lundi 9 janvier 2017

Lectures de vacances

Bonjour mes chers !
Je suis désolée de cette absence prolongée, mais j'ai déménagé et nous n'avons pas encore de connexion internet... J'espère qu'elle va arriver bientôt, mais avec la nouvelle année c'est compliqué !
Quoi qu'il en soit je continue à vous lire (dès que possible) et à lire (beaucoup, faute de temps passé sur les réseaux ^^)
Voilà les chroniques de quelques belles lectures.

Ce que le jour doit à la nuit, Delphine de Vigan

Après avoir lu D’après une histoire vraie (ma chronique ici) je m’étais dit que je relirais volontiers le roman de l’auteur qui avait fait tant parler et qui était à l’origine de nombre de traumatismes et inquiétudes qu’elle évoque dans ce dernier ouvrage. Et c’est avec plaisir que pendant les vacances de Noël, j’ai trouvé le temps et l’envie de m’y replonger. Certes c’est loin d’être le roman le plus joyeux à lire en période de fêtes ; mais c’est pourtant la lecture qui m’a semblée incontournable. Je l’ai d’ailleurs grandement appréciée.

Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas encore ce roman : Delphine de Vigan y raconte sa mère, une femme qui a d’abord été une enfant et une jeune fille, dans une famille nombreuses aux blessures complexes. L’auteur nous raconte l’histoire de cette famille trop de fois endeuillée, abîmée. Ce qu’elle raconte est souvent dur, brutal. On y est parfois un peu préparé en amont, l’auteur jette des pierres ici et là, qui nous mettent la puce à l’oreille. Et on se demande quand est-ce que le pire va arriver, et comment le pire est arrivé.
Si la jeunesse de la maman de l’auteur a été percluse de trop de douleurs (en dépit de quelques rayons de soleil liés à sa beauté), sa vie de femme l’est peut-être encore davantage. Sous le regard de ses deux filles, elle est sujette à des accès de folie, qui se révéleront les symptômes d’un syndrome de bipolarité. La vie n’est donc pas rose, elle est semée de peurs et d’angoisses. A travers sa mère, l’auteur se raconte par bribes, et nous donne à voir ce qui a fait d’elle un peu de ce qu’elle est.

Ce qui est plaisant dans ce roman, en dehors du fait qu’on découvre les joies et les peines d’une grande famille du milieu du siècle dernier (ça fait très vieux dit comme ça, mais en fait je vous parle des années 50 !), c’est sa dimension méta-littéraire très riche. L’auteur évoque sans cesse les difficultés de cette entreprise d’écriture, les impasses auxquelles elle se heurte – qu’elles soient littéraire ou humaines-, les processus de l’écriture avec ses exigences et ses imprécations permanentes. Elle raconte aussi les documents qu’elle utilise pour écrire, pour raconter sa mère au plus juste : des enregistrements audio, des carnets, des témoignages. Elle procède à un travail minutieux et de longue haleine, éreintant tant physiquement qu’émotionnellement.

C’est un roman dur, âpre mais très profond. Raconter sa mère est peut-être plus difficile encore que de se raconter soi uniquement : on réveille des souvenirs enfoui, on parle beaucoup des autres, et surtout on parle d’une personne qui n’est pas nous et pourtant…
Je comprends les colères et discussions que ce roman a pu soulever. Delphine de Vigan met à jour un passé plutôt sombre et triste. Mais le résultat littéraire est très beau, en plus d’avoir été pour elle une forme de libération (même si les choses ne se sont pas vraiment arrangées, si l’on en croit son dernier roman). Une lecture très inspirante donc.


Chanson douce, Leïla Slimani

Je n’achète pas toujours les romans primés, mais là, l’intrigue m’a plu et l’obtention du Goncourt m’a fait me dire que ça devait être de la qualité. Je l’ai donc demandé au Papa Noël, qui me l’a gentiment apporté.
J’ai beaucoup apprécié ma lecture. On peut être un peu dérouté d’abord par le début, qui dévoile la fin. On sait que les enfants vont mourir. Sympa… Mais la question est : comment est-ce possible ? Comment est-ce que des enfants en bas-âge peuvent être tués dans leur baignoire ? Très vite, l’intrigue se concentre sur la nounou. Une nounou formidable, sans reproches, qui se donne corps et âme à ce qu’elle fait. Qui peu à peu prend une place importante dans la famille, se rend indispensable, pour le meilleur mais pas que. Au bout d’un moment, une nounou qui s’immisce dans votre vie, ça peut être pesant. Au début les bons petits plats préparés, le ménage toujours impeccable, les enfants bien occupés, c’est super ; toutefois, après un certain temps, la dépendance pèse.
Leïla Slimani nous emmène dans les rouages complexes des relations humaines, et surtout de leurs faiblesses. Louise (que ce nom est doux d'ailleurs...) est une nounou particulière, tant parfaite que dangereuse. Elle vit seule, a perdu son mari et a une fille qu’elle ne voit jamais. Tout cela, les parents des enfants ne le savent pas, pour leur plus grand malheur d’ailleurs. On peut en effet supposer que c’est cette instabilité qui est à l’origine de son acte meurtrier, même si rien ne nous le prouve. Tout nous mène à penser cela, du début à la fin, mais rien ne nous l’assure. Peut-être que ça n’est pas la nounou qui a tué les enfants. Ou alors, ce qui l’a poussé à le faire m’est resté très obscure. Je pense que c’est un peu tout l’intérêt de ce roman à la limite du polar et du thriller psychologique. On doute jusqu’au bout, comme les parents, qui ne comprennent pas comment une telle chose a pu arriver, avec une nounou si douce…

Un très bon moment de lecture. C’est le genre de roman qu’on n’a pas envie de lâcher, parce qu’on veut comprendre comment ce meurtre a pu arriver. Le thème n’est pas simple, je comprends que certains puissent être inquiets de se lancer dans une lecture de ce genre, surtout si on est parents. Enfin pour ma part, ça a été une bonne expérience. 

14 commentaires:

  1. Comme toi, j'ai beaucoup aimé le roman de Delphine de Vigan, que j'ai trouvé bouleversant. Quant au Slimani, je l'ai noté, mais j'attends sa sortie en poche pour le lire (j'ai déjà fait de gros efforts cette année en achetant 4 titres -c'est énorme !!- de la rentrée littéraire de septembre).

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    1. Oh oui, les livres de la rentrée littéraire sont un plaisir dont on peut malheureusement trop peu abuser...:)

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  2. Je ne sais trop pourquoi mais De Vigan, tout comme Lugand, ne me tente pas du tout :/ Je pense que c'est surtout à force de les voir partout... C'est lassant à force :p
    Pour ce qui est de Chanson douce, c'est la même chose. Je ne l'ai pas encore eu en main que j'ai déjà l'impressions de l'avoir mangé à toutes les sauces ^^ Mais il m'intrigue du coup je pense que je me le prendrais quand il sortira en poche :p
    Des bisous en espérant que ton déménagement se passe bien <3

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    1. Oui je suis d'accord que je n'ai pas tellement fait dans l'originalité avec ces lectures ^^. Mais De Vigan est vraiment une auteur que j'apprécie, et je voulais me faire mon idée sur Chanson Douce, d'autant que c'est un page-turner, le genre que j'affectionne vraiment !

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  3. J'ai aussi bien apprécié ma lecture du Slimani, même si je l'ai plus apprécié pour son côté "lecture en apnée" que pour ses qualités d'écriture. Ca reste une histoire très prenante.

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  4. Eden l&#39;ame des mots12 janvier 2017 à 11:18

    Rien ne s'oppose a la nuit est un de mes romans préférés, même si la lecture fut éprouvante. J'ai du faire une pause dans ma lecture tant l'univers était oppressant. Et j'avais la désagréable sensation de ne pas être a ma place, de ne pas avoir le droit de savoir ça sur sa mère ou cela son grand père. Dans ma chronique j'avais écrit que je me sentais comme un "voyeur"... mais ce fur une très belle expérience.

    Quant a Chanson Douce, il ne me tente pas pour le moment. Trop sanglant.

    Bonne chance pour le déménagement, moi je déteste ça...

    Ps : je réponds vite a ton commentaire. Il faut que jz trouve le temps c'est tout...


    Pps: tu as fait une petite faute dans le titre de se Vigan. Mais personnellement le titre que tu lui a donné est très beau !! Une belle infidélité tres poétique.

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    1. Je comprends cette idée de "voyeur". Mais moi j'aime bien, je me dis que si elle l'a écrit c'est pour qu'on le lise. ça a un petit côté malsain mais bon... ^^
      Oui j'ai vu l'erreur !!! Tu es la seule à l'avoir notée :p. Je vais corriger ça plus tard, j'aime bien laisser cette erreur poétique, que ma maman fait tout le temps d'ailleurs.
      Hâte de voir ton commentaire chez toi aussi.

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  5. J'ai très très très envie de lire Chanson douce, et le fait que tu aies aimé m'encourage encore plus ! J'espère pouvoir l'emprunter à la bibliothèque.

    Le livre de Delphine de Vigan a l'air très touchant, mais c'est le genre de lecture qu'on ne peut pas faire n'importe quand, il faut être bien accroché j'ai l'impression ! En tout cas j'aime beaucoup le titre, très poétique, qui vient d'une chanson de Claude Nougaro si je ne me trompe pas.

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    1. Je me suis trompée sur le titre dans ma chronique ^^ Je ne sais pas du tout si c'est Nougaro mais je crois qu'elle la cite dans son roman.
      Je serai normalement bientôt prête pour la LC, bien que j'ai plusieurs lectures urgentes (je te raconterai). On se renvoie un mail. Bises !

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  6. J'avais beaucoup aimé le roman de Delphine de Vigan, mais je ne pense pas le relire un jour, il était tellement sombre...
    Pour Chanson douce, cela ne me tente pas plus que ça, peut-être un jour si je le trouve à la bib...il parait qu'il se lit bien vite en plus!
    Bonne année 2017 et vivement internet chez toi!

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    1. ça y est on a Internet !!!
      Je ne me comprends pas moi-même, pourquoi avoir relu un roman si sombre, mais bon, j'ai bien apprécié ma lecture :)

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  7. J'ai autant aimé l'un que l'autre ! Avec peut-être une petite préférence pour le roman de Delphine de Vigan car c'est mon auteur préférée... Si tu ne les as pas lus, fonce pour Les Heures Souterraines et Jours sans Faim !

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    1. Je les ai lus, mais il y a longtemps. Peut-être que je pourrais les relire :)

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