dimanche 27 mars 2016

Coup de coeur et découverte

J'ai repris un rythme de lecture un peu plus soutenu ces derniers temps, et j'ai eu la chance de tomber sur de très bonnes lectures (orientées par ma très chère conseillère du CDI, tout de même :p). C'est là où j'emprunte toutes mes lectures du moment.Pour les deux dernières en date, il s'agit des nouvelles acquisitions.

Commençons par mon coup de coeur : l'intégrale de l'Eté où je suis devenue jolie de Jenny Han. 
Pourquoi j'ai aimé ? Tout simplement parce que c'est plutôt bien écrit, les 950 pages (eh oui !) s'enchaînent sans peine, et l'histoire est plus que captivante. 
En bref : Belly et son frère retrouvent chaque été Jeremy et Conrad dans une maison de vacances au bord de la mer, et ce depuis leur plus jeune âge. Belly est la seule fille, et sa place n'est pas facile à trouver. D'autant moins quand arrive la période où les filles changent, et où les garçons commencent à poser les yeux sur elles...
Je ne vous en dirai pas plus, mais ce roman a tout pour plaire. Certes il recycle le genre de la romance adolescente et le poncif du triangle amoureux, mais avec une fraîcheur qui m'a beaucoup plue. L'ambiance estivale, le point de vue bien rendu de l'adolescence, et surtout le passage des années, tout cela m'a conquise. Nous suivons Belly de son âge de 16 ans à ses 20 ans, avec de fréquents retours en arrière. Les souvenirs alternent avec le moment de la narration, et cela nous permet de davantage comprendre les sentiments de la jeune fille. L'auteur a vraiment réussi à rendre toutes ces émotions puissantes et parfois contradictoires qui remplissent l'adolescence; par conséquent, l'ensemble échappe à la niaiserie. Malgré le pitch très cliché, ça n'est pas gnangnan. 
J'ai ressenti plein d'émotions lors de cette lecture ce qui, je le répète souvent, est rare chez moi. Dès lors, je peux dire qu'il s'agit véritablement d'un coup de coeur. Je conseille ce livre à toutes les jeunes filles à partir de 15 ans (peut-être 13 pour le tome 1), mais aussi à toutes les femmes, quel que soit leur âge. Chacune pourra retrouver un petit quelque chose qui lui rappellera sa jeunesse, son adolescence, ce petit goût nostalgique qui nous laisse rêveuses. Un vrai (et long) bon moment de lecture ! 

Le deuxième livre que j'ai lu et fini pas plus tard qu'hier est une autre acquisition du CDI : L'Année Solitaire d'Alice Oseman. Ce roman écrit par une jeune auteur de 18 ans m'a beaucoup intrigué; je ne pensais pas le lire, mais les premières pages ont eu raison de mon a priori : le ton plutôt ironique, les allusions à Harry Potter et à d'autres œuvres littéraires, le lycée, l'adolescence, tout cela a contribué à me faire emprunter ce livre et à le continuer. La couverture aussi, que je trouve jolie et agréable au toucher (et oui, tout ça ça compte !). J'ai été un peu déçue au bout d'une cinquantaine de pages; l'intrigue secondaire autour d'un espèce de blog pirate m'a un peu agacée. Toutefois, la relation du personnage principal (Tori, une jeune fille toujours pessimiste) avec un nouvel élève (qui n'a toutefois rien à voir avec le cliché du beau goss sans cervelle) a commencé à prendre de l'épaisseur, et c'est ce qui m'a fait m'accrocher. Les allusions aux problèmes de son frère, distillés au fur et à mesure des chapitres, ont aussi eu raison de ma curiosité. 
Ce roman m'a beaucoup fait penser à Nos Etoiles contraires, mais en plus profond encore. Moins abordable aussi peut-être. Ce roman fait réfléchir à l'identité, à l'appartenance au groupe, au masque que chacun porte pour être aimée, et à qui on est vraiment. Les deux personnages principaux sont des espèces de marginaux : Tori cultive son pessimiste et sa misanthropie à outrance, jusqu'à en souffrir elle-même. Michael, lui, ne cesse de faire bonne figure alors qu'il est empli de colère au fond de lui. Ils évoluent au fil du livre, l'un avec l'autre, l'un grâce à l'autre, et c'est plutôt convaincant. Une telle histoire (dont je crois ne pas avoir saisi toutes les subtilités d'ailleurs) est le témoin d'une grande maturité de la part de son auteur, laquelle a su prendre un recul certain sur ses camarades et leurs émois adolescents. J'ai été épatée. Même si on est loin du coup de coeur, ce fut une lecture agréable, rapide et très intrigante. Ne vous y lancez pas si vous voulez vous vider la tête, car on est loin du divertissement. Le roman est assez sombre finalement; heureusement que l'ironie de son ton lui redonne de la vivacité. 

Et vous, avez-vous lu un de ces romans ? Qu'en avez vous pensé ? 

lundi 21 mars 2016

Un article pas comme les autres

Interviewons un poëte : Nicolas Grenier 

Je ne connaissais pas du tout Nicolas Grenier avant qu'il ne me contacte. Je connaissais encore moins sa poésie, et je dirais presque, la poésie en général. Donc quelle surprise qu'il me demande une interview ici ! Mais heureuse de l'expérience, et intriguée par le mêlange science et poésie de son nouveau recueil, je me suis laissée tenter...

Rosetta de Nicolas Grenier m'a d'abord déstabilisée. Le haïku d'abord ; la poésie n'est pas mon domaine de prédilection, alors le haïku… De plus, le thème est plus que surprenant : la sonde spatiale Rosetta… On en a beaucoup entendu parler, c'est certain ; mais de là à faire de la science un poème, c'est une autre histoire.


Nicolas Grenier y parvient pourtant, en fusionnant avec aisance vocabulaire scientifique et technique, et métaphores poétiques. Il crée ainsi une alliance entre tradition et modernité, qui n'est pas sans rappeler Baudelaire, quand il évoque cette dernière comme étant pour lui « le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l'art, dont l'autre moitié est l'éternel et l'immuable ». La démarche du Poète Moderne n'a pas changé en deux siècles : associer l'improbable du présent avec la persistance de la tradition.

La forme du haïku est sans doute la meilleure qui rende cette fugacité des choses modernes, selon sa définition. Il est dit que le haïku est « un bref poème visant à dire et célébrer l'évanescence des choses ». Cette définition n'est sans doute pas la seule qui soit, elle n'est sans doute pas complète, mais j'ai trouvé qu'elle s'adaptait bien au thème du nouveau recueil de Nicolas Grenier : cette sonde qui s'envole, laissant des morceaux d'elle-même derrière elle, pour nous renseigner sur l'ailleurs. Et miracle ! Cette comète qui doit nous en apprendre davantage sur nous-même, et qui pourtant est vieille de milliers d'années, côtoie la pointe de la technologie. La métaphore de l'Ancien et du Moderne est filée jusqu'au bout !

À travers une poésie très narrative malgré sa brièveté, Nicolas Grenier nous fait partager les aventures de Rosetta et Philae, comme s'ils étaient des nôtres, nos amis, nos héros envoyés pour nous éclairer. Cette personnification que j'avais ressentie à travers les informations télévisées est ici parfaitement tangible.



Bonjour Nicolas Grenier. Pourriez-vous vous présenter ?
Enchanté de vous rencontrer, Cher Monde dans les Livres, je suis Nicolas et mon patronyme est français, car il figure dans la partie des noms communs du dictionnaire. J’ai toujours à l’esprit Édouard Grenier, secrétaire du poète allemand Heinrich Heine à Paris, et ami d’Alphonse de Lamartine. Aujourd’hui, je suis là pour vous présenter « Rosetta, suivi de Philae », mon dernier recueil de haïkus.

Quel a été votre parcours poétique ?
Pour un poète français, c’est un parcours classique. Tout d’abord, un goût pour les mots. Aussi un vif intérêt pour la connaissance. Derrière mon air béotien, j’ai beaucoup lu, et je ne souviens plus de rien. Pour preuve, je suis incapable de vous citer un alexandrin ou un haïku, mais j’ai dû être un puits de science poétique. Il me reste tout au plus quelques noms de poètes dans ma cartouchière.

Après cela, la publication d’un poème, c’est une façon de montrer à la réalité qu’on a quelques idées… Quand je suis publié dans des revues littéraires, c’est toujours un grand honneur, car elles sont dirigées par des passionnés de littérature, et j’ai le souvenir de Herwarth Walden, et de sa tombe sur la Chausseestraße à Berlin. Bref, il faut toujours faire ses preuves, et continuer, camarade ! Cela devient pénible de justifier son génie à chaque tournant de sa vie, ce n’est pas fini, la vie m’aura épuisé, et le havre de paix semble loin. Dans ce monde d’égoïsme et de mesquinerie, les mains polies qui se tendent sont rares.

Pourquoi avoir choisi la poésie comme moyen d'expression aujourd'hui ? Et surtout, pourquoi le haïku ?
La réalité fait beaucoup de bruit. J'ai besoin de silence. La poésie exige une extrême solitude. Aussi je n’aime pas être dérangé par la médiocrité du monde, seule l’intelligence, comme la gentillesse, m’importe. J’ai toujours souhaité me retirer dans un château en province, mais je ne suis pas rentier. Le choix de la poésie s’est imposé, comme je ressens de l’ennui à lire une page de roman. À mes yeux, la page est inondée de mots. Trop de papotage ! Je ne préfère pas évoquer la littérature de conserve, jetable, qui prospère ici et là. Mais pour ne citer qu’un exemple, chez Louis-Ferdinand Céline, ça décape ! Un chic type, un peu crade, mais sympa ! Dans un livre, j’ai toujours eu besoin d’ouvrir une page au hasard, afin d’avoir une réponse au sens de la vie, et la poésie permet cette lecture aléatoire.

Par la suite, j’ai écrit des milliers de poèmes, le courage serait de tout mettre à la poubelle, et d’en finir une fois pour toutes. Pour le haïku, je le pratique depuis des décennies, car c’est une forme qui me relie au Japon, le pays de la plus vieille dynastie impériale au monde. Plus concrètement, l’écriture nécessite une concentration maximale, que l’on ne peut envisager qu’à plein temps. La forme brève permet de créer plus confortablement. Beaucoup de poètes ont connu cela, hélas, c’est donc tout à fait banal. Pour finir, je sais absolument que la poésie ne sert à rien, mais elle ne fait pas le Mal à grande échelle.

Pourquoi avez-vous choisi des sujets de la vie moderne dans vos écrits ? 
Il faut être le « peintre de la vie moderne », comme le souligne Charles Baudelaire. Chaque époque a son tourbillon de modes : une idéologie, une République, une religion. À la fin du spectacle, tout cela finit par tomber, comme les douilles d’un revolver. Parfois, la poésie peut verser dans l’hermétisme dès la fin du XIXe siècle, mais cela ne s’adresse qu’à des érudits ou des snobs. Par contre, quand on relit Jacques Prévert, je constate toute l’humanité et une générosité sous sa plume. Toutes ses passions, ses doutes, son amour des gens, sont là dans une écriture simple qui touche à l’universel.

Pour le choix des sujets, il faut être pragmatique, tout créateur habite un lieu. Si j’avais vécu à Babylone au VIe siècle avant J-C, j’aurai traité les sujets de mon temps, avec le style de l’époque dans la langue de ce peuple, et adressé mon poème à Nabuchodonosor II. Enfin, chaque poète gère, à sa façon, la perception qu’il a d’une réalité et écrit avec sa grille de lecture du monde. Mais le plus instructif dans l’histoire de l’Humanité, ce n’est pas la modernité, c’est ce qui a eu lieu avant l’invention de l’écriture, disons juste après la formation de la Terre. Le recueil « Rosetta, suivi de Philae », tout comme la mission spatiale, évoque, je dirais, ces aspects : l’origine de l’univers et la fin du monde.

Était-ce simple d'intégrer des thèmes et termes scientifiques dans vos poèmes ? Qu'apportent-ils selon vous à la poésie ?
Quand vous feuilletez un dictionnaire illustré de botanique, il y a des milliers de mots extraordinaires. C’est un territoire magique, fabuleux, tonitruant. J’aimerai passer des journées à dévorer des encyclopédies de gens savants, mais il faut avoir un travail atterrant, afin de payer son steak et sa gamelle d’épinards. Oui, la poésie prend toute son ampleur, quand elle se confronte à de nouveaux territoires. Dans un souci de réalisme, comme tout écrivain, j’ai dû me documenter. Pour ce recueil, j’ai tenté d’avoir un style fluide, en glissant si nécessaire un terme scientifique. L’exercice est assez jubilatoire, car, pour la première fois, certains mots apparaissent en poésie. Toutefois, il ne faut pas que cette inflation de mots abscons envahisse trop le poème, comme chez Saint-John Perse, car la lecture s’en trouverait peut-être fâcheuse. Vous le constatez, le langage de nos contemporains s’appauvrit. Là où un Ministre ou bien un PDG du CAC 40 devrait rendre hommage à la langue française, je ne constate qu’un spectacle de désolation. Pourtant, la France a bien traversé la Renaissance et le Siècle des Lumières. Si la poésie peut enrichir notre monde présent, ce sera formidable !

Le public que vous voulez sensibiliser n'est sans doute pas uniquement cantonné aux ingénieurs et hommes de science. Qui espérez-vous plus particulièrement toucher à travers vos poèmes ?
Naturellement, le recueil « Rosetta, suivi de Philae » est un hommage aux brillants scientifiques, qui ont mené la mission Rosetta, en France, le CNES, l'ESA, en Allemagne, la DLR, aux États-Unis, la NASA, le JPL, pour lesquels j’aimerai bien travailler, et je tiens à saluer toutes les personnes qui ont investi leur corps et leur âme dans cette équipée. J'ai un respect infini pour tous ces grands esprits, car ils donnent d'une certaine façon un sens à ma vie, et je l’espère, celle des autres. Quand le poète envisage une telle aventure humaine, cela lui donne envie de se lever chaque matin, comme s'il allait découvrir une page inconnue dans l'Encyclopédie de Denis Diderot et de Jean le Rond d'Alembert. Ce recueil de haïkus, il est aussi à l'histoire universelle de la poésie, en espérant que les Messieurs de la postérité se souviendront, là-haut, de mon recueil. J'espère qu'ils seront gentils avec moi, je le mérite vraiment, car je suis fatigué.

Enfin, ce recueil s’adresse aux générations futures. L’Humanité a besoin de scientifiques et d’ingénieurs, j'espère qu’il suscitera des vocations de scientifique chez mes lecteurs, j’en serai très ému. Dans cette société de consommation qui hébète la masse, les musées sont les supermarchés des Temps modernes. Dans ces tristes pays de l’Occident, l’on vend le mensonge à la population, aux pauvres, de leur naissance jusqu’à leur mort, et la France détruit encore l’authentique culture de ses provinces, ses paysans, avec la télévision et aujourd’hui le totalitarisme numérique, dans les yeux de nos enfants et des salariés. Le XXe siècle a vu naître le contrôle des masses, la propagande aux États-Unis. Tout cela m’afflige, le discours de Pier Paolo Pasolini contre les fascismes de la société démocratique n’aura servi à pas grand-chose, et le lavage de cerveau continue. La science reste un continent encore intact, et je suis heureux que le nom de scientifiques français, tels que Gaspard Monge, le comte Buffon, Antoine Lavoisier qui a été guillotiné sous la Révolution française, figure sur les plaques de rue dans les grandes villes.

Votre poésie dans Rosetta est très narrative. Comment est construit votre recueil ?
Un recueil de poésie a toujours une construction secrète. Vous le savez, les sonnets des Chimères par Gérard de Nerval sont cryptés. Mais dès que j’entends le concept de narratologie, j’ai envie de tirer des coups de feu en l’air. Oui, le livre est une suite poétique qui s’inscrit dans le temps… Ai-je songé au Mobile de Michel Butor ? À la poésie spatiale de Pierre Garnier ? Ou à Arsène Lupin, le héros populaire de Maurice Leblanc ? Hélas, je ne peux vous en dire davantage, peut-être que les universitaires ou des chercheurs d'un Centre de recherche en littérature se pencheront un jour durant un colloque ou dans leur doctorat sur ce mystérieux recueil « Rosetta, suivi de Philae », et si un traducteur, en Allemagne ou en Grèce, s’interroge à ce sujet, j’en serai fort amusé.

Quelques liens pour découvrir son travail, ici et

dimanche 20 mars 2016

Mes dernières lectures

Un petit point s'impose sur mes dernières lectures; peu nombreuses, mais très bonnes. 
Depuis le début du mois, j'avais repris la lecture du tome 5 d'Harry Potter, que j'avais laissé de côté fin septembre. J'avais très envie de continuer à lire en VO et la bonne expérience de Carry On m'a fortement incitée à poursuivre les aventures du petit sorcier. C'est cependant ce qui explique mon absence de quelques petites semaines sur le blog : la VO, ça prend du temps ! 

Forcément, j'ai adoré ma lecture. J'ai retrouvé avec plaisir mes passages préférés : les examens, les souvenirs de Rogue et puis les confidences de Dumbledore. De très bons moments ! La lecture est assez lente puisque c'est écrit tout petit, mais les 300 pages qui me restaient ont fondu assez rapidement. Ce tome reste définitivement mon préféré de la saga pour le moment, mais j'attends de me laisser surprendre par le tome 6, qui m'avait déçue à sa sortie il y a 10 ans. Je l'ai d'ailleurs acheté en VO, et sa couverture me conquiert déjà :p. 

J'ai ensuite enchaîné sur une lecture inattendue, sur les conseils de ma collègue du CDI. 
Ne vous laissez pas surprendre par sa couverture, qui laisse supposer une romance un peu niaise et bourrée de clichés. L'histoire est en réalité bien plus complexe. Mikey (sic...) et Ellie sont respectivement frère et soeur d'une victime et d'un coupable. Karyn s'est faite agresser sexuellement par Tom, le frère d'Ellie, lors d'une soirée. Celle-ci a été témoin de toute la scène, mais son premier souhait est de protéger son frère. Forcément, les choses se compliquent quand Ellie rencontre Mikey et qu'ils tombent sous le charme l'un de l'autre...
S'ensuit une histoire compliquée, bloquée par la situation. La famille, la justice, la loyauté, la vérité, tout s'emmêle et s'accorde pour mettre des bâtons dans les roues des jeunes gens. 

Pourquoi lire ce roman ?
Parce qu'en plus d'être une histoire d'amour, c'est un roman qui questionne les valeurs profondes qui unissent les membres d'une famille, les moeurs humaines, la jeunesse et ses problèmes. 

Un roman pour qui ? 
Pour tous les ados, les jeunes adultes et même les parents. Ce roman interroge profondément la loyauté, l'égalité dans une famille, la tolérance, la manière d'affronter les problèmes ordinaires et moins ordinaires. Tous les personnages sont fouillés, des ados aux parents. Les milieux sociaux des deux familles sont également totalement opposés, ce qui confère à l'histoire une dimension supplémentaire. Ajoutez à cela une écriture fluide, agréable et sans clichés, et vous voilà avec un superbe roman entre les mains. Sorti en 2010, ce roman est passé plutôt inaperçu selon moi, et j'espère que cet article lui redonnera une raison d'être :). 

lundi 29 février 2016

Carry On, Rainbow, Carry On !

Ah Rainbow, si seulement tu pouvais répondre à ma requête et continuer à écrire des romans sur les aventures de Simon Snow ! Mais ce premier tome de toi correspond en réalité au dernier de la série des Simon Snow dans l'univers de Cath, du roman FanGirl... Donc l'espoir est mince. Mais qui sait ! En tout cas l'émotion est grande pour moi au moment d'écrire cet article. Il y a un an presque jour pour jour, je venais aussi de terminer FanGirl, de Rainbow Rowell, (découvert grâce à Dolorès du blog et-en-plus-elle-lit, que je remercie du fond du coeur :) ! Le meilleur roman YA de 2015, et même de tous les temps pour moi. J'en étais tellement émue que j'en ai fait deux articles (les liens ici et ). J'avais été complètement transportée par ce roman, que je pense d'ailleurs relire un de ces jours (je ne relis quasiment jamais, pour vous dire !). L'ambiance, les souvenirs estudiantins qu'il a fait émerger, le goût pour les romans VO qu'il a suscité, l'envie de relire les Harry Potter en VO (je n'en suis qu'à la moitié du tome 5 mais c'est déjà pas mal !), et puis, surtout, surtout... ce talent que Rainbow Rowell a pour raconter les histoires d'amour. 
C'est ce que j'ai le plus aimé dans Carry On : l'histoire d'amour entre Baz et Simon. Non, non je ne spoile pas, puisque si vous avez lu FanGirl, vous savez que c'est le pitch principal de l'histoire : l'amour entre Baz, un vampire, et Simon Snow, l'Elu parmi les sorciers. Histoire d'amour gay sur fond de fan fiction Harry Potterienne. Autant vous dire que ce roman avait d'emblée tout pour me plaire (je suis aussi fan du Secret de Brockback Moutain ^^).

Je vais changer un peu la dynamique de l'article en répondant à une question fondamentale :

Pourquoi j'ai aimé Carry On

Attention pour ceux et celles qui comptent lire ce roman : je spoile un peu ! 


Parce que c'est le livre que tous ceux qui ont aimé FanGirl attendaient !
Pour rappel : dans FanGirl, l'héroïne Cath écrit des fan fictions de Simon Snow, une saga magique de Gemma T. Leslie (saga totalement inventée par Rainbow Rowell et dont les livres n'existent (malheureusement...) pas.) Or de nombreux passages étaient présents dans le roman FanGirl, en alternance avec l'histoire. On avait donc tous envie de connaître les aventures de ce Simon, petit frère de notre Harry ! On a tous forcément cherché sur Internet si ces livres existaient (en tout cas moi je l'ai fait, même si je savais qu'ils n'existaient certainement pas...) et quand j'ai découvert, il y a trois mois, qu'un roman sur Simon allait sortir...inutile de vous expliquer ma hâte ! Toutefois je ne me suis pas jetée immédiatement sur le roman : le début m'avait un peu refroidie, comme je l'explique plus bas. A la fin du livre, l'auteur explique d'ailleurs qu'après évolué dans l'univers de Simon avec Cath, elle ne pouvait plus s'en défaire et a ressenti le besoin de poursuivre les aventures de ce jeune élu. Merci pour les fans !!

Parce que c'est une fan fiction d'Harry Potter
Oui, Simon Snow est un ersatz de notre cher Harry. Tombée dedans toute jeune, Harry a été le héros de mon enfance, ou en tout cas le héros de mes lectures d'enfance. J'ai tout lu ou presque, et en direct de sortie s'il vous plait ! J'ai la chance d'avoir l'âge d'Harry :). Bref, tout ça pour vous dire qu'évidemment, une fan fiction par un bon auteur de YA ne pouvait que m'attirer. Toutefois, ne vous méprenez pas; la fan fiction est légère. J'ai d'ailleurs au début cherché tous les points communs, ou du moins les points de pastiche, et ils m'ont un peu déçue... (attention, spoil !). Certes il y a un château, un Mage (sorte de Dumbledore), une sorte d'Hermione (Penelope) et puis un Chosen One, Simon. De la magie aussi, des dortoirs, des cours (très peu), une garde-chasse et bien sûr un grand méchant. Bon d'accord, ça ressemble pas mal. Toutefois, sans doute pas comme ce à quoi je m'attendais. Plus on avance dans la lecture plus on se rend compte que l'auteur a vraiment créé son propre univers, et finalement, après la déception, c'est ce qui fait la qualité de ce roman. 

Parce que l'histoire d'amour entre Baz et Simon est fabuleusement narrée 
Comme avec Cath et Levi (si je me souviens des prénoms, c'est que c'était vraiment un bon livre!), l'histoire d'amour entre Baz et Simon ne coule pas de source au début. Dans tout le premier tiers du roman, on comprend qu'ils sont ennemis intimes, et ce depuis les débuts à l'école. Et puis il y a la page où Baz déclare qu'il est in love de Simon et là... là j'ai carrément fondu et dévoré le bouquin. C'est tellement émouvant, cette manière qu'il a de l'aimer en donnant l'impression de le haïr... Même si on sait qu'il y a quelque chose entre les deux garçons, l'auteur réussit à semer la confusion, pour notre plus grand plaisir. Et comme dans FanGirl, une fois qu'on y est (le bisou le bisou !), l'ambiance est géniale. Je ne saurais décrire pourquoi, mais l'auteur a une manière toute en finesse de raconter l'amour adolescent. J'adore à chaque fois. 

Parce que l'auteur fait la part belle à la langue et aux mots 
Rainbow Rowell a eu une super belle intention dans ce roman; non seulement belle mais carrément maline. Les sorts que jettent les sorciers ne sont pas des transformations latines comme dans Harry Potter, mais des expressions idiomatiques, des extraits de chansons, des slogans et autres. C'est amusant (même si en VO on ne comprend pas tout...) et surtout c'est un bel hommage à la langue de Shakespear (et à la langue tout court). De la même manière que l'écrivain se sert des mots pour créer, les mages utilisent les mots pour faire émerger la magie; et je trouve que la métaphore est bien choisie !

Parce qu'il y a de courtes descriptions des précédentes aventures de Simon, qui donnent l'impression de connaître toute la saga. Sans s'appesantir, l'auteur nous offre ainsi un petit goût de ce qui a pu amener Simon et Baz à vivre de telles aventures. 

Parce que l'alternance des points de vue rend le roman très dynamique
L'histoire se déroule, mais à travers des points de vue divers : celui de Simon, ou bien Penelope, ou encore Baz et Agatha. Il y en a aussi quelques autres, mais je n'en dirai pas plus !

Parce que Simon est un anti-héros et que c'est ce qui rend l'ensemble aussi attachant.
"Simon Snow is the worst Chosen one who's ever been chosen". Voilà ce que clame la quatrième de couverture; et c'est très vrai. Pour vous situer, c'est comme si Ron devenait le héros de la saga des Harry Potter. Et j'ai trouvé ça plus que touchant. On a le sentiment que Rainbow Rowell, à travers ses personnages de magiciens, parle de vraies personnes. 

Voilà, je crois que j'ai fait le tour des raisons qui m'ont fait aimer ce roman. Même si je ne l'ai pas autant adoré que FanGirl, il y a des passages qui resteront longtemps dans ma mémoire, et j'ai ressenti de jolies émotions. Je n'ai pas été happée par l'histoire tout du long, comme ça a pu être le cas dans les aventures de Cath. L'univers des magiciens m'a moins touchée; comme vous l'aurez compris, c'est cette histoire d'amour hors du commun qui fait le coeur de ce très joli roman, à mon sens.

Donc, si vous avez aimé FanGirl, n'hésitez pas un instant ! 

samedi 20 février 2016

Lecture Commune d'un nouveau genre

Une LC 2.0 avec A-Meli-Melow.
J'ai eu cette idée d'un coup, en essayant de trouver un moyen de trouver le bénéfice d'une LC tout en respectant les possibilités de lecture de chacune. Pour moi, le plaisir d'une Lecture Commune vient des échanges qu'on a sur le livre pendant sa lecture. Echanges qui se font par messages privés, et qu'on ne publie pas ici (enfin pour ma part en tout cas, je ne sais pas comment vous faites vous d'ailleurs ?). Mais cela demande une certaine disponibilité de la part des lectrices, de ne pas partir en voyage par exemple, et puis aussi de lire vraiment en même temps. Or, pour tout vous avouer, j'avais très très envie de commencer assez vite le nouveau roman de Delphine de Vigan (que je craignais pourtant de lire...). Or Méli ne l'avait pas encore, donc j'ai réfléchi à un moyen de le lire en LC mais de façon différée. J'ai alors pensé à des questions qu'on pourrait se poser après la lecture du livre; pas des questions en mode "questionnaire de lecture" (mes pauvres élèves en souffrent assez...) mais des questions qui lient le fond, le livre et aussi notre intimité de lectrices, et puis pourquoi pas des questions plus personnelles encore. Ainsi on échange sur le livre, mais aussi sur ce qu'on a pu faire pendant la lecture, et enfin sur nous. Ma co-équipière (son article ici) a aussitôt adoré l'idée, et voici ce que ça donne. 

Les questions de A-Méli-Melow et mes réponses

Est- ce que pour toi L. existe vraiment? Toujours cette question du vrai et du faux, qui pointe dès le titre... d'après une histoire vraie... Il y a une part de vérité, c'est certain. Mais toute vérité, une fois racontée, devient de la fiction. L'écriture déforme, transforme. Donc oui, il y a sûrement un fond de vérité à tout ça, mais jusqu'à quel point, je ne sais pas. L'auteur brouille les pistes, d'autant qu'elle utilise une simple initiale pour désigner le personnage. Elle nous donne ainsi l'impression du vrai, comme si elle cherchait à protéger le nom de la protagoniste, comme dans un témoignage. A mon avis, ça n'a pas existé, mais elle a connu quelque chose d'un peu semblable (c'est d'autant plus troublant qu'elle utilise le nom de son amoureux est François, et j'ai eu confirmation grâce à Internet qu'elle vivait bien avec François Busnel, qui est donc le François du livre ! Elle brouille bien les pistes...). L. est tellement horrible qu'on a envie qu'elle n'ait pas existé... Mais elle fait un parfait personnage de roman. 
Ou bien simplement l'auteur sait que se faire harceler par quelqu'un ça arrive à des écrivains, en vrai, parfois. Enfin je n'en sais rien. En tout cas ça arrive à des écrivains de fiction, puisqu'elle s'est fortement inspirée de Misery de Stephen King, roman dans lequel un écrivain est fait prisonnier par une de ses plus grandes fans. 
Et puis d'un autre côté il y le "mentir-vrai" d'Aragon. Même si tout ce qu'un auteur raconte est pure fiction, il y a une part de vérité. Même, la fiction permettrait de faire émerger l'essence même du réel, avec encore plus de force que le réel lui-même. Finalement, même l'auteur ne pourrait être certaine d'avoir écrit la vérité, puisque l'écriture est un masque, qui travestit tout. Le fantasme de la mimésis est bel et bien un fantasme; tout ce qui passe à travers le prisme de l'art et même avant, à travers le prisme de la perception de l'individu, est selon moi fatalement déformé. Donc on ne sait pas... et on ne peut pas savoir, et c'est ça qui est bien.

Pour L., les lecteurs "attendent du Vrai, de l'authentique":  et toi? qu'attends tu de la littérature?
J'attends justement ce qu'elle m'a permis juste ici : réfléchir ! J'adore réfléchir à la littérature, à ce qu'elle est, à ce qu'elle peut faire, à la place qu'elle peut avoir dans nos vies. Et je peux lire n'importe quelle histoire : je sais qu'elle contient toujours une part de vérité et une part de fiction. Mais ce que je préfère, tout de même, c'est quand la littérature s'interroge sur elle-même, qu'elle met en scène des écrivains, et qu'elle nous dévoile un peu de la réalité de leur monde intérieur. Je ne sais pas pourquoi, mais ces personnalités m'ont toujours fascinée. Alors, dès que je peux lire un roman ou une autobiographie (et finalement, pas tellement de biographies..) dans lequel il est question d'un écrivain, de son travail, de sa manière de voir le monde, j'adore ! D'ailleurs, si vous avez des titres à me proposer, je suis preneuse !
Si je veux du vrai, il suffit d'allumer la télé... et de regarder les infos. C'est le vrai, dans tous ses états; et encore, il y a des déformations. La télé-réalité (dont il est d'ailleurs question dans le roman) n'a d'ailleurs rien de réel, puisque (comme l'auteur l'explique d'ailleurs), tout est scénarisé à l'avance. J'ai vraiment adoré toutes ces allusions, cette réflexion indirecte sur le vrai, le faux, la fiction et le réel. 

En combien de temps as-tu lu ce livre? J'ai lu ce roman très vite, alors qu'en ce moment je suis plutôt lente avec mes livres VO. Cela m'a fait du bien de lire en Français, et en plus le format du livre était plutôt confortable. Comme c'est écrit assez gros, j'avançais vite, les pages se tournaient rapidement et ça me motive ! En plus j'étais en vacances, donc j'ai pu lire deux heures après manger, ce qui est impossible en période de travail. Donc pour répondre concrètement à la question, j'ai du le lire en 5 heures, étalées sur deux jours à peine. Donc très rapidement :).

As-tu lu le précédent livre de D. de Vigan dont il est question ici, et si oui, qu'en as-tu pensé? Oui je l'avais lu, il y a 3 ans de cela. J'en avais même fait un article. Je laisse le lien ici. J'avais adoré; je ne me souviens presque que de ce sentiment d'ailleurs. J'aimerais beaucoup le relire maintenant, mais il est très très marquant, et je ne sais pas si je suis dans le bon état d'esprit. Mais c'est certain que dès que j'en aurai l'occasion, je le ferai. 

As-tu toi aussi reconnu "le point de démence" (p. 180) de quelqu'un? Je pense que oui, mais peut-être pas aussi consciemment. En même temps, L. est vraiment dingue. Mais j'imagine effectivement que quand on apprécie vraiment quelqu'un, on l'apprécie tout entier, avec ses qualités, ses défauts et ses folies. Du moments que ce sont de douces folies, qui ne risquent pas de nous faire nous retrouver dans un lit d'hôpital :p. 

Quelle est ta citation préférée? ou ton passage préféré? Je n'ai pas relevé de citation, car si je l'avais fait, j'en aurais relevées plein. Et c'est pareil pour les passages préférés. Je n'en ai pas qu'un mais plusieurs, et ce sont ceux où elle parle de ses sentiments en tant qu'auteur; la crainte de la page blanche, les petits carnets, les idées qui fusent,... J'ai adoré la dimension méta-littéraire du roman

Penses-tu comme L. que les séries télés sont vraiment mieux que les romans? Sur ce point je ne suis pas d'accord avec L. (elle !). Je trouve que les romans sont largement meilleurs que tous les films et que toutes les séries télé. Il y a bien plus de détails, on peut vraiment entrer dans l'intimité d'un personnage, et les points de vue varient. Je suis définitivement une adepte des romans. 

As-tu pu t'identifier à un personnage? Non, pas tellement puisque L. est une espèce de psychopathe et que Delphine est écrivain. Heureusement pour la première et malheureusement pour l'autre, je ne suis ni l'un ni l'autre... Les autres personnages de la vie de Delphine étant simplement esquissés, je n'ai pas réussi à m'identifier à eux non plus. Mais si je devais n'en choisir qu'un, ce serait François, parce que c'est un amoureux des livres. (et puis c'est François Busnel, de la Grande Librairie ! Je me suis renseignée après la lecture du livre; je me disais bien qu'il y a avait un truc, avec ces histoires de voyages aux USA (François Busnel adore Irving, Paul Auster et les autres)). 

Où as-tu lu ce livre? J'ai lu ce livre dans mon fauteuil de lecture, l'endroit le plus confortable sur terre. Un tabouret tout doux sous les pieds, un plaid sur moi et un cousin sur les genoux, pour poser le livre. Parfait. Et j'ai passé plusieurs heures de suite comme ça. C'est rare; mais ce roman s'y prêtait. Je ne l'ai même pas lu dans mon lit (fait encore plus rare). Il a donc eu un impact certain sur mes habitudes de lecture. 

Pourquoi as-tu voulu le lire? J'avais certaines craintes quant à ce roman; je pensais qu'il allait être très sombre, comme le précédent. Je me disais que la légèreté d'un roman comme Dysfonctionnelle serait plus appréciable pendant les vacances. Et puis finalement je l'ai emprunté au CDI, je l'ai feuilleté, et j'ai commencé à lire quelques pages. J'ai réalisé que ça parlait de littérature, et de Delphine écrivain. D'emblée ça m'a plu; pour une fois que je lis quelque chose qui me fait réfléchir à cet art ! ça m'a rappelé mes années d'étude (pas si éloignées), la réflexion sur la vérité de l'écriture, la place de l'auteur, et toutes ces choses. J'ai adoré dès le début, et je savais que la suite allait me plaire. 

As-tu mangé ou bu quelque chose pendant ta lecture? Oui, pour une fois je m'étais super bien installée, j'avais déplacé le fauteuil un peu plus près de la table et y avais posé ma tasse de thé. Un petit rayon de soleil qui passait par là en plus et c'était parfait. (J'ai l'impression de lire un de ces blogs de blogueuses un peu bisounours, qui parlent de plaid de chat et de thé. ça m'agace, mais en fait je comprends pourquoi elle en font toute une histoire... c'est quand même bien agréable tout ça !)

"On est amis ou on ne l'est pas": as-tu une "meilleure" amie? J'en avais indéniablement une quand j'étais jeune, que j'ai perdue de vue à l'âge de 15 ans (on a pris des voix différentes, elle avait déménagé, c'était compliqué mais ça s'est fait naturellement). Et puis j'en ai retrouvée une en Terminale, qui a été ma témoin de mariage. Et une autre en Prépa, qui a été mon deuxième témoin. Et depuis un an, une autre au travail. En fait, à chaque grande étape de ma vie, j'ai rencontré une meilleure amie. Je n'en ai donc pas qu'une, mais 3 au moins ! Je n'ai pas les mêmes relations ni les mêmes échanges avec chacune d'entre elles, mais je sais que je peux compter sur elles en toutes circonstances

Retranscris à la façon de L. (p. 296) les 10 premiers titres de ta bibliothèque. Ahah, question difficile, puisque je ne sais que choisir : la bibliothèque VO ou la française ? Je vais mélanger alors !
As-tu lu paper town, les fiancés de l'hiver, fan girl, les disparus du clair de lune, les outrepasseurs, les hommes qui n'aimaient pas les femmes, nothern lights, l'apprenti assassin, l'alliance des trois, le garçon qui voulait dormir ? 

J'ai trouvé ces questions géniales, et super intéressantes. Elle a su lier le personnel et les questions de fond. J'adore !! J'ai essayé d'y répondre avec force et honneur :p
Ce livre m'a en tout cas permis de repenser à toutes mes interrogations d'étudiante en Lettres; questionnements qui n'étaient pas tant destinés aux dissertations qu'à me permettre de comprendre des choses qui me tenaient à coeur. 

Voilà maintenant mes questions

J'ai donné pas mal de réponses précédemment. Nos questions se recoupent en fait ! Je vais m'arrêter sur les questions qui n'ont pas du tout été abordées précédemment. 

- Quel est ton passage préféré ? 
- Comment as-tu réagi quand on découvre que L. a carrément empoisonné Delphine ? J'ai complètement halluciné, je me suis demandé comment on pouvait en arriver là, mais en même temps ça ne m'a pas surprise. Je savais qu'elle allait être méchante. Je me suis même demandée si (attention, SPOIL !) elle n'était pas responsable aussi de l'accident dans l'escalier.
- Où as-tu lu ton livre ?
- Quel est l'endroit le plus incongru où tu as lu ce livre ? Aucun, puisque je l'ai lu dans mon fauteuil de lecture et tellement rapidement que je n'ai pas eu l'occasion de l'emmener ailleurs. 
- Quel a été ton moment préféré dans ta vie pendant la période de lecture de ce livre ? Je passais deux jours toute seule à la maison, pour travailler. Mais avant j'étais avec ma mamie et on a été dans un hôtel-spa, et c'était génial ! J'ai nagé dans des piscines d'eau de mer chauffées...!
- As-tu voulu abandonner ? pourquoi ? Non, même si par moments je me sentais un peu fébrile pendant ma lecture, hâte de savoir quelle serait l'issue. Donc au contraire, j'ai même plutôt accéléré !
- Quelle a été ta vitesse de lecture ? Extrêmement rapide, comme je vous le disais. 
- A quels personnages as-tu pu t'identifier ? 
- Et le style de l'auteur ? Qu'en as-tu pensé ? J'ai aimé son style, on voit qu'elle a pesé chaque mot. C'est vraiment une oeuvre littéraire, avec une réflexion sur la littérature, un style et une verve prenante. Et ça fait du bien de lire ce genre de livre de temps en temps. Bien écrit, mais pas du tout prise de tête et qui se lit très rapidement. 
- Et le format du livre ? Sa couverture ? Très agréable, couverture souple, pas trop grand ni trop petit, des pages bien aérées qui se tournent vite. 
- Quelles émotions as-tu ressenties pendant la lecture ? Je ne ressens pas énormément d'émotions lors de mes lectures, sauf dans les moments de coups de théâtre ou de grands évènements. Mais là j'ai aimé le suspense, qui m'a laissée assez fébrile tout au long de la lecture. 
- Quel marque-page as-tu utilisé ? J'ai utilisé un marque-page que je prends assez peu souvent comme il est assez haut : il est turquoise, avec une tour-Eiffel et plein de petits dessins. Je vous mets le lien ici. Je voulais faire une photo, je vais voir si je peux en ajouter une mais ces derniers jours c'était compliqué, surtout que je n'ai pas de carte photo sur la Surface...
- Combien de pages maximum as-tu lues en un seul coup (environ) ? J'ai réussi à lire 200 pages en une seule fois (C'est écrit assez gros, ça aide). J'ai eu envie de savoir la fin avant de poser le livre, et c'est très rare chez moi. Cela montre que c'est un bon thriller ! 

Et pour clôre le tout... des questions pour vous qui l'avez lu !

Comment avez-vous réagi quand vous avez réalisé que François était François Busnel ?
Avez-vous toujours soupçonné L. ?

En espérant que ce nouveau format de LC vous ait plu !! N'hésitez pas à le reprendre et à commenter :). 

jeudi 18 février 2016

New Moon, la saga continue

M'y voilà enfin, j'ai terminé le tome 2 de la série Twilight et suis enfin à même de vous en faire un article. Ils me prennent du temps ces bouquins, c'est le moins que l'on puisse dire. Non pas que l'intrigue soit philosophique ni même complexe; je ne fais pas des arrêts en mode "ouahou j'apprends tellement de choses sur la vie !" ou alors "ouahou, la pensée développée par cette auteur, et ce de façon métaphorique, avec ces allégories sexy de la vie, la mort, la peur, l'indécision... c'est d'une portée intellectuelle inouië !!" Nop. Je me dis juste "ahlàlà pas mal ce Jacob, pourquoi elle succombe pas cette greluche ? En même temps Edward est pas mal aussi, elle a pas tord d'attendre, en plus il brille au soleil." Bon, ok, pas à ce point là non plus. Mais ces bouquins me détendent; c'est indéniable. Je suis toujours prête à bien dormir après en avoir lu quelques pages. Donc j'adore, et je suis contente d'avoir encore deux gros tomes à lire. En plus je n'hésite pas à m'interrompre dans ma lecture pour lire des romans un tantinet plus évolués, en LC par exemple (ahah suspense les amis, vous vous demandez ce que ça peut bien être !! Mais il y a des indices dans les articles précédents :p). Bref, je suis bien contente d'avoir franchi le pas et commencé cette saga. Les romans sont tellement, terriblement meilleurs que les films !! W9 a eu la bonne idée de les repasser le lundi (c'était le 2 justement il y a deux jours) et j'ai pu constater à quel point c'est pathétique. Les livres rendent Bella un peu moins niaise, et l'intrigue un tantinet plus profonde (si l'on peut parler de profondeur...). 

J'ai plutôt bien aimé que l'auteur laisse des pages blanches pendant la dépression de Bella; c'était presque méta-littéraire : la page blanche du désespoir. Et puis ensuite son début de résilience grâce à Jacob est touchant. En revanche, Edward part un peu comme un gueux, sans raison véritablement convaincante. Il paraît que StephEnie (et oui ^^, n'est-ce que pas Tiphanie ?!) a voulu, dans ce tome, illustrer la douleur liée à la perte d'un grand amour. J'ai trouvé ça plutôt convaincant, même si Bella a un contrôle sur ses pensées assez impressionnant (surtout quand Jacob la réchauffe). Le gros bémol de ce roman selon est la fin, en Italie. Concernant ce passage, ma préférence va au film. Peut-être aussi est-ce dû à quelques mécompréhensions de la prose anglaise de Madame Meyer, mais j'ai eu le sentiment que tout allait bien vite avec les Volturi. Dans le film évidemment, les décors nous semblent plus grandioses, la succession des évènements plus limpide. Mais ce sera le seul bémol, peut-être avec les explications que Bella et Edward se donnent à la fin concernant sa disparition, sa dépression et surtout les voix qu'elle entendait. Enfin c'est mon avis; je n'ai peut-être pas saisi toutes les subtilités philosophiques de la relation de nos deux héros...
En tout cas il me tarde de lire le tome 3, dans lequel les deux zoms de sa vie vont rivaliser de génie pour la séduire. Ahah le pied ^^(sauf que je connais la fin, et sais pourquoi Jacob la cherche tout le temps, et que ça me fait bien marrer ! Beurk, c'est pas du tout romantique...!!)

Pour relever le niveau de tout cela, je vous ai choisi un tableau. Je reviens à mes bonnes résolutions, laisse de côté le lettering et vais vous parler d'art; plus particulièrement d'un tableau que beaucoup connaissent : "Le baiser" de Klimt. Depuis que j'ai commencé Twilight, je sais que c'est de ce tableau que je vais vous parler. Non pas seulement parce qu'il représente l'amour; ça aurait été trop simple, même si ça tombe sous le sens. L'histoire de Bella et Edward est un peu plus troublante qu'une simple histoire d'amour; c'est d'ailleurs ce qui a séduit un aussi grand nombre de lecteurs. Pour ce tableau, c'est un peu l'inverse : on croit d'abord à une magnifique représentation de l'amour, touchante, riche, brillante, onirique et champêtre. Mais si on y regarde de plus près, on se rend compte de certains détails...
1908-1909, Huile et feuille d'or sur toile,
180 x 180 cm
Regardez d'abord la position des amants. On ne voit pas la tête de l'homme, et elle est complètement penchée. Cela fait référence aux têtes coupées chères à l'art symboliste, et qu'on retrouve souvent dans la littérature, la poésie et la peinture. Pensez au mythe de Salomé qui demande la tête de Jean le Baptiste, ou bien à Mathilde de la Môle qui porte sur ses genoux la tête de Julien en l'emmenant au tombeau. Si on regarde maintenant la tête de la femme, on se rend compte que cette dimension morbide se justifie encore. Elle est très pâle cette dame, même si ses joues sont un peu rosies. On a l'impression qu'il embrasse une morte, ou une presque morte. De plus, on n'a pas tellement le sentiment qu'elle apprécie ce baiser... elle a la tête rentrée dans ses épaules d'une façon assez peu naturelle... Enfin, regardez sa posture : elle est en réalité à genoux; ses pieds dépassent. Etrange, encore une fois... Pour finir sur la femme : observez le bas du tableau : il y a comme des tresses à droite. On pourrait croire à de simples effets de style, mais on peut aussi supposer qu'elle représentent les cheveux de la femme. Dans l'art symboliste, on aimait représenter les femmes fatales avec de longues chevelures, grâce auxquelles elles pouvaient séduire et capturer... Charmant n'est-ce pas ! Le vampire ne serait, dans le cas de notre tableau, pas celui qu'on croit, malgré le baiser suggestif !
Parlons enfin de la facture plus que particulière de ce tableau. Cette abondance de doré, qui rappelle les œuvres artisanales, peut-être même les icônes, illustre la liberté créatrice de Klimt. Il n'appartient pas véritablement à un courant particulier. Membre de la Sécession viennoise - courant souhaitant s'extraire de l'académisme-, inspiré par les symbolistes, il finit par créer son propre style, et nous a particulièrement marqués par ses œuvres de la période dorée. Cette abondance de feuille d'or et de motifs sertis lui vient sans doute de l'observation de son père au travail : il été orfèvre. Tout cet or confère au tableau une dimension brillante et hiératique; on a presque l'impression que les deux amants sont allongés non pas dans un lit, mais dans un sarcophage (encore une fois, voilà pourquoi il m'a fortement inspiré suite à ma lecture !) Le seul élément qui évoque la nature dans ce tableau et apporte une dimension pastorale est le parterre de fleurs...

dimanche 7 février 2016

Le Lettering : les débuts


Je vous avais promis une "surprise" pour ce dimanche. J'ai cru ne pas y parvenir, mais finalement me voilà ! Cela fait plus de deux semaines maintenant que j'ai découvert ce loisir créatif, et j'avais envie de vous en parler plus avant. J'ai découvert le Lettering grâce au magazine Flow (et indirectement grâce à Ludo), et j'ai tout de suite accroché. Cette calligraphie d'un nouveau genre n'est pas encore tellement connue en France. C'est surtout dans le pays anglo-saxons qu'elle se développe, mais ça commence à arriver chez nous. D'ailleurs dans un mois un livre très attractif sort en Anglais sur le sujet. Je pense que je me l'offrirai...Je me suis donc lancée, sans outil au début (ce qui a donné le dessin de l'article sur Twilight), puis j'ai acheté un feutre-pinceau et les choses ont commencé à aller bien mieux. Je vous avait déjà joint la vidéo grâce à laquelle j'ai appris à faire les lettres de l'alphabet avec un feutre-pinceau : je vous la remets ici.

Le feutre- pinceau
Petite bestiole au bout allongé, en forme de pinceau (d'où son nom) ce feutre permet faire des traits épais ou très fins (comme avec un pinceau de calligraphie, mais en moins compliqué, n'ayant pas à doser la peinture). Le mien est de la marque Faber-Castell, noir. C'est le PITT artist pen, black 199****, B pour les intimes. Le prix est tout à fait abordable (moins de 3 euros), d'autant qu'ils sont de bonne qualité et remplis à l'encre de Chine. Le noir est donc profond, sans bavures et sans ombres. (je cause comme si je m'y connaissais... bref, c'est un beau noir quoi ^^). 
Les débuts sont un peu difficiles, il faut maîtriser la bête. D'ailleurs mon premier feutre-pinceau (et oui depuis j'en ai adopté un autre !) est tout écrasé au bout... En fait j'ai voulu faire comme dans les vidéo, c'est à dire faire des pleins et des déliés sans changer d'angle ni de position de mon crayon, mais je n'y parvenais pas bien (et j'ai un peu bousillé mon feutre au passage...). Maintenant je change mon crayon d'angle quand je fais des pleins, et le redresse pour les déliés. Mon mouvement est bien moins fluide que dans les vidéos, mais le résultat est le même (enfin, autant que possible !). Ce type de feutre vous permet de faire du brush lettering (une vidéo exemple ici, mais moins pédagogique que la première). 
Le petit nouveau que j'ai depuis jeudi est en bien meilleure santé, et fait des traits bien plus nets. Je pense donc réinvestir dans un autre de couleur noire. 

dix-polices-manuscrites-gratuitesLes polices
Une fois que j'ai eu maîtrisé l'alphabet brush (au bout de deux soirs je crois), j'ai eu envie de tester d'autres polices, pas forcément avec le feutre-pinceau. En plus de celui-ci je m'étais procuré un feutre plus épais, de chez Faber-Castell aussi (le M pour les intimes). Il est assez épais
, sans être trop fin ni baveux. Il permet de faire des lettres qui se voient bien.
Pour avoir de l'inspiration concernant les polices, j'ai fouiné sur Pinterest, et ai fini par découvrir ce site : il propose différentes polices, avec leurs alphabets. Une petite mine. Sinon ma collègue du CDI m'a parlé d'un site génial, sur lequel je me suis empressée de m'inscrire, et qui permet de créer des poster, banderoles et autres slogans, avec justement moult polices diverses. Il s'appelle PixTeller. J'y ai trouvé pas mal d'inspiration. 

Ainsi sur l'exemple que je joint à cet article, j'ai utilisé la police du brush lettering, mais aussi "into the vortex" (je l'adore, elle me fait penser à celle des Jolis Mots de Confidentielles), mais aussi un mélange à ma sauce de Just Realize. Pour ce qui est du mot BLOG en rouge, je l'ai simplement réalisé avec la pointe épaisse du feutre double pointe de Faber-Castell (encore !). Ces feutres sont géniaux, je les ai depuis longtemps.
Pour finir, un conseil si vous vous lancer : il faut persévérer ! Les progrès arrivent assez vite, mais on bafouille un peu au début, et parfois on stagne. J'ai mis je ne sais combien de temps à finaliser le dessin que je vous joint avec l'article, et qui en plus ne me convient pas totalement encore... Mais je voulais vous mettre quelque chose, alors voilà. La source d'une bonne semaine de réflexion et d'entraînement !
Je crois avoir fait le tour de ce que je voulais vous dire sur mon nouveau hobby, qui m'occupe pas mal ! J'apprends aussi peu à peu à dessiner (des livres comme ici par exemple !) et j'adore. Je ne vois pas le temps passer. Le seul inconvénient c'est que je lis moins, mais je vais vous rassurer : le tome 2 de Twilight, New Moon, est entamé aux trois quarts, et une LC d'un nouveau genre (encore de la nouveauté !! je suis inspirée en ce moment, profitions-en...) arrive avec A-Meli-Melow (on la commence mercredi).
A très bientôt donc, et bonne semaine !!

Alors, vous allez tester ??

lundi 1 février 2016

Jolies perspectives

Bonsoir à tous ! 
Vous l'avez sans doute remarqué, je poste moins souvent ces temps derniers. La raison est simple : je me suis mis au lettering et ça m'occupe pas mal. J'ai acheté un feutre pinceau d'ailleurs, et à l'aide de cette vidéo, je m'entraîne à utiliser cet objet un peu étrange... Maintenant je sais faire presque toutes les lettres de l'alphabet, et j'ai un projet pour le blog, en préparation. Bref, je prends moins le temps de lire, et en plus Twilight en Anglais est un tantinet plus long à lire qu'en Français. 
MAIS je voulais partager avec vous mes perspectives futures : alors que je désespérais de ne pas savoir quel livre en Français commencer pour faire une pause dans la VO, voilà ce que m'a envoyé la documentaliste du lycée : 

La joie !!!! Elle vient de recevoir la commande effectuée il y a un certain temps, avec plein de romans que je lui avais conseillés. J'ai déjà mis une option sur Dysfonctionnelle (je crois que c'est celui qu'il me tarde le plus de lire !), le dernier Delphine de Vigan et Les petites Reines. Je pense aussi que je lirai The Book of Ivy, Ludo et Whalzz m'en ont dit du bien (et en général je les écoute :p). Quant aux autres - à part Ma Raison d'Espérer que j'ai en VO, Nos étoiles contraires que j'ai déjà lu et Eternels que je ne connais pas...- , je les lirai sans doute un jour, puisque maintenant ils sont au CDI !!!

Et vous, lequel vous fait le plus envie ??

D'ailleurs, je lance un appel : si une lecture commune d'un de ces romans vous tente, c'est tout à fait possible ;)

dimanche 24 janvier 2016

Twilight, un phénomène

Bonsoir chers ami de la blogo ! Je suis vraiment heureuse de vous retrouver après ces quelques deux semaines (ouch) sans écrire... Mais la raison en est louable : Edward Cullen a eu ma peau... Oui... à moi aussi... Avec 10 ans de retard, je me suis enfin plongée dans le phénomène Twilight. Plus ou moins convaincue par les films, je me suis immergée dans la VO pour me donner bonne conscience. C'est ce qui explique mon rythme de lecture ralenti : il me faut presque le double de temps pour lire un livre en Anglais. Et puis je crois que, d'une certaine manière, je n'avais pas tellement envie d'aller trop vite... Cette lecture, chaque soir quelques pages ou un chapitre, avait un effet extrêmement délassant sur moi... Ce qui fait que j'ai acheté le tome 2 et que je crois bien y succomber dès ce soir...

Bon, je vous dois sans doute déjà quelques explications : pourquoi avoir commencé la saga qui a marqué une génération aussi tardivement ? Et bien tout simplement parce que j'étais une étudiante en Lettres snob. Et comme toute étudiante snob, je ne voulais pas toucher au tout venant, à la littérature de gare, aux miasmes adulescents dégoulinants de bons sentiments. Beurk.
Mes copines de prépa le lisaient (en Anglais !) mais j'avais seulement accepté de voir le film (Oh dear...). J'avais moyennement apprécié, n'étant pas une fan inconditionnelle de Robert, et encore moins de Christen. J'avais toutefois, quelques années plus tard, succombé à l'envie de voir tous les films; ce que j'avais fait, avec un certain plaisir mais toujours le sentiment de rester sur ma faim. 
Et c'est cette faim que j'ai comblé avec le tome 1,Twilight

Je vous le répète (au cas où) : j'ai adoré. Surkiffé. Idolâtré (bon ok, quand même pas). Bref, j'ai passé de super bons moments. Pourquoi ? Déjà parce que la focalisation interne (très souvent utilisée maintenant dans les romans YA, mais on comprend pourquoi) avec le personnage de Bella, est loin du "semi-sourire bouche ouverte" de l'actrice. Autrement dit, ce n'est pas niais. Bella est plutôt mûre pour son âge, différente des autres et réfléchie. Elle tombe certes sous le charme d'Edward, mais n'en fais pas des mantras dans sa chambre, laquelle chambre n'est pas recouverte de poster de jeunes acteurs plus ou moins virils. Ensuite, j'ai ADORE en apprendre davantage sur les coulisses des intrigues du film, intrigues étranges genre pourquoi Edward ne peut pas sentir Bella au début du roman, pourquoi cette dernière ne peut pas être transformée aussi aisément qu'on le croit, pourquoi Alice est chelou, etc. Comme toujours quand je lis un livre dont j'ai vu l'adaptation, j'ai aimé connaître tous les détails qui font du livre un objet bien plus précieux. Les vampires, les sentiments d'Edwards, les lois qui régissent leur clan, tout ça m'a beaucoup plu. Ajoutons à cela des indices indéniablement éclairants sur le pastiche qu'est Fifty Shades (jusqu'à un certain point, puisqu'Edward le vampire est quand même vachement moins bizarre que Christian le SM...) et une action plutôt sympa à la fin, et voilà tout ce qui fait que j'ai passé des moments super. 
Aparté pour Margaud : Le Edward VO est "so cutttteeee" !!
Le seul bémol que j'émettrais concerne la relation Edward-Bella : forcément, elle m'a beaucoup fait rêvé, rajeunir mais aussi apprécier d'avoir mon chéri tout près. Mais j'ai trouvé qu'à un moment donné tout s'accélérait vraiment entre eux. Ils passent la journée dans la forêt et hop (je spoile parce que je me dis qu'à part moi et quelques autres ferventes défenseurs de la grande littérature, tout le monde connaît l'histoire.), hop, donc, ils se font des déclarations de fou, sont prêts à tout l'un pour l'autre etc. D'accord le jeu de séduction ne pouvait pas durer une éternité, mais c'était quand même sympa.
Tout ça montre en tout cas que pour une fois, j'ai vraiment réussi à m'identifier aux personnages, ressentir des émotions et surtout beaucoup me détendre. Je crois que la VO a ce mérite avec moi : je me concentre davantage sur ma lecture et donc finalement sur l'histoire. Le fait de déchiffrer la langue ne me coupe pas de l'intrigue; étrangement, c'est plutôt le contraire. Donc, après avoir hésité un instant, je continue le tome 2 en VO aussi. Je ne sais pas si j'irai plus loin dans la saga, ayant ouï dire que les derniers tomes étaient moins bons, mais à voir... En tout cas, je suis tellement contente qu'il y ait un tome 2 qui m'attende ! C'est un livre qui, comme les Harry Potter ou Fan Girl, est extrêmement rassurant, puisque je sais que je ne vais pas avoir à me poser la question fatidique, que je me pose toujours au début d'un roman : est-ce que ça va me plaire, est-ce que je vais continuer. Rien de pire que ce sentiment, qui m'empêche de me plonger vraiment dans l'histoire. Pour tout vous dire, j'hésite ce soir à continuer La Liste de Siobhan Vivian, mais j'ai également ouï dire à son propos que ça n'était pas le roman du siècle... So...

Je profite également de cet article et de mon retour ici pour vous parler un peu de mes loisirs du moment. Depuis quelques temps je cherche ardemment des activités pour occuper mon esprit ou mes mains, ou bien les deux. Et miracle, cette semaine, j'ai trouvé deux occupations : La Corée et le coréen, et le Lettering ! Pour la première occupation, il ne s'agit pas d'une lubie mais de la préparation de notre voyage de noces (et oui !!). On part dans deux mois et une semaine, et je commence à bien me renseigner sur le pays, sa langue, ses coutumes. ça va être tout simplement génial !! Je ne peux pas vous parler coréen ici, ni l'écrire, mais si c'était possible, je saurais vous dire "bonjour" et "merci" ^^. C'est un début. Mais avec Le Coréen pour les Nuls, et le Lonely Planet du pays (une super édition d'ailleurs!), je vais être au point :p.
Je voulais surtout vous parler de ma seconde découverte : le Lettering. Et elle date seulement d'hier. 
Suite à la vidéo de Ludo sur les magazines (super idée d'ailleurs :p) j'ai eu envie de découvrir le magazine Flow; sa couverture m'attirais. Et en le feuilletant, j'ai constaté qu'il était empli de jolies images et de petites surprises. Sympa. Il n'est pas donné mais ça les vaut. Bref, Flow sous un bras et des feutres noirs dans l'autre (finalement, les heureux hasards ça existe !), je suis rentrée à la maison. Mais pourquoi des feutres noirs ? Et bien parce que je voulais m'entraîner à dessiner des idéogrammes coréens ! J'étais persuadée d'y passer mon week-end. Et puis le hasard en a voulu autrement : dans le magazine Flow de ce mois-ci (enfin de ces deux premiers mois de l'année), il y a un petite carnet concernant le lettrage manuscrit. Il s'agit en fait de faire de jolies lettres, de tailles, de format et de police différents, à la main. Et à terme, de mettre en page des mots ou des citations de façon artistique. J'ai tout de suite accroché; j'ai toujours aimé écrire, mais je ne sais pas dessiner. C'est donc un assez bon compromis. Mon apprentissage du coréen a donc été un peu retardé, puisque j'ai passé toute la soirée d'hier et une bonne partie de mon après-midi à griffonner, tester, gommer... pour finir par avoir l'inspiration pour créer... ceci :


Plutôt qu'un commentaire sur un tableau aujourd'hui, c'est un petit exemple fort modeste et fort perfectible de tentative de Lettering que je vous montre avec cet article. 
Si vous voulez en savoir plus sur ce loisir créatif (je pense qu'on peut l'appeler ainsi), rendez-vous sur Pinterest ou sur des sites, majoritairement british. Ils m'ont semblé assez peu accessibles pour la plupart, sauf celui-ci (et surtout cet article) qui explique comment débuter très simplement, sans feutre pinceau etc. 

lundi 11 janvier 2016

Première lecture commune de 2016

Ainsi puis-je mourir, Vivian Moore
Première lecture commune de l'année, et quelle lecture ! Avec Accalia, cela fait au moins 2 mois que nous l'avions prévue, (repérée chez Bénédicte, merci encore à elle !) mais nous attendions le bon moment. Il est enfin venu. Je vous avoue que j'étais un peu sceptique... et un peu en panne de lecture depuis mercredi. Pour tout vous dire je ne suis pas parvenue à continuer Angor de Franck Thilliez, que j'avais pourtant démarré sur la chapeaux de roues. L'intrigue policière qui se mêle à la quête d'une gendarme sur sa greffe cardiaque, c'est génial. Après avoir lu très vite les 100 premières pages, je me suis très vite essoufflée...et ai abandonné le livre. Sans doute pour toujours. J'ai poussé jusqu'à dépasser les 200 pages mais ça n'a pas pris. Tant pis ! Et je pense que ça n'enlève rien à la valeur de ce polar, dont je n'entends que de bonnes choses. Mais fi de tout cela, je ne suis pas ici de vous parler d'un polar mais d'Ainsi puis-je mourir de Vivian Moore. Comment qualifier ce livre d'ailleurs ? Roman sans doute, mais avec une forte tendance historique. Le récit du personnage principal, une romancière qui a épousé l'héritier du château des Ravalet à Tourlaville, alterne avec celui qu'elle écrit à propos de Marguerite de Ravalet et de son frère, les amants maudits. 
Dit comme ça, ça paraît vraiment glauque et tragique; pour ma part j'ai trouvé que la relation qui unit les deux jeunes gens est plutôt belle avant tout, sauf peut-être la fin (mais pas de spoil !). En revanche, celle qui lie la romancière à son mari est des plus étranges... Mariés au bout d'un mois, ils n'ont pas eu tellement le temps de se connaître que déjà Gabrielle s'installe au château. Pour son plus grand bonheur d'ailleurs. Non pas que la vie de châtelaine l'enchante; mais elle a la chance d'évoluer dans les mêmes murs que son héroïne d'il y a 600 ans. Quoi de mieux pour une romancière ?
C'est ce que j'ai le plus apprécié dans ce livre : le fait que son personnage principal écrive. On la suit dans son quotidien au rythme quasi monacal, entièrement centré sur ce roman à la lisière de la fiction et de l'Histoire. A chaque fois je suis conquise. En plus s'ajoute à cela une ambiance à la Rebecca, que j'avais adoré. Tout pour me plaire. Et ultime point positif : j'ai vraiment apprécié rencontrer presque à chaque chapitre des lieux que je connais de nom, ou bien que je côtoie au quotidien, dont ma librairie préférée, Ryst ! C'est la première fois que cela m'arrive, et je trouve que ça ajoute un petit quelque chose à l'ensemble; en plus, je n'oublierai pas ma lecture de si tôt en passant dans les lieux en question. Je ne passerai plus devant la pancarte qui mène au Château des Ravalet avec la même innocence...
Ceci étant, je ne mettrais pas non plus la note parfaite à ce livre. J'ai trouvé la fin un peu niaise et décevante, à la manière de Gabrielle. Trop hantée par ses personnages, trop sensible, trop tout , simplement. J'ai également trouvé les personnages secondaires de l'intrigue principale trop peu fouillés; on a envie d'en savoir plus sur le mari de l'écrivain par exemple. 
Mais dans l'ensemble, ce fut une très bonne lecture. J'ai d'ailleurs tourné les pages très vite, ce qui arrive rarement. En un peu plus de 24 heures, il était terminé. Nos échanges pour la LC s'en trouvèrent un peu amenuis, mais nous nous rattraperons :) !! Nous trouvons facilement des titres en communs avec Accalia. 

Pour illustrer cette lecture somme toute assez sinistre, j'ai choisi un tableau de John William WATERHOUSE, datant de 1888. Il s'agit de La Dame de Shalott. Cette huile sur toile de taille modeste (153x200 cm) représente l'héroïne d'un poème de Tennyson (contemporain du peintre), inspirée de la légende arthurienne.
Condamnée à vivre recluse dans une tour, avec pour seul passe-temps sa broderie, la jeune femme ne doit à aucun prix regarder par la fenêtre. Mais lorsque Lancelot passe par là.. malédiction. Plus rien ne la retient, elle se précipite pour le voir... et se condamne. Cette peinture représente ses derniers instants, quand elle descend la rivière vers Camelot, et vers sa propre mort.
Le regard de la jeune femme me semble particulièrement glauque et tragique; elle sait qu'elle va mourir, et affronte son destin le front haut. On la croirait presque déjà morte en fait... Elle me fait un peu peur... Mais j'ai quand même tenu à mettre ce tableau car les représentations pré-raphaélites me plaisent toujours beaucoup, de par leurs couleurs chaudes, leur verdoyance et leurs représentations de la nature. Et il colle parfaitement à l'histoire de Marguerite : belle mais funeste. 

mercredi 6 janvier 2016

Les Outrepasseurs, deuxième

Les Outrepasseurs, tome 2 : Let it snow (La Reine des Neiges) 

Comme je vous le disais dans le haul de Nowel, j'ai enfin succombé et ai acheté (et maintenant lu) le tome 2 des Outrepasseurs. Si l'objet-livre m'emballe énormément, et pour ça je ne regrette pas d'y avoir mis une petite somme tout de même, le roman en lui-même, comment dire... m'a déçue.
La plupart des lecteurs avaient eu du mal avec le tome 1, pour lequel j'avais eu un véritable coup de coeur (une de mes meilleures lectures de l'été). Et la plupart ont adoré le tome 2. Ce qui n'est pas mon cas; tout à l'inverse.
Dans ce second tome, on suit Peter, à Londres, dans notre époque moderne. Il est devenu un Outrepasseur et est obsédé par la recherche d'Arnaut et du Chasseur, qu'il a vus dans son immersion inaugurale (cf le tome 1). Depuis un an qu'il s'entraîne, il a compris beaucoup de choses sur le fonctionnement des Outrepasseurs; le meilleur mais surtout le pire...

Je n'en dis pas plus au risque de spoiler. Mais ce qui advient dans l'esprit de Peter est un aspect qui m'a beaucoup plu et auquel je ne m'attendais pas. Les méchants ne sont pas forcément ceux qu'on croit (ou en tout cas je n'avais pas saisi les choses comme ça.) J'ai apprécié suivre son évolution, sa quête éperdue, sa pugnacité. J'ai aussi apprécié les nombreuses références littéraires (réelles ou totalement fictives) présentes au début de chaque chapitre (lesquels chapitres, au contraire du premier tome, sont très nombreux). Les personnages des fés sont peu actifs mais on en découvre beaucoup sur eux, en particulier sur la Reine des Neiges.
Malheureusement, je crois que c'est tout... pour le reste, je n'ai que des bémols...
Le style ne m'a pas tellement convaincue d'abord. Je lui trouve toujours un certain charme, une sorte de naïveté, des tournures de phrases un peu maladroites mais mignonnes; parfois, malgré tout, ça devient un peu lassant et répétitif. En plus de cela, j'ai souvent eu l'impression que l'action était noyée dans des réflexions et des paroles redondantes, qui ne faisaient pas avancer grand chose. En plus l'essentiel de l'intrigue était centrée sur le personnage de Noble, qui est plus que désagréable.
Bref, tout ce qui m'avait séduit dans le tome 1 était absent de ce deuxième opus : le Moyen-Age, la découverte de l'univers magique par les personnages, les points de vue des différentes familles,...
Je dois même avouer que je me suis presque forcée à avancer à partir de la moitié du livre...  Ce n'est pas tellement bon signe en général. Mais je m'arrête là sur les critiques ! Pour faire court : c'est une très bonne saga, mais le tome 2, plus conventionnel sans doute (je ne lis pas souvent de genre fantastique, donc je ne suis pas tellement bien placée pour juger), m'a bien moins emballée. Toutefois une chose est sûre : je ne regrette pas d'avoir uniquement le second tome dans ma bibliothèque car il est vraiment très beau !

Pour continuer sur ma lancée, deux tableaux, dont l'un m'évoque l'ambiance du premier tome des Outrepasseurs (et aussi le thème de la couverture du second), et l'autre l'aura plus sombre de certains passages. 

Ce tableau s'intitule tout simplement "Chasseurs dans la neige", de Pieter Bruegel l'Ancien. Il date de 1565, époque de la Renaissance. C'est un auteur flamand.
Avec ses chasseurs dans un paysage hivernal, il m'a beaucoup fait penser aux scènes de la fin du premier tome des Outrepasseurs, quand ils traquent les fés. En revanche ici, le paysage qui s'étend sous les yeux des chasseurs me semble plutôt serein. On peut remarquer un souci du détail, notamment dans les textures. Ce tableau marque ainsi la volonté des artistes du Nord de représenter la nature de manière réaliste; contrairement aux artistes italiens, ils sont loin de sujets mythologiques (je peux vous dire que j'en apprends des choses, j'espère que vous serez également intéressés :). La perspective est aussi étonnante : la ligne de force qui part des sommets, le contre-bas en plongée, nous donne l'impression de surplomber la scène tout en faisant presque partie de l'équipe des chasseurs (je crois que j'ai encore du progrès à faire en interprétation mais bon, je me lance ^^).

"Nocturne en noir et or : la fusée qui retombe". N'est-ce pas un joli intitulé pour un tableau ? Réalisé par James Abbott Whistler au XIXème siècle, un américain venu vivre en France. Il est représente bien ce qu'a été le courant de l'Esthétisme. Ce courant s'oppose au réalisme et surtout à la peinture de narration. Leur but est de représenter la Beauté, au détriment de toute interprétation.
Inutile de vous dire que ce tableau a fait grand bruit à sa sortie. John Ruskin l'avait défini, lors de son exposition, comme "un pot de peinture jeté à la figure du public". C'est vrai qu'il est très sombre et qu'on n'y distingue pas grand chose. Mais à bien y regarder, on remarque le soin apporté à la poussière d'or, à la gradation des couleurs. On a vraiment l'impression d'assister au feu d'artifices.
Je trouve ce tableau très beau, sombre et lumineux à la fois, vaporeux aussi. Et puis le doré, les étincelles, ça m'a interpellée. En plus, cette idée de faire de "l'art pour l'art" m'a pas mal plu. Je suis contente de vous avoir fait partager ce tableau, que je n'avais jamais vu et donc je ne connaissais pas du tout le courant.

Voilà, c'est fini pour l'intermède artistique du jour !
Je crois que je vais continuer, j'adore ça et en plus je m'instruis :). Je vais alterner entre des tableaux connus et d'autres moins (comme ici), au grès de mes envies et de mes lectures.
A très vite !