dimanche 12 août 2018

Trans Barcelona Express

Trans Barcelona Express, Hélène Couturier
Edition Syros Jeunesse
Paru le 14 juin 2018
224 pages
15,95 euros

Ce départ en Espagne, je l'attendais plus que tout. Je me fichais complètement de la destination ou de ne pas parler espagnol. L'important, c'était la personne que j'allais retrouver pendant ces vacances : Jésus. Fidèle à elle-même, ma mère ne m'avait pas prévenue qu'on allait loger chez un "ami"à elle. Eh bien dès notre arrivée, ce Gustavo lui a fait un drôle d'effet. Elle a oublié sa passion yoga/soja pour devenir la première des fêtardes accro aux tapas et à la bière. Le pire, c'est que ça lui réussit ! On ne peut pas en dire autant de ma relation avec Jésus... mais mon séjour à Barcelone s'annonce mémorable.  

A travers le regard à la fois drôle et sensible de Nina, une histoire qui raconte l'affirmation de soi et les premiers émois à l'adolescence. 

La relation mère/fille encore une fois explorée avec brio. ce qui en fait un roman à partager entre générations (nombreuses sont les mères à avoir adoré les précédentes aventures de Nina, Bye bye Bollywood). 

La verve d'une autrice scénariste qui maîtrise l'art du dialogue qui claque. Un nouvel opus hilarant et intelligent, qui donne envie de parler espagnol. 

Mon avis :
J'ai pris plaisir à lire ce roman. Je n'avais pas lu le précédent, mais cela ne m'a pas du tout empêchée de m'attacher à Nina, à sa mère et à sa petite soeur. J'ai adoré les nombreuses références à la langue Espagnole (bien qu'on puisse peiner à comprendre quelques paroles, la traduction étant absente. Mais comme Nina, on apprend et on devine leur sens plutôt bien !). Le thème des relations amoureuses et celui de la trans-sexualité sont bien traités, surtout pour des ados.
Je craignais d'être déçue en voyant la couverture de ce roman : je pensais que ça allait être extrêmement léger voire niais. Mais rien de cela. Comme souvent chez Syros, les thèmes adolescents sont traités de façon ludique mais intelligente. Lire ces romans est à la fois instructif et plaisant : instructif sur le plan émotionnel mais aussi culturel et linguistique pour celui-ci ! Un excellent moment de lecture. Je recommande vivement ce roman, idéal à lire pendant les grandes vacances d'ailleurs.

Merci aux Editions Syros Jeunesse pour ces plaisirs qui me sont octroyés à chaque lecture :)


lundi 9 juillet 2018

Nouveautés à venir chez Syros en Août

P.O.V, Patrick Bard
Editions Syros Jeunesse
A paraître le 22 août 2018
A partir de 13 ans

La première fois qu’un lien vers une vidéo porno s’affiche sur son ordinateur, Lucas est en train de télécharger un film de super-héros en streaming. Cette scène, qu’il visionne sans l’avoir voulu, le sidère, puis lui procure une émotion totalement inédite. Pour retrouver ce frisson initial, il glisse en secret dans une sphère qui accapare ses pensées, ses nuits, et bientôt tout son temps libre. Vu de l’extérieur, on pourrait croire que Lucas est un simple geek. Il est en réalité victime d’une addiction dont il ne peut plus sortir seul. Pour revenir du côté de la vie, il lui faudra accepter la rencontre et l’échange avec d’autres, loin des écrans.

Ce roman subtil et très documenté, parle sans jugement et avec beaucoup de bienveillance de l’addiction aux écrans, aux jeux en ligne et au cybersexe. L’histoire est bouleversante, avec des héros extrêmement attachants qui trouvent une voie possible vers la résilience, loin des écrans. Destiné à tous, il peut aider à mettre des mots sur les choses. Et les mots manquent, en la matière, largement plus que les images !

Mon avis :
J'ai bien apprécié de roman, original et très documenté. C'est un sujet très délicat que l'addiction, et encore plus la cyber-addiction au sexe ! Mais l'auteur a su s'en tirer avec un certain brio. Les personnages sont attachants, notamment les parents. J'ai moins apprécié les camarades qu'il se fait dans le centre de réinsertion. 
En revanche, un petit bémol : ce roman est tellement documenté que certains ados pourraient justement avoir envie de découvrir l'univers du sexe à sa lecture... Néanmoins vous me direz... ils peuvent tout à fait découvrir ça par eux-mêmes, pas besoin d'un livre. Et si ce roman leur est acheté, c'est qu'il y a des raisons. Mais quand même, je trouve le thème très très délicat avant 14 ans minimum. 



Signe particulier, Transparente
par Nathalie Stragier, auteur de la trilogie La fille du futur
Editions Syros jeunesse
A paraître le 30 août

Etre transparente au lycée, rarement invitée en soirée et ignorée dans sa propre famille, c'est une blessure, ça fait mal.
Mais être invisible pour de vrai, se rendre en salle des profs incognito et disparaître dans les moments embarrassants... ça commence à devenir beaucoup plus intéressant !
A quinze ans, Esther cesse d'être une fille ordinaire et voit un nouveau monde s'ouvrir à elle. Pour l'adolescente trop discrète, la vie devient soudain passionnante. Et de plus en plus dangereuse.

Mon avis :
J'ai beaucoup aimé ce roman. Le personnage d'Esther est très attachant et son histoire touchante. Sa solitude m'a fait penser à celle illustrée par le personnage de A comme Aujourd'hui de David Levithan. L'histoire est émouvante et originale. Toutefois j'ai trouvé que certaines réactions d'Esther étaient un peu étonnantes, et surtout s'enchaînaient bizarrement et trop rapidement au début. Par ailleurs l'univers fantastique des transparent est un peu surprenant au début, mais on s'y fait. Bref, une histoire un peu bizarre mais un message intéressant : osons nous affirmer et être nous-même ! 

Merci aux Editions Syros pour ces deux belles découvertes !

samedi 2 juin 2018

Mes lectures de Mai

Voilà, le mois de juin se termine et c'est l'heure du bilan. 
Etant en congés de maternité, j'ai encore pu lire beaucoup. Plus d'une quinzaine de livres encore une fois, du pavé au roman de 200 pages, et tous genres confondus. Depuis deux mois, je n'ai clairement jamais lu autant ! Et j'en profite encore un peu car bébé a l'air de vouloir rester bien au chaud :). 

Je ne vais dire que quelques mots sur chacun des livres, car je n'ai pas le courage de tout chroniquer :p

Des valeurs sûres



Simetierre, Stephen King

Un étrange cimetière, des légendes indiennes, un chat qui ressuscite... J'ai adoré l'atmosphère glaçante et assez terrifiante de ce roman. Encore une fois j'ai aimé le style de King, qui nous fait plonger dans les pensées les plus inavouables et les histoires les plus terribles. D'un bout à l'autre on est accroché, on a envie de savoir ce qu'il va se passer ensuite, et après, et encore après. Je deviens de plus en plus fan de cet auteur. 

 Loin de la foule déchaînée, Thomas Hardy

Après avoir vu le film, j'avais bien envie de lire le roman. D'autant que le personnage masculin est plutôt pas mal, tant physiquement dans le film que par son caractère sauvage. Malgré le style parfois un peu compliqué d'Hardy, de par un récit jalonné de réflexions qui frôlent la métaphysique, j'ai beaucoup aimé cette histoire et n'ai que peu lâché ce roman. Une valeur sûre que je recommande à tous ceux et celles qui aiment ce style de roman, histoire d'amour, belle prose et cadre pittoresque. 

Pars vite et reviens tard, Fred Vargas

Cela faisait quelques temps que je n'avais pas ouvert un Vargas et je sais que celui-ci est l'un des plus appréciés de l'auteur. J'avais du le lire plus jeune mais n'en gardais finalement aucun souvenir puisque l'histoire m'a surprise ! Il est question de la Peste de retour dans Paris à la fin des années 90. Adamsberg mène l'enquête à coup de fulgurances et de messages cryptés. J'ai adoré ça, les références historiques, le latin, la folie du commissaire, bref, tout ce qui fait un bon Vargas ! 

Sac d'os, Stephen King

Ce roman réunit tout ce qui me plait : le personnage principal est un écrivain qui parle de son travail; il va habiter dans une maison qui s'avère hantée; il rencontre des personnages qui dissimulent de nombreux secrets, lesquels sont distillés au compte-goutte. Malgré certaines longueurs, j'ai énormément apprécié la première moitié du roman (qui fait tout de même 750 pages écrit petit...) et l'ai lue très vite. Mon rythme s'est ralenti après les 500 pages, quand passé et présent se mélangent. Cela m'a semblé confus et je manquais d'endurance après toutes ces pages avalées en deux jours. J'ai donc lu la fin en diagonale, je le confesse... Mais je garde un très bon souvenir de cette lecture, et cela n'entache en rien ma fanitude pour cet auteur, qui ne fait que progresser ! 

Des romans dont on entend beaucoup parler



Bakhita, Véronique Olmi

J'avais beaucoup vu ce roman sur les réseaux sociaux, et quand j'ai pu l'emprunter à la bibliothèque je n'ai pas hésité. En revanche je ne m'attendais pas du tout à cette histoire : une jeune esclave noire qui devient une sorte de sainte. J'ai adoré la première partie du roman, de son enfance à l'âge adulte, récit de son passage de maître en maître. Récit terrible, mais qui m'a passionnée. La dimension religieuse, très présente par la suite, m'a un peu lassée mais c'est une très belle histoire, avec une belle écriture. 

Les garçons de l'été, Rebecca Lighieri

Idem, beaucoup d'encre et de photos ont claqué sur les réseaux à propos de ce livre, sorti en Poche il y a peu. J'avais un peu peur, comme souvent avec les romans qui font parler. Et puis l'ayant trouvé à la bibliothèque je me suis lancée. J'ai finalement beaucoup aimé cette histoire mettant en scène une fratrie, deux frères surfeurs et une petite soeur, dont le rôle ne prendra son essort qu'à la fin du livre. Cette famille est frappée coup sur coup de deux tragédies liées au surf, et on découvre peu à peu le côté sombre de ses membres. 
On a parlé du Stephen King français... Je n'irais pas jusque là mais il est vrai que c'est plutôt bien fait, sauf la fin qui m'a beaucoup déçue. 

L'aube sera grandiose, Anne-Laure Bondoux

Bonne surprise que cette histoire d'une mère qui, en l'espace d'une nuit, raconte ses origines et sa jeunesse à sa fille. Alors que tout était plus ou moins secret, un évènement a permis de pouvoir lever le voile sur la vérité. Une jolie histoire, bien écrite, sans mièvreries. 

Lumière noire, Lisa Gardner

Le dernier polar de l'auteur. Comme souvent avec elle, un récit assez addictif et une fin assez décevante. Je vous laisse le découvrir sans en dévoiler beaucoup plus. 

Mémé dans les orties, Aurélie Valognes

Un papy grincheux qui devient sympa grâce à une petite fille et une mamie à la page. Cliché mais on se laisse prendre. l'écriture est fluide, les chapitres courts, c'est amusant et touchant. Je comprends le succès de l'auteur et compte lire ses autres romans ! 


De bonnes surprises




Juste une ombre, Karine Giebel

C'est la première fois que je lis un roman de cette auteur et j'ai passé de bons moments. L'écriture est un peu étrange, avec beaucoup de phrases nominales, mais ça permet à l'histoire de ne pas s'enliser. ça avance vite et bien, et on est surpris par les personnages. Un polar sans la grosse équipe de flics, une héroïne au bord de la folie, une écriture lapidaire... ça change et ça marche ! Je compte également lire d'autres romans de cette auteurs.

De beaux lendemains, Russell Banks 

Quel coup de coeur ! Ce roman est très dur, mais tellement touchant ! 
Il raconte, selon plusieurs points de vue, les évènements qui ont suivi un tragique accident de bus scolaire dans un petit village des montagnes américaines. Chacun veut trouver un bouc émissaire, les avocats arrivent en légion, mais les choses ne tournent pas vraiment comme on s'y attend. 
C'est très beau, bien écrit, l'auteur a le talent fou de se glisser dans la peau de personnages aussi différents les uns que les autres. J'ai dévoré ce roman de 1994 en deux petits jours, et vous le conseille chaudement !

Des romans de la rentrée littéraire 2017

Summer, Monica Sabolo

La soeur du narrateur, Summer, a disparu depuis vingt-quatre ans, dans d'étranges circonstances. Celui-ci, comme sorti d'une longue torpeur, se met à s'interroger sur cette disparition, ou plutôt cette évaporation. Dans une atmosphère floue et poétique, l'auteur nous met dans la peau de ce garçon dont les perceptions du monde ont basculé suite à cette disparition. 
Ce roman est troublant, assez inhabituel. Je suis contente de l'avoir lu, c'était souvent beau, mais un peu perché. Un Laura Kasischke sans ce qui fait le talent de cette dernière. Certes on est surpris à la fin, mais c'est bien plus plat que les romans de cette auteur que j'adore. 

Le déjeuner des barricades, Pauline Dreyfus

Une bonne surprise que ce petit roman.
Mai 68. Les barricades, les révoltes des "petits". Un hôtel de prestige à Paris. Une mutinerie toute en élégance. Et un dîner prévu pour décorer un écrivain prometteur. 
J'ai beaucoup aimé cette atmosphère qui m'a fait penser à celle qui devait régner à Versailles au moment de la Révolution. Et puis la dimension littéraire, bien que ténue, était sympa. Un roman historique dans un huis-clos sympa !

J'ai perdu Albert, Didier Van Cauwelaert

Je continue ma découverte de cet auteur qui me fait bien rire. J'ai adoré Jules et apprécié Le Retour de Jules. Avec ce dernier sorti de l'esprit plus que fantaisiste de Didier Van Cauwelaert, j'ai également passé un plutôt bon moment. Encore une fois l'histoire est folle : une voyante habitée par l'esprit d'Albert Einstein voit ses pouvoirs destitués pour atterrir chez un serveur sans prétention. S'en suivent des qui pro quo et des aventures rocambolesques. Il faut adhérer, mais c'est sympa ! Même si je n'ai pas tout compris aux théories d'Albert...

Nos richesses, Kahouter Adimi

Une lecture magnifique. Des points de vues divers, du "nous" à la focalisation interne en passant par des journaux intimes. On suit en fait l'histoire d'une petite libraire d'Algérie, qui est également la première maison d'édition des auteurs Francophones, dont Camus. Les éditions Charlot. Et en parallèle, on revient en 2017, alors qu'un jeune homme qui n'y connait rien à la littérature doit vider le local qui a accueilli ces hôtes de prestige.
Un roman très original, qui porte un regard extrêmement intéressant sur la littérature et l'édition au temps de la colonisation, de la Seconde guerre puis de l'Indépendance de l'Algérie. Je recommande aux passionnés de littérature, mais aussi aux autres ! 

Sympa mais sans plus...

Et tu trouveras le trésor qui dort en toi, Laurent Gounelle

Dans ce roman, Gounelle porte sa réflexion sur le bonheur dans les religions. J'ai apprécié lire avec un autre regard les évangiles, vision que j'ai beaucoup appréciée. En revanche j'ai sauté beaucoup de passages narratifs, car ce n'est vraiment pas ce qui fait l'intérêt d'un tel livre. 


Deux romans prometteurs mais abandonnés...

Agatha, Frédérique Deghelt

L'auteur raconte la fuite incognito de la célèbre Agatha Christie, suite à la menace de divorce de son mari. Sympa non ? Mais le souci, c'est le point de vue choisi par l'auteur : celui d'une Agatha mortifiée, qui ne cesse de geindre, de revenir sur cet amour déçu, ses sentiments plans plans, rengaines, frissant le ridicule. Ce n'est pas ainsi que j'imaginais la reine du polar ! Mais c'est l'histoire qui en pâtit surtout, car ça n'avance pas, elle nous englue dans ses larmoiements. Bref, j'ai lu un peu en diagonales puis carrément en sautant des pages... et je ne regrette pas du tout ! 

Miniaturiste, Jessie Burton

Pour ce roman c'est différent. Je crois qu'il est surtout arrivé au mauvais moment.
L'intrigue met beaucoup de temps à se mettre en place : une jeune femme arrive dans la maison d'un riche marchand des Pays-Bas. L'atmosphère y est étrange, les habitants ont des choses à cacher. Et son mari, qu'elle voit très peu, lui fait un jour un cadeau : une maison de poupée ! S'ensuit alors des histoires étranges voire fantastiques, orchestrées par une mystérieuse miniaturiste. Je ne saurais vous en dire plus car j'en suis restée là. Je regrette un peu d'avoir lâché car il y a de très bons échos sur Internet. Mais je n'ai pas eu le courage de continuer, trop d'autres livres à lire. Toutefois la suite du roman est carrément prometteuse, donc pourquoi pas lui laisser une chance une autre fois ? 


Et vous, en avez-vous lu certains ? 
Quels sont vos avis ? 

Et sinon, j'espère vous avoir donné envie d'en découvrir certains ! 


mardi 15 mai 2018

Quelques lectures du mois dernier

Suite à un petit sondage sur Instagram, 3 romans que j'ai lus au mois d'avril ont été sélectionnés pour être chroniqués. Vu que j'en ai lu une bonne quinzaine c'était plus simple pour moi. Mais à la fin de l'article, je vous mettrai les couvertures et peut-être un petit mot sur mes autres lectures :). 

Shining, Stephen King

Depuis quelques mois, je lis un Stephen King de temps en temps, et depuis Misery c'est à chaque fois un coup de coeur. Celui que j'ai lu en avril est donc Shining. Sans doute le plus célèbre de l'auteur en raison de son adaptation cinématographique, qu'on connait souvent d'ailleurs davantage que le roman. J'en toucherai quelques mots, mais l'adaptation est finalement moyennement fidèle au livre. 

En résumé : Jack, sa femme Wendy et leur fils Danny emménagent pour la saison d'hiver à l'hôtel Overlook, afin d'en être les gardiens. Jack souhaite profiter de ce calme et de cette autarcie pour écrire tranquillement un roman. Pendant ce temps, Danny explore l'hôtel; avec ses dons de voyance, il y découvre des choses étranges...

Shining est un roman d'horreur, mais aussi un roman fantastique : en effet, Danny possède le shining, un don de prescience et de voyance. Il n'est pas seul dans sa tête, parfois visité par Tony, qui lui enjoint de faire certaines choses pas très rassurantes. L'hôtel est quant à lui hanté, avec la fameuse femme morte dans la baignoire, du sang dans certaines chambre, et des buissons doués de vie. Mais contrairement au film, pas de petites filles fantômes (on les évoque seulement) et pas de labyrinthe. Il y a bien en revanche des fantômes au bal. 

Pourquoi j'ai aimé ce roman ? 
Parce qu'on ne s'ennuie pas. On découvre peu à peu la folie de Jack, qui n'est pas toujours tendre avec son fils et sa femme, ainsi que la manière dont l'hôtel prend possession de lui. Et on s'attache à Danny, ce petit garçon qui porte des responsabilités trop lourdes sur ses épaules. Son don lui fait craindre le pire, mais c'est aussi ce lui le sauve. 
Un très bon roman, subtile, avec des passages en italiques, ente parenthèse, des retours en arrière et quelques histoires enchâssées. Toute la subtilité de l'écriture de King, qui ainsi ne laisse rien au hasard. A nous d'être attentif, mais on fait vite les liens et on comprend vite ces codes. Je le conseille !

Le secret du mari, Liane Moriarty

Cecilia et John-Paul vivent tranquillement dans une banlieue chique de l'Australie avec leurs quatre filles. Mais cette vie en apparence parfaite va être bouleversée par une lettre que découvre Cecilia dans le grenier, écrite de la main de son mari et destinée à être ouverte après sa mort... Tout un programme, d'emblée. Mais cette intrigue principale n'est pas immédiatement traitée, puisqu'avant on découvre de nombreux autres couples et personnages, dont les liens les uns par rapport aux autres se précisent tout au long de la lecture. 

C'est sans doute pour cela que j'ai aimé ce roman : finalement le mystère n'est pas uniquement dans la lettre, mais tourne autour des liens qui unissent tous ces personnages, en apparence bien sous tous rapport. Un roman à la Desperate Housewives, avec des personnages qui croulent sous les responsabilités, les remords, les peurs. Un livre dont on tourne les pages sans y penser, et qui nous fait écarquiller les yeux quand on découvre que la gentille grand-mère est finalement plus complexe que ça, ou que la bonne mère au foyer ne joue pas que ce rôle. 
Sans crier au coup de coeur, j'ai apprécié cette lecture et conseille ce roman. Je pense en lire d'autres de l'auteur à l'occasion. 

Millenium 5, La fille qui rendait coup pour coup, David Lagercrantz

J'ai eu l'occasion d'emprunter ce dernier opus de la série à la bibliothèque et n'ai pas regretté. Malgré les critiques plutôt négatives que j'ai pu lire, ce 5ème tome m'a beaucoup plu. 
Au début du roman, Lisbeth est en prison; un univers étonnant pour notre héroïne, mais que j'ai apprécié. Elle lutte pour qu'une de ses co-détenues, Faria, arrête de subir les mauvais traitement de la caïd de la prison, et se sert de ses talents pour hacker le réseau. En parallèle de cette intrigue secondaire, une visite d'Holger Palgrem, son tuteur, a fait resurgir le sombre passé de notre Lisbeth. Maltraitance, fugue, histoires de jumeaux, bref, pas très reluisant. Peu à peu les fils se défont et on découvre la vraie nature de ceux qui se sont "occupés" de Lisbeth quand elle était ado...

J'ai beaucoup aimé tout ce qui tournait autour des recherches sur la gémellité. C'est cela qui fait selon moi la force de ce roman. Après, il est vrai que nos personnages principaux sont encore assez effacés (j'avais déjà eu cette impression au tome 4) : Mickaël mène l'enquête mais sans trop de problèmes de coeur; Lisbeth s'investit un peu plus, mais on ne l'entend pas beaucoup. Bref, un bon roman, mais je comprends que les fans de la première heure aient pu être déçus. Par ailleurs, l'intrigue secondaire concernant Faria - très intéressante en soi puisqu'elle est une jeune femme persécutée par ses frères extrêmistes- m'a semblée un peu ajoutée pour faire nombre. Peut-être est-ce moi qui n'ai pas compris... Mais j'ai trouvé que ça manquait de cohérence. 
Ceci étant dit, j'ai passé un très bon moment de lecture

Autres lectures du mois




La jeune épouse, Alessandro Baricco 
Ce roman très étrange et très particulier m'a en fait bien plu ! C'est l'histoire d'une jeune fille qui arrive dans une maison pour épouser le fils de la famille, mais ce dernier n'y est pas. Elle va découvrir peu à peu leurs étranges habitudes, et être initiée aux plaisirs de la chair. Le tout avec un ton particulier, un peu comme dans un conte. ça change, mais clairement il faut aimer, c'est très spécial !

Jules, Didier Van Cauwelaert 
Très bonne surprise avec ce roman plutôt amusant et détonnant. Jules est un chien d'aveugle pas comme les autres, qui va vivre la tragédie de sa vie : sa maîtresse Alice recouvre la vue...
J'ai aussi lu ce mois-ci le tome 2, Le retour de Jules, que j'ai bien aimé aussi. 

Point Cardinal, Léonor de Récondo
Un très bon moment de lecture avec ce court roman de Léonor de Récondo. La question de la transexualité y est bien traitée. Elle nous fait voir de l'intérieur combien la transformation en ce que le personnage est vraiment est impérieuse et complexe. 

The Girls, Emma Cline 
J'avais entendu beaucoup de bien de ce roman et pourtant, j'ai mis du temps à enfin me lancer. J'ai bien aimé mais sans gros plus. J'ai aimé découvrir de l'intérieur ce qui s'est passé pour les jeunes filles de la secte de Manson, mais ne me suis pas tellement attachée au personnage principal. 

Deux lectures régressives 




 Ma relecture du tome 2 d'A la Croisée des Mondes, La Tour des Anges de Philipp Pullman,  que j'avais tellement aimé ado. Aucune déception; que cet auteur a de talent !

Et j'ai découvert (un peu tard ^^) la série Quatre filles et un jean, grâce à la bibliothèque. J'aime beaucoup. J'ai lu les deux premiers tomes, et c'est vraiment sympa. On passe de bons moments. 



Ouf, voilà un bilan qui est fait ! C'est ce qui est délicat en ce moment : je lis tellement que le blog ne suit plus ^^. Mais ça va bientôt d'arrêter, car je suis à 8 mois aujourd'hui, et la petite merveille devrait pointer le bout de son nez d'ici quelques petites semaines ! A ce moment là, je lirai moins c'est sûr. Et d'ailleurs ça m'angoisse un peu : est-ce que j'aurai le temps de lire ne serait-ce qu'un livre de temps en temps ???!!!




mardi 8 mai 2018

La vie selon Pippa : une nouveauté toute en couleurs chez Syros Jeunesse

La vie selon Pippa, Barbara Tammes
Editions Syros Jeunesse
Dès 12 ans
17,95 euros
Paru le 3 mai 2018

Le journal illustré d'une adolescente qui nous livre ses réflexions drôles et existentielles sur le monde, sa vie et celle de ceux qui l'entourent...

Depuis le divorce de ses parents, Pippa a deux vies complètement différentes. Pendant la semaine, elle vit avec sa mère et ses chevaux dans une vieille ferme à la campagne. Et le week-end, elle vit avec son père dans un appartement bobo chic de la capitale. De quoi être déboussolée... Heureusement elle a son journal. Pippa y écrit (et dessine) ce qu'elle expérimente, mais explore aussi des sujets très importants, comme par exemple les sentiments (pourquoi changent-ils si facilement ? ), l'amitié (qu'est-ce qui fait que deux personnes sont amies ?) ou l'amour (comment savoir si on est amoureux de la sensation d'être amoureux, ou si on est amoureux vraiment ?). Et puis Pippa va devoir faire un choix, pour lequel même son journal ne peut pas l'aider. 

Hier j'ai reçu une enveloppe toute bleue; bleue électrique. Magnifique. La plus belle enveloppe que j'ai jamais reçue en SP. Et j'étais très contente d'y trouver La vie selon Pippa, dont j'entends parler depuis la parution du catalogue Syros d'avril. J'ai feuilleté le livre, fait des photos pour une story instagram, feuilleté encore. Parce que ce livre est beau, d'abord. Les illustrations sont très chouettes, entre le livre pour enfant et le bullet journal. Il y a des intitulés marrants, comme "les différentes façons d'embrasser des garçons" ou encore une page sur les champignons dangereux, ou bien sur l'orientation du papier toilette. C'est frais, varié, avec beaucoup d'humour, peu de tabous, et le tout en couleurs pastel. Et puis j'ai commencé à lire. Je ne comptais pas forcément le lire de suite, mais je me suis laissée emporter par l'histoire de Pippa, 14 ans, tiraillée entre deux vies : celle à la campagne avec sa mère (très libertaire !) et sa soeur Poppy au milieu des chevaux, et celle à la ville avec son père ( un peu psycho-rigide)et sa nouvelle famille. Dans chaque endroit elle a des activités préférées et une meilleure amie. Elle gère très bien cette double vie qu'on lui impose, jusqu'au jour où on lui demande de faire un choix...
Mais ce qui préoccupe beaucoup Pippa dans la vie, ce sont aussi les garçons; et surtout, qu'est-ce que cela fait d'en embrasser un... Ce mélange de sujets graves, sérieux, ou légers est très sympa. D'une page à l'autre on passe d'une réflexion sur le divorce à des recettes de gommage selon votre type de peau. J'ai vraiment passé un bon moment de lecture, le texte étant égayé par de nombreux dessins. Les réflexions sont par ailleurs intelligentes, puisque Pippa a un petit côté philosophe. 





Un très joli livre, que je conseille aux ados, et même à ceux de 15 ans et plus, car c'est vraiment amusant. Pour les plus jeunes cela permet de commencer à lire des romans ado en douceur, avec des illustrations, et pour les autres c'est simplement pour le plaisir des yeux et de la détente (tout en amorçant des réflexions essentielles à cet âge : le divorce, l'amitié, ce qu'on aime dans la vie, les sentiments, les garçons, etc.). Pippa est une jeune fille pleine de vie qui saura en conquérir plus d'un !



Son autrice, Barbara Tammes, est originaire d'Amsterdam. En général, j'aime bien les romans jeunesse néerlandais (je pense à Susin Nielsen), et là ça n'a pas manqué. On retrouve leur manière de traiter de sujets sérieux avec dextérité, douceur et même humour. Le format du journal intime est d'ailleurs très moderne et bien adapté. Après Le journal de Georgia Nicholson, bienvenue à Pippa, pour les plus jeunes ! 
Un tome 2 est déjà paru là-bas, et il sera disponible aux Editions Syros en 2019. 

Encore une belle découverte grâce aux Editions Syros !!

dimanche 6 mai 2018

Le dernier tome de la trilogie Power Club paraît chez Syros !

Power Club, tome 3 Alain Gagnol
Un rêve indestructible
Dès 13 ans
528 pages / 17,95 euros
Editions Syros Jeunesse 
Sortie le 16 mai 2018

C'est quand le monde est au bord de la catastrophe qu'il a besoin de véritables héros. Un tome 3 éminemment politique, qui frappe très fort. 

Anna est désormais la dernière super-héroïne sur Terre. Ses fans sont nombreux, et ils ont même développé une application, Hotofia (How to find Anna), destinée à la localiser à tout instant et à collecter le plus de renseignements possibles sur elle. La pression qui pèse sur la jeune femme est énorme. Si elle est dotée d'une force physique insurpassable, Anna se sent fragile psychologiquement. Une faiblesse que le sénateur Wallace entend bien exploiter. Sa proposition : inoculer les boosters non plus à de jeunes privilégiés, mais à des militaires qui ont fait leurs preuves, pour créer un commando d'élite surhumain qui défendrait le territoire américain. Un programme choc qui pourrait le faire élire président des Etats-Unis. 

Ce dernier tome de la trilogie est particulièrement percutant : tourné vers la politique, les faiblesses psychologiques et les enjeux médiatiques, ce dernier opus a tout d'un grand. Il s'adresse d'ailleurs à la génération qui a grandit avec le Power Club, c'est à dire les ados de 16-17 ans, alors que le premier opus était plutôt adapté aux 14-15. Une évolution parfaitement logique et linéaire, que je trouve très intelligente. Et cette pertinence se retrouve encore accentuée cette fois : la dimension politique est vraiment bien traitée avec un futur président fou qui cherche à gouverner le monde grâce aux boosters (toute comparaison avec des personnes existantes serait fortuite !!); la question des nouvelles technologies et de leurs limites est également bien pensée. Et encore une fois, l'ultra-connexion est la source de toutes les dérives : avec l'application Hotofia, les jeunes deviennent hystériques et risquent leur vie pour être sauvés par Anna. 
Mais tout n'est pas que sérieux dans cette saga, ce qui est sans doute une des raisons de son succès. En effet Anna retrouve l'amour (je ne dirai pas avec qui !) et surtout vit sous l’idolâtrie de ses boosters. Ces petites bêtes ne sont pas de tout repos, mais tels des Minions, ils amènent une certaines fraîcheur dans les atermoiements d'Anna (quand ils ne la mettent pas en danger !). Par ailleurs les échanges entre Anna, Lisa et les médecins sont souvent teintés de petites blagues et de touches d'ironie, ce qui confère à la métaphore plutôt grave des dérives sociales une légèreté bienvenue. 

En résumé, un livre intelligent, intéressant et bien construit, avec au début de chaque partie des citations très justes. 

Je ne pense pas que l'être humain soit foncièrement bon ou mauvais. Je crois à un entre-deux qui le rend beaucoup plus dangereux. Car l'être humain est foncièrement imprévisible.
Howard Klein, fondateur du Power Club. 

Un roman à remettre entre les mains des ados, pour leur faire découvrir la saga ou bien la terminer. Dans tous les cas, cela les amènera à réfléchir et, je l'espère, à se poser des questions sur notre société souvent en dérives. 

dimanche 22 avril 2018

Quelques romans de la rentée littéraire 2017 pour une sélection

Ce mois-ci je lis énormément, et des livres très variés. C'est avec plaisir que je vais partager cela avec vous ! Aujourd'hui ce seront...

Les romans de la sélection "Au coin du Livre" de la bibliothèque






La fonte des glaces, Joël Baqué, 2017 

Louis, charcutier de son état, veuf à la retraite, anti-héros par essence, mène une vie froide et sans relief à Toulon. Tout change pour lui lorsque, par hasard, il déniche dans une brocante un manchot Empereur empaillé, au fond d'une armoire. Cet ami inattendu va bouleverser et illuminer son quotidien. Il reprend petit à petit goût à la vie et s'intéresse de plus en plus à la vie de ces animaux du froid. Au point qu'il va décider d'entamer une expédition au pôle... et devenir célèbre ! 
Un roman touchant, complètement décalé, d'une imagination joliment délirante et pleine  d'humour, qui interroge notre rapport à l'existence et à l'écologie. 

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre avec ce roman, et finalement ça a été une plutôt bonne surprise. J'ai bien aimé l'humour et la dérision, très présents. Louis est un personnage attachant et original, avec son amour pour les manchots. On en apprend aussi un peu sur le réchauffement planétaire. En résumé c'est un roman original, qui nous sort totalement de nos zones de confort. Il vaut le détour pour passer un moment sans prise de tête. 
Dans mon classement, sur les 5 romans, je pense le mettre en 3ème position. 

Les fils conducteurs, Guillaume Poix, 2017 

A Accra, au Ghana, les déchets électroniques high-tech, atteints d'obsolescence programmée, venus par cargot depuis l'Europe, pourrissent dans une énorme décharge à ciel ouvert, appelée "la bosse". Là, Isaac et Moïs, garçons des rues, vont initier le jeune Jacob à la fouille. A mains nues ils plongent dans cette montagne de débris, pour les désosser et les revendre. Un jeune photographe helvétique se rend sur place pour dénoncer cette catastrophe écologique et humaine. Au milieu de ce cimetière de téléviseurs, ordinateurs et smartphones, il croise la route de Jacob, qui lui fait découvrir cette bosse de tous les trafics...

Encore un roman que je n'aurais vraiment JAMAIS ouvert si il n'avait été dans la sélection. En effet,  rien ne m'emballait : ni la couverture, ni le contexte, ni le peu d'intrigue que j'avais compris en survolant la quatrième de couverture (je ferai peut-être une petite parenthèse sur ce sujet car on a en parlé récemment avec Margaud Liseuse, et il s'avère que comme elle, j'aime bien ne pas trop lire la quatrième de couverture afin d'être surprise dès le début par le roman. Bref, peut-être un sondage sur Insta puis un article ?). Je n'étais donc pas du tout motivée pour le lire. Mais finalement, j'ai beaucoup aimé la lecture. Je me suis laissée embarquer dès les premières pages par l'univers mais également le langage très particulier de ce roman. J'ai adoré cette immersion dans la vie africaine des chiffonniers de l'acier, ainsi que dans celle de Thomas, photographe avide de découvrir cette montagne de déchets. En plus de cela l'écriture de l'auteur m'a plu, et surtout le langage qu'il a inventé. 

- Bon, on do what ? demande Justice.
- Le volume, je dis. 
- On sursoit qu'il nous pullule dans le fion ? 
- Il pullulera rien, c'est du langage du bluff. 

Comme vous le constatez, ce langage est un mélange de français, d'anglais, et de langage soutenu. Pas facile à décoder; il faudrait presque relire certains dialogues pour bien tout comprendre. Mais bravo à l'auteur ! En effet il est avant tout dramaturge et metteur en scène, et pour ce premier roman il a joué avec les mots comme au théâtre. C'est un aspect qui m'a énormément charmée, et pour cela je lui tire mon chapeau.
Je pensais continuer sur cette lancée tout au long de ma lecture, m'amuser à déchiffrer la signification des échanges étranges entre les kiddies comme on dit (les enfants qui travaillent dans la décharge), mais le dernier quart du roman m'a carrément refroidie... J'ai vraiment été écœurée quand j'ai compris ce qui arrivait aux enfants, en plus des souffrances qui adviennent à force de respirer la chimie des fils conducteurs et autres plastiques. Je ne vous en dirai pas plus; mais ce dernier quart auraient pu faire basculer mon avis... 
Je vais tout de même placer ce roman en 2ème position sur les 5 de la sélection. Mais en aucun cas il ne pourrait être gagnant...

Ma Reine, Jean-Baptiste Andréa, 2017

Eté 1965, en Provence. Shell n'est pas un enfant comme les autres. Il ne va plus à l'école et vit seul avec ses parents dans leur station service. Ses parents envisagent de le placer dans une institution spécialisée. A douze ans il fugue, avec l'idée de devenir véritablement un homme. Mais lorsqu'il arrive sur le maquis, seul se déploie un profond silence; jusqu'à l'arrivée d'une silhouette, de cette fille du vent, cette "reine" qu'est Viviane. Le plateau devient alors leur terrain de jeux. 

Dernier roman de la sélection qu'il me restait à lire, et celui que je craignais le plus. J'avais lu des avis mitigés sur ce roman, et malheureusement ils se sont confirmés. Au début de ma lecture, j'ai adoré le point de vue interne, la parole laissée à l'enfant différent. Mais dès qu'il a fugué et rencontré Viviane, alors qu'il a pénétré dans cet espace presque magique, à l'orée du conte et de l'onirisme, je n'ai plus du tout accroché... J'ai trouvé l'ensemble artificiel, gnangnan, alors qu'il y avait un bon thème à exploiter, à être ainsi dans la tête d'un jeune garçon simple mais attendrissant comme Shell. Bref, déception, je comprends les avis que j'ai pu lire, comme quoi les lecteurs n'avaient pas tout compris... Notons tout de même la beauté de la couverture ! 
Sans surprise, je classerai ce roman dernier de ma sélection...même s'il a gagné le Prix Femina des Lycéens (??) et le prix du premier roman 2017.




jeudi 12 avril 2018

Mes dernières lectures, par thèmes

Attention, innovation ! Je vais vous parler de mes dernières lectures en les classant par thèmes, et non plus en catégories "j'ai aimé / coups de coeur / j'ai pas aimé" (en gros). ça va changer. C'est parti !

Un roman coup de poing
(ok on dirait coup de coeur, mais je me chauffe ^^)


Dans la forêt, Jean Hegland

Ce roman, paru en 1996 aux Etats-Unis, a enfin été traduit l'an dernier en Français. J'en ai beaucoup entendu parler à la librairie, j'ai renoncé plus d'une fois à l'acheter vu son prix (23 euros quand même...), je l'avais toujours en tête, attendant une sortie en Poche... et puis j'ai découvert la bibliothèque de mon quartier ! Je l'ai rencontrée il y a seulement deux semaines, mais elle a déjà pris une place énorme dans ma vie (j'en fais à peine trop promis !). J'y suis encore allée ce matin d'ailleurs. Bref, là-bas j'ai trouvé cette pépite.

Nell et Eva, 17 et 18 ans, vivent seules dans la forêt depuis deux ans. Suite à une baisse progressive des ressources en énergie, à des conflits commerciaux et autres (qu'on ne nous détaille pas), l'électricité a fini par disparaître. Elles se retrouvent isolée dans leur maisons au fond des bois, avec leur père, puis seules. Dans un cahier retrouvé par miracle dans leurs anciennes affaires, Nell raconte leur quotidien, mais également leur passé, leurs parents, leur vie d'avant, pendant et après cet apocalypse progressif, sans tambours ni trompettes. 

On pourrait en effet s'attendre à un succession d’événements terribles, à une lutte sans pitié pour la survie. Mais les choses se font et surtout se défont progressivement : d'abord l'électricité n'a fonctionné que quelques heures par jour; ensuite, l'essence a manqué et les denrées comestibles avec. Enfin les filles et leur père ont été contraints de rester chez eux. Il n'y avait de toute façon plus personne et plus rien en ville. Et puis leur père est mort, et les filles se sont retrouvées livrées à elles-même, avec un garde-manger bien rempli mais tout de même pas infini. Ce livre c'est tout ça, comment elles ont trouvé des moyens de vivre décemment sans le confort moderne, tout simplement. Mais c'est plus encore : c'est poétique aussi. Nell passe ses soirées, à la bougie, à lire un des seuls livres qui restent dans sa bibliothèque : une encyclopédie. Dedans elle glane des idées sur la vie, les plantes, la nature. Cela confère au roman une dimension qui lui fait complètement dépasser le roman sur la survie. D'ailleurs, le style lui-même est très travaillé, doux, poétique. Eva, la soeur de Nell, est une danseuse classique; cela ajoute un charme à leur vie de recluses. Et puis le dernier tiers du livre... qu'en dire... J'ai été bouleversée. Mais je nous en dirai pas plus.
Une chose est sure : j'ai beaucoup de mal à vous parler de ce roman tellement il est fin, profond, complexe et si simple pourtant. Le style accroche, bouleverse, et le thème fait réfléchir. Un retour à la nature féminin, tout en douceur, en langueur, loin des attaques bactériologiques et autres catastrophes naturelles qui sont souvent à l'origine de l'apocalypse. 


Deux romans originaux sur la condition féminine


La nuit de Béguines, Aline Kiner, 2017

Paris, 1310, quartier du Marais. Au grand béguinage royal, elles sont des centaines de femmes à vivre, étudier ou travailler comme bon leur semble. Refusant le mariage comme le cloître, libérées de l'autorité des hommes, les béguines forment une communauté inclassable, mi-religieuse, mi-laïque. La vieille Ysabel, qui connaît tous les secrets des plantes et des âmes, veille sur les lieux. Mais l'arrivée d'une jeune inconnue trouble leur quiétude. Mutique, rebelle, Maheut la Rousse fuit des noces imposées et la traque d'un inquiétant franciscain... Alors que le spectre de l'hérésie hante le royaume, qu'on s'acharne contre les Templiers et qu'en place de Grève on brûle l'une des leurs pour un manuscrit interdit, les béguines de Paris vont devoir se battre. Pour protéger Maheut, mais aussi leur indépendance et leur liberté. 

L'auteur nous entraîne dans un Moyen-Age méconnu, auprès de femmes dont le mode de vie est surprenant. Sous le règne de Philippe le Bel, ces femmes sont à la fois protégées et craintes. Elles ne sont pas religieuses, elles ne sont pas non plus mères, ni épouses. Ce statut ambigü entretient le mystère autour de cette communauté. J'ai beaucoup aimé découvrir ces femmes aux destins propres, libres et traquées pour cela. Le destin de Maheut la Rousse est passionnant à suivre, ainsi que la vie d'Ysabel. L'auteur alterne dans son roman les points de vue et avec beaucoup de retenue narre les atermoiements et le quotidien de ces femmes à part.
On ne s'ennuie pas dans ce roman, au style pourtant lent et assez épuré. J'ai un peu retrouvé l'ambiance du Domaine des Murmures et de La Terre qui penche de Carole Martinez. Ce n'est pas un coup de coeur, mais une fiction agréable, qui se passe pour une fois au Moyen-Age.


Le courage qu'il faut aux rivières, Emmanuelle Favier, 2017

Dans un village perdu des Balkans, les familles sont installées depuis des générations autour d'un chef de village. La communauté apporte pourtant une importance particulière à l'hospitalité. Manushe est une "vierge jurée" qui a refusé la demande en mariage du vieux Parush, signant ainsi la fin de sa vie de femme. Respectée, elle s'habille en homme, se bande les seins et se rase les cheveux. L'arrivée au village d'Adrian, mystérieux étranger, réveille sa féminité. Mais Adrian cache lui aussi un lourd secret... Contraint d'abandonner une part de lui-même, le jeune homme ne cesse d'être confronté à la violence du monde. Malgré les embûches, il poursuit sa route telle une rivière obstinée contrainte à s'adapter aux reliefs des paysages, se dirigeant courageusement vers son destin. 
Un premier roman ambitieux sur la construction de l'identité dans sa relation avec le genre et le contexte social qui la constitue. 

J'ai beaucoup aimé ce roman, qui brosse trois portraits de femmes. Manush la vierge jurée, Adrian et un autre personnage que je vous laisse découvrir. C'est très poétique, certains évènements sont inattendus et bouleversants. J'ai passé un bon moment de lecture, d'autant qu'il se lit plutôt vite. Et pour ne rien gâcher, la couverture est tout simplement magnifique !

Ces deux romans font partie d'une sélection de 5 livres pour la bibliothèque (je vous les présenterai d'ici peu). Le courage qu'il faut aux rivières, avec son beau titre, sa belle couverture et ses thèmes originaux est mon préféré pour le moment ! 


Un roman pour ado très psycho, qui sort des sentiers battus



mercredi 11 avril 2018

Un petit troisième chez Syros : Mock Boys de Marie Leymarie

Mock Boys, Marie Leymarie
Editions Syros jeunesse
Paru le 5 avril 2018
432 pages
17.95 euros

Raoul et Baptiste sont les garçons cool du lycée, beaux, drôles, à l'aise et bons danseurs. Raoul a en plus un incroyable sens de la répartie, nargue les profs et n'a peur de rien, surtout avec les filles. Leur cursus en danse contemporaine leur permet en plus d'accrocher tous les regards lors des soirées. Raoul et Baptiste ont fait très naturellement le pari de sortir avec le plus de filles possible, sans se laisser prendre par l'émotion, sans tomber amoureux. Mais quel est l'enjeu exact de ce pari ? Que devient Baptiste si Raoul n'est plus là pour lui ? Et à l'inverse, que reste-il de Raoul sans Baptiste ? 

C'est une bromance comme on en voit peu, cette histoire d'amitié très forte entre les deux garçons. Cette amitié qui les pousse à renoncer à ce qu'ils sont vraiment, à devenir des "mock boys", c'est à dire des garçons "factices". 
To mock, déf : (verbe) se moquer, tourner en dérision; (adj) faux, factice. 
La polysémie de ce terme anglais est exploitée à fond avec nos deux loustics. Raoul est l'incarnation même du mocking boy, et Baptiste celui du mock boy. Depuis toujours, les rôles sont partagés : le premier tourne tout en dérision, le second cache sa véritable sensibilité. L'auteur a vraiment trouvé un titre et des thèmes intelligents, intéressants. Elle nous plonge en profondeur dans la psychologie des adolescents, et pour une fois on s'éloigne de la caricature. Ses personnages, même les personnages secondaires, sont plus complexes que les stéréotypes qu'on a souvent l'occasion de croiser dans la littérature de jeunesse : Raoul est plus qu'un dragueur relou; Baptiste est plus qu'un grand timide; Sandy, malgré son prénom, cache une complexité insoupçonnée. J'ai beaucoup aimé cela, cette manière que l'auteur a eu de faire vivre ses personnages comme de vraies personnes. Victimes des aléas de la vie, des sentiments, des faux-semblants. Son roman sonne vrai. Bien sûr il met en avant certains passages obligés de l'adolescence, mais sans en faire trop. J'ai eu parfois l'impression que les personnages avaient plus de 15 ans, en regard de leurs discours, de leurs atermoiements, de leurs interrogations. Plus qu'un roman ado, c'est selon moi un roman réussi sur LES ados. 

Bravo à Marie Leymarie pour ce roman qui se lit très bien, dont certains passages sont profonds et justes, où la psychologie a la part belle sans tomber dans les clichés. Malgré le cadre de la danse, qui finalement n'est qu'un décor pour ces personnages-marionnettes dont par moment les fils tombent, on est loin des idées que les séries télé offrent de ce genre de milieu. 

mercredi 4 avril 2018

Le nouveau roman de Camille Brissot est en librairie !

Ceux des Limbes, Camille Brissot
Editions Syros jeunesse
400 pages
17,95 euros
Parution le 5 avril 2018

Oto et Naha sont nés derrière les fortifications du Mont-Survie, une montagne devenue refuge depuis l'apparition d'une terrible épidémie. Autour, il ne reste rien d'autre qu'une forêt infinie, semée de ruines... et des hordes de limbes, ces humains infectés par un champignon, piégés entre la vie et la mort, qui détruisent tout sur leur passage. Naha quitte rarement les hauteurs du Mont-Survie, là où vivent les personnes les plus importantes de la communauté. Oto, lui, est un orphelin issu des cercles inférieurs. Pourtant, leur histoire d'amour est une évidence. Mais, l'année de ses 15 ans, Naha doit passer l'épreuve de la Sortie, un périple de dix jours dans la forêt, dont l'objectif est simple : survivre. Oto brave alors toutes les règles de la montagne pour la suivre à l'extérieur et la protéger, à son insu.


Ce dernier roman de Camille Brissot, le plus épais depuis ses débuts d'ailleurs, est une belle réussite. Ce qui peut apparaître comme une énième histoire de zombie et de survie en milieu hostile s'avère finalement mener à une réflexion bien plus profonde. Les Limbes, ces êtres contaminés et morts-vivants, peuvent être vus comme une métaphore de la différence et de la peur qu'elle engendre. Les Limbes ont en effet pour unique instinct celui de contaminer les vivants, et leurs cris provoquent chez ces derniers des vagues de désespoir et de découragement. Malgré cela, j'ai ressenti de la peine pour ces être dépossédés de toute humanité. C'est cette ambivalence qui fait la richesse de cette espèce de zombies. Par ailleurs j'ai beaucoup apprécié les descriptions du Mont-Survie, qui m'ont fait penser à certaines montagnes dans le Seigneur des Anneaux. La hiérarchie qui régit la vie à l'intérieur de cette arche protectrice est elle aussi intéressante : même face à l'adversité, tous ne sont pas égaux, et les prérogatives font des jaloux. 
Concernant la Sortie des adolescents, ce rite initiatique, il ne prend finalement pas toute la place dans le roman. Contrairement à ce à quoi je m'attendais, cela ne représente que le tiers environ. Et tant mieux. Camille Brissot a dépassé les clichés habituels type Hunger Games. Les ados ne sont pas là pour s'éliminer entre eux, mais pour comprendre des choses, apprivoiser cette nature qui les entoure, pas si hostile si on la connaît. Leur ennemi majeur est sans doute leur propre peur de l'autre, qu'il soit Limbe ou humain... De même, l'histoire d'amour entre Oto et Naha est présente en léger filigrane, et encore une fois c'est tant mieux. L'autrice dépasse les passages obligés et livre une réflexion sur la Nature, ses dangers, sa dégénérescence possible - une épidémie pourrait effectivement ravager la planète !- et ses attraits. 

Je viens de terminer la lecture de Dans la Forêt de Jean Hegland, qui m'a beaucoup marquée. On retrouve un peu, dans ce roman de Camille Brissot, cet idéal de retour à la Nature, effrayant au début, et pourtant prometteur d'une vie peut-être plus simple et essentielle. 

Ce roman n'est pas facile à analyser; je redoutais un peu d'en faire la chronique. Clairement, je n'ai sans doute pas tout saisi. Et c'est rare en littérature de jeunesse : de la subtilité, de la matière à réflexion. Bravo Camille ! 

Et merci aux Editions Syros pour leur confiance renouvelée.
Notez également la magnificience de cette couverture !!!

Encore un petit nouveau chez Syros : la condition de réfugiés vue sous l'oeil d'un ado

Une caravane en hiver, Benopit Séverac
Editions Syros Jeunesse
254 pages
16.95 euros
Actuellement en librairie

Arthur est en voiture lorsqu'il assiste à l'agression d'un garçon de son âge, à un feu rouge. Poussé par son instinct, il va à sa rencontre. Ce garçon c'est Adnan, un réfugié syrien. Il vit dans une caravane au milieu d'un terrain vague avec sa mère, qui lui a appris à garder la tête haute en toute situation. 
Entre Arthur et Adnan va naître une amitié qui résistera à l’incompréhension des adultes. Une amitié qui poussera les parents d'Arthur à aider, eux aussi, Adnan et sa mère. Une amitié qui va tous les faire basculer dans une aventure digne d'un roman d'espionnage...

J'ai beaucoup apprécié ce roman, en particulier sa première moitié. En effet, Arthur et sa famille viennent en aide à Adnan et sa mère, réfugiés Syriens habitants dans une caravane. Malgré les réticences du père, Arthur et sa mère parviennent à faire soigner la maman et hébergent le jeune garçon, qui lie une forte amitié avec le fils de la famille. Cette solidarité qui n'était pas gagnée d'avance est touchante et crédible. En revanche la suite du roman est beaucoup plus épique : il s'avère qu'Adnan et sa mère son recherchés par les soutiens Français de Bachar Al'Assad. Adnan se lance alors avec son ami dans une course poursuite digne d'un polar. C'est ce que j'ai le moins aimé, mais je reconnais que c'est bien mené, et que c'est accrocheur pour les ados. 
Selon moi la richesse de ce roman réside dans l'éclairage qu'il donne sur le statut des réfugiés en France (ici à Toulouse) et l'accueil qui leur est réservé. Clairement ils ne sont pas les bienvenus, et peu de choses sont mises en place pour leur venir en aide. Ils sont sans cesse menacés de mauvais traitements ou d'expulsion. En cela, ce roman est à mettre entre toutes les mains. Sans fioritures, de façon simple et directe, il permet d'ouvrir nos perspective et sans doute de regarder ces hommes, femmes et enfants obligés de quitter leur pays d'un oeil plus empathique. 

Merci aux Editions Syros Jeunesse pour cet envoi très enrichissant ! 
Et encore une fois, j'adore la couverture :)

jeudi 29 mars 2018

Qu'est ce que j'ai lu pendant ce mois de mars ??!

Hello à tous !
Je crois que j'inaugure une nouvelle sorte d'article : le bilan mensuel. Comme je suis beaucoup sur Instagram, je prends moins de temps pour écrire des articles et finalement davantage pour lire. Je vais donc faire un bilan de ce mois de Mars qui s'achève, et au cours duquel j'ai pas mal lu : 10 romans en tout, et pas que des petits !

Mes coups de coeur 




Pesona, tome 1, Les visages de Victoria Bergman, Erik Axl Sund
Ce premier tome de la trilogie m'a complètement happée ! C'est un thriller psychologique décapant, et j'en avais rarement connu de cette trempe. J'ai lu avec grand plaisir les parcours croisés de Sofia, une thérapeute un peu spéciale, et Jeannette, une inspecteur de police qui n'a pas froid aux yeux. Une sombre affaire de meurtre sur mineur va les rapprocher, et leur faire découvrir les côtés sombres d'une certaine Victoria Bergman...
Je ne vous en dis pas plus. Mais sachez que ce livre fait vivre de sacrés rebondissements; je lirai la suite avec plaisir ! 

Un fils en or, Shilpi Somaya Gowda

Depuis le temps que j'en entends parler, je me suis enfin lancée. Ce roman faisait d'ailleurs partie d'une sélection Folio de l'an dernier. J'ai tardé, j'ai tardé, mais pour quel plaisir !
J'ai complètement adoré suivre le parcours d'Anil, un jeune Indien curieux et bon élève, qui réussit à intégrer l'internat d'un prestigieux hôpital Américain. Son parcours sera semé d'embûches, les médecins ne sont pas tendres avec les internes et le métier d'urgentiste est franchement délicat. En parallèle, en Inde, Leena est mariée à un homme qui s'avère plein d'irrespect et de violence. Leurs deux vies n'ont rien à voir et pourtant. Anil rentre régulièrement en Inde pour assurer la relève de son père en tant que juge des conflits du village, et l'occasion de se revoir se présente. Les deux amis d'enfance vont alors voir leurs vies se croiser, pour le meilleur et souvent le pire.
Le dessin que ce roman brosse de la vie en Inde est passionnant, dérangeant aussi. Et le portrait de l'hôpital américain l'est tout autant. Cette manière de mêler deux univers totalement opposés est véritablement original et m'a complètement happée. Je n'avais qu'une envie, celle de savoir ce qui allait arriver à chacun des personnages. Je vous le conseille donc vivement ! 

A durée déterminée, Samantha Bailly

Après avoir adoré Les Stagiaires, j'attendais avec une grande impatience la sortie de la suite au Livre de Poche. Dès qu'il est arrivé en librairie je me le suis offert et ai commencé ma lecture, qui s'achève trop rapidement ! Il me reste à peine une centaine de pages quand j'écris cet article, mais je veux vous en parler.
Dans ce deuxième tome de la trilogie, Ophélie est en CDD chez Pyxies. Elle n'est plus stagiaire, mais ne fait pas non plus totalement partie de l'équipe. Ce statut intermédiaire n'est pas évident à gérer, surtout quand sa manager lui reproche d'être trop porche des stagiaires... 
On retrouve dans ce roman ce qui m'avait plu dans le premier : des conversations par Communicator (ça sonne tellement Terminator !), des SmS, des soirées, et puis plus sérieusement des réflexions sur l'entreprise, la jeunesse, ce qu'on fait de notre vie quand on a entre 20 et 30 ans. J'aime bien le nouveau personnage de Samuel, qui a 29 ans, une thèse inachevée et une dépression à peine soignée. En allant chez Pyxies, il va retrouver un peu de sens à sa vie partie à vau-l'eau.
Je m'attendais à ce que les deux personnages, Ophélie et Samuel, aient forcément une histoire ensemble. Je ne vous en dis pas plus, mais Samantha Bailly a su encore une fois nous surprendre.
Décidément j'adore les romans de cette auteure, qui me font passer d'excellents moments de détente à chaque fois. Il faudrait juste qu'ils fassent 1000 pages au lieu de 400...^^ ( à bon entendeur :p).

Des coups de coeur très différents. Mais je trouve que c'est agréable de varier ses lectures. Pas vous ?

De bons moments de lecture, avec des livres qui font parler ! 






Sauveur et Fils, saison 4, Marie-Aude Murail
Nous revoilà avec Sauveur et tous ses enfants, dont un seul est le sien. Avec tous ses hamsters aussi. Et avec tous ses patients. Ce dernier tome de la saga nous satisfait parce qu'on a ce qu'on attend : le récit des rendez-vous de Sauveur et de ses consultations. On adore. Mais pour le reste, il n'y a pas tellement d'évolution : sa relation avec Louise n'est semée que de rêves dont on ne sait s'ils les réaliseront; Lazarre est très discret, Gabin un peu moins. Il arrive pas mal de mésaventures à Jovo. Mais rien de révolutionnaire. Pourquoi d'ailleurs est-ce le dernier tome ?
Bref, un super moment de lecture comme à chaque fois, mais je m'attendais à une vraie fin. Peut-être est-ce finalement une bonne nouvelle : une suite ... ??

Tortues à l'infini, John Green
Aïe aïe aïe je ne suis pas bien partie avec ce roman dont pourtant tout le monde parlait... Dès les premières pages j'ai senti le John Green a plein nez. Je m'explique : des personnages un peu marginaux, un gars, une fille, une histoire d'amour hyper mignonne (trop pour être honnête, trop angélique...). Pourtant la première page m'avait accrochée : les tocs de Aza et ses pensées obsessionnelles. Un thème jamais traité et qui me touche particulièrement. Toutefois, cette impression de déjà-vu m'a refroidie et j'ai laissé un peu de temps avant de redonner une chance à ce livre. Quand je l'ai repris, je l'ai lu jusqu'au bout et assez vite, mais sans réel plaisir. Mis à part le thème des pensées obsessionnelles, je n'ai rien trouvé d'original à ce roman...



Hier encore, c'était l'été, Julie de Lestrange
J'avais entendu pas mal de bien sur ce roman, notamment qu'il était facile à lire et sans prise de tête. Je l'ai donc acheté quand j'ai senti que je risquais la panne de lecture après avoir englouti pas mal de romans. Et j'ai eu bien raison car il se lit bien et vite.
On suit plusieurs personnages de 20 ans à 28 ans environ, leurs bouleversements amoureux, familiaux, amicaux. Un personnage de garçon notamment, Alexandre, qui adore sa grand-mère, a un meilleur ami sympa et des amours complexes. Tout ne va pas être facile dans sa vie, mais le tout est raconté avec simplicité. Ce roman raconte finalement la vie de jeunes parisiens assez bobo, dont les parents ont les moyens mais qui galèrent quand même.
A prendre pour ce que c'est, un roman sur une génération gâtée dans l'enfance mais pour laquelle le passage à l'âge adulte n'est pas si simple. Du déjà lu, rien de très innovant, mais on passe un bon moment et on s'attache à certains personnages. 



La disparition de Stephanie Mailer, Joël Dicker

Ahlàlà ce roman a fait couler pas mal d'encre depuis sa sortie. Comme tous les romans d'auteurs à succès : on attend mieux ou pareil que des autres. Pas toujours facile ! En l’occurrence, ce dernier opus made in Dicker a partagé les lecteurs. Il y a ceux qui adorent, mais surtout ceux qui ont bien aimé mais préfèrent les autres. Pour ma part, j'ai bien aimé, passé de bons moments de lecture, mais ne crie pas au chef-d'oeuvre. Mon passif avec ses deux autres romans n'est pas non plus pour rien dans mon impossibilité à donner un avis construit par rapport à eux : j'ai lu La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert il y a très longtemps (au moment de sa sortie en Poche je crois...) et Le Livre des Baltimore et moi avions eu un mauvais timing : je l'avais lu au mauvais moment et il ne m'avait pas plu... Bref, je le juge non pas à l'aune de ses grands-frères, mais pour ce qu'il est un : un sacré pavé, avec plein de personnages et une enquête complexe. 
Je ne ferai pas de résumé du roman car je risque de vous spoiler. Mais en gros, l'auteur ne cesse les allers et retours entre deux époques : 1994 et 2014. Dans la petite ville d'Antea, le festival de théâtre de l'été fait couler beaucoup d'encre et de larmes. En effet, c'est à ce moment que le maire et sa famille ont été assassinés, et que 20 ans plus tard, Stephanie Mailer disparaît...
J'ai bien aimé le suspense qui règne autour de ces disparitions, mais ce n'est pas ce qui m'a tenue le plus en haleine. J'ai préféré ce qui distingue clairement ce roman d'un polar : la variété des personnages, et la plongée plus ou moins profonde dans leur intimité. On découvre trois policiers dont deux, Jesse et Dereck,  étaient en charge de l'enquête de 1994. Anna est quant à elle nouvellement arrivée. Ce qu'on peut dire, c'est que leur vie n'est pas simple : divorcée pour l'une, traumatisé pour l'autre, et le dernier hanté par des évènements qu'on devine mais ne découvre que vers la fin. Finalement l'enquête n'est peut-être pas là où on la croit. C'est plutôt autour des personnages que le mystère règne : qu'est-il arrivé à Natasha, la copine de Jesse ? Qui sont vraiment le directeur du journal pour lequel travaillait Stephanie, ou encore son ex-colloc, ou bien encore le critique littéraire Ostrovki ? J'ai oublié plein de personnages, mais ils sont tous complexes, avec des vies mouvementées et des passés plus que troubles... J'ai d'ailleurs été très intriguée par la fille d'un des personnages, responsable de la mort d'une de ses amies... Cette jeune fille n'a aucun lien avec Stephanie Mailer et pourtant. C'est ce qui fait la richesse de ce roman : l'abondance des personnages, dont l'auteur nous dévoile peu à peu des pans de vie, et pas toujours des plus jolis. 
En bref : j'ai aimé, j'ai passé de bons moments, j'ai lu lentement, en le savourant et sans être impatiente (donc clairement, on est loin du polar !). Mais soyons honnêtes : le style n'y est pas, certains passages sont bâclés (OMG les répétitions !) et on rencontre ça et là fautes de frappe et autres coquilles.
Je reconnais cependant ceci : c'est un tour de force que rédiger un livre aussi dense; un tour de force aussi que de faire lire un tel pavé à tant de gens. Toutefois, je pense que ce livre sera vite oublié; on n'en fera certainement pas un chef-d'oeuvre.


Deux Services Presse pour Syros

 


Un plaisir régressif


Je n'en dirai pas beaucoup à propos de ce roman si connu... Juste que j'ai pris grand plaisir à redécouvrir un polar qui avait énormément marqué mon année de 6ème je crois. Je me souviens avoir adoré essayer de deviner l'identité du meurtrier. Or c'est quand même délicat. Cette histoire est bigrement bien construite, autour de cette comptine un peu angoissante. Un plaisir régressif très agréable !

Une déception...


L'intrigue de cet opus a pourtant tout pour plaire : Camille, une jeune femme proche de la trentaine, a des problèmes de coeur depuis l'enfance. Or, depuis sa dernière greffe, elle a l'impression de changer. En fait, elle connaît l'angor : plus qu'une angine de poitrine, ce phénomène étonnant fait que les cellules greffées d'un coeur agissent au-delà de leurs fonctions physiologiques et font ressentir à l'hôte des émotions de son ancien propriétaire. Et quand Camille découvre qui il était, elle a toutes les raisons de s'inquiéter...
Sharko et Hennebelle ont de leur côté des nuits écourtées par leurs jumeaux nouveaux-nés, et la jeune femme piétine et fulmine de ne pouvoir reprendre le travail. J'adore ces deux policiers, le sujet de la greffe est intéressant. Alors pourquoi j'ai fini par abandonner ma lecture ? Déjà parce que les meurtres sont horribles : tortures, souffrances terribles, fétichisme, enfermement... c'est glauque, ultra glauque. Je préfère quand l'enquête est davantage tournée sur des questions scientifiques. Et puis ça ressemble beaucoup à ce qu'on a déjà lu de l'auteur. A tel point que je me suis demandée si je ne faisais pas une relecture sans m'en rendre compte... Encore une fois des voyages, des activités troubles, les milieux underground, etc...
N'ayant pas plus envie que ça de frisonner ni de me prendre la tête sur la question de l'adoption en Amérique du Sud, j'ai décidé d'abandonner cette lecture. Et ce n'est pas tout de suite que je relirai un thriller. D'autant que le dernier Thilliez, Sharko, m'a déçue. Bref, un bon thriller mais qui n'a pas matché avec moi :p.