dimanche 20 août 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sous le plaid estival ?

Bonjour à tous !
Je suis partie quelques jours dans ma famille, et je viens de rentrer. Je n'ai donc pas pu poster de nouvelles de mes lectures, mais j'ai bien lu. Voilà le bilan. 

Un roman abandonné et un autre que j'ai adoré



Malgré mes espoirs, je n'ai pas accroché au Septième Guerrier-Mage. J'ai donc abandonné cette lecture et ai commencé mon dernier SP de l'été pour Syros : Un roman d'aventures (ou presque) de Yaël Hassan. Je l'ai adoré, je vous en parle prochainement. 

Une lecture un peu différente


J'ai profité d'être dans ma famille pour lire un roman que j'avais acheté à ma mamie, le célèbre : Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une. Sous ce titre trèèèsss long se cache un roman hybride, entre essai de développement personnel et petite histoire sans prétention. On suit en effet Camille, une maman de 35 ans, qui voit sa vie partir à vau-l'eau, son métier, son couple, sa relation avec son fils, rien ne va vraiment. Elle souffrirait de "routinite". Derrière ce terme se cache Claude, un "psychologue" spécialisé dans le développement personnel. Au fil des chapitres, il va donner à Camille des conseils pour obtenir ce qu'elle veut dans la vie, être plus heureuse et plus épanouie. Ainsi elle va apprendre la gratitude, la pensée positive, les outils de communication non-violente et j'en passe. J'ai beaucoup apprécié cette lecture qui permet une synthèse illustrée de nombreuses techniques de développement personnel à la mode. A la fin du roman, il y a d'ailleurs un vade-mecum qui rappelle les différentes méthodes abordées au cours de la transformation de Camille, ce qui est bien pratique. Par ailleurs les outils présentés tout au long du roman sont chaque fois soulignés en gras, ce qui permet de le feuilleter ensuite. 
En bref une bonne lecture pour ceux et celles qui s'intéressent au développement personnel. Mais il ne faut clairement pas s'attendre à lire un roman palpitant. 

Un roman lu en partie 


J'ai lu la moitié de Poulets Grillés de Sophie Henaff. Au début cette lecture m'a captivée, j'ai beaucoup aimé le concept des rebus de la Police regroupés en une brigade "de la honte", commandités pour s'attaquer aux délits et crimes irrésolus des dix dernières années au 36, Quai des Orfèvres. Avec à leur tête Anna Capestan, étoile déchue de la Judiciaire. Ces alcooliques, mégalo, écrivain et bande de crétins vont partir en équipe à la conquête des zones d'ombres du passé. 
Ce polar se devait être une sorte de caricature du genre, plein d'humour et de dérision. Mais au bout d'une centaine de pages, une fois le speech et les protagonistes présentés, je n'ai pas bien ressenti l'humour... Je me suis lassée, surtout que plusieurs affaires sont traitées en même temps, par des équipiers différents, et qu'à ces chapitres qui se succèdent sans grande logique selon moi, s'ajoutent de courts passages où il est question de personnages non-identifiables avant au moins 200 pages... Bref, j'ai trouvé que c'était un polar très confus et une satyre qui ne tient pas ses promesses, surtout qu'il a reçu de nombreux prix... Alors j'ai préféré passer à autre chose :). 

Ma lecture en cours 


Le dernier roman de Pierre Lemaître ne pourra pas vous lâcher. Fin décembre 1999, Antoine Courtin, 12 ans, tue sans le vouloir le petit Rémy Desmedt, et le cache dans les bois. Pendant deux jours des recherches sont organisées pour le retrouver, on craint l'enlèvement. Mais le 26 décembre survient la fameuse tempête de Noël 1999... et les priorités changent.
Tout au long du roman on suit Antoine et ses angoisses, ses peurs d'être découvert et accusé. Quelques temps après la tempête, l'auteur opère une ellipse temporelle, Antoine a alors une 23 ans. Je ne vous en dirai pas plus, d'autant qu'il me reste encore quelques pages à finir. Ce roman est un bon thriller psychologique, un bon page-turner, et l'auteur n'use pas d'artifices pour nous donner la chair de poule. Il lui suffit de s'immiscer dans la psychologie de cet enfant assassin malgré lui, au remords étroitement chevillé au corps. Un bon moment de lecture !

Ce que je pense lire ensuite 




dimanche 13 août 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sous ... le plaid (oui oui, vous lisez bien :p)

Après toutes les émotions "lecturales" de cette semaine, je vous dois bien un petit compte-rendu !

Les "grands" moments de la semaine :
De dimanche dernier à jeudi, tout allait bien, plus que bien même, puisque je lisais Aeternia ! Pour la petite histoire, j'ai donc acheté le tome 1 samedi dernier suite à la vidéo de Margaud regardée le matin même (merci Espace Culturel de l'hypermarché !!) et j'ai eu la chance (et la présence d'esprit aussi...) de pouvoir acheter le tome 2 lundi, alors que je n'avais pas fini le premier. Je me disais que j'allais essayer de lire un roman du CDI en attendant, mais finalement, je n'ai pas résisté... J'ai quand même lu quelques pages du tome 2 du Labyrinthe, pour essayer, mais clairement, ça ne l'a pas fait...
Donc jeudi soir, j'étais triste comme les pierres, et surtout je ne savais que faire, et surtout que lire. Que faire finalement ça a été, puisque j'ai rédigé l'article sur Aeternia. Mais ma lecture du soir alors ?!!
J'ai feuilleté pas mal de livres, et j'en ai commencé deux : La Dame du Palatin, de Patrick de Carolis qu'une collègue m'a prêté et qui m'attire pas mal depuis le début de l'été, mais que l'épaisseur et la densité des premiers chapitres (selon les critiques que j'ai pu lire) me pousse à laisser de côté. Et c'est vrai, c'est dense, un peu indigeste au début, alors, pour plus tard !
J'ai ensuite commencé et même bien entamé Le goût du bonheur, tome 1, Gabrielle, de Marie Laberge. Je l'ai dans ma PAL, on me l'a prêté en m'en disant du bien, et c'est encore un coup de coeur de Margaud. Cela me semblait une très bonne idée ! Je lis donc un quarantaine de pages dès jeudi soir, et me dis "ouf, c'est bon, j'ai trouvé par quoi poursuivre, après un tel coup de coeur". Je continue un peu à lire vendredi et puis, au bout de 100 pages... je ne sais pas, une lassitude, un manque d'action, un manque de piquant. Je n'en dirai pas davantage car j'espère reprendre cette lecture sous de meilleurs hospices, mais clairement, après la claque Aeternia, il me fallait davantage de peps. En fait, la saga Aeternia aurait du êtes constituée de plein de tome, comme L'Assassion Royal. Là j'aurais été bien ! Bref, j'étais un peu désespérée, je voyais LA PANNE DE LECTURE se rapprocher de plus en plus. Alors ça non, pas de panne de lecture !!! Qu'est-ce que je ferais le soir avant de dormir sinon ??? (ok, gardez vos idées pour vous hein ^^)
Donc je me suis reportée sur un roman que je gardais pour la fin des vacances, pour le blues de la rentrée : le dernier tome de la série l'Elite, de Kiera Cass. Ce sont des romans que je lis en une journée, qui sont plutôt prenants bien que l'écriture ne soit pas transcdendante. Et je me suis dit que là, à situation particulière, dérogation particulière. Et j'ai eu raison...

Le dernier roman que j'ai lu en entier

L'élue, L'Elite #3, Kiera Cass
America se rapproche du but, mais c'est sans compter les attaques des Renégats...

J'ai apprécié cette lecture rapide qui a eu le mérite de me sauver de ma panne de lecture. Clairement ce tome est meilleur que le #2, il y a beaucoup d'actions, d'ailleurs ça s'enchaîne parfois trop vite pour être crédible. Mais bon, on se laisse emporter, on se doute de ce qui va se passer entre America et Maxon, mais pas par rapport aux enjeux politiques. Les Renégats se révèlent surprenants, et le destin des Castes est compromis, tant mieux. 
Il y a de grosses ficelles, des passages mièvres; toutefois ça se lit ! Et je ne vais pas cracher sur mon sauveur :p

J'ai donc lu ce roman en une journée, comme prévu. Et hier (merci Espace Culturel !) j'ai pu acheter ma lecture en cours, conseillée par une jeune femme sur la page Facebook du blog : Le Septième Guerrier-Mage de Paul Beorn. Je me suis renseignée et j'ai vu que c'était un bon page-turner, et qu'en plus il avait reçu le prix des Imaginales des Lycéens en 2016. De bons points. J'ai donc commencé dès hier soir. La couverture est très chouette en plus. 

Ma lecture en cours 


Le récit est à la première personne, ce dont je ne suis pas absolument fan mais bon. En tout cas le héros a une gouaille qui me rappelle un peu Desmeon, ça c'est chouette; et on a envie de savoir ce qui va lui arriver. Bon clairement je ne peux imaginer retrouver tous les ingrédients et l'alchimie d'Aeternia (sinon ça se saurait hein !) mais c'est pas mal. Je ne sais pas ce que j'ai avec la Fantasy en ce moment, mais ça me botte ! La vie est pleine de surprises, et puis il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, n'est-ce pas ?? Oui oui je me jette des fleurs :p.

Et vous, comment vivez-vous les jours qui suivent la lecture d'un coup de coeur ? 

jeudi 10 août 2017

Enorme coup de coeur : Aeternia de Gabriel Katz

Aeternia, duologie par Gabriel Katz 

J'ai terminé en un temps record la duologie fantasy de Gabriel Katz; je lisais dès que je pouvais : dans la voiture, le soir, le midi... et pourtant pas autant que j'aurais pu, j'essayais de ne pas avancer trop vite ! Bref, plus qu'un coup de coeur, ces moments de lecture représentent pour moi un idéal. Je vous explique. Déjà c'est un roman avec des chapitres qui s'enchaînent merveilleusement, sans jamais traîner en longueur. On a donc l'impression de bien avancer. En plus de ça, une intrigue très bien ficelée, d'un bout à l'autre. Pour un roman de Fantasy, il y a très peu de surnaturel et de magie. Et enfin, des personnages extraordinaires, tellement extraordinaire que j'ai retenu tous leurs noms ou presque, et m'en souviens encore... Et ça, pour moi, c'est rare ! D'autant plus rare qu'il s'agit d'un roman de Fantasy, et que c'est un genre que je fuis comme la peste d'habitude. Bref, une véritable surprise.
Certes j'en avais beaucoup entendu parler sur les blogs et Booktube, et c'est la vidéo de Margaud sur le Fantastique et la Fantasy qui m'a faite craquer; j'étais loin de penser que ces deux romans marqueraient autant mon parcours de lectrice

Pour entrer un peu plus dans les détails :

Aeternia raconte l'histoire d'une guerre de religion : les adeptes d'un nouveau culte, le culte d'Ochin, s'opposent à la religion en place, celle de la Déesse. Rien de bien original là-dedans. Oui mais; là où l'auteur a été fort, c'est qu'il a organisé son histoire autour de l'alternance des points de vue à la troisième personne, alternance à laquelle s'ajoute le flux et le reflux de héros récurrents et de personnages de tous horizons. Ainsi le lecteur a une vision globale de tout ce qui se trame (ou presque), dans un camp comme dans l'autre. 
Je vous parlais aussi des personnages : ces derniers sont fouillés, attachants et loin de ce que j'imaginais pour un roman de Fantasy. J'ai adoré les deux héros masculins, Leth Marek et Desmeon. Le premier évolue dans le premier tome, le second est plus fouillé par la suite. Desmeon est même plus qu'un héros : c'est un combattant remarquable, un dom juan notable et un être particulièrement sensible et surtout plein d'humour. J'ai adoré ses réparties, et l'amour qu'il voue au petit chien de Leth Marek, le champion d'arènes. Dez, comme on l'appelle, est un personnage que je n'oublierai pas de si tôt, et même la fin de l'histoire nous réserve de sacrées surprises le concernant. J'ai aussi apprécié un personnage féminin, Synden, la jeune prostituée qu'on découvre dans le tome 2. Elle est courageuse, fougueuse et amoureuse de Dez. Je n'ai en revanche pas apprécié Neesydia, la jolie prêtresse fourbe à souhait sous son beau sourire. Les autres personnages m'ont bien moins interpellée, notamment Varian, le principal protagoniste du "clan" de la Déesse. C'est un arriviste finalement assez fade. Les prêtres des différents cultes sont quant à eux exécrables, uniquement interessés par le pouvoir et l'argent. Et effectivement, à travers ce roman d'actions et de complots, c'est une critique de la société et des hommes très réaliste qui nous est livrée... Il reste deux personnages secondaires que j'ai beaucoup apprécié : le Baron de Ridan pour sa bonhommie et son plaisir à voir son château reprendre vie après ses longues années de solitude, et Mae Nam, la notable qui recueille Desmeon vers la fin du dernier tome. Je l'ai trouvée chouette, distante mais avec un grand coeur. 


Je me surprends moi-même. C'est la première fois que je m'attache à autant de personnages et suis capable d'émettre un jugement à leur propos. D'habitude je lis pour l'intrigue, les pensées des personnages, les idées et les points de vue que je peux faire miens. La dernière fois que cela m'est arrivé était il y a deux ans, avec Fan Girl, roman pour lequel j'avais eu un coup de coeur ultime. Dans ce roman jeunesse, l'univers de la fac et le personnage de Cath (tiens tiens ^^) avait provoqué la magie de l'identification. Mais avec Aeternia, clairement, où serait l'identification avec des champions d'arènes et des prêtresses ? C'est donc un coup de coeur d'un autre genre, un coup de coeur pour un roman à la construction parfaite à mon sens. 

Et pour finir mon argumentaire sur ce roman idéal : je ne me suis pas pris une seule fois la tête à
comprendre et suivre l'intrigue ! Tout est fluide, on comprend tout bien, je retenais tous les évènements et suivais très bien leur enchâssement. C'est rare, très rare pour moi, qui exècre tout ce qui touche à des intrigues politiques et religieuses. Gabriel, je ne sais quel est ton secret, mais je te tire mon chapeau !

Bref, je conseille ce livre à tous, jeunes, vieux, amateurs de polars, romances ou quoi que ce soit. Je pense que tout le monde peut aimer. Et c'est un roman que je vais prêter, offrir, conseiller, bref, en plus d'un roman idéal à lire, c'est le livre idéal à partager. 

PS : j'ai joint à mon article les images des éditions de Poche, et je dois dire que la couverture du premier tome est complètement décevante et surtout ne reflète en rien la grandeur du roman, comme pouvait le faire la version originale. J'ai préféré celle du tome 2, même s'il y a aussi à redire. 

dimanche 6 août 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sous le para(pluie)sol ?

Le bilan hebdomadaire :)

Un roman que je n'ai pas terminé :

« C’est moi qui ai tué Emerence. Je voulais la sauver, non la détruire, mais cela n’y change rien. » La Porte est une confession. La narratrice y retrace sa relation avec Emerence Szeredás, qui fut sa domestique pendant vingt ans. Tous les oppose : l’une est jeune, l’autre âgée ; l’une sait à peine lire, l’autre ne vit que par les mots ; l’une est forte tête mais d’une humilité rare, l’autre a l’orgueil de l’intellectuelle. Emerence revendique farouchement sa liberté, ses silences, sa solitude, et refuse à quiconque l’accès à son domicile. Quels secrets se cachent derrière la porte ?

J'ai acheté ce roman il y a quelques mois, suite à la lecture du résumé mais aussi en raison du bandeau estampillé Pennac, et puis de la couverture, que je trouve très belle. J'ai commencé ma lecture et ai découvert un univers auquel je ne m'attendais pas : désuet, clos sur lui-même et un peu fantastique. Je pensais que la relation entre la narratrice et sa domestique serait plus détaillée, plus psychologique. Mais en réalité, l'auteur brosse le portrait de l'étonnante Emerence à travers les yeux de la romancière. Je n'ai pas eu le courage de poursuivre ma lecture, pourtant bien commencée, à cause de la lenteur de certains chapitres, orientés sur le passé d'Emerence ou bien sur celui d'autres personnages. Encore une fois, dès qu'il s'agit d'Histoire ou bien d'illustration culturelle et politique, je me lasse... 
J'ai quand même laissé un marque-page dans le roman, parce que cette histoire de porte m'intrigue beaucoup... D'autant plus que je viens de lire qu'en réalité le roman a une dimension auto-biographique. Cette Emerence quasiment mythologique aurait existé dans la vie de l'auteur. C'est donc un roman qui joue avec le suspense, ce qui fait qu'on peut avoir bien envie de le continuer !

Un coup de coeur :



Le premier roman d'une jeune auteur auto-éditée, donc je vous fait l'apologie dans cette chronique.

Ma lecture en cours : 


Suite à la vidéo de Margaud, j'ai eu envie de me lancer dans cette duologie dont j'entends parler depuis longtemps, Aeternia. J'ai commencé le tome 1 hier soir, et j'avance très vite. Je ne boude pas mon plaisir, alors que d'habitude j'ai du mal avec la Fantasy. Mais là, comme le laissaient présager tous les bons avis que j'ai entendu, on ne s'ennuie et ne s'embrouille pas un instant ! Pourvu que ça dure :p.


J'ai acheté la version Poche (comme souvent !) mais je vous mets la couverture du grand format, qui est beaucoup plus belle. Dommage pour l'édition Pocket d'ailleurs...
  

samedi 5 août 2017

Coup de coeur pour un premier roman : Les douceurs d'Adrien, Céline Theeuws

Il y a une semaine environ, j'ai reçu un mail sur la page Facebook du blog : Céline Theeuws, une jeune auteur auto-éditée. Elle me demandait si je voulais recevoir son livre dédicacé. J'ai rapidement lu le résumé : 

Louise, une romancière atteinte de troubles obsessionnels compulsifs qui vit recluse dans son appartement parisien va faire la rencontre d’Adrien, un pâtissier créatif qui puise son inspiration dans la rue et dans les livres. Fermement décidée à ne jamais ouvrir sa porte, elle va se heurter à la détermination du jeune homme qui va s’insinuer progressivement dans son quotidien monotone rempli de rituels. Avec tendresse et humour, ce roman montre la difficulté de rompre avec un équilibre de vie douloureux mais bien installé.

Je me suis dit qu'une héroïne romancière me plairait certainement, et que même si ça semblait un peu léger, un peu chick-litt, je pouvais tenter ma chance. Je l'ai donc reçu peu après dans ma boîte aux lettres. Le livre est mignon, épuré, un peu girly vu comme ça, mais agréable. Et j'ai commencé ma lecture. 

Presque immédiatement j'ai été happée par le personnage de Louise. Cette jeune femme sensible, romancière en plus de cela, et qui voit sa vie dévorée par les tâches ménagères m'a émue. J'ai trouvé que l'auteur parvenait très bien à rendre compte de ses tocs, dans une juste mesure : suffisamment précis pour qu'on se rende compte du calvaire qu'elle s'impose, suffisamment mêlé au reste de l'histoire pour qu'on n'en fasse pas une overdose. 

A la lecture du résumé, je craignais plusieurs choses : que l'aspect tocs soit traité de façon expéditive, et que la jeune femme en guérisse très vite grâce à l'amour (un peu cliché). Et aussi qu'elle soit très rapidement libérée de ses troubles et que la moitié du roman soit consacrée à l'histoire d'amour avec Adrien. Or il n'en est rien, si ce n'est qu'il est vrai que tout de même Louise sera sauvée par l'amour, mais de manière douce et progressive. Par ailleurs le personnage d'Adrien est attachant, gentil sans trop en faire. Comme le laisse penser le résumé, je croyais que la place de la pâtisserie serait plus prégnante, un peu étouffante, comme un excès de sucre; en définitive, le tout est très bien dosé. J'ai d'ailleurs dégusté ce livre lentement mais sûrement, appréciant l'évolution du personnage mais également la plume de l'auteur. Céline Theuuws s'amuse à user de termes désuets ou peu usités, arrogance coquette de notre recluse volontaire. J'ai apprécié cela, d'autant que la narratrice est une romancière reconnue. 
Concernant les tocs, comme je vous le disais, le trouble est bien rendu, avec un très bon dosage. J'ai énormément appris grâce à la lecture de ce livre. Les angoisses de Louise l'obligent à astiquer pendant des heures, laver et relaver ses vêtements, lessiver les commissions qu'elle se fait livrer et surtout à vivre enfermée chez elle pour qu'aucun microbe ne puise s'y introduire. Le roman est en cela extrêmement bien fait, puisqu'on se rend compte du quotidien de la jeune femme, à laquelle je ne savais d'ailleurs pas donner d'âge au début du roman, forte qu'elle était de son vocabulaire châtié et de ses petites habitudes immuables, finalement sources d'une solitude douloureuse. On s'attache très facilement au personnage dans ce huis-clos qu'est son appartement; on la suit dans ses tâches quotidiennes, puis dans la rédaction de son nouveau recueil de nouvelles. L'amour avec Adrien naît peu à peu, mais ça n'est pas tant cela que son retour à la vie qui est au coeur de l'histoire. 

Je crois que c'est tout cela qui fait que j'ai été très touchée par le roman : la capacité de résilience de Louise, l'illustration tout en douceur d'un trouble que je n'avais jamais vu traité dans la littérature auparavant, et la magie de l'inspiration venue du sucre et de l'amour. 

J'ai bien entendu été un peu surprise par certains choix de rédaction ou par certains épisodes, et j'ai eu la chance d'échanger avec l'auteur elle-même. Ceci dit, pour un premier roman, rédigé en un mois, sur une inspiration fulgurante, je dois dire que la qualité est véritablement au rendez-vous.

Pour finir cet article, je voudrais remercier Céline Theeuws : tout d'abord pour ce roman qui m'a beaucoup touchée, et qui je l'espère touchera d'autres lecteurs d'ici peu. Et ensuite pour les échanges que nous avons eus, et que nous continuerons d'avoir, je l'espère. Elle a su répondre à mes questions, et surtout, elle est pour moi une preuve que tout est possible (elle me comprendra :p). 

mardi 1 août 2017

Broadway Limited, Malika Ferdjoukh

Broadway Limited, Un dîner avec Cary Grant, Malika Ferdjoukh

Après avoir entendu beaucoup de bien de ce roman, nous avons décidé avec ma collègue de l'acheter pour le CDI et j'ai profité des vacances pour le lire (c'est tout de même un pavé de presque 600 pages !). Avant de commencer ma lecture, je me disais que le nom de l'auteur me disait quelque chose, mais impossible de remettre un titre dessus. J'ai donc commencé ma lecture en me fiant au résumé...

Normalement, Jocelyn n'aurait pas dû obtenir une chambre à la Pension Giboulée. Mrs Merle, la propriétaire, est formelle : cette respectable pension new-yorkaise n'accepte aucun garçon, même avec un joli nom français comme Jocelyn Brouillard.

Et puis j'ai lu les premières lignes.

La jeune fille ouvrit la porte au jeune homme. Un essaim de feuilles rouges s'engouffra aussitôt à l'intérieur de la maison tel un gang de sorcières à l'affût. 
La jeune fille était brune et sans doute souriait-elle. Difficile d'en être sûr à cause de la sphère en bublle-gum rose, d'un diamètre épanoui, qui lui poussait au milieu de la figure. 

J'ai de suite reconnu quelque chose, un style, des décalages, une poésie. Et ça y était : la série des Quatre Soeurs, mais bien sûr ! Le style inimitable de Malika Ferdjouk ne trompe pas, si décalé, drôle, empirique parfois, et surtout très reconnaissable. 
J'ai poursuivi ma lecture encore plus ravie que je ne l'étais, heureuse de retrouver un univers qui fasse écho à celui des soeurs. Le contexte est toutefois très différent : l'intrigue se passe en 1948, en Amérique, peu après les conflits qui ont secoué le monde. Jocelyn arrive de France, avec son aura différente, un peu fantasmée, aux odeurs de Paree. Il n'a pas de difficultés à se faire une place au milieu de toutes ces femmes à la pension Giboulée; elles sont toutes adorables (ou presque). Chacune a une vie dense, très occupée, par les hommes et les arts. Les chapitres s'enchaînent et on découvre petit à petit et de mieux en mieux Manhattan, Chic et quelques autres filles aux prénoms improbables. On les suit dans les nuits américaines, les cafés, bars, drugstores et autres clubs, où chacun doit batailler pour se faire une place. Jocelyn lui aussi construit sa vie autour du paino, des filles et de Thédora. L'histoire qui m'a le plus touchée dans ce premier tome est celle d'Hadley, deux ans plus tôt, et sa rencontre avec un soldat dans le Broadway Limited, ce train qui donne son titre au roman. 

Ce premier tome a été assez long à lire, sans doute en raison du style si particulier qui nous déroute à tout moment avec ses hypallages (alliance de mots incompatibles), métaphores et autres figures acrobatiques. Et puis en raison des nombreux personnages aux noms déroutants. La lecture qui en résulte est donc d'une certaine manière doublement plaisante, puisqu’à une jolie histoire s'ajoute un style unique  ; toutefois j'ai moins apprécié les histoires des personnages de la pension que je n'avais pu aimer celles de Geneviève, Charlie et les autres sœurs. Je me suis beaucoup moins attachée aux personnages. Il n'empêche que je lirai le second tome avec plaisir, quand il sortira, surtout pour retrouver l'univers si particulier, si éthéré et fantaisiste de Malika Ferdjoukh.

En complément, le très bon article (comme toujours !) de Marinette.

vendredi 28 juillet 2017

L'île des chasseurs d'oiseaux, Peter May

L’île des chasseurs d’oiseaux, Peter May

Suite à des avis très positifs concernant ce roman (notamment les bonnes notes recensées sur Babelio), je me suis lancée dans ce polar sans trop savoir à quoi m’attendre ; et il est vrai que le premier chapitre a été plutôt trompeur. En effet je pensais découvrir une enquête policière comme on en a l’habitude, mais finalement les moments de l’enquête alternent très rapidement avec le récit de l’enfance de Fin Macleod, le protagoniste et enquêteur principal.

Celui-ci a vécu son enfance sur cette île de Lewis, au fin fond de laquelle a eu lieu un meurtre, fort semblable à celui perpétré à Edimburgh peu de temps auparavant. C’est donc tout naturellement qu’on a fait appel à lui pour enquêter sur l’homme retrouvé pendu et sauvagement éventré, et surtout sur son meurtrier.
Les premiers chapitres de l’enfance de Fin sont un peu ennuyeux dans la mesure où on ne connaît pas encore les personnages qu’il évoque. Mais au fur et à mesure de l’enquête ils prennent consistance et on découvre l’importance qu’ils ont eu et ont encore dans la vie du policier. Ainsi Marsaili et Artair, ami d’enfance pour l’un et ancienne petite amie pour l’autre, deviennent très intriguants. On a envie de savoir quels sont les liens qui les unissent les uns avec les autres ; le roman devient alors enquête sur la vie de Fin. Le lecteur comprend aussi peu à peu de nombreux points évoqués ça et là : le titre trouve une explication, la raison pour laquelle Fin est appelé « l’orphelin » aussi. Au fur et à mesure que la lecture avance, tout s’éclaire, sous le feu de projecteurs plus ou moins flatteurs.
Pour ma part j’ai aimé suivre les déboires amoureux de Fin, comprendre pourquoi certains personnages présentaient des blessures sévères ou des handicaps, et surtout saisir le sens du titre, avec ses « chasseurs d’oiseaux ». Chaque année, des hommes de l’île se rendent sur un rocher escarpé sur lequel vit une gigantesque colonie de fous de Bassan. Et chaque année, ils ont l’autorisation (et surtout la tradition) de tuer 2000 petits, des oisillons de cinq kilos à la chair succulente. Chaque année de nouveaux jeunes hommes sont conviés à participer à la tuerie, avec plus ou moins d’enthousiasme. Lors de son dernier été avant son départ pour la fac, moment tant attendu où il pourra quitter son île écossaise, c’est au tour de Fin de partir pour ces deux semaines délicates ; et là, il va vivre le pire…

J’ai beaucoup aimé cette lecture, les passages sur les traditions, la vie sur cette île qui nous semble totalement désuète, coupée de la civilisation le plus souvent. Fin est un personnage plutôt attachant, qui a vécu des épisodes très difficiles dans sa vie. Toutefois j’ai trouvée assez étrange cette manière qu’il a, souvent, de ne pas comprendre certaines de ses réactions ou de ses émotions, et de ne pas chercher plus loin. Parfois cela est positif de lâcher prise, mais quand par exemple, suite à un accident, il se rend compte qu’il n’a plus de sentiments pour Marsaili, il laisse l’affaire s’enliser sans essayer d’y remédier. La jeune femme est d’ailleurs une victime dans toute cette histoire ; on a pitié pour elle, surtout qu’elle apparaît comme une jeune femme pleine de potentiel.

Attention donc : si vous vous attendiez à lire un polar comme le laisse présager la collection Babel Noir, il n’en sera pas comme à l’ordinaire. En effet l’enquête ne porte pas tant sur l’identité du meurtrier que sur les liens qui unissent Fin aux divers habitants de l’étonnante et un peu inquiétant île de Lewis.

Je vous mets en lien l’article deMargaud, qui l’avait lu en 2012. 

mercredi 26 juillet 2017

Retour de vacances !

Après quelques jours de vacances souvent pluvieux mais reposants, un bilan s'impose !

Pendant cette dizaine de jours j'ai lu trois romans, dont un bien épais :


La chronique ICI !

Un service-presse dont j'ai lu les épreuves non corrigées : 

Le dernier roman d'Yves Grevet, Le Grupp. Je vous en parlerai le moment venu :). 

Et enfin le premier volet d'une trilogie qui a connu un beau succès : 


J'ai adoré cette lecture, la chronique est à venir. 

mardi 25 juillet 2017

L'amie prodigieuse II, le nouveau nom

Enfin je les ai lus tous les deux, ces deux premiers opus de la saga qui fait couler tant d'encre ! Après avoir été un peu mitigée sur le premier tome, je le serai un peu moins pour ce second volet, malgré quelques bémols. 

J'ai adoré le début du roman : on retrouve Elena au mariage de Lina. Celle-ci, à peine la cérémonie finie, part en lune de miel avec Stephano, pour découvrir son vrai visage. Tout cela, Elena peut nous le raconter grâce aux cahiers que Lina lui a confiés, et qu'elle a décidé de lire sans sa permission. Cette mise en abîme de l'histoire, à plusieurs voix finalement, est un aspect qui m'a beaucoup plu. Le fait qu'Elena réécrive l'histoire de son amie prodigieuse grâce au récit qu'elle-même en a fait est un concept intéressant. Mais c'est aussi là que la bas m'a blessée : j'ai trouvé que souvent, Elena s'effaçait trop au profit de considérations psychologiques plus ou moins convaincantes sur elle, son amie et leurs diverses relations. Je préfère largement les passages où elle narre sa vie, ou celle de Lina. Ainsi tout le récit des histoires avec le magasin de chaussures, l'affiche etc, m'a semblé assez long. En revanche j'ai adoré la plus grande partie du roman, qui se passe à Ischia, avec Nino. Je ne m'attendais pas à de tels retournements de situation.

Je me rends compte qu'à travers ce livre j'ai pris plaisir à retrouver des épisodes qui me font penser à l'autobiographie de Simone de Beauvoir, Mémoires d'une jeune fille rangée. Elena me fait un peu penser à elle, intelligente mais hésitante, différente, peu sûre d'elle. La comparaison s'arrête là pour le moment car Simone va prendre un essor qui ne sera peut--être pas celui de la narratrice (je découvrirai cela dans le tome suivant, quand il sortira en poche !). Et puis il y a bien entendu le fait qu'Elena devienne écrivain : j'ai beaucoup aimé cela, même si elle ne s'appesantit pas sur cet aspect. C'est sans doute d'ailleurs ce qui fait la force de ce roman : il n'est ni l'autobiographie de la narratrice, ni le simple récit de la vie de son amie. C'est un savant mélange des deux, avec des dosages plus ou moins convaincants à mon goût, mais qui ont le mérite d'être originaux. 
C'est aussi ce qui rend la vie d'Elena assez délicate : elle se construit presque uniquement à travers l'aura de son amie. De ce fait, même lorsqu'elle écrit son premier roman, on peut y voir en creux le récit d'enfance de Lina : La Fée Bleue. Il en va de même pour leurs vies : vases communiquant, interchangeables ou presque, en compétition permanente. Pourtant elles sont souvent séparées, vivent de très longues périodes chacune de leur côté, et se retrouvent toujours, finalement. 

En dépit des quelques bémols qui ont rendu ma lecture un peu aride par moments, cette saga est tout de même très originale et vraiment intéressante. On y lit bien l'évolution d'une société, avec l'accession bourgeoise aux commerces, à l'argent, mais aussi l'archaïsme de la soumission féminine et des moeurs de la vie quotidienne. C'est un roman complet, palpitant le plus souvent, mais avec quelques longueurs selon moi. 

Suite à ce second tome je comprends mieux l'engouement que la saga suscite, mais ne suis pas encore devenue une fan absolue. 

dimanche 16 juillet 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sur le transat ?!


Ce que j'ai lu cette semaine 

Ne regarde pas, Expérience Noa Torson #2, Michelle Gagnon

J'ai bien aimé cette suite, même si j'ai préféré le premier volet. On en apprend moins sur Noa et Peter mais davantage sur d'autres personnages attachants, comme Amanda. Ce deuxième opus se lit bien, mais sans gros plus.

J'ai aussi lu Les optimistes meurent en premier, le dernier roman de Susin Nielsen envoyé par les éditions Hélium. J'ai beaucoup aimé ma lecture. Mais il ne sort que le 30 août, donc je dois attendre un peu plus d'un mois avant de vous publier ma chronique :).




L'homme aux cercles bleus, Fred Vargas

C'est le premier rompol de Fred Vargas mettant en scène Adamsberg; comme j'ai envie de creuser davantage le personnage, je me suis dit que j'allais commencer dans l'ordre. C'est chose faite. 
Mais j'ai été assez déçue par cette lecture : l'intrigue policière est loin d'être passionnante, et surtout elle est noyée de discours plus ou moins cohérents, émanant de personnages plus ou moins dérangés et décalés. J'ai donc eu un peu de mal à aller au bout de mal à aller au bout de ma lecture, bien que j'ai plutôt apprécié les premiers et derniers quarts du roman. 
J'avais été prévenue que ce premier tome était moins palpitant que d'autres, et c'est vrai. Toutefois, si on s'accroche bien à ces méandres de pensées et autres associations d'idées, on découvre un style littéraire recherché, à la frontière de l'absurde et du surréaliste. On sent que Vargas veut montrer la vie telle qu'elle est, les pensées telles qu'elles sont, parfois insaisissables. Heureusement cependant qu'elle n'a pas poursuivi dans cette veine un peu absconse dans ses autres romans, car les lecteurs se seraient lassés. 


Un roman pas encore chroniqué 

La cave, Natasha Preston

Alors qu'elle se rend à une fête, Summer est enlevée par un dangereux psychopathe, qui se surnomme Trèfle. Dans sa cave aseptisée et parfaitement aménagé, il enferme quatre jeunes femmes pour se créer une famille...

Ce thriller ado avait tout pour plaire : une bonne intrigue, l'alternance des points de vue (celui de Summer, de Trèfle et enfin du petit ami de Summer). Mais j'ai été déçue, surtout par le début : les émotions de Summer, au moment de son enlèvement, ne m'ont pas semblé très réalistes. Elle ne fait que penser à son petit ami, a à peine peur et se rend à peine compte de ce qui lui arrive. En plus les autres filles qu'elle rejoint sont carrément soumises, aseptisées elles aussi. On comprend finalement peu à peu pourquoi, grâce notamment au point de vue de Trèfle, et ce manque de réaction s'explique. Et puis comme c'est un roman ado, il est normal que l'auteur ne s’appesantisse pas de détails sordides. La suite du roman est plus réaliste, et heureusement car j'ai failli abandonner ma lecture, déçue que j'étais par rapport à ce à quoi je m'attendais. 
Je vous mets en lien l'article de Margaud; il s'est avéré qu'on a lu ce roman en même temps, mais qu'elle a beaucoup aimé.


Ce que je lis en ce moment 




J'ai commencé le roman sur les chapeaux de roues, surtout qu'on retrouve Lina à la fin de son mariage, là où on l'avait laissée dans le tome 1. Mais après le récit du voyage de noces, l'intrigue s'enlise un peu à mon goût dans des considérations de clans, d'argent et d'arrivisme. Espérons que ça va évoluer, j'en suis à la page 140... 

Et vous, que lisez-vous en cette période estivale ?

mardi 11 juillet 2017

Train d'enfer pour Ange rouge, premier tome des aventures de Franck Sharko !

Train d'enfer pour Ange Rouge, Franck Thilliez

Avec Ludo, nous avons découvert Franck Thilliez à peu près en même temps, et on s'était dit qu'une Lecture Commune serait sympa. On s'est donc rabbatus sur le premier tome de la saga Sharko-Hennebelle, qu'on n'avait lu ni l'un ni l'autre. 

Cette lecture a été un peu laborieuse pour lui comme pour moi. La cause ? Un style un peu surfait, superfétatoire, gueulard et pas très chic. En effet dans ce tome Thilliez fait prendre la parole à Sharko. Ce récit à la première personne, par les mots de ce policier un peu brut de décoffrage, ça promet. Ajoutez à cela les débuts de l'auteur, et vous obtenez un mic-mac littéro-explosif, farouche et rude. Sharko a beaucoup de peur et de colère en lui, ce qui se ressent dans ses réponses et remarques lapidaires et souvent cassantes. Ces dialogues explosifs s'entrecroisent avec des descriptions à la limite de la poésie, mais plutôt du côté de la lourdeur. Je mets ça sur le compte des débuts de l'auteur. La lecture en reste parfois mal aisée toutefois. Heureusement que l'intrigue est comme toujours prenante. On est tenu aux tripes par ces meurtres sanglants, ces femmes torturées pendant des jours par un type fasciné par la souffrance. Sachant qu'en plus la femme de Sharko a disparu, l'intrigue prend une pente encore plus troublante... 

J'ai eu le sentiment que dans ce premier tome, Thilliez mettait son lecteur face à un choix : le suivre, ou pendre ses jambes à son cou. En effet, dès le début, tout le gore y passe : la salle d'autopsie dans ses moindres détails; la mise en scène morbide de la première victime; les lieux glauques et les caves masochistes qu'il visite; les leçons de bondage sur Internet, et j'en passe. Du sang, du sexe... et la gouaille de Sharko. Tout y passe ! 
C'est un style et un univers qui ne me dérangent pas dans les romans; je ne sais pas si j'aimerais voir ça sur grand écran, mais les thrillers noirs ne me mettent pas trop mal à l'aise. D'ailleurs là on était proche de l'esprit Chattam, bien glauque et gore. Les autres romans de Thilliez seront plus érudits encore, plus scientifiques. En tout cas pour un premier roman ça reste du bon boulot, et pour nous de bons moments de lecture. N'est-ce pas Ludo ??
En plus j'ai toujours eu envie de découvrir qui était Sharko avant la mort de sa femme, et les débuts de sa maladie mentale. C'est chose faite. Même si on ne saura jamais vraiment comment il était quand sa femme allait bien; ça, l'auteur se garde bien de nous le dire. Et le sait-il lui-même ? C'est vrai qu'un personnage tourmenté est tout de même plus intéressant à travailler...
Il me tarde maintenant de lire la suite, Deuils de Miel, et puis peut-être le tout dernier de l'auteur, intitulé Sharko !

Je vous laisse aller voir l'article de Ludo pour plus de détails sur l'intrigue. Et merci à toi pour cette lecture commune !!

dimanche 9 juillet 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sur le transat ?

Un petit bilan s'impose, ça fait longtemps !

Livres lus le mois dernier :

Le mois dernier, j'ai lu pas moins d'une bonne dizaine de romans. Un mois faste, avec en plus plusieurs coups de coeur :


Je suis ton soleil de Marie Pavlenko
La Terre qui penche de Carole Martinez

et d'autres très bonnes lectures !

     


Et enfin des lectures sur la danse : 




Livres lus la semaine dernière : 



Sauveur et Fils, tome 1, un coup de coeur ! J'ai hâte de lire la suite.
Le dernier Fred Vargas, une excellente surprise qui me donne envide d'approfondir du côté du commissaire Adamsberg. 

Derniers romans lus et pas encore chroniqués : 



Ce que je lis en ce moment : 


Et je passe de très agréables moments de lecture, l'intrigue est très bonne et c'est bien écrit !

Ouf, me voilà au bout de ce bilan plutôt chargé ! Je crois que je n'ai jamais autant lu !!
Désolée de ne pas avoir toujours pu mettre les liens vers les articles, blogger n'est pas toujours docile, et les liens sur les images mettent ma mise en forme à mal...

Et vous, que lisez-vous ?

vendredi 7 juillet 2017

Quand sort la recluse, le dernier Fred Vargas

Quand sort la recluse, Fred Vargas

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu de roman de cette auteur ; alors quand j’ai vu son dernier dans la bibliothèque d’une amie, fraîchement lu, je n’ai pas hésité à accepter qu’elle me le prête :p. En plus j’ai adoré la densité de l’objet, avec cette couverture plutôt douce et ces pages épaisses juste comme il faut. Bref, passons au propos.

Jean -Baptiste Adamasberg est rappelé d’urgence d’Islande, où il passait quelques jours de vacances, pour résoudre une enquête : une jeune femme renversée. Par qui ? Son mari, son amant ? Mais finalement, c’est par un écran d’ordinateur que l’énigme avec un grand E saute aux yeux d’Adamsberg : la recluse, cette araignée venimeuse, a tué plusieurs personnes. Des hommes, plutôt âgés. Du venin mutant ? Une concentration inhabituelle ? Fidèle à sa manière de penser plus qu’originale, complètement instinctive et intuitive, le commissaire pressent que quelque chose cloche. Il va donc partir sur la piste de cette fameuse Recluse.

Pendant ma lecture je suis tombée sur cette vidéo de Piko Books, qui m’a donné à réfléchir.


Grâce à sa vidéo, je me suis rendue compte que Fred Vargas n’écrivait pas des romans policiers comme Thilliez ou Chattam ; j’ai réalisé que Fred Vargas touche à la littérature avec ses « rompol » ; romans-polars. Un concept qui mêle enquête, psychologie des personnages, évolutions de ces derniers dans la saga Adamsberg, et puis jeux avec le langage. Si l’on considère, comme j’ai à le penser, que la littérature naît d’un univers et d’un style, Fred Vargas a bien les deux. En commençant le roman je m’étais bien rendue compte que son écriture n’était pas si simple ; qu’il fallait un peu de temps pour s’y adapter. Maintenant que je lis de nombreux romans jeunesse, je réalise que cette impression est la marque de quelque chose de plus ; la marque de la littérature. En littérature de jeunesse, le style est toujours le même, efficace, simple, quand il n’est pas médiocre. Mais là, j’ai senti que ça achoppait un peu ; qu’il me fallait un peu de temps pour m’habituer à sa petite musique. Bon signe finalement ! Tout cela s’est confirmé par la suite : le roman est construit sur des jeux de mots, les ambiguités de sens, comme une enquête sur le langage, ses méandres, sa polyphonie. Ainsi, comme je m’y attendais un peu, le choix du nom de l’araignée n’est pas anodin : une recluse n’est d’ailleurs pas seulement une bête à huit pattes… ! Par ailleurs j’ai aimé sentir, dans les dialogues de l’auteur, les influences du théâtre de l’absurde et du surréalisme. A cela s’ajoute de nombreuses répétitions, des sortes de gimmick qui caractérisent les personnages. C’est véritablement le genre de livre que j’affectionne, dans lesquels il y a une recherche sur la langue en plus d’une bonne histoire.

Enfin j’ai complètement adhéré au personnage d’Adamsberg : ce commissaire étonnant, qui ameute sa brigade pour nourrir un couple de merles et leurs petits, ou bien pour aller manger une garbure au restaurant. Qui s’embarque dans une enquête à cause d’un espèce de malaise que crée en lui un mot, une intuition, une bulle de pensée. Ces proto-pensées caractérisent Adamsberg et son originalité. Il marche à l’instinct, à l’intuition, porté par ses bulles dans ses limbes. Et pourtant si attentif à tout ce qui l’entoure ! Il est déroutant, étonnant, souvent difficile à suivre (pour le lecteur comme pour ses acolytes !) mais tellement attachant !
J’ai terminé ce roman il y a un peu plus de 24 heures, et j’ai du mal à lire autre chose. Je reste imprégnée de ce style, de cet univers, presque amoureuse de ce personnage. Je pense que je ne vais pas tarder à me procurer L’homme aux cercles bleus et autres qui mettent en scène Adamsberg. Pour rester un peu sous ce charme, j’écoute son interview avec François Bunel, à la Grande Librairie…
Je crois qu'on peut dire que ce fut un coup de coeur. 


Ce qu'elle dit sur son roman et sa manière d'écrire, sur la fin, est tout simplement extraordinaire !

mercredi 5 juillet 2017

Sauveur et fils, saison 1 , Marie-Aude Murail

Quand on s'appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? 
C'est la question que se pose Sauveur Saint-Yves, 1m90, antillais et psychologue. Chaque jour défilent dans son cabinet des Margaux, des Gabin, des Charlottes, aux familles décomposées, recomposées, aux gros problèmes et petits soucis. Et Lazare, son fils de huit ans, écoute aux portes...

Complètement occupé à soigner ses patients, Sauveur en oublie son petit garçon, qui souffre en silence de l'absence de sa maman et fait des recherches sur la scarification et les TS à ses heures perdues, quand il attend que son père ait enfin un peu de temps pour lui. 
Bon, dit comme ça, c'est pas génial; mais en réalité, ce roman est formidable. La relation entre Lazare et Sauveur est super. Sauveur est un psy génial, qui nous apprend à écouter et aiguiller, sans s'immiscer, petit à petit. Les ados dont il s'occupe deviennent des personnages à part entière, auxquels on s'attache et qu'on a envie de voir évoluer. Lazare a un copain d'école qui a une jolie maman, et ça présage des épisodes sympa pour la suite. Et puis Lazare adopte un hamster... d'où la couverture !
Tout ce que je vous dis est très décousu n'est-ce pas ? Mais ce livre c'est un peu ça, il nous présente quelques semaines de la vie de Sauveur et Lazare, ces héros bibliques des temps modernes, qui s'occupent des autres au point de s'oublier eux-mêmes. Quand ça ne devient plus possible toutefois, c'est là qu'il faut agir. 

J'ai adoré ce roman. Je l'ai lu très vite, mais savouré en même temps. J'ai beaucoup apprécié cette façon originale d'évoquer l'intimité d'un cabinet de psychologie; je pense que ce livre peut faire réfléchir les ados en souffrance. Et puis ces histoires de hamster sont touchantes. Le tout forme un mélange adapté à toutes les classes d'âges : les collégiens qui peuvent s'identifier à Lazare, les lycéens qui peuvent se reconnaître en certains patients, et les parents. Le style de Marie-Aude Murail vient consolider le tout, et on a un roman qui, selon moi, est parfait.Inutile de vous dire qu'il me tarde de lire les tomes suivants !

Une petite remarque sur la couverture : on m'avait dit qu'elle était un peu inadaptée par rapport au sérieux du propos (et c'est vrai, les maux dont souffrent les patients de Sauveur sont plutôt graves, tabous, délicats, tout ce que vous voulez). C'est vrai. Mais j'ai aussi trouvé que le hamster de la couverture, comme celui du roman, donne une touche de fraîcheur, d'enfance, d'innocence, à ce monde âpre et souvent dangereux. Un hamster c'est doux, mignon, ça tourne dans sa roue et cache de la nourriture dans ses joues. A part faire le kamikaze sur les barreaux de sa cage, le hamster n'est pas fou, pas dangereux et pas tellement suicidaire. Le patient idéal ?

En tout cas je vous conseille vraiment ce premier tome, à toutes et tous, ados, adultes, parents, profs, jeunes, vieux, filles ou garçons. Une petite pépite. 

samedi 1 juillet 2017

L'amie prodigieuse, Elena Ferrante

Enfin je l'ai lu ! Ce roman qui fait tant parler de lui, qui a tant de succès, et qui suscite un engouement à la Harry Potter dans le coeur de ma génération (j'ai lu ça quelque part, oui oui oui !!). J'avais essayé de le lire une première fois, et il m'était tombé des mains : trop de personnages, trop dense, trop tout. Je n'avais pas l'esprit assez libre pour accueillir ce que je croyais être un roman fleuve à la Cent ans de solitude, avec plein de personnages. Mais finalement je me suis dit que ça valait le coup de réessayer, ce que j'ai fait...

Et voilà que j'étais partie. Finalement je l'ai lu assez vite (en surveillant le bac pour une bonne partie, mais chhhuutt ^^) et j'ai plutôt aimé. 

Elena, la narratrice, raconte sa vie dans un quartier populaire de Naples, à travers le prisme de son amie Lina (amie qui n'en est pas toujours une d'ailleurs...). Celle-ci est extravagante, forte, indépendante, différente, mais aussi méchante, dure et forte tête. Elle fascine Elena, qui raconte son enfance en grande partie par le biais des faits et gestes de cette prodigieuse amie. Si on regarde la définition de prodige dans le Trésor de la Langue Française (un super dictionnaire en ligne, très complet !) on a : Phénomène extraordinaire auquel on attribue une cause surnaturelle. Et c'est exactement ce que ressent Elena envers Lina : elle lui apparaît comme un être extraordinaire, plutôt inaccessible, un peu sorcière. La fascination qu'on peut ressentir à la lecture de ce roman est donc double : fascination pour le personnage de Lina, et fascination pour la vie trépidante qu'elle fait mener à Elena. Cette dernière possède en effet un caractère fort divergent de Lina : elle n'est pas très dégourdie, elle a des formes, des envies que semble ne pas avoir Lina. Et son caractère se modèle au grès des lubies de son amie : si Elena apprend le latin et le grec, c'est parce que Lina a commencé à le faire en cachette; si elle cherche à écrire des livres, c'est parce que son amie écrit des histoires. Tout ce qui Lina touche se transforme en or, et cela hypnotise Elena. 
Dans ce roman, deux thèmes m'ont touchée : la naissance des jeunes femmes (qu'on découvrira plus amplement dans le tome 2), avec leurs passions, leurs amours, leurs peines; et la naissance des écrivains qu'elles seront (enfin je suppose !). 

J'ai aimé cette lecture, j'ai aimé découvrir l'évolution des deux enfants, devant jeunes filles puis jeunes femmes. Toutefois je ne comprends pas l'engouement que ce roman a pu faire naître... Peut-être le comprendrai-je mieux après avoir lu le tome 2. Peut-être que cette idée de saga, le fait qu'on suive l'évolution des personnages, est ce qui a contribué à l'enthousiasme suscité. La fresque peinte par l'auteur de la Naples des années 60, de son évolution sociale, est finalement assez ténue. Ce qui est surtout touchant, c'est l'évolution en parallèle et parfois en miroir de ces deux jeunes femmes qu'a priori tout oppose. 

Concernant l'index des personnages en début de roman (place d'ailleurs stratégique, il permet de poser un cadre, pas comme s'il était à la fin : l'auteur pose le théâtre de son histoire, dans ce petit quartier de Naples clôt sur lui-même) : il fait peur, mais il est plus impressionnant qu'utile en réalité. Pour ma part je l'ai très peu consulté, alors que je suis nulle quand il s'agit de retenir des noms de personnages (je ne regarde jamais Game of Thrones seule à cause de ça, et ne le lirai sans doute jamais...). Finalement on se repère assez bien dans ce que raconte la narratrice, et ce qu'elle vit est ce qui m'intéressait le plus, plutôt que de savoir avec qui elle le vit. Ceci dit, il est intéressant de savoir de qui sont ces enfants qui gravitent autour d'elle, pour comprendre le mélange des classes, l'émergence d'une bourgeoisie et l'évolution sociale. Pour ma part ce n'est pas ce qui m'importe le plus, je m'en suis donc plutôt bien sortie ! On verra bien si ça se confirme avec le tome 2 :p. 

J'ai très envie de lire la suite, ce qui est très bon signe. Je pense que j'aurais écrit une critique plus dithyrambique dans d'autres conditions. Mais encore une fois le tapage médiatique est préjudiciable au roman : on s'attend à un tel prodige justement ! Et finalement, on ne peut être qu'un peu déçu. toutefois, en l'occurence, cette déception reste assez modérée pour moi :). 

jeudi 29 juin 2017

Instinct, Vincent Villeminot


Instinct, tome 1, Vincent Villeminot
PKJ         480 pages

Un de mes élèves m'avait conseillé ce roman, donc j'ai proposé au CDI de l'acheter. Je me suis dit que j'allais le lire pour me faire mon propre avis, et je ne regrette absolument pas !

Ce thriller ado raconte l'histoire de Tim, un garçon de 17 ans qui perd ses parents et son frère dans un accident de voiture, dès le début de l'histoire. Toutefois la dimension tragique de l'évènement est en partie gommée par ce qui arrive au même moment : la métamorphose de Tim en grizzly.

Je vous l'accorde, si j'avais lu ça dans le résumé, je ne sais pas si j'aurais poursuivi. C'est un peu une histoire étrange, bizarre, je me serais dit que ça n'allait pas me plaire. Mais en fait, le roman n'est pas uniquement basé sur ces métamorphoses : en effet Tim va être pris en charge dans une sorte de clinique spécialisée dans les anthropomorphes, et où il va côtoyer de nombreuses personnes comme lui et surtout découvrir des secrets. 

J'ai bien aimé ce tournant que prend l'histoire. Les amis que rencontre Tim sont chouettes : un jeune garçon intellectuellement précoce, bouddhiste et dont la métamorphose vous fera bien rire, et une jeune fille, forcément jolie et intelligente, hackeuse qui plus est. J'ai un peu moins aimé les secrets qu'ils découvrent ensuite à propos des ennemis qui traquent les métamorphes comme eux, mais dans l'ensemble j'ai passé de bons moments de lecture. Je ne sais pas si je tenterai la suite de la saga, mais en tout cas une chose est sûre : l'écriture de Vincent Villeminot est de grande qualité. Il emploie des termes relativement complexes, fait des références mythologiques et littéraires, joue avec le vocabulaire parfois. A travers ses personnages qui changent de forme ils nous instruit un petit peu sur les mythes et légendes ancestrales, les animaux totems et autres. J'ai aussi aimé que les chapitres s'enchaînent facilement, ils sont globalement assez courts et rythment bien la lecture. Malgré son épaisseur, je l'ai lu très rapidement.

Je suis en tout cas heureuse d'avoir découvert ce roman, et un peu plus la plume de Vincent Villeminot, que j'avais d'ailleurs rencontré l'an dernier et qui m'avait dédicacé (de manière assez étrange...) son tome de la saga U4. Je pense que je me lancerai volontiers dans d'autres romans de cet auteur, comme Réseau(x).

Quels sont les romans de Vincent Villeminot que vous avez lus ? 

dimanche 25 juin 2017

Envole-Moi, Annelise Heurtier

Hier soir j'ai commencé un roman; et hier soir, je l'ai fini. Cela ne m'arrive presque jamais. Rares sont les livres que je ne lâche pas d'un bout à l'autre. Certes il faut déjà qu'ils ne soient pas trop longs. Mais là quand même, plus de 250 pages, c'est un peu un record pour moi. Je me suis même dit que je comprenais pourquoi certains osaient le week-end à 1000 : avec des bouquins comme ça, ça peut effectivement passer. Bref, ce roman c'est Envole-Moi, le dernier d'AnneLise Heurtier. 

L'histoire est simple : Swan, un garçon de 15 ans fan de musique, est amoureux de Johanna, 15 ans, passionnée de danse. Et elle l'aime aussi. Tout va donc pour le mieux, ils sont jeunes, ils s'aiment et s'entendent à merveille. Mais voilà : Johanna est en fauteuil roulant.

Ce handicap, Swan ne l'a pas vu tout de suite, subjugué qu'il a été par la beauté de la jeune fille. Et puis il s'y est fait; non pas sans se poser des questions, mais il s'est totalement habitué aux contraintes liées au fauteuil. Tout va donc très bien jusqu'au jour où Johanna reçoit un appel qui va la bouleverser.
Attention, je ne vais pas spoiler, mais le terme "bouleverser" est un peu fort tout de même : ce qui arrive n'est pas grave en soi, toutefois ça met en perspective toute l'injustice qui revêt le handicap face aux plaisirs de la vie. Je ne vous en dirai pas plus, même s'il y a un indice dans le résumé :p.

Pourquoi j'ai adoré ce roman :

Parce que pour une fois, le point de vue est celui d'un garçon ! Et Swan est super, beau, tolérant, marrant, musicien, chouette, romantique, parfait quoi ^^
Parce que les deux amoureux s'entendent tellement bien ! On profite d'ailleurs de leurs petites blagues intimes, et c'est un bonheur. 
Parce que le sujet est très bien traité, sans apitoiement, sans angélisme, mais avec beaucoup de vérité je pense (il faudrait demander l'avis de quelqu'un qui a vit une situation similaire). 
Parce qu'on rigole, on s'énerve contre les clichés, on rêve et son s'amuse avec les personnages. 

A qui le conseiller :

A tout le monde ! C'est vraiment une façon simple, sincère et surtout crédible de traiter le sujet du handicap, sans tomber dans les clichés. Les banalités et autres lieux communs viennent plutôt des autres. 

Un excellent roman d'amour, qui nous donne à réfléchir à un sujet plutôt tabou, le tout avec humour, et à travers les yeux d'un garçon ! 

samedi 24 juin 2017

E.V.E de Carina Rozenfled

E.V.E 
Entité Vigilance Enquête, Carina Rozenfeld

Editions SYROS
384 pages
16,95 euros
Paru le 15 juin 2017

Elle s'appelle EVE. Elle n'a aucune idée de son apparence. Elle ne ressent rien. Et pourtant le monde n'a pour elle aucun secret, parce qu'elle le perçoit à travers les yeux de millions d'êtres humains. 24h sur 24, elle assiste à leur quotidien. Son rôle ? Surveiller la population et signaler en temps réel les crimes et délits. EVE (cette Entité.Vigilance.Enquête) est infaillible...jusqu'au jour où elle assiste à l'agression de la jeune Eva Lewis sans parvenir à identifier le coupable. Pour comprendre ce qui s'est passé, EVE investit à l'insu de tous le corps d'Eva. Et découvre le plaisir grisant de la vie réelle

Une intelligence artificielle qui devient humaine, une très bonne idée ! EVE devenue Eva découvre petit à petit la vie réelle, ses plaisirs simples et ses difficultés. Son émerveillement devant le monde m'a beaucoup plu; il nous remet à notre juste place, nous faisant voir ce qu'on oublie souvent : la beauté et la simplicité des choses. EVE est très touchante, très humaine, peut-être même plus humaine que certains. J'ai beaucoup apprécié et ce concept, et le personnage.

En parallèle de cette intrigue se joue une intrigue policière : qui a blessé Eva au point de la plonger dans un profond coma ? A l'heure des EVEs, ces entités surpuissantes capables d'identifier en moins d'une seconde un crime et son auteur, les policiers n'existent plus. Seuls les AII, ces agents d'intervention immédiate, vont sur le terrain suite aux alertes. Mais quelque chose d'étrange se produit : le criminel d'Eva a été impossible à identifier, comme invisible aux yeux des EVEs. Par conséquent, une enquête à l'ancienne doit se mettre en place, pour contrer ces étranges criminels. Feraient-ils parti de ces comités anti-EVEs ? L'agent Damian va sa charger de l'affaire, et rencontre EVE devenue Eva...

L'enquête se poursuit alors sous un regard double : celui des simples mortels et celui d'EVE, incarnée. Grâce à ses compétences elle aura toujours une longueur d'avance. Mais certains faits lui échappent, de même qu'au lecteur. Les points de vue alternent pour donner plus de profondeur aux diverses intrigues (parce que oui, il y a évidemment une intrigue amoureuse !). J'ai beaucoup apprécié cela. 

En bref, EVE est un roman doublement captivant : non seulement on a envie de savoir ce qu'il est advenu d'Eva, et en même temps on s'attache énormément à EVE. On en oublie qu'il s'agit d'une Intelligence Artificielle. Par ailleurs les intrigues se mêlent pour notre plus grand plaisir : roman psychologique, anticipation, thriller, polar, romance, tout y est. J'ai d'ailleurs lu le roman presque d'une traite. Seule la partie "course poursuite" m'a moins plue, mais c'est parce que les dénouements musclés sont moins mon genre. Pour le reste je me suis beaucoup attachée à EVE; j'ai trouvé le thème extrêmement intéressant et bien traité; j'ai aimé voir EVE devenir peu à peu une nouvelle Eva

Encore une fois les Editions Syros offrent aux adolescents un roman passionnant et qui en même temps soulève une réflexion pertinente sur les nouvelles technologies et le monde de demain. Les AI sont notre futur, et ce genre de roman permet de réfléchir à l'omniprésence de la technologie, à la maîtrise que l'homme peut en avoir et aussi à la perte d'intimité liée à cette vigilance permanente

En résumé, j'ai passé un très bon moment de lecture. C'est un roman qui se lit sans peine, les pages se tournent toutes seules et on est happés par toutes ces intrigues, toutes liées à ce personnage ambivalent : EVE.

Merci aux Editions Syros pour cet envoi, qui encore une fois m'enchante ! Et un remerciement spécial à l'auteur, qui a pris le temps de me dédicacer son roman :) !!!