dimanche 22 janvier 2012

Le potentiel romanesque du Grand Nain porte Qwa

Le potentiel érotique de ma femme, David Foenkinos

Hector, un type un peu étrange souffrant d’une addiction elle aussi étrange rencontre de manière étrange une femme tout ce qu’il y a de plus normal… et la collectionne.
Voilà le livre résumé. D’accord, je pourrais développer davantage en expliquant que l’addiction en question c’est la collectionnite aigüe (autrement dit le besoin de collectionner tout et n’importe quoi), que l’étrangeté du type vient certainement de cette névrose, cumulée à la trentaine bien tassée qu’il traine avec son célibat, et le fait qu’il ait cherché à se suicider parce que quand même, tout ça, c’est pas une vie. On peut aussi, légitimement, se demander comment est-ce qu’on peut collectionner sa femme. Dans le cas du personnage en question, c’est simple : sa femme fait les carreaux, il en est tout émoustillé, et lui demande de recommencer, encore et encore. Dingue…
Bref ce roman, bien qu’il se lise vite et bien, est complètement barré. Encore une fois Foenkinos nous montre qu’un auteur peut écrire ce qu’il veut, du moment qu’il évoque la nature humaine, ses habitudes et ses travers. Le problème est que là, tout va de travers, tout est bizarre, étrange, incroyable, voire ridicule.
Finalement je ne sais pas tellement trancher : ai-je trouvé cela totalement ridicule, ou ai-je accroché malgré tout ? Je pense que comme bon nombre de lectrices (j'imagine (peut-être à tord) que ce sont majoritairement des femmes qui affectionnent ce genre de romans romantico-burlesques…), je me suis laissée prendre au jeu, tout en me disant : mais c’est n’importe quoi !!
M’est avis que Foenkinos a beaucoup de talent pour réussir à faire passer de si grosses pilules de folie. Il est déjanté je crois, mais suffisamment doué pour parvenir le plus souvent à nous faire croire que tout ce qu’il raconte est possible. Tout est plutôt bien ficelé, bien amené, et la folie maîtrisée peut donner quelque chose d’assez remarquable, dans le sens premier du terme. Parce que si on accepte de le lire, un tel roman ne laisse pas indifférent.
Il est vrai que cet auteur ne se prend pas au sérieux, et c’est assez plaisant. On pourrait peut-être même presque dire qu’il fait dans la méta-dérision romanesque… sans pédanterie aucune !
Je ne sais pas quels sont les divers avis sur ce thème, et vais m’empresser d’aller me renseigner à ce propos parce que tout de même, ce roman a connu et connaît encore un certain succès.

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