dimanche 17 septembre 2017

La chronique du dimanche : Orgueil et préjugés de Jane Austen

Hello tout le monde !
Je change un peu mes habitudes -sans pourtant trop y déroger- en ne vous proposant en ce dimanche non pas un bilan de lecture mais une chronique sur le livre que j'ai lu cette semaine. Et quel livre ! THE Orgueil et préjugés de cette géniale Jane Austen. Ce livre m'a tenue plus de six jours, style, densité et rentrée obligent. Et puis je crois que d'une certaine manière, cela me peinait de quitter trop vite Elisabeth Bennet et Darcy. 

Avec cette chronique je m'attaque à un gros morceau : je sais que nombreux et surtout nombreuses d'entre vous et autres blogueuses ont un amour particulier pour ce roman. Ce que je vais en dire ne devrait en rien les vexer puisque suite à cette lecture, je crois que je comprends cet amour.; et surtout, je me demande pourquoi je ne l'avais jamais lu avant ! Toutefois je craindrais de ne pas lui rendre suffisamment hommage. Bon, quoi qu'il en soit, je me lance ! 

Je ne savais pas tellement à quoi m'attendre en commençant cette lecture. En réalité je craignais même de m'ennuyer, ou d'avoir affaire à un style complexe, le genre de livre que je lisais quand j'étais étudiante mais qui m'endort en période de travail. Pourtant, dès les premières pages, j'ai été bleuffée : le style est souple sans être simple, fluide, pas compliqué mais très travaillé. On n'est pas dans la litote de Madame de la Fayette ni dans le sous-entendu permanent à la Laclos. C'est autre chose, une retenue qui laisse la part belle à l'ironie, à l'humour et à la sagacité. J'ai été très surprise de voir tant de traits d'esprit et surtout d'humour dans ce roman. Les parents d'Elisabeth sont très critiqués, ainsi que tous les autres personnages de l'oeuvre. On est loin d'un quant à soi fier et mesuré. Je craignais que l'auteur ne laisse transparaître une certaine fierté de classe, teintée de pédantisme et de bourgeoisie. Il n'en est rien. 
L'histoire est quant à elle très simple mais pleine de rebondissements. Je ne ferais pas l'affront ici de la raconter, au risque de lasser celles qui l'ont lu (et relu, n'est pas ^^) et de spoiler ceux et celles qui, comme moi, ne l'auraient pas encore découvert. J'ai été très agréablement comblée d'ailleurs par les nombreuses intrigues secondaires qui se nouent autour de la première, et ce en tout fluidité. 
Et enfin j'ai beaucoup aimé le personnage d'Elisabeth. Je comprends les lectrices qui, dans certains quiz, se comparent à elle et à son amour pour Darcy. C'est vraiment une âme libre, un esprit en avance sur son temps, qui ne se la laisse pas dicter. Les changements de ton de l'auteur, qui joue avec les focalisations de manière discrète, nous laissent entrevoir les pensées de cette jeune femme ouverte et franche, qui parvient à faire fi de nombreux préjugés. 
Dans ce roman les personnages sont orgueilleux et surtout plein de préjugés. Darcy est la première victime de ces mauvaises impressions au début du roman, et heureusement que l'héroïne lui redonne ses lettres de noblesse. Ceux qu'on croit les plus hautains et les moins avenants sont souvent les coeurs les plus riches; ils ne demandent qu'à être découverts. Il n'est toutefois pas le seul à être objet de ces jugements liés à leur comportement. Mrs. Bennet est un cible de choix avec ses nerfs et ses joies extravagantes. D'ailleurs les caractères détonants des soeurs Bennet est quelque chose qui m'a bien amusée. Comment est-ce que des enfants peuvent-ils à ce point ressembler à l'un ou l'autre de leur parent ! En tout cas j'ai bien apprécié Lizzy et Jane. Cette dernière est une belle âme, plus fade qu'Elisabeth, moins sauvage, plus docile, mais un personnage intéressant. 
Darcy est sans doute le plus fascinant de tous. Duplice, généreux dans l'ombre, héroïque sans qu'il n'y paraisse, il parvient à faire tomber les jugements qui font de lui un goujat pour se hisser au rang de chevalier. 

Bon je m'arrête avec mes analyses, qui sont sans doute des portes enfoncées et ne valent pas grand chose. Tout ça me montre simplement, si besoin en était encore, que j'ai beaucoup aimé ce roman. Dommage que la fatigue de la reprise ne m'ait pas permis d'en lire de plus longs passages d'une traite (je m'endormais à chaque fois au bout de 10 à 20 pages le soir, sic...). Mais j'ai tout de même réussi à le terminer en moins d'une semaine et surtout, je n'ai jamais eu la tentation de sauter des pages ! Un gage de réussite pour moi :). 
Je ne compte pas me relancer de suite dans la lecture d'un autre roman de l'auteur, mais j'espère bien poursuivre sa découverte. 

Avis aux fans inconditionnelles : que lire après ??!

Et juste un petit mot sur ma nouvelle lecture, parce qu'on est dimanche et qu'on lit (un peu sous le plaid, et un peu sur le transat !)


Un roman sur le transgenre, qui commence très bien en tout cas. Ma collègue m'a dit qu'il était tout en pudeur, j'espère ne pas être déçue ! 

Ce que je pense lire après 

Parce que j'ai découvert que c'était d'une actualité brûlante aux Etats-Unis, et parce que le sujet m'intéresse : 


dimanche 10 septembre 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit au chaud ?

Ce que j'ai lu cette semaine 



La Septième vague, Daniel Glattauer
J'ai bien aimé la suite du premier tome, Quand Souffle le vent du Nord (lien ici). On a enfin ce qu'on voulait ! Il y a un peu de suspense mais aussi quelques longueurs malheureusement. Mais on a tellement envie de savoir ce qui va arriver à nos deux personnages qu'on ne peut pas zapper la lecture. Les mails sont aussi globalement plus longs que dans le premier tome. 

Les filles de Roanoke, Amy Engel
Dans cette petite ville du Kansas, tout le monde envie les filles Roanoke. Elles sont belles, jeunes et riches. Elles vivent avec leurs grands-parents dans le domaine familial, au milieu des champs de blé. Leur vie semble douce. Mais il y a quelque chose de pourri au royaume des Roanoke. Camilla, Penelope, Eleanor, toutes les filles de la lignée ont connu des fins tragiques. Quand sa cousine Allegra disparaît à son tour, Lane se lance à sa recherche, sans se douter qu'elle va déterrer les plus noirs des secrets de famille. 

Ce roman est...comment dire... étonnant, dérangeant, voire flippant. Je m'explique (attention, spoil !) Toutes les filles de cette famille se ressemblent étrangement... et pour cause, elles ont toutes le même père. Je ne vous en dirai pas plus, on ne nous en dit d'ailleurs pas vraiment davantage tout au long de l'histoire. J'ai apprécié cette pudeur qui plane sur le "quelque chose de pourri" qui croit sur la famille. On s'en doute sans trop oser y croire, et puis les indices s'accumulent et on n'a plus de doutes. Le personnage principal, Allegra, est également attachante, mais très mystérieuse. Elle revendique à de nombreuses reprises cette noirceur qui l'habite, peut-être en raison de sa génétique bouleversée. Le roman oscille sans cesse entre passé et présent, noirceur et plaisirs, quête d'absolu et cauchemar intense. Quand on pense que l'auteur est la même que celle de The Book Of Ivy, on ne peut être que surpris. En effet le sujet est particulièrement osé et délicat, très bien traité, tout en nuances. L'écriture est également très travaillée, un pur plaisir. 
Un roman qui vaut le coup, qui bouleverse et remet en cause les valeurs habituelles, le tout en pudeur. Contrairement à Forbidden, le sujet de l'inceste est traité avec encore plus de retenue, l'auteur tourne autour des histoires des filles de la famille sans jamais rentrer dans de sordides détails.


Lucie, ou la vocation, Maëlle Guillaud

Lucie est une jeune fille qui ne sait trop que faire de sa vie. La khâgne la tue à petits feux, son père lui impose indirectement des exigences de carrière, et elle ne sait que choisir. Lorsqu'elle rencontre Mathilde et avec elle les congrégations, sa vie prend un nouveau tournant. Elle se sent appelée, elle croit avoir trouvé sa vocation : entrer dans les ordres.
Comme dans un mariage, tout est magnifique au début : les fiançailles, les premiers pas, les premières promesses. Mais finalement les choses se gâtent quand elle découvre l'amère réalité de la vie de novice : le respect de l'autorité farouche de la mère supérieure, les contraintes multiples (prendre du poids, se tondre les cheveux, oublier sa famille,...) et les animosités larvées. Le couvent est un lieu clos mais dangereux, pervers, où les valeurs humaines qu'on suppose être celles de la chrétienté volent en éclat dès les portes fermées. De quoi écoeurer de ce monde coupé du reste, où l'on pourrait se croire protégé. J'ai beaucoup aimé cette lecture, qui lève le voile, - sans mauvais jeu de mots !- sur la réalité de la vie des soeurs, les sacrifices et l'âpreté qu'imposent leur engagement. La fin en plus est totalement ambivalente, de quoi nous laisser sur un sentiment un peu effrayant.

Lecture du moment



Comme je le disais sur la page, j'ai envie de me remettre à lire de la littérature plus classique. Du coup j'ai fouillé dans ma bibliothèque et au CDI et ai eu envie de me lancer dans le célèbre Orgueil et Préjugés de Jane Austen, que je ne connais finalement que par les films et que je n'ai jamais vraiment lu. Pour le moment j'adore, alors que j'avais peur des longueurs. Je n'en suis qu'à une quarantaine de pages, pourvu que ça dure ! 

lundi 4 septembre 2017

Sortie Syros Septembre : Un roman d'aventure (ou presque !), Yaël Hassan

Un roman d'aventres (ou presque !)
 Yaël Hassan
Editions Syros
256 pages
A paraître le 7 septembre 2017 

Pour réussir un roman d'aventures, il faut : des personnages attachants, une quête palpitante, de l'action, de la peur, de l'amitié, de l'amour, des méchants, de quoi faire rêver les jeunes, des dauphins. Voilà la liste rassurante des ingrédients du roman d'aventures trouvées sur Internet par notre auteur, qui s'attelle courageusement à son objectif. Son point de départ : une bande d'ados se retrouve sans parents le jour de Noël. Mais il va bientôt se rendre compte (entre autres) qu'il va devoir inventer une bonne raison à cette disparition, qu'il est nul pour les descriptions et qu'il ne sait pas écrire une scène d'action. Et c'est alors que sa vie (sa vraie vie) se met à ressembler à un roman...

En quelques mots :

- Une histoire à mourir de rire, où Yaël Hassan s'autorise toutes les audaces formelles, où le personnage de l'apprenti écrivain ne cesse d'interrompre son récit pour nous livrer ses doutes et ses états d'âme.
- Un livre que nous fait toucher du doigts les ficelles du processus créatif : notre auteur saura se sortir des situations romanesques les plus inextricables ! Un vrai cours d'écriture autour du genre du roman d'aventures.
- Deux romans en un, aussi palpitants l'un que l'autre : l'histoire que l'écrivain va inventer sous nos yeux (l'aventure palpitante de la bande d'ados) et celle, totalement inattendue, qu'il va vivre sans sa vie (sa maison de campagne cambriolée, etc...). Un jeu irrésistible sur le vrai et le faux. 

J'ai adoré cette lecture. J'ai trouvé cette idée de mise en abîme de l'écriture très intéressante et très bien réalisée. Le narrateur - un ancien journaliste qui se lance dans l'écriture de son premier roman- , tout en nous racontant l'histoire plutôt passionnante de ces personnages dont les parents ont disparu suite à une tempête, nous explique les diverses démarches de l'écriture. Ses joies, ses difficultés, ses moments d'abattement, ses épiphanies et j'en passe. Les nombreuses digressions qui jalonnent son récit sont véritablement pertinentes. D'une part elles sont très pédagogiques et font réfléchir le jeune lecteur au parcours complexe et semé d'embûches qu'est l'écriture d'un roman, surtout d'un roman d'aventures. D'autres part elles sont très attrayantes quand on s'intéresse tout simplement au travail de l'écrivain quand on n'en est pas un soi-même. Or la vie des écrivains est quelque chose qui me fascine; avec ce roman, j'ai donc été servie, même si le ton est toujours celui de l'humour et reste positif (nous n'entrons pas dans des atermoiements à la Delphine de Vigan, heureusement pour les jeunes lecteurs !). 
Ces digressions peuvent être tout simplement lexicales (la professeur en moi jubile !), techniques (combien de chapitres, une description ici ? un dialogue ?) ou bien concerner les thèmes de l'histoires, les interrogations sur ce qui intéresse le public etc. C'est extrêmement bien fait, la trame des histoires en est enrichie au lieu d'être parasitée et c'est très instructif. Par ailleurs le fils du narrateur-écrivain est son premier lecteur, et ses impressions en tant que jeune sont très profitables. On sent que Yaël Hassan avait envie, comme elle le dit dans une interview, de "tenter l'aventure" en se lançant dans un genre (le roman d'aventures) qu'elle n'avait jamais essayé et que ses lecteurs lui réclamaient souvent. Et très vite lui est venue l'envie "de faire de sa démarche, de ses tentatives, de cette expérience, un livre en soi". 
L'histoire racontée par note écrivain en herbes est quant à elle palpitante pour un jeune lecteur, qui peut s'identifier très facilement à ces nombreux ados d'âges divers et aux personnalités marquées. Les parents sont absents en plus, ce qui donne une touche aventureuse si j'ose dire, à l'ensemble. Yaël Hassan ne manque pas d'ailleurs de faire des références plus ou moins dissimulée à divers dystopies de la collection Syros, ce que j'ai trouvé amusant. 

J'ai donc adoré ce roman pour son originalité, et surtout pour la mise en relief de l'activité de l'écrivain. En tant qu'enseignante, je ne peux qu'en recommander chaudement la lecture en collège : le style et les termes utilisés sont peut-être un peu complexes en 6ème (là où Momo Petit Prince des Bleuets, du même auteur, est génial) mais pour de bons lecteurs c'est abordable. Sinon il est possible d'en étudier des extraits pour travailler sur la fabrique du livre. En 5ème il serait tout à fait adapté. 

Bref, bravo à Yaël Hassan pour ce roman passionnant dans toutes ses dimensions, et merci aux Editions Syros pour cette découverte :). 

dimanche 3 septembre 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit à l'abri de la pluie ?

C'est la rentrée, le travail intensif reprend, le rythme qui va avec aussi. Je vais donc sans doute voir mon rythme de lecture ralentir... Ceci étant, je vais aussi avoir un accès quotidien au CDI; donc j'aurai aussi davantage de choix de romans jeunesse ! Donc à voir pour les lectures; une chose reste certaine : je publierai sans aucun doute beaucoup moins. J'essaierai néanmoins toujours de poster mes bilans du dimanche :).

Ma lecture de la semaine 



Cette semaine j'ai eu moins de temps pour lire et en plus je me suis lancée dans un pavé : le dernier Franck Thilliez. J'ai beaucoup aimé cette lecture, comme à chaque fois avec les Thilliez qui mettent en scène Sharko et Henebelle. Enfin je crois que je n'ai jamais lu que ceux avec Sharko et/ou Henebelle... Rêver me fait de l'oeil d'ailleurs. Sortirai-je de ma zone de confort ?! 
En tout cas j'ai aimé retrouver mes personnages favoris, surtout Sharko d'ailleurs dans ce tome. Pourquoi me direz-vous ? Ce que je vais vous raconter là ne va pas vous spoiler, pas de panique; ça se passe dès le début du roman. Et bien parce que Lucie commet un meurtre, dès les premières pages. Comme souvent elle se lance dans des recherches en solo, et surtout dans la gueule d'une cave sombre dans laquelle oeuvre un taré tondeur de chats et fan de sangsues. Pas terrible... Elle se fait attaquer, se défend et bam, le coup part. Le téléphone de Sharko sonne; il accourt. Calcule tout, ou presque. Maquille la scène de crime, récupère les indices. Achève la victime (le côté sombre du requin ! ). Et tout au long du roman, ils vivent la peur au ventre, surtout Lucie. C'est pourquoi on ne l'entend presque pas, malheureusement. Le second personnage phare de ce tome, après Sharko, est Nicolas Bellanger, l'ex chef d'équipe abîmé dans la drogue et l'alcool depuis la mort de sa compagne dans des circonstances tragiques, lors de l'affaire Pandémia. Il va prendre cette enquête à coeur et devenir l'ennemi à abattre si le couple veut s'en sortir indemne. Ils vivent avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, et Bellanger ne demande qu'à la faire tomber. 
Sharko et Hennebelle dans la peau des meurtriers; le fantasme de tout auteur de polar, et de tout lecteur aussi ! Non pas une trouvaille mais une belle gageure, parce qu'un tel retournement de situation demande à être bien traité. Thilliez y parvient mais au bout de 400 pages sur les presque 600, on sent le vent tourner favorablement pour nos deux policiers préférés, la peur quitterait presque Sharko (peut-être est-ce fait exprès, lisez la suite :p), et l'intrigue selon moi majeure s'affadit pour céder la place à l'enquête sur les vampires et les personnes atteintes d'une maladie anesthésiant le sentiment de peur. D'ailleurs le prologue, avec son histoire de requin, est top. Donc, pour résumer, le polar zélé et innovant s'essouffle pour devenir un Franck Thilliez de base : des tas de statistiques, des références médicales pointues, des tribus aborigènes (on les retrouve souvent, à la source de tas de soucis), un labyrinthe complexe vers le coupable.  J'ai donc été déçue par la fin, très (trop ?) documentée, intéressante mais pas palpitante. En bref, les infos étaient bien entendu différentes (d'ailleurs si vous avaient quelque chose contre l'hémoglobine, accrochez-vous !) mais la forme semblable aux autres Thilliez que j'ai lus. Donc un peu déçue sur ce point. J'ai terminé ma lecture sans grand enthousiasme, après avoir adoré les premiers jours. 
En résumé, un bon roman, une intrigue de départ alléchante, mais une fin relativement commune à qui connaît l'auteur. 

Ma lecture en cours


Je n'ai donc lu qu'un seul roman cette semaine, et ai commencé hier soir la suite de Quand souffle le vent du Nord



mercredi 30 août 2017

Nouveauté chez Helium ! Les optimistes meurent en premier, Susin Nielsen

Les optimistes meurent en premier, Susin Nielsen
Editions Helium
192 pages
14,90 euros
Sortie le 30 août 2017


Depuis la tragédie qui a anéanti sa famille, Pétula de Wilde, seize ans, a développé de nombreuses phobies. Ma voilà coincée entre ses parents accablés par le chagrin et une ex-meilleure amie qui ne lui adresse plus la parole. Pessimiste, elle estime qu'une très grande prudence et une hygiène extrême lui permettront de parer à la moindre catastrophe. 
Mais est-ce bien réaliste ? ... Au lycée, contrainte et forcée, elle fait partie d'un cours d'Art Thérapie. Les ados "à problèmes" y assistent et se supportent tout juste. Jusqu'à ce que "l'Homme bionique" fasse son apparition. Le mystérieux Jacob, amputé d'un avant-bras suite à un accident, passionné par le cinéma et aussi rentre-dedans que sarcastique, rejoint le groupe; malgré ses réticences, l'adolescente a du mal à résister à son charme. Elle revit et oublie ses phobies. Mais il se pourrait que Jacob, lui aussi, cache un secret plus lourd à porter...

Auréolée de prix littéraires, Susin Nielsen donne une fois encore une voix juste et singulière à ses personnages, qu'elle accompagne sur le chemin de la résilience. 

L'auteur réussit ce pari délicat : allier humour et sujets sensibles dans un roman pour ados. Pétula est une adolescente névrosée, obsédée de la propreté et des risques. Elle refuse de passer devant un chantier, nettoie régulièrement toutes les surfaces de sa maison, ne touche pas une poignée de porte ou encore refuse d'aller dans des toilettes publiques oud de prendre l'ascenseur. Elle suit un cours d'Art Thérapie dans son lycée, pour essayer de régler ces problèmes, survenus deux ans plus tôt à la suite d'un drame qui a déchiré sa famille. Au lycée ses amis la snobent; à la maison ses parents se déchirent; il n'y a que ses chats qui sont encore adorables avec elle. Mais quand Jacob arrive au cours d'Art Thérapie, les choses changent : elle trouve en lui un allié, un ami, et peut-être davantage. 

Pourquoi on ne peut qu'aimer ce roman :
Susin Nielsen traite d'un sujet délicat, la culpabilité. La plupart des ados de ce roman en sont rongés, pour des raisons plus ou moins "graves". Mais surtout, elle traite de la résilience : comment surmonter de pareils cataclysmes, qui viennent bouleverser une vie, et plus encore une vie adolescente, dans laquelle tout change perpétuellement. Très auto-centrés, ces ados trouvent moyen de s'entre-aider en résolvant leurs propres problèmes. Ainsi Jacob aide ses amis en leur faisant tourner des vidéo. Les jeunes lecteurs pourront sans peine s'identifier ou reconnaître des camarades. 
L'auteur a le chic d'aborder ces délicats mal-êtres adolescents avec beaucoup de légèreté et d'humour : Pétula et Jacob ne sont pas des jeunes gens hargneux et farouches. Ils pleurent bien sûr, mais en silence, dans leur chambre. Au quotidien, malgré le poids qu'ils s'obligent à porter sur leurs épaules, ils sont plutôt drôles et pleins de dérision. C'est ce qui fait selon moi le charme des personnages de Susin Nielsen.

Je n'ai pas eu de coup de coeur pour ce roman comme j'en avais eu un pour On est tous faits de molécules, de la même auteur. J'ai trouvé que le sujet était très intéressant, toujours très bien traité, avec une place réaliste et sympathique accordée aux adultes. Mais j'ai eu un sentiment de déjà vu; les personnages d’ados mal dans leur peau et pourtant extrêmement attachants deviennent très courants en littérature de jeunesse. Je pense donc que mon sentiment est totalement personnel, dans la mesure où, si j’avais lu ce roman il y a un an par exemple, j’aurais pu avoir un coup de cœur. Mais après avoir lu Je suis ton soleil, la série des Quatre Sœurs ou encore Les garçons ne tricotent pas en public, j’avais déjà rencontré de nombreux personnages un peu comme Pétula : aux manies bizarres, qui adorent les chats, n’ont pas tellement d’amis et sont justes géniaux. Je les adore ces personnages, mais j’ai eu le sentiment de ne rien découvrir de nouveau. 

Cela ne change en rien mon opinion sur ce roman : c’est une pépite. Le texte est super, l’idée très bonne et surtout très bien menée. La couverture est en plus superbe, ce qui fait de ce roman un petit bijou, que je conseille à tous, ados, adultes et éducateurs. Merci aux Editions Helium pour cette lecture :)

mardi 29 août 2017

Grupp, le nouveau roman d'Yves Grevet

GRUPP, Yves Grevet
Editions Syros
528 pages
Dès 12 ans
Sortie le 31 août 2017

Mettez-vous à la place de Stan : grâce à l'implant LongFife, comme tous ses amis et ses proches, il ne craint ni la maladie ni les accidents et peut atteindre l'âge de cent ans en menant une petite vie tranquille. Est-ce que ça ne donne pas envie ? 
Maintenant, essayez de penser comme Scott, l grand frère de Stan : voulez-vous vraiment que vos battements de coeur soient contrôlés à tout instant ? Vous sentir traité comme un être irresponsable, fragile, et accepter que l'on décide à votre place de ce qui est bon pour vous ? 
Si la liberté et la part du hasard valent plus pour vous que votre sécurité, faites-le savoir. rejoignez le GRUPP. 

Le dernier roman d'Yves Grevet se passe dans un monde dystopique où les gens peuvent vivre très longtemps, sous certaines conditions : accepter d'être surveillé en permanence à travers vos battements de coeur et autres données physiologiques : s'ils sont trop rapides, on vous sauve d'une agression; s'ils sont trop lents, d'une crise cardiaque; ou encore, si votre niveau de fer est trop bas, on vous enjoint à manger de la viande et à dormir. D'accord, cela permet de vivre très vieux; mais où est la liberté ? 
C'est en tout cas la question que se pose un groupe de jeunes anti-système auquel appartient Scott, le frère de Stan. Ce dernier, encore collégien, ne se pose pas tellement de questions à propos de ces implants qui régentent sa vie. Il est plutôt content de se sentir en sécurité au quotidien. Mais quand il apprend que son frère de 17 ans est condamné à une peine de prison, les questions commencent à surgir. Avec son ami Sol, un intello drôle et plein d'esprit, il va mener une enquête sur son propre frère, afin de découvrir ce à quoi il passe ses nuits. J'ai bien aimé cette première partie du roman, du point de vue de Stan. Sa relation avec son ami Sol est extrêmement sympathique, avec des histoires de filles, des jeux d'esprit et de la poésie (Sol est vraiment un personnage que j'ai adoré !). A travers l'enquête des deux amis, on commence peu à peu à comprendre ce qu'est cette organisation  clandestine qui se fait appeler le GRUPP.

Puis la seconde partie du roman reprend la même chronologie, mais à travers le regard de Scott. J'ai encore plus apprécié ce point de vue. Scott a 17 ans et est un des fondateurs du GRUPP. Envoyé en prison pour d'obscures raisons, il va rencontrer les pires caïds et surtout se mettre au service d'une organisation visant à démanteler un des derniers réseaux de la mafia. Fort de ses compétences informatiques qui lui ont plus d'une fois permis de pirater le système LongLife, il sera d'une aide précieuse. 
J'ai beaucoup apprécié la façon dont yves Grevet a traité le thème de l'incarcération. Ce n'est pas courant dans les romans, et encore moins dans les romans jeunesse. Finalement les actions du GRUPP sont moins mises en avant que ce que j'aurais pu croire. Les ados qui en font partie deviennent  finalement les héros de la société. Cela peu paraître assez surfait, mais quand on regarde en détails le fonctionnement de la société LongLife, on se rend compte que toutes les interdictions et les surveillances perpétuelles et intrusives ont permis d'éradiquer presque totalement la criminalité; par conséquent, depuis plusieurs années, la police n'a plus le même travail. Donc voir des ados enquêter mieux que des pros n'est pas si surréaliste...

J'ai apprécié ce roman, plutôt long mais qui nous propose finalement trois histoires en une : une enquête sur ce qu'est le GRUPP (en cela le roman est très bien construit puisque le lecteur le découvre peu à peu), celle de Stan, qui se forge une personnalité, et celle de Scott, un jeune homme prêt à tout pour sauver sa liberté. Encore une fois, c'est une dystopie qui nous fait réfléchir aux dérives dans lesquelles on pourrait se faire emporter pour vivre "mieux", et quels dangers un assistanat accru pourrait provoquer. Par ailleurs Yves Grevet  fait une véritable apologie de la jeunesse à travers son roman, puisque ce sont eux qui sauvent et ouvrent les yeux aux adultes. C'est selon moi un peu exagéré mais pour un roman destiné aux ados, je pense le message pertinent.Enfin ce roman a quelque chose en plus par rapport à d'autres dystopies : ses référence littéraires et ses jeux de mots. J'ai apprécié la poésie de Sol, ainsi que l'explication de l'origine du nom du GRUPP. 

"On l'écrit GRUPP parce qu'on s'en fout des règles d'orthographe, parce qu'on n'est pas comme vous". [...] Ou bien des acronymes. Nous étions pour certains un "Groupuscule Rebelle Urbain de Pirates Passionnés" ou des "Grands Radicaux Utopistes Populaires et Pressés". Je ne peux pas tous te les citer. Il y en avait tellement et beaucoup étaient carrément débiles ou hors-sujet. Les membres du GRUPP en composaient sans arrêt pour faire rire les autres au moment des réunions. 

En résumé, Yves Grevet offre encore une fois aux ados (et aux autres !) un roman intelligent et bien construit, qui nous fait réfléchir aux dérives possibles de la société, en laissant la part belle aux possibilités infinies et aux courages de l'adolescence.

dimanche 27 août 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sur le transat ?!

Le soleil est revenu ! On peut enfin profiter davantage dehors, et surtout voir la mer :)
Cette semaine j'ai énormément travaillé pour la rentrée, mais j'ai aussi lu, et de bonnes lectures.

Ce que j'ai lu cette semaine


Marina Bellezza, Silvia Avallone

Marina, depuis toute petite, n'a qu'un rêve : passer à la télé. D'ailleurs elle chante très bien; tellement bien qu'elle va réussir à s'illustrer dans un télé crochet célèbre en Italie, et même à X-factor. Andrea, lui, est bibliothécaire dans une petite bourgade, ou plutôt, gardien de bibliothèque. Son ambition à lui ce ne sont pas les paillettes de la télé et de la célébrité, loin de là. Lui, il rêve d'élever des vaches et vendre leur fromage dans les montagnes du Piémont.
Tout les oppose et pourtant, depuis qu'ils sont petits, ils ont toujours vécu l'un avec l'autre; pendant six ans ils ont même connu un amour de jeunesse passionné. Mais les difficultés familiales ont eu raison de leur amour, et c'est trois ans plus tard qu'ils se retrouvent : Marina prête à toucher les étoiles et lui à changer de vie.

Ce roman nous offre une véritable réflexion sur l'évolution de la société, la crise, l'ascension sociale, et bien évidemment, l'amour impossible. En effet l'auteur met fortement l'accent sur la description d'une Italie qui change de visage. Nous sommes dans les années 2012, la télé et les grandes villes jettent leur ombre sur les petits villages ruraux. Les jeunes fuient la campagne ou bien justement retournent à la terre, dans un revirement de situation totale. Comme Andrea, fils d'un avocat devenu maire de sa ville. D'autres cherchent la lumière comme Marina, qui forcément ne s'en sortira pas sans quelques ailes brûlées. 
Ces descriptions politico-poétiques sur les campagnes délaissées m'ont semblé un tout petit peu "too much" par moments; mais à part ça, c'est un livre prenant. On a envie de savoir ce qu'il va advenir de ces deux personnages, dont les chemins pourtant totalement différents finissent toujours par bifurquer l'un vers l'autre. Le début du roman est un peu long à se mettre en place, on se demande quand est-ce que finalement ces deux là vont se retrouver; évidemment, on attend une histoire de chanteuse et une histoire d'amour ! Alors quand le roman commence avec la mort d'un cerf et la manière de s'en débarrasser, on peut se poser des questions. Mais l'auteur de D'Acier (que je compte lire un de ces jours) est très subtile en cela qu'elle pose des jalons et des images qu'elle invoquera tout au long de son histoire. Sur ces 600 pages, je n'ai vu passer que les 200 premières; ensuite le cadre et le passé des personnages sont suffisamment posés pour qu'on ne s'arrête plus de lire, avide de savoir ce qu'il va advenir de cette relation tonitruante. Leur histoire est d'autant plus bouleversante qu'elle est marquée de part et d'autres par des blessures familiales profondes, sur lesquelles l'auteur ne lésine pas. Un roman très bien construit, complet et globalement passionnant. 


Quand souffle le vent du nord, Daniel Glattauer

Une malencontreuse faute de frappe et l'histoire qui va marquer leur vie commence. Emmi souhaite résilier un abonnement à Like, un magazine, et par erreur envoie son mail à Léo Leike, un homme qu'elle ne connait absolument pas mais avec lequel elle va entretenir une correspondance pendant plus d'un an. Les mails se font de plus en plus intimes, de plus en plus fréquents; chacun les attend avec impatience, tombant peu à peu amoureux de la personne fantasmée derrière l'écran. Les échanges sont subtiles, sous le signe de la litote et autres euphémismes, lesquels dissimulent un désir bien réel : celui de donner de la matière à ces échanges, en se rencontrant. Mais peut-être que cela mettrait fin à cette idylle 2.0...
J'ai beaucoup aimé cette lecture; le roman est rapide à lire et plutôt prenant. Les deux personnages se prennent vraiment la tête parfois dans leur manière de rédiger, c'est assez subtile, ils jouent sur les mots, les ambiguïtés, les euphémismes. C'est d'ailleurs ce qui fait le charme de ce roman; ce n'est pas un échange épistolaire niais et convenu. Les mails sont plein d'esprit et même d'ironie. Chacun provoque un peu l'autre pour le faire sortir de ses retranchements, essayer de comprendre pourquoi aucun ne peut se passer des messages de l'autre. C'est d'autant plus complexe qu'Emmi est mariée et "heureuse dans son couple", comme elle le répète à l'envie. Un bon roman, qui change des habitudes et que je conseille à tous. Merci d'ailleurs à ma collègue du CDI qui me l'a chaudement conseillé depuis longtemps. Si tu passes par là :p.

Le livre que je lis en ce moment 

Je suis en train de le dévorer, et de me demander pourquoi je ne l'avais jamais lu auparavant... Il est tout simplement génial ! 


Pour le plaisir, voilà une grosse partie des livres lus cet l'été. 



Ce que je compte lire ensuite

Je ne sais pas du tout ! Peut-être un polar...

Sinon, que me conseilleriez-vous dans cette PAL ? 




mercredi 23 août 2017

TAG du lecteur !


1- Quel est ton rythme de lecture ?

Il y a un an je lisais environ un livre par semaine dans les meilleurs moments, et j’en étais satisfaite. Mais depuis que je me suis mise à la littérature de jeunesse, je lis beaucoup plus. Ces romans se lisent en effet très vite, bien plus vite qu’un livre de poche « adulte ». Par conséquent, je suis passée à 2 voire 3 livres par semaine. Ces derniers mois d’été, j’ai parfois dépassé les 10 livres par mois. Mais j’ai un peu de difficultés à être précise parce que finalement je ne compte pas souvent les livres que je lis. Je suis juste contente quand je termine un roman rapidement, parce que je peux passer au suivant ^^. Et oui, je suis ce genre d’humain pétri de désir, et pour laquelle le désir est meilleur que la chose en elle-même ^^. En tout cas pour les livres c’est souvent comme ça que je fonctionne : quand j’arrive à la moitié d’un roman, je pense souvent au suivant, surtout quand le livre est moyen…

2- Un ou plusieurs livres en même temps ?

Je lis un seul roman à la fois. Si je ne finis pas un roman ou ne me décide pas à l’abandonner, je ne peux pas en commencer un autre ; une sorte de culpabilité me prend sinon ! Donc un seul livre à la fois ; en revanche, j’abandonne facilement un livre qui ne me convient pas, sur le moment ou par son manque de qualités. Ainsi dernièrement j’ai abandonné La Porte de Magda Szabo, dont j’avais lu la moitié avec plaisir mais à travers lequel mon désir de dépaysement et de distraction n’était pas totalement satisfait. J’ai besoin de me détendre quand je lis, donc si ça ne prend pas, ça ne prend pas !

3- Papier ou E-book ?

Papier bien sûr ! J’ai besoin de sentir les pages, la texture de la couverture, l’épaisseur du livre, ce qu’il me reste à lire etc. Je n’ai jamais essayé la liseuse même si on m’y encourage depuis des années. Je crois que j’ai l’objet livre chevillé au corps :p. Je suis un être physique ^^.

4- Relis-tu tes livres ?

Non, justement, et c’est quelque chose que je regrette parfois de ne pas faire. J’ai relu les Harry Potter plusieurs fois quand j’étais ado, ainsi que quelques autres romans comme Les Royaumes du Nord de Philipp Pulman, ou encore Dix Petits Nègres ou La petite Princesse et Le Petit Lord Fantleroy (bon d’accord, je relisais beaucoup mes livres quand j’étais jeune !). Mais depuis que je suis au lycée, je ne relis presque plus, ou alors en VO (il me reste d’ailleurs encore les deux derniers tomes de la saga des Harry Potter à relire, ainsi que les tomes 2 et 3 de la saga de Pulman) et quelques romans classiques (pour le travail ou le plaisir). J’ai une sorte de blocage qui me dit « ne relis pas, tu perds du temps, et ce temps perdu ne te permet pas de découvrir de nouveaux romans. » Donc non, je ne relis pas, alors que justement cela pourrait m’aider en cas de panne de lecture (question épineusement douloureuse que je vais traiter à la question 7 !)

5 – Quel genre de livre lis-tu ?

Aujourd’hui je peux dire que je lis de tout ! Avant je vous aurais dit que je lisais de tout sauf de la SF et de la Fantasy, mais vu mon dernier coup de cœur ultime pour Aeternia, je peux dire que je ne suis pas réfractaire à ces genres (même si j’ai un peu de mal avec la science-fiction trop futuriste, style Illium, que mon mari me conseille de lire depuis des années, mais avec lequel j’ai du mal à accrocher. D’autant plus qu’il est très épais et que j’aime bien enchaîner les romans. Bref ^^). Je lis donc de tout, du roman contemporain, des polars (genre que j’affectionne de plus en plus !), des romans jeunesse (beaucoup !), des dystopies, un peu de romances, des romans à teneur historique, des classiques à l’occasion. En revanche je lis très peu de BD et de mangas, mais si je finis par m’inscrire à la bibliothèque, je pense que ça pourra changer. Il m’arrive aussi de lire des essais ou des livres de vulgarisation sur la psychologie et le développement personnel (mais je n’en parle pas sur le blog, c’est un peu mon jardin secret (grosse révélation du coup :p)).

6- Quel est ton rapport avec ta PAL ?

Alors, sur ce point, je diffère assez de nombreuses blogueuses lectrices parce que je n’en ai pas vraiment ; ou plus spécifiquement, j’en ai plusieurs petites. Une PAL des livres « urgents » à lire pour le CDI ou les Services Presse, et c’est celle dans laquelle je pioche le plus allègrement. Une PAL des romans que j’ai achetés parce qu’ils me semblaient intéressants et que je laisse traîner (certains sont mêmes rangés dans ma bibliothèque, intouchés depuis des années !) et j’ai aussi une petite PAL chez mes parents, constituée des romans que maman me conseille mais qui ne me font pas très envie sur le coup. Et parfois, quand il y a plusieurs romans qui me font très envie en même temps, je constitue une mini-PAL dans mon salon, comme ça je les vois tous les jours ! Il arrive ensuite que certains de ces romans rejoignent la « vraie » PAL, si finalement je n’ai plus tellement envie de les lire.
Voilà, j’ai donc plusieurs petites PAL, que je constitue au grès de mes envies. Mais ce qui m’angoisse le plus (oui je suis une angoissée de la lecture parfois ! Si je ne sais pas ce que je vais lire alors que je dois partir quelque part, ça me stresse encore plus. Le livre est comme un doudou pour moi. Et j’en ai besoin tous les soirs avant de m’endormir d’ailleurs :p). Donc ce qui m’angoisse le plus, c’est quand la PAL des romans jeunesse et celle des livres que j’ai très envie de lire diminue trop vite voire est vide ! C’est plus ou moins ce qui m’est arrivé dernièrement, puisque j’avais d’énormes piles de livres à lire pour les vacances, mais qui sont finalement descendues assez vite. Alors quand en plus j’ai eu fini mon dernier coup de cœur, c’était d’autant plus délicat…
Pour résumer : la PAL me rassure et m’angoisse à la fois, tout dépend ce qu’elle contient ! Et souvent, les romans poche peuvent y traîner un long moment. Pour certains, le bon moment pour les lire vient difficilement ; il arrive alors qu’ils retournent dans la bibliothèque, dans l’étagère des « pas encore lus ». Donc oui, j’ai plein de PAL !



Voilà la majorité de ma PAL ! Avec à droite la principale et à gauche la plus urgente (parce que livres prêtés ou du CDI). Le reste n'est qu'une jolie boîte dans laquelle je range mes marque-pages :). 

7- As-tu des pannes de lecture ? Que fais-tu pour y remédier ?

Je DETESTE les pannes de lecture, peut-être justement parce que je n’ai pas d’astuce absolue pour y remédier. Ainsi j’en ai connu une dernièrement et j’en ressens encore plus ou moins les affres… Cela faisait longtemps que je n’en avais pas eu en plus. Mais elles arrivent souvent après une période de lecture faste, au cours de laquelle j’ai enchaîné les livres (et pas uniquement des coups de cœur !). Une sorte de fatigue ou de lassitude parfois ; mais souvent, je suis en panne tout simplement parce que j’ai écumé mes envies de lectures du moment…
Le problème est surtout que j’ai du mal à trouver un dérivatif, lequel me permettrait de faire une petite pause et de me relancer ensuite. Comme je vous disais, le livre est comme un doudou pour moi, ça me rassure de savoir que j’aurais toujours quelque chose à faire avant de dormir ou dans les moments d’oisiveté. Alors quand je suis en panne, tout fout le camp ^^.
Ce qui a fonctionné pour moi cette fois, c’est de lire les derniers romans jeunesse que j’avais (et que je gardais d’ailleurs un peu en prévision d’un coup de mou). Mais comme ce sont les grandes vacances, cette PAL est tarissable (et je ne suis toujours pas inscrite à la bibliothèque !!). Donc j’ai eu quelques jours un peu pénibles mais c’est bien reparti dernièrement (sauf pour ma lecture en cours, Poulets Grillés de Sophie Hennaff, que j’ai abandonnée après avoir lu 100 pages presque d’un coup…).

8- Qu’est-ce qu’un lecteur ?

Vaste question ! Mais pour moi c’est quelqu’un pour qui la lecture est un loisir, un moyen de se détendre tout en s’ouvrant au monde. Un lecteur est quelqu’un qui porte en lui de tas d’histoires, et plus spécifiquement pour ma part des tas de brins d’humanité. Chaque personnage est une facette de l’être humain. Alors un lecteur est pour moi quelqu’un qui connaît mieux que d’autres la nature humaine, et sait faire preuve d’une grande tolérance.

dimanche 20 août 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sous le plaid estival ?

Bonjour à tous !
Je suis partie quelques jours dans ma famille, et je viens de rentrer. Je n'ai donc pas pu poster de nouvelles de mes lectures, mais j'ai bien lu. Voilà le bilan. 

Un roman abandonné et un autre que j'ai adoré



Malgré mes espoirs, je n'ai pas accroché au Septième Guerrier-Mage. J'ai donc abandonné cette lecture et ai commencé mon dernier SP de l'été pour Syros : Un roman d'aventures (ou presque) de Yaël Hassan. Je l'ai adoré, je vous en parle prochainement. 

Une lecture un peu différente


J'ai profité d'être dans ma famille pour lire un roman que j'avais acheté à ma mamie, le célèbre : Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une. Sous ce titre trèèèsss long se cache un roman hybride, entre essai de développement personnel et petite histoire sans prétention. On suit en effet Camille, une maman de 35 ans, qui voit sa vie partir à vau-l'eau, son métier, son couple, sa relation avec son fils, rien ne va vraiment. Elle souffrirait de "routinite". Derrière ce terme se cache Claude, un "psychologue" spécialisé dans le développement personnel. Au fil des chapitres, il va donner à Camille des conseils pour obtenir ce qu'elle veut dans la vie, être plus heureuse et plus épanouie. Ainsi elle va apprendre la gratitude, la pensée positive, les outils de communication non-violente et j'en passe. J'ai beaucoup apprécié cette lecture qui permet une synthèse illustrée de nombreuses techniques de développement personnel à la mode. A la fin du roman, il y a d'ailleurs un vade-mecum qui rappelle les différentes méthodes abordées au cours de la transformation de Camille, ce qui est bien pratique. Par ailleurs les outils présentés tout au long du roman sont chaque fois soulignés en gras, ce qui permet de le feuilleter ensuite. 
En bref une bonne lecture pour ceux et celles qui s'intéressent au développement personnel. Mais il ne faut clairement pas s'attendre à lire un roman palpitant. 

Un roman lu en partie 


J'ai lu la moitié de Poulets Grillés de Sophie Henaff. Au début cette lecture m'a captivée, j'ai beaucoup aimé le concept des rebus de la Police regroupés en une brigade "de la honte", commandités pour s'attaquer aux délits et crimes irrésolus des dix dernières années au 36, Quai des Orfèvres. Avec à leur tête Anna Capestan, étoile déchue de la Judiciaire. Ces alcooliques, mégalo, écrivain et bande de crétins vont partir en équipe à la conquête des zones d'ombres du passé. 
Ce polar se devait être une sorte de caricature du genre, plein d'humour et de dérision. Mais au bout d'une centaine de pages, une fois le speech et les protagonistes présentés, je n'ai pas bien ressenti l'humour... Je me suis lassée, surtout que plusieurs affaires sont traitées en même temps, par des équipiers différents, et qu'à ces chapitres qui se succèdent sans grande logique selon moi, s'ajoutent de courts passages où il est question de personnages non-identifiables avant au moins 200 pages... Bref, j'ai trouvé que c'était un polar très confus et une satyre qui ne tient pas ses promesses, surtout qu'il a reçu de nombreux prix... Alors j'ai préféré passer à autre chose :). 

Ma lecture en cours 


Le dernier roman de Pierre Lemaître ne pourra pas vous lâcher. Fin décembre 1999, Antoine Courtin, 12 ans, tue sans le vouloir le petit Rémy Desmedt, et le cache dans les bois. Pendant deux jours des recherches sont organisées pour le retrouver, on craint l'enlèvement. Mais le 26 décembre survient la fameuse tempête de Noël 1999... et les priorités changent.
Tout au long du roman on suit Antoine et ses angoisses, ses peurs d'être découvert et accusé. Quelques temps après la tempête, l'auteur opère une ellipse temporelle, Antoine a alors une 23 ans. Je ne vous en dirai pas plus, d'autant qu'il me reste encore quelques pages à finir. Ce roman est un bon thriller psychologique, un bon page-turner, et l'auteur n'use pas d'artifices pour nous donner la chair de poule. Il lui suffit de s'immiscer dans la psychologie de cet enfant assassin malgré lui, au remords étroitement chevillé au corps. Un bon moment de lecture !

Ce que je pense lire ensuite 




dimanche 13 août 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sous ... le plaid (oui oui, vous lisez bien :p)

Après toutes les émotions "lecturales" de cette semaine, je vous dois bien un petit compte-rendu !

Les "grands" moments de la semaine :
De dimanche dernier à jeudi, tout allait bien, plus que bien même, puisque je lisais Aeternia ! Pour la petite histoire, j'ai donc acheté le tome 1 samedi dernier suite à la vidéo de Margaud regardée le matin même (merci Espace Culturel de l'hypermarché !!) et j'ai eu la chance (et la présence d'esprit aussi...) de pouvoir acheter le tome 2 lundi, alors que je n'avais pas fini le premier. Je me disais que j'allais essayer de lire un roman du CDI en attendant, mais finalement, je n'ai pas résisté... J'ai quand même lu quelques pages du tome 2 du Labyrinthe, pour essayer, mais clairement, ça ne l'a pas fait...
Donc jeudi soir, j'étais triste comme les pierres, et surtout je ne savais que faire, et surtout que lire. Que faire finalement ça a été, puisque j'ai rédigé l'article sur Aeternia. Mais ma lecture du soir alors ?!!
J'ai feuilleté pas mal de livres, et j'en ai commencé deux : La Dame du Palatin, de Patrick de Carolis qu'une collègue m'a prêté et qui m'attire pas mal depuis le début de l'été, mais que l'épaisseur et la densité des premiers chapitres (selon les critiques que j'ai pu lire) me pousse à laisser de côté. Et c'est vrai, c'est dense, un peu indigeste au début, alors, pour plus tard !
J'ai ensuite commencé et même bien entamé Le goût du bonheur, tome 1, Gabrielle, de Marie Laberge. Je l'ai dans ma PAL, on me l'a prêté en m'en disant du bien, et c'est encore un coup de coeur de Margaud. Cela me semblait une très bonne idée ! Je lis donc un quarantaine de pages dès jeudi soir, et me dis "ouf, c'est bon, j'ai trouvé par quoi poursuivre, après un tel coup de coeur". Je continue un peu à lire vendredi et puis, au bout de 100 pages... je ne sais pas, une lassitude, un manque d'action, un manque de piquant. Je n'en dirai pas davantage car j'espère reprendre cette lecture sous de meilleurs hospices, mais clairement, après la claque Aeternia, il me fallait davantage de peps. En fait, la saga Aeternia aurait du êtes constituée de plein de tome, comme L'Assassion Royal. Là j'aurais été bien ! Bref, j'étais un peu désespérée, je voyais LA PANNE DE LECTURE se rapprocher de plus en plus. Alors ça non, pas de panne de lecture !!! Qu'est-ce que je ferais le soir avant de dormir sinon ??? (ok, gardez vos idées pour vous hein ^^)
Donc je me suis reportée sur un roman que je gardais pour la fin des vacances, pour le blues de la rentrée : le dernier tome de la série l'Elite, de Kiera Cass. Ce sont des romans que je lis en une journée, qui sont plutôt prenants bien que l'écriture ne soit pas transcdendante. Et je me suis dit que là, à situation particulière, dérogation particulière. Et j'ai eu raison...

Le dernier roman que j'ai lu en entier

L'élue, L'Elite #3, Kiera Cass
America se rapproche du but, mais c'est sans compter les attaques des Renégats...

J'ai apprécié cette lecture rapide qui a eu le mérite de me sauver de ma panne de lecture. Clairement ce tome est meilleur que le #2, il y a beaucoup d'actions, d'ailleurs ça s'enchaîne parfois trop vite pour être crédible. Mais bon, on se laisse emporter, on se doute de ce qui va se passer entre America et Maxon, mais pas par rapport aux enjeux politiques. Les Renégats se révèlent surprenants, et le destin des Castes est compromis, tant mieux. 
Il y a de grosses ficelles, des passages mièvres; toutefois ça se lit ! Et je ne vais pas cracher sur mon sauveur :p

J'ai donc lu ce roman en une journée, comme prévu. Et hier (merci Espace Culturel !) j'ai pu acheter ma lecture en cours, conseillée par une jeune femme sur la page Facebook du blog : Le Septième Guerrier-Mage de Paul Beorn. Je me suis renseignée et j'ai vu que c'était un bon page-turner, et qu'en plus il avait reçu le prix des Imaginales des Lycéens en 2016. De bons points. J'ai donc commencé dès hier soir. La couverture est très chouette en plus. 

Ma lecture en cours 


Le récit est à la première personne, ce dont je ne suis pas absolument fan mais bon. En tout cas le héros a une gouaille qui me rappelle un peu Desmeon, ça c'est chouette; et on a envie de savoir ce qui va lui arriver. Bon clairement je ne peux imaginer retrouver tous les ingrédients et l'alchimie d'Aeternia (sinon ça se saurait hein !) mais c'est pas mal. Je ne sais pas ce que j'ai avec la Fantasy en ce moment, mais ça me botte ! La vie est pleine de surprises, et puis il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, n'est-ce pas ?? Oui oui je me jette des fleurs :p.

Et vous, comment vivez-vous les jours qui suivent la lecture d'un coup de coeur ? 

jeudi 10 août 2017

Enorme coup de coeur : Aeternia de Gabriel Katz

Aeternia, duologie par Gabriel Katz 

J'ai terminé en un temps record la duologie fantasy de Gabriel Katz; je lisais dès que je pouvais : dans la voiture, le soir, le midi... et pourtant pas autant que j'aurais pu, j'essayais de ne pas avancer trop vite ! Bref, plus qu'un coup de coeur, ces moments de lecture représentent pour moi un idéal. Je vous explique. Déjà c'est un roman avec des chapitres qui s'enchaînent merveilleusement, sans jamais traîner en longueur. On a donc l'impression de bien avancer. En plus de ça, une intrigue très bien ficelée, d'un bout à l'autre. Pour un roman de Fantasy, il y a très peu de surnaturel et de magie. Et enfin, des personnages extraordinaires, tellement extraordinaire que j'ai retenu tous leurs noms ou presque, et m'en souviens encore... Et ça, pour moi, c'est rare ! D'autant plus rare qu'il s'agit d'un roman de Fantasy, et que c'est un genre que je fuis comme la peste d'habitude. Bref, une véritable surprise.
Certes j'en avais beaucoup entendu parler sur les blogs et Booktube, et c'est la vidéo de Margaud sur le Fantastique et la Fantasy qui m'a faite craquer; j'étais loin de penser que ces deux romans marqueraient autant mon parcours de lectrice

Pour entrer un peu plus dans les détails :

Aeternia raconte l'histoire d'une guerre de religion : les adeptes d'un nouveau culte, le culte d'Ochin, s'opposent à la religion en place, celle de la Déesse. Rien de bien original là-dedans. Oui mais; là où l'auteur a été fort, c'est qu'il a organisé son histoire autour de l'alternance des points de vue à la troisième personne, alternance à laquelle s'ajoute le flux et le reflux de héros récurrents et de personnages de tous horizons. Ainsi le lecteur a une vision globale de tout ce qui se trame (ou presque), dans un camp comme dans l'autre. 
Je vous parlais aussi des personnages : ces derniers sont fouillés, attachants et loin de ce que j'imaginais pour un roman de Fantasy. J'ai adoré les deux héros masculins, Leth Marek et Desmeon. Le premier évolue dans le premier tome, le second est plus fouillé par la suite. Desmeon est même plus qu'un héros : c'est un combattant remarquable, un dom juan notable et un être particulièrement sensible et surtout plein d'humour. J'ai adoré ses réparties, et l'amour qu'il voue au petit chien de Leth Marek, le champion d'arènes. Dez, comme on l'appelle, est un personnage que je n'oublierai pas de si tôt, et même la fin de l'histoire nous réserve de sacrées surprises le concernant. J'ai aussi apprécié un personnage féminin, Synden, la jeune prostituée qu'on découvre dans le tome 2. Elle est courageuse, fougueuse et amoureuse de Dez. Je n'ai en revanche pas apprécié Neesydia, la jolie prêtresse fourbe à souhait sous son beau sourire. Les autres personnages m'ont bien moins interpellée, notamment Varian, le principal protagoniste du "clan" de la Déesse. C'est un arriviste finalement assez fade. Les prêtres des différents cultes sont quant à eux exécrables, uniquement interessés par le pouvoir et l'argent. Et effectivement, à travers ce roman d'actions et de complots, c'est une critique de la société et des hommes très réaliste qui nous est livrée... Il reste deux personnages secondaires que j'ai beaucoup apprécié : le Baron de Ridan pour sa bonhommie et son plaisir à voir son château reprendre vie après ses longues années de solitude, et Mae Nam, la notable qui recueille Desmeon vers la fin du dernier tome. Je l'ai trouvée chouette, distante mais avec un grand coeur. 


Je me surprends moi-même. C'est la première fois que je m'attache à autant de personnages et suis capable d'émettre un jugement à leur propos. D'habitude je lis pour l'intrigue, les pensées des personnages, les idées et les points de vue que je peux faire miens. La dernière fois que cela m'est arrivé était il y a deux ans, avec Fan Girl, roman pour lequel j'avais eu un coup de coeur ultime. Dans ce roman jeunesse, l'univers de la fac et le personnage de Cath (tiens tiens ^^) avait provoqué la magie de l'identification. Mais avec Aeternia, clairement, où serait l'identification avec des champions d'arènes et des prêtresses ? C'est donc un coup de coeur d'un autre genre, un coup de coeur pour un roman à la construction parfaite à mon sens. 

Et pour finir mon argumentaire sur ce roman idéal : je ne me suis pas pris une seule fois la tête à
comprendre et suivre l'intrigue ! Tout est fluide, on comprend tout bien, je retenais tous les évènements et suivais très bien leur enchâssement. C'est rare, très rare pour moi, qui exècre tout ce qui touche à des intrigues politiques et religieuses. Gabriel, je ne sais quel est ton secret, mais je te tire mon chapeau !

Bref, je conseille ce livre à tous, jeunes, vieux, amateurs de polars, romances ou quoi que ce soit. Je pense que tout le monde peut aimer. Et c'est un roman que je vais prêter, offrir, conseiller, bref, en plus d'un roman idéal à lire, c'est le livre idéal à partager. 

PS : j'ai joint à mon article les images des éditions de Poche, et je dois dire que la couverture du premier tome est complètement décevante et surtout ne reflète en rien la grandeur du roman, comme pouvait le faire la version originale. J'ai préféré celle du tome 2, même s'il y a aussi à redire. 

dimanche 6 août 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sous le para(pluie)sol ?

Le bilan hebdomadaire :)

Un roman que je n'ai pas terminé :

« C’est moi qui ai tué Emerence. Je voulais la sauver, non la détruire, mais cela n’y change rien. » La Porte est une confession. La narratrice y retrace sa relation avec Emerence Szeredás, qui fut sa domestique pendant vingt ans. Tous les oppose : l’une est jeune, l’autre âgée ; l’une sait à peine lire, l’autre ne vit que par les mots ; l’une est forte tête mais d’une humilité rare, l’autre a l’orgueil de l’intellectuelle. Emerence revendique farouchement sa liberté, ses silences, sa solitude, et refuse à quiconque l’accès à son domicile. Quels secrets se cachent derrière la porte ?

J'ai acheté ce roman il y a quelques mois, suite à la lecture du résumé mais aussi en raison du bandeau estampillé Pennac, et puis de la couverture, que je trouve très belle. J'ai commencé ma lecture et ai découvert un univers auquel je ne m'attendais pas : désuet, clos sur lui-même et un peu fantastique. Je pensais que la relation entre la narratrice et sa domestique serait plus détaillée, plus psychologique. Mais en réalité, l'auteur brosse le portrait de l'étonnante Emerence à travers les yeux de la romancière. Je n'ai pas eu le courage de poursuivre ma lecture, pourtant bien commencée, à cause de la lenteur de certains chapitres, orientés sur le passé d'Emerence ou bien sur celui d'autres personnages. Encore une fois, dès qu'il s'agit d'Histoire ou bien d'illustration culturelle et politique, je me lasse... 
J'ai quand même laissé un marque-page dans le roman, parce que cette histoire de porte m'intrigue beaucoup... D'autant plus que je viens de lire qu'en réalité le roman a une dimension auto-biographique. Cette Emerence quasiment mythologique aurait existé dans la vie de l'auteur. C'est donc un roman qui joue avec le suspense, ce qui fait qu'on peut avoir bien envie de le continuer !

Un coup de coeur :



Le premier roman d'une jeune auteur auto-éditée, donc je vous fait l'apologie dans cette chronique.

Ma lecture en cours : 


Suite à la vidéo de Margaud, j'ai eu envie de me lancer dans cette duologie dont j'entends parler depuis longtemps, Aeternia. J'ai commencé le tome 1 hier soir, et j'avance très vite. Je ne boude pas mon plaisir, alors que d'habitude j'ai du mal avec la Fantasy. Mais là, comme le laissaient présager tous les bons avis que j'ai entendu, on ne s'ennuie et ne s'embrouille pas un instant ! Pourvu que ça dure :p.


J'ai acheté la version Poche (comme souvent !) mais je vous mets la couverture du grand format, qui est beaucoup plus belle. Dommage pour l'édition Pocket d'ailleurs...
  

samedi 5 août 2017

Coup de coeur pour un premier roman : Les douceurs d'Adrien, Céline Theeuws

Il y a une semaine environ, j'ai reçu un mail sur la page Facebook du blog : Céline Theeuws, une jeune auteur auto-éditée. Elle me demandait si je voulais recevoir son livre dédicacé. J'ai rapidement lu le résumé : 

Louise, une romancière atteinte de troubles obsessionnels compulsifs qui vit recluse dans son appartement parisien va faire la rencontre d’Adrien, un pâtissier créatif qui puise son inspiration dans la rue et dans les livres. Fermement décidée à ne jamais ouvrir sa porte, elle va se heurter à la détermination du jeune homme qui va s’insinuer progressivement dans son quotidien monotone rempli de rituels. Avec tendresse et humour, ce roman montre la difficulté de rompre avec un équilibre de vie douloureux mais bien installé.

Je me suis dit qu'une héroïne romancière me plairait certainement, et que même si ça semblait un peu léger, un peu chick-litt, je pouvais tenter ma chance. Je l'ai donc reçu peu après dans ma boîte aux lettres. Le livre est mignon, épuré, un peu girly vu comme ça, mais agréable. Et j'ai commencé ma lecture. 

Presque immédiatement j'ai été happée par le personnage de Louise. Cette jeune femme sensible, romancière en plus de cela, et qui voit sa vie dévorée par les tâches ménagères m'a émue. J'ai trouvé que l'auteur parvenait très bien à rendre compte de ses tocs, dans une juste mesure : suffisamment précis pour qu'on se rende compte du calvaire qu'elle s'impose, suffisamment mêlé au reste de l'histoire pour qu'on n'en fasse pas une overdose. 

A la lecture du résumé, je craignais plusieurs choses : que l'aspect tocs soit traité de façon expéditive, et que la jeune femme en guérisse très vite grâce à l'amour (un peu cliché). Et aussi qu'elle soit très rapidement libérée de ses troubles et que la moitié du roman soit consacrée à l'histoire d'amour avec Adrien. Or il n'en est rien, si ce n'est qu'il est vrai que tout de même Louise sera sauvée par l'amour, mais de manière douce et progressive. Par ailleurs le personnage d'Adrien est attachant, gentil sans trop en faire. Comme le laisse penser le résumé, je croyais que la place de la pâtisserie serait plus prégnante, un peu étouffante, comme un excès de sucre; en définitive, le tout est très bien dosé. J'ai d'ailleurs dégusté ce livre lentement mais sûrement, appréciant l'évolution du personnage mais également la plume de l'auteur. Céline Theuuws s'amuse à user de termes désuets ou peu usités, arrogance coquette de notre recluse volontaire. J'ai apprécié cela, d'autant que la narratrice est une romancière reconnue. 
Concernant les tocs, comme je vous le disais, le trouble est bien rendu, avec un très bon dosage. J'ai énormément appris grâce à la lecture de ce livre. Les angoisses de Louise l'obligent à astiquer pendant des heures, laver et relaver ses vêtements, lessiver les commissions qu'elle se fait livrer et surtout à vivre enfermée chez elle pour qu'aucun microbe ne puise s'y introduire. Le roman est en cela extrêmement bien fait, puisqu'on se rend compte du quotidien de la jeune femme, à laquelle je ne savais d'ailleurs pas donner d'âge au début du roman, forte qu'elle était de son vocabulaire châtié et de ses petites habitudes immuables, finalement sources d'une solitude douloureuse. On s'attache très facilement au personnage dans ce huis-clos qu'est son appartement; on la suit dans ses tâches quotidiennes, puis dans la rédaction de son nouveau recueil de nouvelles. L'amour avec Adrien naît peu à peu, mais ça n'est pas tant cela que son retour à la vie qui est au coeur de l'histoire. 

Je crois que c'est tout cela qui fait que j'ai été très touchée par le roman : la capacité de résilience de Louise, l'illustration tout en douceur d'un trouble que je n'avais jamais vu traité dans la littérature auparavant, et la magie de l'inspiration venue du sucre et de l'amour. 

J'ai bien entendu été un peu surprise par certains choix de rédaction ou par certains épisodes, et j'ai eu la chance d'échanger avec l'auteur elle-même. Ceci dit, pour un premier roman, rédigé en un mois, sur une inspiration fulgurante, je dois dire que la qualité est véritablement au rendez-vous.

Pour finir cet article, je voudrais remercier Céline Theeuws : tout d'abord pour ce roman qui m'a beaucoup touchée, et qui je l'espère touchera d'autres lecteurs d'ici peu. Et ensuite pour les échanges que nous avons eus, et que nous continuerons d'avoir, je l'espère. Elle a su répondre à mes questions, et surtout, elle est pour moi une preuve que tout est possible (elle me comprendra :p). 

mardi 1 août 2017

Broadway Limited, Malika Ferdjoukh

Broadway Limited, Un dîner avec Cary Grant, Malika Ferdjoukh

Après avoir entendu beaucoup de bien de ce roman, nous avons décidé avec ma collègue de l'acheter pour le CDI et j'ai profité des vacances pour le lire (c'est tout de même un pavé de presque 600 pages !). Avant de commencer ma lecture, je me disais que le nom de l'auteur me disait quelque chose, mais impossible de remettre un titre dessus. J'ai donc commencé ma lecture en me fiant au résumé...

Normalement, Jocelyn n'aurait pas dû obtenir une chambre à la Pension Giboulée. Mrs Merle, la propriétaire, est formelle : cette respectable pension new-yorkaise n'accepte aucun garçon, même avec un joli nom français comme Jocelyn Brouillard.

Et puis j'ai lu les premières lignes.

La jeune fille ouvrit la porte au jeune homme. Un essaim de feuilles rouges s'engouffra aussitôt à l'intérieur de la maison tel un gang de sorcières à l'affût. 
La jeune fille était brune et sans doute souriait-elle. Difficile d'en être sûr à cause de la sphère en bublle-gum rose, d'un diamètre épanoui, qui lui poussait au milieu de la figure. 

J'ai de suite reconnu quelque chose, un style, des décalages, une poésie. Et ça y était : la série des Quatre Soeurs, mais bien sûr ! Le style inimitable de Malika Ferdjouk ne trompe pas, si décalé, drôle, empirique parfois, et surtout très reconnaissable. 
J'ai poursuivi ma lecture encore plus ravie que je ne l'étais, heureuse de retrouver un univers qui fasse écho à celui des soeurs. Le contexte est toutefois très différent : l'intrigue se passe en 1948, en Amérique, peu après les conflits qui ont secoué le monde. Jocelyn arrive de France, avec son aura différente, un peu fantasmée, aux odeurs de Paree. Il n'a pas de difficultés à se faire une place au milieu de toutes ces femmes à la pension Giboulée; elles sont toutes adorables (ou presque). Chacune a une vie dense, très occupée, par les hommes et les arts. Les chapitres s'enchaînent et on découvre petit à petit et de mieux en mieux Manhattan, Chic et quelques autres filles aux prénoms improbables. On les suit dans les nuits américaines, les cafés, bars, drugstores et autres clubs, où chacun doit batailler pour se faire une place. Jocelyn lui aussi construit sa vie autour du paino, des filles et de Thédora. L'histoire qui m'a le plus touchée dans ce premier tome est celle d'Hadley, deux ans plus tôt, et sa rencontre avec un soldat dans le Broadway Limited, ce train qui donne son titre au roman. 

Ce premier tome a été assez long à lire, sans doute en raison du style si particulier qui nous déroute à tout moment avec ses hypallages (alliance de mots incompatibles), métaphores et autres figures acrobatiques. Et puis en raison des nombreux personnages aux noms déroutants. La lecture qui en résulte est donc d'une certaine manière doublement plaisante, puisqu’à une jolie histoire s'ajoute un style unique  ; toutefois j'ai moins apprécié les histoires des personnages de la pension que je n'avais pu aimer celles de Geneviève, Charlie et les autres sœurs. Je me suis beaucoup moins attachée aux personnages. Il n'empêche que je lirai le second tome avec plaisir, quand il sortira, surtout pour retrouver l'univers si particulier, si éthéré et fantaisiste de Malika Ferdjoukh.

En complément, le très bon article (comme toujours !) de Marinette.