vendredi 20 juillet 2012

Dur dur d'être une Première Dame

Une si belle image, Katherine Pancol  

Il y a du y avoir bien des biographies de Jaqueline Kennedy : sa vie auprès du Président, l’assassinat, sa vie après, sa manière de gérer ses apparitions en public, sa notoriété, ses enfants et j’en passe. Mais une biographie qui montre l’envers du décor, les dessous du masque de la belle dame dynamique, souriante et accessible, il y a du en avoir peu.
Dans ce roman-biographie, Katherine Pancol dresse le portrait en négatif de la belle image type papier glacé que Jackie cherche à montrer à tous, tout le temps. Elle la montre triste, subissant le désamour de sa mère et l’amour immense mais mal distribué de son père. Toute sa vie ne sera qu’une lutte pour d’un côté retrouver cette figure du père auquel elle n’a eu de cesse de tenter de plaire, et de l’autre fuir les artifices qui sont ceux de sa mère. Elle va plus ou moins réussir des deux côtés ; mais là est bien le problème : cette réussite sera pleine de nuances.
Avec Kennedy, l’entente sera cordiale, sans plus. Rien à voir avec cet amour paternel après lequel elle court sans relâche. Il a un trop fort caractère pour s’attacher, et court les femmes. Le couple vivra ses moments de plus grande connivence peu avant l’assassinat de Dallas, quand le président aura compris o combien son épouse est un faire-valoir de prix. Pour oublier peines et sautes d’humeur, elle va finir comme sa mère par s’intéresser à la décoration et refaire celle de la Maison Blanche. Elle y restera peu de temps mais le résultat sera probant. Les vieux démons familiaux réapparaissent sans cesse. On l’a trop privé de liberté dans sa jeunesse, elle n’a pas pu se réaliser comme elle l’aurait voulu. Derrière son masque, elle n’est que l’ombre de ce qu’elle aurait pu être.
Ses relations avec les membres du clan Kennedy sont quant à elles plus ou moins houleuses. Toutefois, même après la mort de son mari, Jackie va continuer la politique ; ils ont bien compris combien elle était précieuse pour leur image. Cette « si belle image » qu’elle montre à tout va, au grand public surtout, cette image de l’Amérique lisse, propre, nette, brillante, lumineuse. Jackie a fait rêver les femmes de son temps, qui pensaient qu’elle avait la vie idéale. Or ses seuls idéaux, ce sont ses enfants. Jackie, sous son image d’icône, est avant tout une mère. Non pas Marylin Monroe, mais plutôt la madone. Une belle image aussi.
Un livre que j’ai beaucoup aimé. Le premier de cette auteur d’ailleurs, mais je crois qu’il se distingue de ses thèmes habituels. La couverture du livre de poche est très bien choisie je trouve : on a l’impression qu’on pourrait voir en négatif justement la véritable image qui se dissimule sous le papier glacé et les couleurs pimpantes. A lire pendant les vacances, ou même n’importe quand !
Lire ce livre m’a aussi donné envie d’en savoir plus sur les Kennedy, et plus particulièrement l’assassinat de Dallas. La vidéo qui montre le président s’effondrant sur son épouse est plutôt terrible…

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