour ce roman déjà touchant. 

A qui s'adresse-t-il ? 
C'est typiquement un roman pour les lycéens, puisque les principaux protagonistes sont au lycée; toutefois je pense qu'il est destiné à tous ceux qui, ados et adultes, ont envie de voir traitée la question de l'homo-parentalité d'une manière douce mais ferme. Il n'y a pas de faux semblants dans ce roman; quelques bons sentiments oui, mais ça fait du bien. 
En tant qu'enseignante, j'ai apprécié lire un roman écrit du point de vue d'un ado. Je comprends encore un peu mieux à quel point la vie au lycée peut être compliquée pour les jeunes. La cour de recrée peut être une vraie jungle, et entre eux ils ne se font aucun cadeau. Entre nous, je suis assez contente que cette période soit derrière moi...

Quand lire ce roman ? 
N'importe quand, quand vous avez envie d'être un peu ému, un peu chamboulé, un peu bousculé aussi. Ce n'est pas un roman feel good, mais il fait passer un moment agréable, tout en nous faisant réfléchir. Pas mal en somme. 

Ce roman est sorti en 2013, mais tout ceci est encore et toujours ô combien d'actualité. Alors n'hésitez pas !

dimanche 13 décembre 2015

La déclinaison du frisson

A la vue du titre, on se demande bien de quoi je vais bien pouvoir vous parler. Et bien tout simplement de deux thriller, mais bien bien différents l'un de l'autre. Je ne sais même pas si on peut qualifier le second ainsi, mais en tout cas il s'agit d'un roman à suspense. Thriller psychologique peut-être... Bon, trêve de tergiversations, je vais tout de suite vous présenter les livres en question.

Le premier est Alex, de Pierre Lemaître. Ce thriller fait pas mal parler de lui depuis quelques années, et il m'a semblé un incontournable. Une amie me l'a prêté il y a quelques temps et je me disais bien que je finirais par le lire. 
Je n'ai absolument pas regretté mon choix. J'avais déjà lu Robe de Marié de cet auteur et avais plutôt aimé. Je crois tout de même que j'ai été encore plus happée par Alex. Je n'ai pas pu décrocher des 150 premières pages, quand cette jeune fille un peu étrange se retrouve enfermée dans une cage par un psychopathe. On se dit que l'histoire va s'en tenir là, que les descriptions vont être atroces, en attente d'un sauvetage qui ne viendra que tardivement. Mais ce sauvetage arrive bien plus tôt que prévu, accompagné d'un coup de théâtre de dingue. On comprend alors qu'Alex n'est pas celle qu'on croit; elle n'est pas seulement une victime. Je ne vous en dit pas plus pour ne pas spoiler mais en tout cas, on est surpris. La seconde partie du roman m'a moins captivée pourtant. J'avais hâte de connaître le dénouement, qu'on pouvait deviner au bout d'un moment. Toutefois l'alternance des récits entre ce qui vit Alex et l'enquête de Camille Verhoeven m'a plutôt plu. Au début j'avais surtout hâte de savoir ce qui allait arriver à Alex. Cette fille a une personnalité incroyable et un courage inextinguible. On ne le croirait pas quand elle se fait enlever, et c'est là que l'auteur a été plus qu'astucieux. Il brouille les pistes de la psychologie des personnages dès le début, pour notre plus grand plaisir. J'ai aussi aimé découvrir les atermoiements de l'inspecteur, petit en taille mais grand professionnel. Alex est en fait une suite, et dans le roman précédent, la femme de Camille est morte. Il se remet difficilement de son deuil, et cela se ressent dans son travail. Enquêteur attachant, il rejoint pour moi la famille des Adamsberg and co. 
Ajoutez à une intrigue ingénieuse un style souple et coulant. Autant vous dire que j'ai passé un bon moment, et que je ne suis pas surprise du succès qu'a rencontré ce thriller. Même si j'ai lu la fin en diagonale, ça n'entache en rien sa qualité. 

Le second livre que j'ai lu (ouhlà, deux livres en dix jours, que se passe-t-il ?! Il semble que je retrouve un rythme de croisière plutôt agréable !) est bien moins connu. Il s'agit de Petits Goûters entre amies, de Louise Millar. Je ne connaissais pas du tout ce roman avant que maman me le conseille. Je suis parfois un peu réticente face à ce genre de roman dont la couverture fait hésiter entre la romance un peu sucrée ou le bon sentimentalisme limite écoeurant. Mais finalement je n'ai pas été trop déçue. J'ai même adoré la moitié du livre.
Pour faire court : il est question de trois femmes dans ce roman, dont deux sont mamans. Amies depuis quelques courtes années, Cassie et Sally gardent leurs enfants ensemble, vont au parc et dînent l'une chez l'autre. Mais sont-elles vraiment amies, telle est la question. Tout s'accélère le jour où la nouvelle voisine, Debs, une femme un peu cinglée, débarque dans le quartier. Cassie essaie de reprendre le travail mais Rae, sa petite fille souffrant d'une malformation cardiaque, lui met malgré elle des bâtons dans les roues. Un jour que la voisine s'occupe d'elle, tout bascule...
Vu comment je présente les choses, on dirait que ça va être super glauque. Mais finalement, pas tant que ça. La tension est plutôt psychologique, et l'univers celui des faux-semblants. Les chapitres alternent entre les points de vue des trois femmes, avec un récit à la première personne pour Cassie. La jeune femme n'est pas gâtée par la vie mais fait tout pour s'en sortir. C'est ce que j'ai préféré : suivre ses pérégrinations, la reprise du travail, ses interrogations sur son amitié avec la voisine. En fait, ce livre, c'est un peu Desperate Housewives mêlé à un style très anglais à la Alexander McCall Smith. La vie de banlieue tranquille qui cache les pires vices de moeurs. Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas spoiler. 
En tout cas j'ai passé un très bon moment avec la première moitié du livre, mais ensuite tout se profile un peu trop vite et on est un peu déçus par le dénouement, finalement assez prévisible. Je l'ai tout de même qualifié de thriller psychologique parce qu'il y a une grosse part de suspense, et des personnages un peu fous. Niveau étude de moeurs, c'est assez préoccupant ^^. Heureusement que tous les Anglais ne sont pas comme ça...Finalement l'histoire personnel des personnages est assez triste. Deux d'entres elles souffrent, et l'une fait souffrir les autres. On plonge au coeur de la folie humaine, l'une dévoilée, l'autre larvée. C'est assez fin au niveau de la psychologie et de la manière de présenter les choses, mais il y a pas mal de longueurs. Comme pour Alex, j'ai lu la seconde moitié en diagonale (et je l'ai finie aujourd'hui, ce qui me permet de faire un double article et de commencer un nouveau roman, youpi !). 
Je ne clamerais pas qu'il faut le lire; je ne dirais pas non plus qu'il faut passer votre chemin. On passe un bon moment, mais ça n'est pas le chef-d'oeuvre de l'année. 


lundi 7 décembre 2015

TAG improvisé : Vivre avec ses livres

Un petit article un peu différent, pour donner un peu de dynamisme à mon blog en hibernation. J'en ai un peu assez de n'y voir que des couvertures de livres et des chroniques, alors un peu de nouveauté grâce à mon cher Ludo ! Il m'a taguée dans un article intitulé "Etre avec ses livres". Ce seul indice m'a mis en joie, car je me suis dit qu'il allait être question de notre relation "charnelle" avec nos livres. Tout un programme ! Mais en fait, il ne s'agit pas de ça, mais de donner des titres de livres en lien avec nous. Le titre aurait plutôt été alors "Moi à travers mes livres ou un truc du genre" ^^. Bref, comme ça m'avait inspiré un truc, que j'avais envie de faire un TAG mais que je suis absolument incapable de retrouver des titres de livres et des personnages qui me correspondent, je vais faire un truc à ma sauce. (Oui je suis absolument incapable de vous dire à quels personnages je m'identifie, lesquels sont mes préférés, dans quel univers romanesque je voudrais vivre ou quoi que ce soit. Les livres sont pour moi avant tout des objets d'art, des créations nées de l'esprit de quelqu'un. Ils ont leur âme propre, qui pour moi réside dans tout leur macrocosme et pas seulement dans quelques détails qui m'auraient marquée. D'ailleurs je ne retiens jamais vraiment les détails... Je suis plus sensible à l'ambiance que me laisse le livre, et je me souviens mieux de moi en train de le lire (un peu à la Marcel dans De la lecture, quand il évoque sa meilleure mémoire des lieux que du livre)). Bref, je suis un peu bizarre je crois, mais je suis incapable de répondre aux trois quart des TAG qui existent et qui demandent de dire quel est son héroïne féminine préférée ou son boyfriend de roman idéal... D'ailleurs je n'arrive même pas à incarner les personnages dans mon esprit. Ce sont vraiment des silhouettes de papier. Je crois que je suis une littéraire insensible ^^.
Enfin pas si insensible que ça puisque je suis toujours marquée par les livres, ces beaux objets, qui sentent, changent de couleur, de forme, d'épaisseur,... ce sont pour moi des objets mouvants, vivants, et ils m'accompagnent toujours quelque part. Alors je vais essayer de créer un petit TAG en leur honneur : Vivre avec ses livres

Forme, couleur, senteur; vieux, neuf, d'occasion, cornés, ... les livres sont tous différents, et donc uniques. Le même roman (et rien de plus parlant qu'une salle de classe pour constater ça !) peut avoir des couleurs, des odeurs, des formes différentes. Si le lecteur est de ceux qui cornent les pages, s'il est de ceux qui le couvrent, le protègent, le bichonnent ou au contraire le laissent traîner raturé, vous n'aurez pas le même livre. Quel est votre genre alors ? 
Moi j'aime plein de livres différents. A une époque j'adoraient qu'ils soient vieux et qu'ils sentent cette odeur si particulière de "vieux livres". Piqués de rouille parfois, les pages jaunies exhalaient pour moi une senteur très très particulière, que j'adore retrouver aujourd'hui. ça arrive parfois en bouquinerie et avec les livres d'occasion. J'adore. Mais il ne faut pas qu'il soit corné par contre, là je n'aime pas. Je n'apprécie pas trop non plus quand il est gribouillé, sauf une fois, un exemplaire d'A l'Ombre des Jeunes Filles en Fleurs, que j'avais adoré lire après un étudiant fanatique du crayon à papier. Le livre était épais d'avoir été travaillé, trituré, et j'avais adoré ça. Je le garde d'ailleurs précieusement. J'ai aussi un exemplaire de Jane Eyre que j'adore : un de ces vieux livres dont il fallait couper les pages ! Il a une épaisseur un peu aérienne que je trouve hyper charmante. Sinon j'aime aussi les livres neufs, tout neufs, tout beaux. En fait, ce que je n'aime pas, c'est le livre assez neuf mais crachou. Genre les romans de pas mal de mes élèves. Beurk. Inutile de vous dire que je n'aime pas trop emprunter en bibliothèque. Je préfère acheter d'occasion. 

Les livres sont nos compagnons de tous les jours. Comment les traitons-nous ? 
Fana de lecture que nous sommes, nous avons forcément une manière bien personnelle de manipuler, poser, transporter et lire nos livres au quotidien. Pour ma part, je fais attention à mon livre. Je ne corne pas la tranche si c'est possible (sur certains gros romans anglophones en particulier, c'est quasiment inévitable...), je ne le touche pas si j'ai les mains sales (je ne suis pas tocée hein, c'est juste que de toute façon je n'aime pas sentir que j'ai les mains qui collent, donc je les lave dès que ça me chafouine ^^), je le pose sur une surface propre (le plus souvent le canapé ou la table de chevet, pas sur la table de la cuisine par exemple, je suis traumatisée par les livres de bibliothèque collants de confiture !), fermé, avec un maque-page. En fait, je les respecte, parce que j'ai envie d'avoir un objet agréable entre les mains. Même quand ce sont des livres d'occasion. 
Du coup j'ai du mal à prêter mes livres... sauf à certaines personnes, que je sais être hyper soigneuses.
Bon ok... je suis maniac des livres...

Le livre dans les transports 
Ce n'est plus mon cas, mais nous sommes nombreux à prendre le train ou autres transports en commun assez régulièrement. Alors forcément, on emporte un livre. Quand j'étais étudiante, c'était mon salon de lecture ambulant. J'adorais lire dans le train, et je lisais beaucoup. Mais dans ces circonstances, le livre court les plus grands risques. Ballotté, écrasé, il peut nous revenir dans un sale état. Je fais donc toujours attention d'avoir un sac assez grand pour qu'il ne soit pas corné (sauf les livres d'occasion, eux ils peuvent être écrabouillés dans le sac, ça leur donne un petit côté sauvage en plus ^^). Il m'est même arrivé de mettre ma lecture en cours dans un sac plastique (et pourtant je vous jure, je ne suis pas tellement maniaque ^^) pour qu'il ne soit abîmé par rien... (genre mon exemplaire VO d'Hunger Games... Je l'ai lu dans le train et je le mettais dans son plastique quand je faisais une pause... heureusement que je ne fais ça qu'avec les livres :p..). 

Livres et activités du quotidien
Qui n'a jamais eu envie de lire dans son bain ? de lire en marchant dans la rue ? en faisant la vaisselle ? la cuisine ? à table ?
J'ai toujours eu envie de tout ça; mais clairement, marcher dans la rue avec un livre c'est quasi impossible. Je parle d'expérience. On doit s'arrêter pour retrouver sa ligne parce que ça tressaute. Autant vous dire que ce n'est pas super confortable. En faisant la vaisselle non plus, mais là je n'ai même pas tenté. Pour ça il faudrait le livre audio. Mais sinon, dans le bain, j'ai déjà essayé et... je n'ai pas tenu deux pages. Les doigts mouillés sur le livre ??! Hérésie ! Pourtant j'ai une copine qui le fait tout le temps, et ses livres ne sont même pas gondolés. Je ne sais pas comment elle fait...
Sinon en faisant la cuisine ce n'est pas mon truc (dès que ça colle, j'évite !). Les tâches sur les livres, c'est horrible. Mais lire en mangeant, je crois que certains le font... J'attends vos témoignages !
(Ah si une fois j'ai lu en mangeant : c'était à la sortie du tome 5 d'Harry Potter. Je vous raconte pas les précautions que j'ai prises, mais j'ai lu au petit-déj' !)

Les livres dans la maison
Où rangez-vous vos livres ? Dans une bibliothèque ? Sur une pile par terre ? Et la poussière ? 
La plupart du temps j'essaie de ranger mes livres dans une bibliothèque, bien au chaud. Mais il m'est arrivé de faire des petits tas par terre (jamais de hautes piles), surtout avec les livres d'occasion. ça avait un certain charme. J'avais aussi l'étrange manie de laisser pêle-mêle quelques livres sur et sous ma table de nuit, quand j'étais ado. Ils finissaient par être couverts de poussière et jamais lus, mais ils étaient là. D'ailleurs je ne fais pas trop la poussière sur mes livres... les pauvres... enfin peut-être que ça leur tient chaud ? 

Voilà, je crois que j'ai un peu fait le tour de ce que je voulais vous dire sur ma relation intime avec mes livres... Peut-être que d'autres idées me viendront, en tout cas je n'hésiterai pas à rajouter des choses. Sans doute qu'un TAG de ce genre existe déjà mais créer celui-là m'a bien plu, puisque c'est un aspect de la lecture que j'adore : la relation avec le livre. 
Bref, je crois que vous avez compris ^^.
Je vais nommer quelques livrovores pour l'inaugurer : mon petit Ludo forcément, mais aussi ma chère Eniaa, ma douce Accalia et ma mimi Margaud. Et puis aussi Emma parce que je parle de Marcel :). 

dimanche 6 décembre 2015

Le testament d'Olympe

Forte de ma bonne expérience avec l'Echange des Princesses, je me suis dit que ce roman devait aussi valoir le coup. Chantal Thomas a le don de nous faire voir l'Histoire d'une manière différente, par la petite porte, sans apparats et fioritures, et c'est ce que j'apprécie.
J'avais envie d'un livre qui me permette de retrouver un peu l'ambiance de Seul sur Mars, un roman qui me fasse suivre les atermoiements d'un personnage en proie à un destin un peu hors du commun... et je ne sais pas pourquoi, dans la librairie, je me suis arrêtée sur les livres de Chantal Thomas. J'ai acheté Le Testament d'Olympe mais aussi Les Adieux à la Reine, celui qui a obtenu un prix. Et dès que j'ai eu fini ma lecture commune de Seul sur Mars avec Eniaa, je me suis lancée dans l'histoire d'Olympe. J'avoue avoir été un peu déroutée au début. Je ne m'attendais pas à un style si balzacien. J'ai trouvé qu'il y a avait quelques longueurs à la mise en place de l'intrigue.
En plus l'histoire d'Olympe ne vient qu'en seconde partie du livre. Le début est consacré au récit de sa soeur Apolline qui, après la fugue d'Ursule (alias Olympe) part vivre dans un couvent. Elle nous raconte sa vie là-bas et l'inquiétude qu'elle ressent pour sa soeur disparue. Ce n'est que vers la fin du premier tiers du livre (qui n'est pas gros d'ailleurs) qu'il est véritablement question du testament d'Olympe que présageait le titre. Apolline arrive un beau jour à Paris et est conduite au chevet de sa soeur mourante. Celle-ci lui remet alors quelques feuillets...
La vie d'Olympe a véritablement commencé à Paris, lors de sa rencontre avec le duc de Richelieu. Celui-ci se prend d'affection pour elle et finit par la présenter au Roi, dont elle devient la favorite. Ce sont les moments que j'ai préférés : les rendez-vous secrets avec le Roi, qui dévoilent une dimension très ordinaire de la personne royale. Mais c'est aussi très triste, puisque la pauvre Ursule souffre de cette situation où elle n'a aucune place légitime, dans laquelle son fils n'est qu'un bâtard et où son destin peu changer selon le bon vouloir d'un autre.

C'est une histoire bien tragique que nous raconte Chantal Thomas. Mais comme avec l'Echange des Princesses, j'ai aimé voir l'Histoire sous un autre jour, à travers les alcôves, les chambres secrètes et les bouges peu reluisants d'un Paris en proie aux maladies et à la famine. La véritable existence des personnes de l'époque, qui n'ont alors plus une vie un peu stéréotypée par la distance historique, mais une existence rendue individuelle et tragique sous la plume d'un auteur. 
Ce n'est sans doute pas le meilleur roman de cette auteur (j'attends de lire Les Adieux à la Reine pour le prononce encore plus avant), mais ce n'est pas non plus un mauvais livre. J'ai passé un bon moment et apprécié découvrir les existences de deux jeunes femmes dans les tourments du XVIIIème siècle. 
Je crois que ce genre de roman sur trame historique sera toujours une valeur sûre pour moi, qui aime connaître des détails de la vie des individus. Je ne sais d'où cela me vient, mais j'ai toujours apprécié ce genre de témoignage de vie. J'aime savoir comment d'autres vivent et ressentent. Je ne sais pas si c'est de la curiosité mal placée; en tout cas, constater ce qui vivent d'autres personnes est peut-être pour moi un moyen de mettre en perspective mes propres expériences.