jeudi 26 juillet 2012

Bye Bye Blondie, bonjour Virginie !


Bye, bye Blondie, Virginie Despentes

Dès qu’un roman est adapté au cinéma, forcément, il fait plus de bruit, et plus d’émules. C’est ce qui s’est passé pour moi. Peut-être cependant que je l’aurais lu quand même un jour, parce qu’Apocalypse Bébé m’avait vraiment plu. Mais je ne l’aurais sans doute pas lu cette année. Enfin je n’en sais rien ; trêve de spéculations, passons aux choses sérieuses : Bye, bye Blondie, pour ce qui ne connaîtraient pas, c’est quoi ?
C’est l’histoire de Gloria, de son vrai nom Florence, mélange de punk junkie, envoyée très jeune en HP comme elle dit (hôpital psy, comme on dit aussi), pour ses accès de violence. Elle est un peu barjo Gloria, en marge, punk quoi. Et là bas elle rencontre l’amour. On peut penser que l’histoire sera niaise mais il n’en est rien, grâce au style coup de poing de l’auteur. Je vous explique. En refermant le livre en cours de lecture, je me suis surprise à penser : c’est dingue de retranscrire aussi bien les pensées et le langage d’une ado rebelle. Mais en reprenant ma lecture, je me suis rendue compte qu’en réalité, faute d’homodiégèse (récit à la première personne), on était dans une focalisation alternant interne et externe. L’auteur retranscrit certaines des pensées du personnage, comme si l’on était dans sa tête, tout en nous racontant l’histoire. Elle use de mots très « punk » et « in », le langage est cru, les pensées et les actes à la limite du cruel. C’est sensuel aussi, parce qu’il y a de l’amour quand même. Bref, l’histoire prend un certain relief très punchy comme on dit, même si parfois c’est un peu lassant de lire des mots en verlan et autres tournures étranges un peu désuètes. En effet le roman est constitué en son centre d’un flash back sur l’adolescence de Gloria, dans les années 80. Au moment du récit, elle a trente cinq ans. La fleur de l’âge, et pourtant une même folie adolescente ; une folie violente et agressive. Et c’est à cet âge improbable, où les autres en sont au stade métro-boulot-dodo-biberon (ou école) qu’elle retrouve Eric, son amour d’HP. Et là, tout change pour elle, quoi que… le naturel revient souvent au galop, et ce qui est pour beaucoup une affaire de crise d’adolescence est pour Gloria une plaie qui va lui compliquer la vie.
Un bon roman, bien écrit (malgré un jeu étrange avec la ponctuation et la syntaxe, un peu inutile selon moi, les mots suffisant à retranscrire le style jeun’ss des années 80…), dynamique et qui tient en haleine. Malgré ses failles béantes, je me suis beaucoup attachée au personnage de Gloria, qui cherche le bonheur en luttant comme elle peut contre ses démons. Eric est également chouette dans son genre. Des personnages complexes, pas trop stéréotypés, dont le langage est retranscrit dans toutes ses variations et subtilités. Une histoire d’amour comme on en voit peu, et la variété, ça fait du bien !

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