dimanche 24 avril 2016

La Corée sous nos yeux #2

La lecture en Corée 

Pendant notre voyage en Corée du Sud, même si on a été bien occupés, j'ai tout de même pris le temps de lire un peu. Non pas des livres coréens, j'en aurais été incapable (même si en une heure il est possible de maîtriser la lecture du hangeul, langue composée de 24 signes). Je ne parvenais qu'à lire quelques panneaux avec des noms de lieux, et c'était déjà pas mal ! 
Donc forcément je ne comptais pas m'acheter de nouveaux livres en Corée, non seulement parce que je ne pouvais tout simplement pas lire, mais aussi parce qu'on a croisé très peu de librairies. Les seules fois où nous en avons croisées, j'ai pris des photos, et voilà ce que ça donne :



Première impression : l'immensité du magasin. Les rayons sont gigantesques, très profonds et bien remplis. On n'a même pas eu le courage d'aller jusqu'au bout; le rayon des A fait presque à lui seul la taille d'une petite librairie ! Il y a aussi beaucoup de couleurs, certains titres sont en anglais mais c'est trompeur puisque le contenu est en Coréen. 




La plupart des libraires que nous avons croisées se trouvaient dans les sous-terrains près du métro, ou dans les grands malls. Quelques cahutes vendent des magazines dans les stations, mais pas autant qu'en France. Dans les rames du métro, les gens (surtout les jeunes) sont tous sur leur portable et ils ne semblent pas lire. Il semblerait donc que les coréens prennent peu le temps de s'adonner à ce loisir... Mais quand j'y réfléchis, cela paraît tout de même étrange. La Corée du Sud a tout de même été à l'honneur du Salon du Livre de Paris cette année; les librairies, bien qu'elles semblent peu nombreuses, sont immenses et le rayon des best-seller aussi. Donc, même si on ne les voit pas lire, la lecture et le livre ont tout de même une place importante en Corée du Sud; cet article que j'ai trouvé en écrivant ici le prouve. La Corée est un pays de lettrés... mais des lettrés qui se cachent (d'après ce que nous avons pu observer).



Je profite également de cet article pour vous toucher un petit mot du livre que j'ai lu pendant le voyage. Malheureusement il ne s'agit pas d'un roman coréen traduit (j'aurais aimé mais n'ai pas pris le temps de chercher), mais d'un roman que je veux lire depuis longtemps et qui sommeillais dans mes étagères : Les Lieux Sombres de Gilian Flynn. 

C'est un des thrillers préférés de Margaud, et un des meilleurs de cette auteur, que j'avais adoré avec Gone Girl (enfin adoré surtout au cinéma, puisque le livre m'était malheureusement tombé des mains...). Je me suis donc lancée en étant plutôt sereine quand aux bons moments que j'allais passer. 
Je ne vais pas vous faire de résumé; je pense que dans un thriller, c'est le suspense qui fait tout. En tout cas je peux vous dire que j'ai apprécié cette lecture, sans grands frissons mais avec l'envie de tourner les pages. En bref, pas de feu d'artifices mais des moments de lecture agréables. 
Les personnages et leurs liens m'ont fait penser à la série des Neshov d'Anne B. Ragde, que j'avais lue il y a quelques années. Une famille pauvre, qu'unissent des liens complexes et encore plus en raison des événements tragiques qu'elle a rencontrés. On alterne entre le passé et le présent, entre les points de vue et les moments. On ne s'y perd pas, la lecture est plutôt fluide. L'ambiance est noire mais aussi très humaine, la police n'intervient que très peu, et on a surtout affaire à un marasme psychologique. Les personnages souffrent, avant comme après la tragédie, mais se relèvent peu à peu. 
Un très bon thriller, une saga familiale sombre mais à la psychologie profonde. Je ne peux que vous le recommander, sans que ça soit pour moi un coup de coeur. 

Avez-vous déjà lu des romans coréens ? Lesquels me recommanderiez-vous ? 

lundi 18 avril 2016

La Corée sous nos yeux #1

Notre voyage en Corée 

Me voilà revenue de notre voyage en Corée. Voyage que nous avons pu réaliser grâce aux cadeaux reçus pour notre mariage. C'était donc notre voyage de noces; mais rien à voir avec les lézards au soleil. On a plutôt opté pour l'option valise-sac à dos, hôtels plutôt chouettes et improvisation. On est donc partis à l'aventure (mais quand même pas tels des baroudeurs !) dimanche 3 avril, pour 11h d'avion, 11 000 kms et 7 heures de décalage horaire...
Nous avons atterri à Incheon (prononcer inCHoN) à 15h heure locale lundi 4 avril et nous sommes rendus en bus à Séoul. L'aventure commençait déjà (je vous en parlerai dans un autre article). Après 4 jours dans cette ville qui ne dort jamais, nous avons pris le train pour Busan, deuxième plus grande ville du pays, située au sud. Nous y avons passé 6 jours, entre mer, montagnes et grands magasins. Le dépaysement total. 
Comme j'ai plus qu'adoré ce voyage, que c'était notre premier grand voyage et notre première visite en Asie, je tenais à partager cela ici. Des copines bloggueuses m'ont d'ailleurs confirmé l'intérêt qu'un pays comme celui-ci pourrait susciter, étant donné qu'il n'est pas aussi connu que son voisin le Japon. J'espère donc que ces articles d'un nouveau genre vous plairont :). Je pense en rédiger 4, et voici le premier ! 

#1 Qu'est-ce qu'on mange ? 

Je ne pouvais pas commencer la série d'articles consacrés à notre super, génial, inoubliable, (...!) voyage en Corée sans commencer par la nourriture. C'est ce que j'avais le plus envie de découvrir, ce que les blogs m'avaient le plus vendu en matière de rêve, et surtout ce qui ma paraissait le plus typique. Avec le recul ce n'est pas la seule chose qui exalte le plus en Corée, et même on peut s'en lasser (un peu...), avoir le palais enflammé surtout, mais toutefois, cette entrée (...) mérite de figurer en #1. 

Ce qui nous a frappés en arrivant à Séoul ce sont les odeurs. Etranges à nos narines au début, nous avons rapidement identifié qu'elles émanaient des épices et surtout des nombreux marchands de rues,. Ceux-ci font cuire des marrons (classique), des beignets, des brochettes mais aussi des poulpes et autres étrangetés. Autant vous dire que la nourriture en Corée c'est varié, étrange et épicé.

Un petit aperçu d'abord des mets les plus fréquents que l'on trouve dans la rue (que j'ai pu prendre en photo. Pour les autres vous trouverez des informations intéressantes ici) : 

Un exemple d'étalage de marchand de rue : beignets de pâte de poissons, beignets de crevettes et autres petites choses non-identifiées...                                                                                                                                                                      
Un beignet coréen ajouté dans la rue. Très bon, fourré avec une sorte de miel et des graines. 

Une première version du "sandwich" coréen : du riz fourré emballé dans une feuille d'algue. Il y a même un mode d'emploi pour l'ouvrir sans déchirer l'algue. Malins ces Coréens !
On le trouve dans toutes les petites supérettes. 
Autre version du "sandwich" coréen : les Gimbap ! Nos préférés :)
Ce sont un peu comme des makis, fourrés avec du poisson, du fromage et autres, et surtout des légumes.
Il y a avait finalement peu de restaurants qui en servaient : pour les Coréens, c'est sans doute comme si nous Français cherchions à tout prix un restaurant qui fasse des sandwich triangle thon-mayo...^^. 

Maintenant passons à ce que nous avons mangé dans les petits restaurants qu'on trouve partout en ville (en sachant que ces plats (sauf le barbecue et ceux qui nécessitent de mijoter) sont également servis dans la rue. On croise souvent des petites tentes sous lesquelles les gens mangent à même le comptoir où les plats sont préparés).

Notre premier repas vraiment traditionnel : une sorte de barbecue coréen, avec du boeuf et des pâtes de riz. Et toujours avec plein de petits plats pour accompagner, et des feuilles de salade pour y mettre la viande.  Heureusement que la serveuse a eu la gentillesse de nous montrer comment faire (et qu'on savait se débrouiller à peu près avec des baguettes !)

Un plat typique, style "ramen" et très bon !
Un plat très très épicé ! Et dans les petites timbales, du riz :)

Manger au restaurant en Corée : toute une habitude !


C'est une des choses qui nous a marqués là-bas : les nombreuses (et souvent agréables) différences avec les restaurants français. D'abord, quand vous arrivez, la table n'est pas mise. Pas de nappe, pas de couverts. Dans un coin il y a une boîte avec des serviettes en papier et des verres. Le/ la serveuse vous apporte ensuite une bouteille d'eau filtrée (dans des espèces de petites gourdes transparentes). Parfois c'est transparent... parfois c'est jaune ! Pas de panique, on s'est rendu compte que c'est simplement du thé au pavot (chaud ou froid). Un peu étrange au début, mais on s'habitue. 
On commande en montrant la photo du plat sur la carte, en évitant le rouge... Heureuse méthode qu'ils ont dans les grandes villes de mettre les photos des plats sur les menus, voire les représentations en plastique de ces mêmes plats en vitrine (oui oui, et c'est très réaliste !) . Et on est agréablement surpris de manger pour deux au prix d'un seul plat en France. Beaucoup de Coréens mangent très souvent au restaurant d'ailleurs, qui n'est pas plus cher là-bas que de se préparer soi-même un repas. On le comprend vite en voyant les prix des légumes et de la viande ! 
On a donc commandé, on a bu avec un peu de méfiance au début, mais il manque toujours quelque chose... les couverts. Heureusement les serveurs ont bien vu qu'on était étrangers, ils se sont d'ailleurs tous regardés à notre arrivée genre "c'est toi qui y va, moi je parle pas anglais !", paniqués. Et puis finalement, tout sourire, celui préposé à notre table nous ouvre un tiroir... rempli de baguettes et cuillères. Bien sûr pas de couteaux ni de fourchettes, mais ça on s'y attendait. Pas tellement à la cuillère par contre, mais c'est bien pratique pour manger (en faisant plein de bruit, il paraît que c'est poli) les soupes et les nouilles. 
Avant que les plats n'arrivent, on vous apporte des tas et des tas de petits bols : algues, salades, pousses de soja, épinards en branche, petits poissons frits, kimchi (du chou mariné recoucert de piment, une spécialité du pays qu'on retrouve tout le temps... mais à laquelle on ne touchait presque jamais ! C'est rouge, alors forcément...^^). Il peu il y avoir jusqu'à 6 ou 8 petits bols à chaque fois. 
On nous apporte ensuite les plats fumants et longtemps brûlants, surtout pour les bibimpap (mon plat préféré au début, du riz et des légumes qu'on mélange). Ce plat il faut le manger à la cuillère d'ailleurs (merci les vidéo You Tube que j'ai regardées le soir !!)

Un exemple de bibimbap. Il manquait simplement l'oeuf au plat qu'ils ajoutent souvent dessus. En face je m’apprêtais à manger un plat thaïlandais (on était à l'aéroport). 

De magnifiques sushis ! Je ne sais pas s'ils font les mêmes au Japon mais c'était délicieux, tant pour les yeux que pour les papilles. Toujours accompagnés de petits plats : soupe, salades, radis et même purée !

Des raviolis au porc, super bon et pas trop épicés. Idéal pour le soir. 
Une soupe de nouilles. 
La spécialité locale : le barbecue. Très très bon, le meilleur que j'ai jamais mangé. La table est trouée pour accueillir un brasier (avec du charbon qui fume et flambe !), et il y a une hotte jusque au-dessus. 
Une spécialité qui m'a déçue : les nouilles froides. Le goût est très bon, mais ce froid... pas terrible à la saison. Parfois ils mettent même de la glace pilée dedans (j'ai donc eu de la chance !). 
Le fameux kimchi ! Sur les marchés, vous en trouvez mariné avec toutes sortes d'épices.

J'ai fait le tour de ce que nous avons pu goûter en Corée (en omettant deux ou trois plats, quand j'avais trop faim pour penser à la photo :p). Passons maintenant à ce que nous avons mangé de bien bien moins local, et qui témoigne du fort développement du pays...








Les enseignes de cette chaînes pullulent. Nous n'avons pas résisté à la série spéciale du moment, cherry blossom :)

Une autre habitude très américanisée de là-bas, mais aussi très locale puisqu'ils adorent le poulet : le fameux chicken-beer ! Tout simplement du poulet frit avec un bon verre de bière. Impressionnant de diététique mais très bon :p.
On trouve aussi à chaque coin de rue des fast-food : Mac-Do, mais surtout des chaînes genre KFC. Ils adorent le poulet, rappelez-vous !

Là-bas la France est très présente, surtout à travers les nombreuses "boulangeries" aux noms francisés, comme "Paris-Baguette" ou "Tous les Jours". Rien à voir avec les boulangeries de chez nous mais nous avons pu nous faire de petits plaisirs de temps en temps (pour changer des épices et du riz...).

Un exemple de petit-déj pris à "Paris Baguette". Le thé a un package plus joli qu'il n'était bon. 

Comme vous pouvez le voir, manger en Corée n'est pas tellement un problème : ce n'est pas cher, c'est bon (qund ça n'est pas épicé au point que vous ne goûtez plus les aliments...), c'est varié et vous trouvez à manger pratiquement partout. Cela ne nous a pas empêchés parfois de faire des pas et des pas dans la ville le soir pour décider où nous arrêter finalement, selon qu'on se sentait d'humeur téméraire ou pas... Heureusement qu'il y avait les bibimpap et les gimbap ! 

J'espère que cet article vous aura plu ! Je vous retrouve dans quelques jours avec un nouvel article un peu plus littéraire cette fois :). 

Notez que j'ai rédigé cet article en écoutant de la Kpop, immersion locale oblige ! Mais parfois c'est, comment dire... difficile de se concentrer ^^. 

dimanche 27 mars 2016

Coup de coeur et découverte

J'ai repris un rythme de lecture un peu plus soutenu ces derniers temps, et j'ai eu la chance de tomber sur de très bonnes lectures (orientées par ma très chère conseillère du CDI, tout de même :p). C'est là où j'emprunte toutes mes lectures du moment.Pour les deux dernières en date, il s'agit des nouvelles acquisitions.

Commençons par mon coup de coeur : l'intégrale de l'Eté où je suis devenue jolie de Jenny Han. 
Pourquoi j'ai aimé ? Tout simplement parce que c'est plutôt bien écrit, les 950 pages (eh oui !) s'enchaînent sans peine, et l'histoire est plus que captivante. 
En bref : Belly et son frère retrouvent chaque été Jeremy et Conrad dans une maison de vacances au bord de la mer, et ce depuis leur plus jeune âge. Belly est la seule fille, et sa place n'est pas facile à trouver. D'autant moins quand arrive la période où les filles changent, et où les garçons commencent à poser les yeux sur elles...
Je ne vous en dirai pas plus, mais ce roman a tout pour plaire. Certes il recycle le genre de la romance adolescente et le poncif du triangle amoureux, mais avec une fraîcheur qui m'a beaucoup plue. L'ambiance estivale, le point de vue bien rendu de l'adolescence, et surtout le passage des années, tout cela m'a conquise. Nous suivons Belly de son âge de 16 ans à ses 20 ans, avec de fréquents retours en arrière. Les souvenirs alternent avec le moment de la narration, et cela nous permet de davantage comprendre les sentiments de la jeune fille. L'auteur a vraiment réussi à rendre toutes ces émotions puissantes et parfois contradictoires qui remplissent l'adolescence; par conséquent, l'ensemble échappe à la niaiserie. Malgré le pitch très cliché, ça n'est pas gnangnan. 
J'ai ressenti plein d'émotions lors de cette lecture ce qui, je le répète souvent, est rare chez moi. Dès lors, je peux dire qu'il s'agit véritablement d'un coup de coeur. Je conseille ce livre à toutes les jeunes filles à partir de 15 ans (peut-être 13 pour le tome 1), mais aussi à toutes les femmes, quel que soit leur âge. Chacune pourra retrouver un petit quelque chose qui lui rappellera sa jeunesse, son adolescence, ce petit goût nostalgique qui nous laisse rêveuses. Un vrai (et long) bon moment de lecture ! 

Le deuxième livre que j'ai lu et fini pas plus tard qu'hier est une autre acquisition du CDI : L'Année Solitaire d'Alice Oseman. Ce roman écrit par une jeune auteur de 18 ans m'a beaucoup intrigué; je ne pensais pas le lire, mais les premières pages ont eu raison de mon a priori : le ton plutôt ironique, les allusions à Harry Potter et à d'autres œuvres littéraires, le lycée, l'adolescence, tout cela a contribué à me faire emprunter ce livre et à le continuer. La couverture aussi, que je trouve jolie et agréable au toucher (et oui, tout ça ça compte !). J'ai été un peu déçue au bout d'une cinquantaine de pages; l'intrigue secondaire autour d'un espèce de blog pirate m'a un peu agacée. Toutefois, la relation du personnage principal (Tori, une jeune fille toujours pessimiste) avec un nouvel élève (qui n'a toutefois rien à voir avec le cliché du beau goss sans cervelle) a commencé à prendre de l'épaisseur, et c'est ce qui m'a fait m'accrocher. Les allusions aux problèmes de son frère, distillés au fur et à mesure des chapitres, ont aussi eu raison de ma curiosité. 
Ce roman m'a beaucoup fait penser à Nos Etoiles contraires, mais en plus profond encore. Moins abordable aussi peut-être. Ce roman fait réfléchir à l'identité, à l'appartenance au groupe, au masque que chacun porte pour être aimée, et à qui on est vraiment. Les deux personnages principaux sont des espèces de marginaux : Tori cultive son pessimiste et sa misanthropie à outrance, jusqu'à en souffrir elle-même. Michael, lui, ne cesse de faire bonne figure alors qu'il est empli de colère au fond de lui. Ils évoluent au fil du livre, l'un avec l'autre, l'un grâce à l'autre, et c'est plutôt convaincant. Une telle histoire (dont je crois ne pas avoir saisi toutes les subtilités d'ailleurs) est le témoin d'une grande maturité de la part de son auteur, laquelle a su prendre un recul certain sur ses camarades et leurs émois adolescents. J'ai été épatée. Même si on est loin du coup de coeur, ce fut une lecture agréable, rapide et très intrigante. Ne vous y lancez pas si vous voulez vous vider la tête, car on est loin du divertissement. Le roman est assez sombre finalement; heureusement que l'ironie de son ton lui redonne de la vivacité. 

Et vous, avez-vous lu un de ces romans ? Qu'en avez vous pensé ? 

lundi 21 mars 2016

Un article pas comme les autres

Interviewons un poëte : Nicolas Grenier 

Je ne connaissais pas du tout Nicolas Grenier avant qu'il ne me contacte. Je connaissais encore moins sa poésie, et je dirais presque, la poésie en général. Donc quelle surprise qu'il me demande une interview ici ! Mais heureuse de l'expérience, et intriguée par le mêlange science et poésie de son nouveau recueil, je me suis laissée tenter...

Rosetta de Nicolas Grenier m'a d'abord déstabilisée. Le haïku d'abord ; la poésie n'est pas mon domaine de prédilection, alors le haïku… De plus, le thème est plus que surprenant : la sonde spatiale Rosetta… On en a beaucoup entendu parler, c'est certain ; mais de là à faire de la science un poème, c'est une autre histoire.


Nicolas Grenier y parvient pourtant, en fusionnant avec aisance vocabulaire scientifique et technique, et métaphores poétiques. Il crée ainsi une alliance entre tradition et modernité, qui n'est pas sans rappeler Baudelaire, quand il évoque cette dernière comme étant pour lui « le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l'art, dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable ». La démarche du Poète Moderne n'a pas changé en deux siècles : associer l'improbable du présent avec la persistance de la tradition.

La forme du haïku est sans doute la meilleure qui rende cette fugacité des choses modernes, selon sa définition. Il est dit que le haïku est « un bref poème visant à dire et célébrer l'évanescence des choses ». Cette définition n'est sans doute pas la seule qui soit, elle n'est sans doute pas complète, mais j'ai trouvé qu'elle s'adaptait bien au thème du nouveau recueil de Nicolas Grenier : cette sonde qui s'envole, laissant des morceaux d'elle-même derrière elle, pour nous renseigner sur l'ailleurs. Et miracle ! Cette comète qui doit nous en apprendre davantage sur nous-même, et qui pourtant est vieille de milliers d'années, côtoie la pointe de la technologie. La métaphore de l'Ancien et du Moderne est filée jusqu'au bout !

À travers une poésie très narrative malgré sa brièveté, Nicolas Grenier nous fait partager les aventures de Rosetta et Philae, comme s'ils étaient des nôtres, nos amis, nos héros envoyés pour nous éclairer. Cette personnification que j'avais ressentie à travers les informations télévisées est ici parfaitement tangible.



Bonjour Nicolas Grenier. Pourriez-vous vous présenter ?
Enchanté de vous rencontrer, Cher Monde dans les Livres, je suis Nicolas et mon patronyme est français, car il figure dans la partie des noms communs du dictionnaire. J’ai toujours à l’esprit Édouard Grenier, secrétaire du poète allemand Heinrich Heine à Paris, et ami d’Alphonse de Lamartine. Aujourd’hui, je suis là pour vous présenter « Rosetta, suivi de Philae », mon dernier recueil de haïkus.

Quel a été votre parcours poétique ?
Pour un poète français, c’est un parcours classique. Tout d’abord, un goût pour les mots. Aussi un vif intérêt pour la connaissance. Derrière mon air béotien, j’ai beaucoup lu, et je ne souviens plus de rien. Pour preuve, je suis incapable de vous citer un alexandrin ou un haïku, mais j’ai dû être un puits de science poétique. Il me reste tout au plus quelques noms de poètes dans ma cartouchière.

Après cela, la publication d’un poème, c’est une façon de montrer à la réalité qu’on a quelques idées… Quand je suis publié dans des revues littéraires, c’est toujours un grand honneur, car elles sont dirigées par des passionnés de littérature, et j’ai le souvenir de Herwarth Walden, et de sa tombe sur la Chausseestraße à Berlin. Bref, il faut toujours faire ses preuves, et continuer, camarade ! Cela devient pénible de justifier son génie à chaque tournant de sa vie, ce n’est pas fini, la vie m’aura épuisé, et le havre de paix semble loin. Dans ce monde d’égoïsme et de mesquinerie, les mains polies qui se tendent sont rares.

Pourquoi avoir choisi la poésie comme moyen d'expression aujourd'hui ? Et surtout, pourquoi le haïku ?
La réalité fait beaucoup de bruit. J'ai besoin de silence. La poésie exige une extrême solitude. Aussi je n’aime pas être dérangé par la médiocrité du monde, seule l’intelligence, comme la gentillesse, m’importe. J’ai toujours souhaité me retirer dans un château en province, mais je ne suis pas rentier. Le choix de la poésie s’est imposé, comme je ressens de l’ennui à lire une page de roman. À mes yeux, la page est inondée de mots. Trop de papotage ! Je ne préfère pas évoquer la littérature de conserve, jetable, qui prospère ici et là. Mais pour ne citer qu’un exemple, chez Louis-Ferdinand Céline, ça décape ! Un chic type, un peu crade, mais sympa ! Dans un livre, j’ai toujours eu besoin d’ouvrir une page au hasard, afin d’avoir une réponse au sens de la vie, et la poésie permet cette lecture aléatoire.

Par la suite, j’ai écrit des milliers de poèmes, le courage serait de tout mettre à la poubelle, et d’en finir une fois pour toutes. Pour le haïku, je le pratique depuis des décennies, car c’est une forme qui me relie au Japon, le pays de la plus vieille dynastie impériale au monde. Plus concrètement, l’écriture nécessite une concentration maximale, que l’on ne peut envisager qu’à plein temps. La forme brève permet de créer plus confortablement. Beaucoup de poètes ont connu cela, hélas, c’est donc tout à fait banal. Pour finir, je sais absolument que la poésie ne sert à rien, mais elle ne fait pas le Mal à grande échelle.

Pourquoi avez-vous choisi des sujets de la vie moderne dans vos écrits ? 
Il faut être le « peintre de la vie moderne », comme le souligne Charles Baudelaire. Chaque époque a son tourbillon de modes : une idéologie, une République, une religion. À la fin du spectacle, tout cela finit par tomber, comme les douilles d’un revolver. Parfois, la poésie peut verser dans l’hermétisme dès la fin du XIXe siècle, mais cela ne s’adresse qu’à des érudits ou des snobs. Par contre, quand on relit Jacques Prévert, je constate toute l’humanité et une générosité sous sa plume. Toutes ses passions, ses doutes, son amour des gens, sont là dans une écriture simple qui touche à l’universel.

Pour le choix des sujets, il faut être pragmatique, tout créateur habite un lieu. Si j’avais vécu à Babylone au VIe siècle avant J-C, j’aurai traité les sujets de mon temps, avec le style de l’époque dans la langue de ce peuple, et adressé mon poème à Nabuchodonosor II. Enfin, chaque poète gère, à sa façon, la perception qu’il a d’une réalité et écrit avec sa grille de lecture du monde. Mais le plus instructif dans l’histoire de l’Humanité, ce n’est pas la modernité, c’est ce qui a eu lieu avant l’invention de l’écriture, disons juste après la formation de la Terre. Le recueil « Rosetta, suivi de Philae », tout comme la mission spatiale, évoque, je dirais, ces aspects : l’origine de l’univers et la fin du monde.

Était-ce simple d'intégrer des thèmes et termes scientifiques dans vos poèmes ? Qu'apportent-ils selon vous à la poésie ?
Quand vous feuilletez un dictionnaire illustré de botanique, il y a des milliers de mots extraordinaires. C’est un territoire magique, fabuleux, tonitruant. J’aimerai passer des journées à dévorer des encyclopédies de gens savants, mais il faut avoir un travail atterrant, afin de payer son steak et sa gamelle d’épinards. Oui, la poésie prend toute son ampleur, quand elle se confronte à de nouveaux territoires. Dans un souci de réalisme, comme tout écrivain, j’ai dû me documenter. Pour ce recueil, j’ai tenté d’avoir un style fluide, en glissant si nécessaire un terme scientifique. L’exercice est assez jubilatoire, car, pour la première fois, certains mots apparaissent en poésie. Toutefois, il ne faut pas que cette inflation de mots abscons envahisse trop le poème, comme chez Saint-John Perse, car la lecture s’en trouverait peut-être fâcheuse. Vous le constatez, le langage de nos contemporains s’appauvrit. Là où un Ministre ou bien un PDG du CAC 40 devrait rendre hommage à la langue française, je ne constate qu’un spectacle de désolation. Pourtant, la France a bien traversé la Renaissance et le Siècle des Lumières. Si la poésie peut enrichir notre monde présent, ce sera formidable !

Le public que vous voulez sensibiliser n'est sans doute pas uniquement cantonné aux ingénieurs et hommes de science. Qui espérez-vous plus particulièrement toucher à travers vos poèmes ?
Naturellement, le recueil « Rosetta, suivi de Philae » est un hommage aux brillants scientifiques, qui ont mené la mission Rosetta, en France, le CNES, l'ESA, en Allemagne, la DLR, aux États-Unis, la NASA, le JPL, pour lesquels j’aimerai bien travailler, et je tiens à saluer toutes les personnes qui ont investi leur corps et leur âme dans cette équipée. J'ai un respect infini pour tous ces grands esprits, car ils donnent d'une certaine façon un sens à ma vie, et je l’espère, celle des autres. Quand le poète envisage une telle aventure humaine, cela lui donne envie de se lever chaque matin, comme s'il allait découvrir une page inconnue dans l'Encyclopédie de Denis Diderot et de Jean le Rond d'Alembert. Ce recueil de haïkus, il est aussi à l'histoire universelle de la poésie, en espérant que les Messieurs de la postérité se souviendront, là-haut, de mon recueil. J'espère qu'ils seront gentils avec moi, je le mérite vraiment, car je suis fatigué.

Enfin, ce recueil s’adresse aux générations futures. L’Humanité a besoin de scientifiques et d’ingénieurs, j'espère qu’il suscitera des vocations de scientifique chez mes lecteurs, j’en serai très ému. Dans cette société de consommation qui hébète la masse, les musées sont les supermarchés des Temps modernes. Dans ces tristes pays de l’Occident, l’on vend le mensonge à la population, aux pauvres, de leur naissance jusqu’à leur mort, et la France détruit encore l’authentique culture de ses provinces, ses paysans, avec la télévision et aujourd’hui le totalitarisme numérique, dans les yeux de nos enfants et des salariés. Le XXe siècle a vu naître le contrôle des masses, la propagande aux États-Unis. Tout cela m’afflige, le discours de Pier Paolo Pasolini contre les fascismes de la société démocratique n’aura servi à pas grand-chose, et le lavage de cerveau continue. La science reste un continent encore intact, et je suis heureux que le nom de scientifiques français, tels que Gaspard Monge, le comte Buffon, Antoine Lavoisier qui a été guillotiné sous la Révolution française, figure sur les plaques de rue dans les grandes villes.

Votre poésie dans Rosetta est très narrative. Comment est construit votre recueil ?
Un recueil de poésie a toujours une construction secrète. Vous le savez, les sonnets des Chimères par Gérard de Nerval sont cryptés. Mais dès que j’entends le concept de narratologie, j’ai envie de tirer des coups de feu en l’air. Oui, le livre est une suite poétique qui s’inscrit dans le temps… Ai-je songé au Mobile de Michel Butor ? À la poésie spatiale de Pierre Garnier ? Ou à Arsène Lupin, le héros populaire de Maurice Leblanc ? Hélas, je ne peux vous en dire davantage, peut-être que les universitaires ou des chercheurs d'un Centre de recherche en littérature se pencheront un jour durant un colloque ou dans leur doctorat sur ce mystérieux recueil « Rosetta, suivi de Philae », et si un traducteur, en Allemagne ou en Grèce, s’interroge à ce sujet, j’en serai fort amusé.

Quelques liens pour découvrir son travail, ici et

dimanche 20 mars 2016

Mes dernières lectures

Un petit point s'impose sur mes dernières lectures; peu nombreuses, mais très bonnes. 
Depuis le début du mois, j'avais repris la lecture du tome 5 d'Harry Potter, que j'avais laissé de côté fin septembre. J'avais très envie de continuer à lire en VO et la bonne expérience de Carry On m'a fortement incitée à poursuivre les aventures du petit sorcier. C'est cependant ce qui explique mon absence de quelques petites semaines sur le blog : la VO, ça prend du temps ! 

Forcément, j'ai adoré ma lecture. J'ai retrouvé avec plaisir mes passages préférés : les examens, les souvenirs de Rogue et puis les confidences de Dumbledore. De très bons moments ! La lecture est assez lente puisque c'est écrit tout petit, mais les 300 pages qui me restaient ont fondu assez rapidement. Ce tome reste définitivement mon préféré de la saga pour le moment, mais j'attends de me laisser surprendre par le tome 6, qui m'avait déçue à sa sortie il y a 10 ans. Je l'ai d'ailleurs acheté en VO, et sa couverture me conquiert déjà :p. 

J'ai ensuite enchaîné sur une lecture inattendue, sur les conseils de ma collègue du CDI. 
Ne vous laissez pas surprendre par sa couverture, qui laisse supposer une romance un peu niaise et bourrée de clichés. L'histoire est en réalité bien plus complexe. Mikey (sic...) et Ellie sont respectivement frère et soeur d'une victime et d'un coupable. Karyn s'est faite agresser sexuellement par Tom, le frère d'Ellie, lors d'une soirée. Celle-ci a été témoin de toute la scène, mais son premier souhait est de protéger son frère. Forcément, les choses se compliquent quand Ellie rencontre Mikey et qu'ils tombent sous le charme l'un de l'autre...
S'ensuit une histoire compliquée, bloquée par la situation. La famille, la justice, la loyauté, la vérité, tout s'emmêle et s'accorde pour mettre des bâtons dans les roues des jeunes gens. 

Pourquoi lire ce roman ?
Parce qu'en plus d'être une histoire d'amour, c'est un roman qui questionne les valeurs profondes qui unissent les membres d'une famille, les moeurs humaines, la jeunesse et ses problèmes. 

Un roman pour qui ? 
Pour tous les ados, les jeunes adultes et même les parents. Ce roman interroge profondément la loyauté, l'égalité dans une famille, la tolérance, la manière d'affronter les problèmes ordinaires et moins ordinaires. Tous les personnages sont fouillés, des ados aux parents. Les milieux sociaux des deux familles sont également totalement opposés, ce qui confère à l'histoire une dimension supplémentaire. Ajoutez à cela une écriture fluide, agréable et sans clichés, et vous voilà avec un superbe roman entre les mains. Sorti en 2010, ce roman est passé plutôt inaperçu selon moi, et j'espère que cet article lui redonnera une raison d'être :). 

lundi 29 février 2016

Carry On, Rainbow, Carry On !

Ah Rainbow, si seulement tu pouvais répondre à ma requête et continuer à écrire des romans sur les aventures de Simon Snow ! Mais ce premier tome de toi correspond en réalité au dernier de la série des Simon Snow dans l'univers de Cath, du roman FanGirl... Donc l'espoir est mince. Mais qui sait ! En tout cas l'émotion est grande pour moi au moment d'écrire cet article. Il y a un an presque jour pour jour, je venais aussi de terminer FanGirl, de Rainbow Rowell, (découvert grâce à Dolorès du blog et-en-plus-elle-lit, que je remercie du fond du coeur :) ! Le meilleur roman YA de 2015, et même de tous les temps pour moi. J'en étais tellement émue que j'en ai fait deux articles (les liens ici et ). J'avais été complètement transportée par ce roman, que je pense d'ailleurs relire un de ces jours (je ne relis quasiment jamais, pour vous dire !). L'ambiance, les souvenirs estudiantins qu'il a fait émerger, le goût pour les romans VO qu'il a suscité, l'envie de relire les Harry Potter en VO (je n'en suis qu'à la moitié du tome 5 mais c'est déjà pas mal !), et puis, surtout, surtout... ce talent que Rainbow Rowell a pour raconter les histoires d'amour. 
C'est ce que j'ai le plus aimé dans Carry On : l'histoire d'amour entre Baz et Simon. Non, non je ne spoile pas, puisque si vous avez lu FanGirl, vous savez que c'est le pitch principal de l'histoire : l'amour entre Baz, un vampire, et Simon Snow, l'Elu parmi les sorciers. Histoire d'amour gay sur fond de fan fiction Harry Potterienne. Autant vous dire que ce roman avait d'emblée tout pour me plaire (je suis aussi fan du Secret de Brockback Moutain ^^).

Je vais changer un peu la dynamique de l'article en répondant à une question fondamentale :

Pourquoi j'ai aimé Carry On

Attention pour ceux et celles qui comptent lire ce roman : je spoile un peu ! 


Parce que c'est le livre que tous ceux qui ont aimé FanGirl attendaient !
Pour rappel : dans FanGirl, l'héroïne Cath écrit des fan fictions de Simon Snow, une saga magique de Gemma T. Leslie (saga totalement inventée par Rainbow Rowell et dont les livres n'existent (malheureusement...) pas.) Or de nombreux passages étaient présents dans le roman FanGirl, en alternance avec l'histoire. On avait donc tous envie de connaître les aventures de ce Simon, petit frère de notre Harry ! On a tous forcément cherché sur Internet si ces livres existaient (en tout cas moi je l'ai fait, même si je savais qu'ils n'existaient certainement pas...) et quand j'ai découvert, il y a trois mois, qu'un roman sur Simon allait sortir...inutile de vous expliquer ma hâte ! Toutefois je ne me suis pas jetée immédiatement sur le roman : le début m'avait un peu refroidie, comme je l'explique plus bas. A la fin du livre, l'auteur explique d'ailleurs qu'après évolué dans l'univers de Simon avec Cath, elle ne pouvait plus s'en défaire et a ressenti le besoin de poursuivre les aventures de ce jeune élu. Merci pour les fans !!

Parce que c'est une fan fiction d'Harry Potter
Oui, Simon Snow est un ersatz de notre cher Harry. Tombée dedans toute jeune, Harry a été le héros de mon enfance, ou en tout cas le héros de mes lectures d'enfance. J'ai tout lu ou presque, et en direct de sortie s'il vous plait ! J'ai la chance d'avoir l'âge d'Harry :). Bref, tout ça pour vous dire qu'évidemment, une fan fiction par un bon auteur de YA ne pouvait que m'attirer. Toutefois, ne vous méprenez pas; la fan fiction est légère. J'ai d'ailleurs au début cherché tous les points communs, ou du moins les points de pastiche, et ils m'ont un peu déçue... (attention, spoil !). Certes il y a un château, un Mage (sorte de Dumbledore), une sorte d'Hermione (Penelope) et puis un Chosen One, Simon. De la magie aussi, des dortoirs, des cours (très peu), une garde-chasse et bien sûr un grand méchant. Bon d'accord, ça ressemble pas mal. Toutefois, sans doute pas comme ce à quoi je m'attendais. Plus on avance dans la lecture plus on se rend compte que l'auteur a vraiment créé son propre univers, et finalement, après la déception, c'est ce qui fait la qualité de ce roman. 

Parce que l'histoire d'amour entre Baz et Simon est fabuleusement narrée 
Comme avec Cath et Levi (si je me souviens des prénoms, c'est que c'était vraiment un bon livre!), l'histoire d'amour entre Baz et Simon ne coule pas de source au début. Dans tout le premier tiers du roman, on comprend qu'ils sont ennemis intimes, et ce depuis les débuts à l'école. Et puis il y a la page où Baz déclare qu'il est in love de Simon et là... là j'ai carrément fondu et dévoré le bouquin. C'est tellement émouvant, cette manière qu'il a de l'aimer en donnant l'impression de le haïr... Même si on sait qu'il y a quelque chose entre les deux garçons, l'auteur réussit à semer la confusion, pour notre plus grand plaisir. Et comme dans FanGirl, une fois qu'on y est (le bisou le bisou !), l'ambiance est géniale. Je ne saurais décrire pourquoi, mais l'auteur a une manière toute en finesse de raconter l'amour adolescent. J'adore à chaque fois. 

Parce que l'auteur fait la part belle à la langue et aux mots 
Rainbow Rowell a eu une super belle intention dans ce roman; non seulement belle mais carrément maline. Les sorts que jettent les sorciers ne sont pas des transformations latines comme dans Harry Potter, mais des expressions idiomatiques, des extraits de chansons, des slogans et autres. C'est amusant (même si en VO on ne comprend pas tout...) et surtout c'est un bel hommage à la langue de Shakespear (et à la langue tout court). De la même manière que l'écrivain se sert des mots pour créer, les mages utilisent les mots pour faire émerger la magie; et je trouve que la métaphore est bien choisie !

Parce qu'il y a de courtes descriptions des précédentes aventures de Simon, qui donnent l'impression de connaître toute la saga. Sans s'appesantir, l'auteur nous offre ainsi un petit goût de ce qui a pu amener Simon et Baz à vivre de telles aventures. 

Parce que l'alternance des points de vue rend le roman très dynamique
L'histoire se déroule, mais à travers des points de vue divers : celui de Simon, ou bien Penelope, ou encore Baz et Agatha. Il y en a aussi quelques autres, mais je n'en dirai pas plus !

Parce que Simon est un anti-héros et que c'est ce qui rend l'ensemble aussi attachant.
"Simon Snow is the worst Chosen one who's ever been chosen". Voilà ce que clame la quatrième de couverture; et c'est très vrai. Pour vous situer, c'est comme si Ron devenait le héros de la saga des Harry Potter. Et j'ai trouvé ça plus que touchant. On a le sentiment que Rainbow Rowell, à travers ses personnages de magiciens, parle de vraies personnes. 

Voilà, je crois que j'ai fait le tour des raisons qui m'ont fait aimer ce roman. Même si je ne l'ai pas autant adoré que FanGirl, il y a des passages qui resteront longtemps dans ma mémoire, et j'ai ressenti de jolies émotions. Je n'ai pas été happée par l'histoire tout du long, comme ça a pu être le cas dans les aventures de Cath. L'univers des magiciens m'a moins touchée; comme vous l'aurez compris, c'est cette histoire d'amour hors du commun qui fait le coeur de ce très joli roman, à mon sens.

Donc, si vous avez aimé FanGirl, n'hésitez pas un instant ! 

samedi 20 février 2016

Lecture Commune d'un nouveau genre

Une LC 2.0 avec A-Meli-Melow.
J'ai eu cette idée d'un coup, en essayant de trouver un moyen de trouver le bénéfice d'une LC tout en respectant les possibilités de lecture de chacune. Pour moi, le plaisir d'une Lecture Commune vient des échanges qu'on a sur le livre pendant sa lecture. Echanges qui se font par messages privés, et qu'on ne publie pas ici (enfin pour ma part en tout cas, je ne sais pas comment vous faites vous d'ailleurs ?). Mais cela demande une certaine disponibilité de la part des lectrices, de ne pas partir en voyage par exemple, et puis aussi de lire vraiment en même temps. Or, pour tout vous avouer, j'avais très très envie de commencer assez vite le nouveau roman de Delphine de Vigan (que je craignais pourtant de lire...). Or Méli ne l'avait pas encore, donc j'ai réfléchi à un moyen de le lire en LC mais de façon différée. J'ai alors pensé à des questions qu'on pourrait se poser après la lecture du livre; pas des questions en mode "questionnaire de lecture" (mes pauvres élèves en souffrent assez...) mais des questions qui lient le fond, le livre et aussi notre intimité de lectrices, et puis pourquoi pas des questions plus personnelles encore. Ainsi on échange sur le livre, mais aussi sur ce qu'on a pu faire pendant la lecture, et enfin sur nous. Ma co-équipière (son article ici) a aussitôt adoré l'idée, et voici ce que ça donne. 

Les questions de A-Méli-Melow et mes réponses

Est- ce que pour toi L. existe vraiment? Toujours cette question du vrai et du faux, qui pointe dès le titre... d'après une histoire vraie... Il y a une part de vérité, c'est certain. Mais toute vérité, une fois racontée, devient de la fiction. L'écriture déforme, transforme. Donc oui, il y a sûrement un fond de vérité à tout ça, mais jusqu'à quel point, je ne sais pas. L'auteur brouille les pistes, d'autant qu'elle utilise une simple initiale pour désigner le personnage. Elle nous donne ainsi l'impression du vrai, comme si elle cherchait à protéger le nom de la protagoniste, comme dans un témoignage. A mon avis, ça n'a pas existé, mais elle a connu quelque chose d'un peu semblable (c'est d'autant plus troublant qu'elle utilise le nom de son amoureux est François, et j'ai eu confirmation grâce à Internet qu'elle vivait bien avec François Busnel, qui est donc le François du livre ! Elle brouille bien les pistes...). L. est tellement horrible qu'on a envie qu'elle n'ait pas existé... Mais elle fait un parfait personnage de roman. 
Ou bien simplement l'auteur sait que se faire harceler par quelqu'un ça arrive à des écrivains, en vrai, parfois. Enfin je n'en sais rien. En tout cas ça arrive à des écrivains de fiction, puisqu'elle s'est fortement inspirée de Misery de Stephen King, roman dans lequel un écrivain est fait prisonnier par une de ses plus grandes fans. 
Et puis d'un autre côté il y le "mentir-vrai" d'Aragon. Même si tout ce qu'un auteur raconte est pure fiction, il y a une part de vérité. Même, la fiction permettrait de faire émerger l'essence même du réel, avec encore plus de force que le réel lui-même. Finalement, même l'auteur ne pourrait être certaine d'avoir écrit la vérité, puisque l'écriture est un masque, qui travestit tout. Le fantasme de la mimésis est bel et bien un fantasme; tout ce qui passe à travers le prisme de l'art et même avant, à travers le prisme de la perception de l'individu, est selon moi fatalement déformé. Donc on ne sait pas... et on ne peut pas savoir, et c'est ça qui est bien.

Pour L., les lecteurs "attendent du Vrai, de l'authentique":  et toi? qu'attends tu de la littérature?
J'attends justement ce qu'elle m'a permis juste ici : réfléchir ! J'adore réfléchir à la littérature, à ce qu'elle est, à ce qu'elle peut faire, à la place qu'elle peut avoir dans nos vies. Et je peux lire n'importe quelle histoire : je sais qu'elle contient toujours une part de vérité et une part de fiction. Mais ce que je préfère, tout de même, c'est quand la littérature s'interroge sur elle-même, qu'elle met en scène des écrivains, et qu'elle nous dévoile un peu de la réalité de leur monde intérieur. Je ne sais pas pourquoi, mais ces personnalités m'ont toujours fascinée. Alors, dès que je peux lire un roman ou une autobiographie (et finalement, pas tellement de biographies..) dans lequel il est question d'un écrivain, de son travail, de sa manière de voir le monde, j'adore ! D'ailleurs, si vous avez des titres à me proposer, je suis preneuse !
Si je veux du vrai, il suffit d'allumer la télé... et de regarder les infos. C'est le vrai, dans tous ses états; et encore, il y a des déformations. La télé-réalité (dont il est d'ailleurs question dans le roman) n'a d'ailleurs rien de réel, puisque (comme l'auteur l'explique d'ailleurs), tout est scénarisé à l'avance. J'ai vraiment adoré toutes ces allusions, cette réflexion indirecte sur le vrai, le faux, la fiction et le réel. 

En combien de temps as-tu lu ce livre? J'ai lu ce roman très vite, alors qu'en ce moment je suis plutôt lente avec mes livres VO. Cela m'a fait du bien de lire en Français, et en plus le format du livre était plutôt confortable. Comme c'est écrit assez gros, j'avançais vite, les pages se tournaient rapidement et ça me motive ! En plus j'étais en vacances, donc j'ai pu lire deux heures après manger, ce qui est impossible en période de travail. Donc pour répondre concrètement à la question, j'ai du le lire en 5 heures, étalées sur deux jours à peine. Donc très rapidement :).

As-tu lu le précédent livre de D. de Vigan dont il est question ici, et si oui, qu'en as-tu pensé? Oui je l'avais lu, il y a 3 ans de cela. J'en avais même fait un article. Je laisse le lien ici. J'avais adoré; je ne me souviens presque que de ce sentiment d'ailleurs. J'aimerais beaucoup le relire maintenant, mais il est très très marquant, et je ne sais pas si je suis dans le bon état d'esprit. Mais c'est certain que dès que j'en aurai l'occasion, je le ferai. 

As-tu toi aussi reconnu "le point de démence" (p. 180) de quelqu'un? Je pense que oui, mais peut-être pas aussi consciemment. En même temps, L. est vraiment dingue. Mais j'imagine effectivement que quand on apprécie vraiment quelqu'un, on l'apprécie tout entier, avec ses qualités, ses défauts et ses folies. Du moments que ce sont de douces folies, qui ne risquent pas de nous faire nous retrouver dans un lit d'hôpital :p. 

Quelle est ta citation préférée? ou ton passage préféré? Je n'ai pas relevé de citation, car si je l'avais fait, j'en aurais relevées plein. Et c'est pareil pour les passages préférés. Je n'en ai pas qu'un mais plusieurs, et ce sont ceux où elle parle de ses sentiments en tant qu'auteur; la crainte de la page blanche, les petits carnets, les idées qui fusent,... J'ai adoré la dimension méta-littéraire du roman

Penses-tu comme L. que les séries télés sont vraiment mieux que les romans? Sur ce point je ne suis pas d'accord avec L. (elle !). Je trouve que les romans sont largement meilleurs que tous les films et que toutes les séries télé. Il y a bien plus de détails, on peut vraiment entrer dans l'intimité d'un personnage, et les points de vue varient. Je suis définitivement une adepte des romans. 

As-tu pu t'identifier à un personnage? Non, pas tellement puisque L. est une espèce de psychopathe et que Delphine est écrivain. Heureusement pour la première et malheureusement pour l'autre, je ne suis ni l'un ni l'autre... Les autres personnages de la vie de Delphine étant simplement esquissés, je n'ai pas réussi à m'identifier à eux non plus. Mais si je devais n'en choisir qu'un, ce serait François, parce que c'est un amoureux des livres. (et puis c'est François Busnel, de la Grande Librairie ! Je me suis renseignée après la lecture du livre; je me disais bien qu'il y a avait un truc, avec ces histoires de voyages aux USA (François Busnel adore Irving, Paul Auster et les autres)). 

Où as-tu lu ce livre? J'ai lu ce livre dans mon fauteuil de lecture, l'endroit le plus confortable sur terre. Un tabouret tout doux sous les pieds, un plaid sur moi et un cousin sur les genoux, pour poser le livre. Parfait. Et j'ai passé plusieurs heures de suite comme ça. C'est rare; mais ce roman s'y prêtait. Je ne l'ai même pas lu dans mon lit (fait encore plus rare). Il a donc eu un impact certain sur mes habitudes de lecture. 

Pourquoi as-tu voulu le lire? J'avais certaines craintes quant à ce roman; je pensais qu'il allait être très sombre, comme le précédent. Je me disais que la légèreté d'un roman comme Dysfonctionnelle serait plus appréciable pendant les vacances. Et puis finalement je l'ai emprunté au CDI, je l'ai feuilleté, et j'ai commencé à lire quelques pages. J'ai réalisé que ça parlait de littérature, et de Delphine écrivain. D'emblée ça m'a plu; pour une fois que je lis quelque chose qui me fait réfléchir à cet art ! ça m'a rappelé mes années d'étude (pas si éloignées), la réflexion sur la vérité de l'écriture, la place de l'auteur, et toutes ces choses. J'ai adoré dès le début, et je savais que la suite allait me plaire. 

As-tu mangé ou bu quelque chose pendant ta lecture? Oui, pour une fois je m'étais super bien installée, j'avais déplacé le fauteuil un peu plus près de la table et y avais posé ma tasse de thé. Un petit rayon de soleil qui passait par là en plus et c'était parfait. (J'ai l'impression de lire un de ces blogs de blogueuses un peu bisounours, qui parlent de plaid de chat et de thé. ça m'agace, mais en fait je comprends pourquoi elle en font toute une histoire... c'est quand même bien agréable tout ça !)

"On est amis ou on ne l'est pas": as-tu une "meilleure" amie? J'en avais indéniablement une quand j'étais jeune, que j'ai perdue de vue à l'âge de 15 ans (on a pris des voix différentes, elle avait déménagé, c'était compliqué mais ça s'est fait naturellement). Et puis j'en ai retrouvée une en Terminale, qui a été ma témoin de mariage. Et une autre en Prépa, qui a été mon deuxième témoin. Et depuis un an, une autre au travail. En fait, à chaque grande étape de ma vie, j'ai rencontré une meilleure amie. Je n'en ai donc pas qu'une, mais 3 au moins ! Je n'ai pas les mêmes relations ni les mêmes échanges avec chacune d'entre elles, mais je sais que je peux compter sur elles en toutes circonstances

Retranscris à la façon de L. (p. 296) les 10 premiers titres de ta bibliothèque. Ahah, question difficile, puisque je ne sais que choisir : la bibliothèque VO ou la française ? Je vais mélanger alors !
As-tu lu paper town, les fiancés de l'hiver, fan girl, les disparus du clair de lune, les outrepasseurs, les hommes qui n'aimaient pas les femmes, nothern lights, l'apprenti assassin, l'alliance des trois, le garçon qui voulait dormir ? 

J'ai trouvé ces questions géniales, et super intéressantes. Elle a su lier le personnel et les questions de fond. J'adore !! J'ai essayé d'y répondre avec force et honneur :p
Ce livre m'a en tout cas permis de repenser à toutes mes interrogations d'étudiante en Lettres; questionnements qui n'étaient pas tant destinés aux dissertations qu'à me permettre de comprendre des choses qui me tenaient à coeur. 

Voilà maintenant mes questions

J'ai donné pas mal de réponses précédemment. Nos questions se recoupent en fait ! Je vais m'arrêter sur les questions qui n'ont pas du tout été abordées précédemment. 

- Quel est ton passage préféré ? 
- Comment as-tu réagi quand on découvre que L. a carrément empoisonné Delphine ? J'ai complètement halluciné, je me suis demandé comment on pouvait en arriver là, mais en même temps ça ne m'a pas surprise. Je savais qu'elle allait être méchante. Je me suis même demandée si (attention, SPOIL !) elle n'était pas responsable aussi de l'accident dans l'escalier.
- Où as-tu lu ton livre ?
- Quel est l'endroit le plus incongru où tu as lu ce livre ? Aucun, puisque je l'ai lu dans mon fauteuil de lecture et tellement rapidement que je n'ai pas eu l'occasion de l'emmener ailleurs. 
- Quel a été ton moment préféré dans ta vie pendant la période de lecture de ce livre ? Je passais deux jours toute seule à la maison, pour travailler. Mais avant j'étais avec ma mamie et on a été dans un hôtel-spa, et c'était génial ! J'ai nagé dans des piscines d'eau de mer chauffées...!
- As-tu voulu abandonner ? pourquoi ? Non, même si par moments je me sentais un peu fébrile pendant ma lecture, hâte de savoir quelle serait l'issue. Donc au contraire, j'ai même plutôt accéléré !
- Quelle a été ta vitesse de lecture ? Extrêmement rapide, comme je vous le disais. 
- A quels personnages as-tu pu t'identifier ? 
- Et le style de l'auteur ? Qu'en as-tu pensé ? J'ai aimé son style, on voit qu'elle a pesé chaque mot. C'est vraiment une oeuvre littéraire, avec une réflexion sur la littérature, un style et une verve prenante. Et ça fait du bien de lire ce genre de livre de temps en temps. Bien écrit, mais pas du tout prise de tête et qui se lit très rapidement. 
- Et le format du livre ? Sa couverture ? Très agréable, couverture souple, pas trop grand ni trop petit, des pages bien aérées qui se tournent vite. 
- Quelles émotions as-tu ressenties pendant la lecture ? Je ne ressens pas énormément d'émotions lors de mes lectures, sauf dans les moments de coups de théâtre ou de grands évènements. Mais là j'ai aimé le suspense, qui m'a laissée assez fébrile tout au long de la lecture. 
- Quel marque-page as-tu utilisé ? J'ai utilisé un marque-page que je prends assez peu souvent comme il est assez haut : il est turquoise, avec une tour-Eiffel et plein de petits dessins. Je vous mets le lien ici. Je voulais faire une photo, je vais voir si je peux en ajouter une mais ces derniers jours c'était compliqué, surtout que je n'ai pas de carte photo sur la Surface...
- Combien de pages maximum as-tu lues en un seul coup (environ) ? J'ai réussi à lire 200 pages en une seule fois (C'est écrit assez gros, ça aide). J'ai eu envie de savoir la fin avant de poser le livre, et c'est très rare chez moi. Cela montre que c'est un bon thriller ! 

Et pour clôre le tout... des questions pour vous qui l'avez lu !

Comment avez-vous réagi quand vous avez réalisé que François était François Busnel ?
Avez-vous toujours soupçonné L. ?

En espérant que ce nouveau format de LC vous ait plu !! N'hésitez pas à le reprendre et à commenter :). 

jeudi 18 février 2016

New Moon, la saga continue

M'y voilà enfin, j'ai terminé le tome 2 de la série Twilight et suis enfin à même de vous en faire un article. Ils me prennent du temps ces bouquins, c'est le moins que l'on puisse dire. Non pas que l'intrigue soit philosophique ni même complexe; je ne fais pas des arrêts en mode "ouahou j'apprends tellement de choses sur la vie !" ou alors "ouahou, la pensée développée par cette auteur, et ce de façon métaphorique, avec ces allégories sexy de la vie, la mort, la peur, l'indécision... c'est d'une portée intellectuelle inouië !!" Nop. Je me dis juste "ahlàlà pas mal ce Jacob, pourquoi elle succombe pas cette greluche ? En même temps Edward est pas mal aussi, elle a pas tord d'attendre, en plus il brille au soleil." Bon, ok, pas à ce point là non plus. Mais ces bouquins me détendent; c'est indéniable. Je suis toujours prête à bien dormir après en avoir lu quelques pages. Donc j'adore, et je suis contente d'avoir encore deux gros tomes à lire. En plus je n'hésite pas à m'interrompre dans ma lecture pour lire des romans un tantinet plus évolués, en LC par exemple (ahah suspense les amis, vous vous demandez ce que ça peut bien être !! Mais il y a des indices dans les articles précédents :p). Bref, je suis bien contente d'avoir franchi le pas et commencé cette saga. Les romans sont tellement, terriblement meilleurs que les films !! W9 a eu la bonne idée de les repasser le lundi (c'était le 2 justement il y a deux jours) et j'ai pu constater à quel point c'est pathétique. Les livres rendent Bella un peu moins niaise, et l'intrigue un tantinet plus profonde (si l'on peut parler de profondeur...). 

J'ai plutôt bien aimé que l'auteur laisse des pages blanches pendant la dépression de Bella; c'était presque méta-littéraire : la page blanche du désespoir. Et puis ensuite son début de résilience grâce à Jacob est touchant. En revanche, Edward part un peu comme un gueux, sans raison véritablement convaincante. Il paraît que StephEnie (et oui ^^, n'est-ce que pas Tiphanie ?!) a voulu, dans ce tome, illustrer la douleur liée à la perte d'un grand amour. J'ai trouvé ça plutôt convaincant, même si Bella a un contrôle sur ses pensées assez impressionnant (surtout quand Jacob la réchauffe). Le gros bémol de ce roman selon est la fin, en Italie. Concernant ce passage, ma préférence va au film. Peut-être aussi est-ce dû à quelques mécompréhensions de la prose anglaise de Madame Meyer, mais j'ai eu le sentiment que tout allait bien vite avec les Volturi. Dans le film évidemment, les décors nous semblent plus grandioses, la succession des évènements plus limpide. Mais ce sera le seul bémol, peut-être avec les explications que Bella et Edward se donnent à la fin concernant sa disparition, sa dépression et surtout les voix qu'elle entendait. Enfin c'est mon avis; je n'ai peut-être pas saisi toutes les subtilités philosophiques de la relation de nos deux héros...
En tout cas il me tarde de lire le tome 3, dans lequel les deux zoms de sa vie vont rivaliser de génie pour la séduire. Ahah le pied ^^(sauf que je connais la fin, et sais pourquoi Jacob la cherche tout le temps, et que ça me fait bien marrer ! Beurk, c'est pas du tout romantique...!!)

Pour relever le niveau de tout cela, je vous ai choisi un tableau. Je reviens à mes bonnes résolutions, laisse de côté le lettering et vais vous parler d'art; plus particulièrement d'un tableau que beaucoup connaissent : "Le baiser" de Klimt. Depuis que j'ai commencé Twilight, je sais que c'est de ce tableau que je vais vous parler. Non pas seulement parce qu'il représente l'amour; ça aurait été trop simple, même si ça tombe sous le sens. L'histoire de Bella et Edward est un peu plus troublante qu'une simple histoire d'amour; c'est d'ailleurs ce qui a séduit un aussi grand nombre de lecteurs. Pour ce tableau, c'est un peu l'inverse : on croit d'abord à une magnifique représentation de l'amour, touchante, riche, brillante, onirique et champêtre. Mais si on y regarde de plus près, on se rend compte de certains détails...
1908-1909, Huile et feuille d'or sur toile,
180 x 180 cm
Regardez d'abord la position des amants. On ne voit pas la tête de l'homme, et elle est complètement penchée. Cela fait référence aux têtes coupées chères à l'art symboliste, et qu'on retrouve souvent dans la littérature, la poésie et la peinture. Pensez au mythe de Salomé qui demande la tête de Jean le Baptiste, ou bien à Mathilde de la Môle qui porte sur ses genoux la tête de Julien en l'emmenant au tombeau. Si on regarde maintenant la tête de la femme, on se rend compte que cette dimension morbide se justifie encore. Elle est très pâle cette dame, même si ses joues sont un peu rosies. On a l'impression qu'il embrasse une morte, ou une presque morte. De plus, on n'a pas tellement le sentiment qu'elle apprécie ce baiser... elle a la tête rentrée dans ses épaules d'une façon assez peu naturelle... Enfin, regardez sa posture : elle est en réalité à genoux; ses pieds dépassent. Etrange, encore une fois... Pour finir sur la femme : observez le bas du tableau : il y a comme des tresses à droite. On pourrait croire à de simples effets de style, mais on peut aussi supposer qu'elle représentent les cheveux de la femme. Dans l'art symboliste, on aimait représenter les femmes fatales avec de longues chevelures, grâce auxquelles elles pouvaient séduire et capturer... Charmant n'est-ce pas ! Le vampire ne serait, dans le cas de notre tableau, pas celui qu'on croit, malgré le baiser suggestif !
Parlons enfin de la facture plus que particulière de ce tableau. Cette abondance de doré, qui rappelle les œuvres artisanales, peut-être même les icônes, illustre la liberté créatrice de Klimt. Il n'appartient pas véritablement à un courant particulier. Membre de la Sécession viennoise - courant souhaitant s'extraire de l'académisme-, inspiré par les symbolistes, il finit par créer son propre style, et nous a particulièrement marqués par ses œuvres de la période dorée. Cette abondance de feuille d'or et de motifs sertis lui vient sans doute de l'observation de son père au travail : il été orfèvre. Tout cet or confère au tableau une dimension brillante et hiératique; on a presque l'impression que les deux amants sont allongés non pas dans un lit, mais dans un sarcophage (encore une fois, voilà pourquoi il m'a fortement inspiré suite à ma lecture !) Le seul élément qui évoque la nature dans ce tableau et apporte une dimension pastorale est le parterre de fleurs...