mercredi 10 septembre 2014

La grâce des brigands

La Grâce des Brigands, Véronique Ovaldé 

J'avais repéré ce roman depuis quelques temps, depuis qu'il était sorti en Poche et qu'il faisait partie de la sélection des lecteurs de Points en fait, mais je n'avais toujours pas osé l'acheter, de peur d'être déçue. Le résumé de la quatrième de couverture ne m'attirait pas tellement, et puis je n'avais lu que Ce que je sais de Vera Candida de cette auteur, et craignait que cet autre roman de lui arrive pas à la cheville. Finalement maman me l'a passé, et je lui fais confiance quand elle me dit qu'un livre vaut le coup. Mais ma réticence avait sa raison d'être, puisque j'ai finalement été déçue...
L'histoire était prometteuse : une écrivaine qui retrace dans ses livres son enfance malheureuse, auprès d'une mère quasie folle et surtout intransigeante, et d'un père étouffé. Le roman commence en réalité lorsque Maria-Christina (l'héroïne) a atteint le summum de la notoriété et qu'elle reçoit un coup de fil de sa mère lui demandant de venir s'occuper du fils de sa soeur (soeur handicapée et sans doute à cause de MC, culpabilité qu'elle portera toute sa vie). Un début très prometteur, avec Abel et Caïn au féminin ! Mais au bout d'une cinquantaine de pages, il commence à il y a voir quelques longueurs quand on nous raconte la rencontre des parents, l'histoire de la famille de la mère puis du père de l'héroïne, et enfin sa prime enfance. En plus le style de Véronique Ovaldé n'est pas de tout repos, les phrases sont longues, haletantes, un peu alambiquées parfois (sans fioritures ceci dit, on n'est pas chez Balzac), mais ça donne l'impression d'une voix qui parle alors qu'elle est essoufflée tout en ayant plein de choses à dire (moi quand j'arrive quelque part après avoir couru parce que je suis en retard ^^). Il faut être un minimum concentré pour lire, alors que l'histoire n'est pas en soi si complexe. Par ailleurs, il y a des titres au début de chaque chapitre, qui ne sont pas de prime abord en lien avec ce que contient le chapitre en question, mais la lecture m'a semblé parfois tellement laborieuse que je n'avais même pas le coeur à chercher les correspondances (ce que j'adore faire pourtant, décortiquer les petits indices que l'auteur a pu semer pour maintenir son lecteur en éveil). Dommage...Ceci dit, peut-être est-ce moi qui n'étais pas assez concentrée ! Hypothèse fort probable puisque passée la première (trois quarts...) moitié du livre, j'ai eu l'impression d'être bien mieux immergée dans l'histoire. Peut-être est-ce une volonté de l'auteur de mettre en phase l'état de MC enfant (un peu pômmée et avide) et l'entrée dans l'âge adulte, difficile mais moins pressant... Enfin je m'égare, je pense juste que je n'ai pas su percevoir les subtilités du roman et puis voilà. Peux mieux faire !
Bref je disais que la fin du roman, quand Maria-Christina s'émancipe, emménage avec Joanne (colocataire étrange, enceinte mais sympa) et rencontre Claramunt (dont on a déjà entendu parler au début), m'a semblée beaucoup plus sympa. Cependant, le style restait un peu lourd, ce qui gâchait par moments le plaisir. Je crois me souvenir que c'était un peu la même chose pour Vera Candida (cf sur ce blog). Je viens de relire mon article sur ce roman justement, et j'étais plutôt ravie ! Mais je parle quand même de la difficulté des premiers chapitres, sans doute était-il difficile de rentrer dans l'histoire à cause du style spécial.
La Grâce des Brigands ressemble moins à un conte que Vera Candida; la réalité y est plus cruelle encore, les lieux existent et le temps est donné : les années 80. On retrouve néanmoins les même thèmes de la fuite, des jeunes mère, de l'amour déçu.

Une petite remarque concernant le titre : je n'ai pas tellement compris cette histoire de brigands... (je crois vraiment que je n'ai quasiment rien compris en fait... soit je deviens vieille et sénile, soit j'ai vraiment mal lu, soit... non non c'est forcément moi, hé ho quand même !)
Alors tout en écrivant je suis allée voir des critiques, et cette phrase me rassure :
La grâce des brigands réussit la prouesse d'être aussi diablement romanesque que diablement poétique. L'écriture de Véronique Ovaldé, sans afféterie et sans facilité, suit le rythme presque organique du récit, avec ses échappées et ses alanguissements. Il s'agit du neuvième roman de l'auteur, après Ce que je sais de Vera Candida et Et mon coeur transparent, plusieurs fois primé. (Marion Cocquet - Le Point du 11 juillet 2013)
Elle a donc bien un style fort particulier, qui suis les méandres et les anicroches des aventures des personnages et du récit. Ouf, je ne suis pas devenue hermétique à la littérature parce que je lis Percy Jackson et Musso (bon Musso c'est juste depuis aujourd'hui, parce que je me suis mis en tête de faire comprendre à mes élèves que ce n'est pas un "grand auteur", parce qu'il na pas de style. Et je crois que j'ai réussi... (en leur disant par contre que c'est un très bon conteur (et heureusement, parce que j'ai cru que les nénéttes de la classe allaient m'étriper sur place !).
Bon revenons à nos brigands... et bien je ne les ai pas vraiment trouvés, parce que personne ne vole rien, ou alors l'amour et la vérité... C'est possible ceci étant, puisqu'on est dans une fable et un texte éminemment poétique (........).

Bref, est-il utile de préciser que j'ai préféré Vera Candida et que je ne remettrai pas de si tôt le nez dans un Véronique Ovaldé ?


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