mercredi 26 juillet 2017

Retour de vacances !

Après quelques jours de vacances souvent pluvieux mais reposants, un bilan s'impose !

Pendant cette dizaine de jours j'ai lu trois romans, dont un bien épais :


La chronique ICI !

Un service-presse dont j'ai lu les épreuves non corrigées : 

Le dernier roman d'Yves Grevet, Le Grupp. Je vous en parlerai le moment venu :). 

Et enfin le premier volet d'une trilogie qui a connu un beau succès : 


J'ai adoré cette lecture, la chronique est à venir. 

mardi 25 juillet 2017

L'amie prodigieuse II, le nouveau nom

Enfin je les ai lus tous les deux, ces deux premiers opus de la saga qui fait couler tant d'encre ! Après avoir été un peu mitigée sur le premier tome, je le serai un peu moins pour ce second volet, malgré quelques bémols. 

J'ai adoré le début du roman : on retrouve Elena au mariage de Lina. Celle-ci, à peine la cérémonie finie, part en lune de miel avec Stephano, pour découvrir son vrai visage. Tout cela, Elena peut nous le raconter grâce aux cahiers que Lina lui a confiés, et qu'elle a décidé de lire sans sa permission. Cette mise en abîme de l'histoire, à plusieurs voix finalement, est un aspect qui m'a beaucoup plu. Le fait qu'Elena réécrive l'histoire de son amie prodigieuse grâce au récit qu'elle-même en a fait est un concept intéressant. Mais c'est aussi là que la bas m'a blessée : j'ai trouvé que souvent, Elena s'effaçait trop au profit de considérations psychologiques plus ou moins convaincantes sur elle, son amie et leurs diverses relations. Je préfère largement les passages où elle narre sa vie, ou celle de Lina. Ainsi tout le récit des histoires avec le magasin de chaussures, l'affiche etc, m'a semblé assez long. En revanche j'ai adoré la plus grande partie du roman, qui se passe à Ischia, avec Nino. Je ne m'attendais pas à de tels retournements de situation.

Je me rends compte qu'à travers ce livre j'ai pris plaisir à retrouver des épisodes qui me font penser à l'autobiographie de Simone de Beauvoir, Mémoires d'une jeune fille rangée. Elena me fait un peu penser à elle, intelligente mais hésitante, différente, peu sûre d'elle. La comparaison s'arrête là pour le moment car Simone va prendre un essor qui ne sera peut--être pas celui de la narratrice (je découvrirai cela dans le tome suivant, quand il sortira en poche !). Et puis il y a bien entendu le fait qu'Elena devienne écrivain : j'ai beaucoup aimé cela, même si elle ne s'appesantit pas sur cet aspect. C'est sans doute d'ailleurs ce qui fait la force de ce roman : il n'est ni l'autobiographie de la narratrice, ni le simple récit de la vie de son amie. C'est un savant mélange des deux, avec des dosages plus ou moins convaincants à mon goût, mais qui ont le mérite d'être originaux. 
C'est aussi ce qui rend la vie d'Elena assez délicate : elle se construit presque uniquement à travers l'aura de son amie. De ce fait, même lorsqu'elle écrit son premier roman, on peut y voir en creux le récit d'enfance de Lina : La Fée Bleue. Il en va de même pour leurs vies : vases communiquant, interchangeables ou presque, en compétition permanente. Pourtant elles sont souvent séparées, vivent de très longues périodes chacune de leur côté, et se retrouvent toujours, finalement. 

En dépit des quelques bémols qui ont rendu ma lecture un peu aride par moments, cette saga est tout de même très originale et vraiment intéressante. On y lit bien l'évolution d'une société, avec l'accession bourgeoise aux commerces, à l'argent, mais aussi l'archaïsme de la soumission féminine et des moeurs de la vie quotidienne. C'est un roman complet, palpitant le plus souvent, mais avec quelques longueurs selon moi. 

Suite à ce second tome je comprends mieux l'engouement que la saga suscite, mais ne suis pas encore devenue une fan absolue. 

dimanche 16 juillet 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sur le transat ?!


Ce que j'ai lu cette semaine 

Ne regarde pas, Expérience Noa Torson #2, Michelle Gagnon

J'ai bien aimé cette suite, même si j'ai préféré le premier volet. On en apprend moins sur Noa et Peter mais davantage sur d'autres personnages attachants, comme Amanda. Ce deuxième opus se lit bien, mais sans gros plus.

J'ai aussi lu Les optimistes meurent en premier, le dernier roman de Susin Nielsen envoyé par les éditions Hélium. J'ai beaucoup aimé ma lecture. Mais il ne sort que le 30 août, donc je dois attendre un peu plus d'un mois avant de vous publier ma chronique :).




L'homme aux cercles bleus, Fred Vargas

C'est le premier rompol de Fred Vargas mettant en scène Adamsberg; comme j'ai envie de creuser davantage le personnage, je me suis dit que j'allais commencer dans l'ordre. C'est chose faite. 
Mais j'ai été assez déçue par cette lecture : l'intrigue policière est loin d'être passionnante, et surtout elle est noyée de discours plus ou moins cohérents, émanant de personnages plus ou moins dérangés et décalés. J'ai donc eu un peu de mal à aller au bout de mal à aller au bout de ma lecture, bien que j'ai plutôt apprécié les premiers et derniers quarts du roman. 
J'avais été prévenue que ce premier tome était moins palpitant que d'autres, et c'est vrai. Toutefois, si on s'accroche bien à ces méandres de pensées et autres associations d'idées, on découvre un style littéraire recherché, à la frontière de l'absurde et du surréaliste. On sent que Vargas veut montrer la vie telle qu'elle est, les pensées telles qu'elles sont, parfois insaisissables. Heureusement cependant qu'elle n'a pas poursuivi dans cette veine un peu absconse dans ses autres romans, car les lecteurs se seraient lassés. 


Un roman pas encore chroniqué 

La cave, Natasha Preston

Alors qu'elle se rend à une fête, Summer est enlevée par un dangereux psychopathe, qui se surnomme Trèfle. Dans sa cave aseptisée et parfaitement aménagé, il enferme quatre jeunes femmes pour se créer une famille...

Ce thriller ado avait tout pour plaire : une bonne intrigue, l'alternance des points de vue (celui de Summer, de Trèfle et enfin du petit ami de Summer). Mais j'ai été déçue, surtout par le début : les émotions de Summer, au moment de son enlèvement, ne m'ont pas semblé très réalistes. Elle ne fait que penser à son petit ami, a à peine peur et se rend à peine compte de ce qui lui arrive. En plus les autres filles qu'elle rejoint sont carrément soumises, aseptisées elles aussi. On comprend finalement peu à peu pourquoi, grâce notamment au point de vue de Trèfle, et ce manque de réaction s'explique. Et puis comme c'est un roman ado, il est normal que l'auteur ne s’appesantisse pas de détails sordides. La suite du roman est plus réaliste, et heureusement car j'ai failli abandonner ma lecture, déçue que j'étais par rapport à ce à quoi je m'attendais. 
Je vous mets en lien l'article de Margaud; il s'est avéré qu'on a lu ce roman en même temps, mais qu'elle a beaucoup aimé.


Ce que je lis en ce moment 




J'ai commencé le roman sur les chapeaux de roues, surtout qu'on retrouve Lina à la fin de son mariage, là où on l'avait laissée dans le tome 1. Mais après le récit du voyage de noces, l'intrigue s'enlise un peu à mon goût dans des considérations de clans, d'argent et d'arrivisme. Espérons que ça va évoluer, j'en suis à la page 140... 

Et vous, que lisez-vous en cette période estivale ?

mardi 11 juillet 2017

Train d'enfer pour Ange rouge, premier tome des aventures de Franck Sharko !

Train d'enfer pour Ange Rouge, Franck Thilliez

Avec Ludo, nous avons découvert Franck Thilliez à peu près en même temps, et on s'était dit qu'une Lecture Commune serait sympa. On s'est donc rabbatus sur le premier tome de la saga Sharko-Hennebelle, qu'on n'avait lu ni l'un ni l'autre. 

Cette lecture a été un peu laborieuse pour lui comme pour moi. La cause ? Un style un peu surfait, superfétatoire, gueulard et pas très chic. En effet dans ce tome Thilliez fait prendre la parole à Sharko. Ce récit à la première personne, par les mots de ce policier un peu brut de décoffrage, ça promet. Ajoutez à cela les débuts de l'auteur, et vous obtenez un mic-mac littéro-explosif, farouche et rude. Sharko a beaucoup de peur et de colère en lui, ce qui se ressent dans ses réponses et remarques lapidaires et souvent cassantes. Ces dialogues explosifs s'entrecroisent avec des descriptions à la limite de la poésie, mais plutôt du côté de la lourdeur. Je mets ça sur le compte des débuts de l'auteur. La lecture en reste parfois mal aisée toutefois. Heureusement que l'intrigue est comme toujours prenante. On est tenu aux tripes par ces meurtres sanglants, ces femmes torturées pendant des jours par un type fasciné par la souffrance. Sachant qu'en plus la femme de Sharko a disparu, l'intrigue prend une pente encore plus troublante... 

J'ai eu le sentiment que dans ce premier tome, Thilliez mettait son lecteur face à un choix : le suivre, ou pendre ses jambes à son cou. En effet, dès le début, tout le gore y passe : la salle d'autopsie dans ses moindres détails; la mise en scène morbide de la première victime; les lieux glauques et les caves masochistes qu'il visite; les leçons de bondage sur Internet, et j'en passe. Du sang, du sexe... et la gouaille de Sharko. Tout y passe ! 
C'est un style et un univers qui ne me dérangent pas dans les romans; je ne sais pas si j'aimerais voir ça sur grand écran, mais les thrillers noirs ne me mettent pas trop mal à l'aise. D'ailleurs là on était proche de l'esprit Chattam, bien glauque et gore. Les autres romans de Thilliez seront plus érudits encore, plus scientifiques. En tout cas pour un premier roman ça reste du bon boulot, et pour nous de bons moments de lecture. N'est-ce pas Ludo ??
En plus j'ai toujours eu envie de découvrir qui était Sharko avant la mort de sa femme, et les débuts de sa maladie mentale. C'est chose faite. Même si on ne saura jamais vraiment comment il était quand sa femme allait bien; ça, l'auteur se garde bien de nous le dire. Et le sait-il lui-même ? C'est vrai qu'un personnage tourmenté est tout de même plus intéressant à travailler...
Il me tarde maintenant de lire la suite, Deuils de Miel, et puis peut-être le tout dernier de l'auteur, intitulé Sharko !

Je vous laisse aller voir l'article de Ludo pour plus de détails sur l'intrigue. Et merci à toi pour cette lecture commune !!

dimanche 9 juillet 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sur le transat ?

Un petit bilan s'impose, ça fait longtemps !

Livres lus le mois dernier :

Le mois dernier, j'ai lu pas moins d'une bonne dizaine de romans. Un mois faste, avec en plus plusieurs coups de coeur :


Je suis ton soleil de Marie Pavlenko
La Terre qui penche de Carole Martinez

et d'autres très bonnes lectures !

     


Et enfin des lectures sur la danse : 




Livres lus la semaine dernière : 



Sauveur et Fils, tome 1, un coup de coeur ! J'ai hâte de lire la suite.
Le dernier Fred Vargas, une excellente surprise qui me donne envide d'approfondir du côté du commissaire Adamsberg. 

Derniers romans lus et pas encore chroniqués : 



Ce que je lis en ce moment : 


Et je passe de très agréables moments de lecture, l'intrigue est très bonne et c'est bien écrit !

Ouf, me voilà au bout de ce bilan plutôt chargé ! Je crois que je n'ai jamais autant lu !!
Désolée de ne pas avoir toujours pu mettre les liens vers les articles, blogger n'est pas toujours docile, et les liens sur les images mettent ma mise en forme à mal...

Et vous, que lisez-vous ?

vendredi 7 juillet 2017

Quand sort la recluse, le dernier Fred Vargas

Quand sort la recluse, Fred Vargas

Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu de roman de cette auteur ; alors quand j’ai vu son dernier dans la bibliothèque d’une amie, fraîchement lu, je n’ai pas hésité à accepter qu’elle me le prête :p. En plus j’ai adoré la densité de l’objet, avec cette couverture plutôt douce et ces pages épaisses juste comme il faut. Bref, passons au propos.

Jean -Baptiste Adamasberg est rappelé d’urgence d’Islande, où il passait quelques jours de vacances, pour résoudre une enquête : une jeune femme renversée. Par qui ? Son mari, son amant ? Mais finalement, c’est par un écran d’ordinateur que l’énigme avec un grand E saute aux yeux d’Adamsberg : la recluse, cette araignée venimeuse, a tué plusieurs personnes. Des hommes, plutôt âgés. Du venin mutant ? Une concentration inhabituelle ? Fidèle à sa manière de penser plus qu’originale, complètement instinctive et intuitive, le commissaire pressent que quelque chose cloche. Il va donc partir sur la piste de cette fameuse Recluse.

Pendant ma lecture je suis tombée sur cette vidéo de Piko Books, qui m’a donné à réfléchir.


Grâce à sa vidéo, je me suis rendue compte que Fred Vargas n’écrivait pas des romans policiers comme Thilliez ou Chattam ; j’ai réalisé que Fred Vargas touche à la littérature avec ses « rompol » ; romans-polars. Un concept qui mêle enquête, psychologie des personnages, évolutions de ces derniers dans la saga Adamsberg, et puis jeux avec le langage. Si l’on considère, comme j’ai à le penser, que la littérature naît d’un univers et d’un style, Fred Vargas a bien les deux. En commençant le roman je m’étais bien rendue compte que son écriture n’était pas si simple ; qu’il fallait un peu de temps pour s’y adapter. Maintenant que je lis de nombreux romans jeunesse, je réalise que cette impression est la marque de quelque chose de plus ; la marque de la littérature. En littérature de jeunesse, le style est toujours le même, efficace, simple, quand il n’est pas médiocre. Mais là, j’ai senti que ça achoppait un peu ; qu’il me fallait un peu de temps pour m’habituer à sa petite musique. Bon signe finalement ! Tout cela s’est confirmé par la suite : le roman est construit sur des jeux de mots, les ambiguités de sens, comme une enquête sur le langage, ses méandres, sa polyphonie. Ainsi, comme je m’y attendais un peu, le choix du nom de l’araignée n’est pas anodin : une recluse n’est d’ailleurs pas seulement une bête à huit pattes… ! Par ailleurs j’ai aimé sentir, dans les dialogues de l’auteur, les influences du théâtre de l’absurde et du surréalisme. A cela s’ajoute de nombreuses répétitions, des sortes de gimmick qui caractérisent les personnages. C’est véritablement le genre de livre que j’affectionne, dans lesquels il y a une recherche sur la langue en plus d’une bonne histoire.

Enfin j’ai complètement adhéré au personnage d’Adamsberg : ce commissaire étonnant, qui ameute sa brigade pour nourrir un couple de merles et leurs petits, ou bien pour aller manger une garbure au restaurant. Qui s’embarque dans une enquête à cause d’un espèce de malaise que crée en lui un mot, une intuition, une bulle de pensée. Ces proto-pensées caractérisent Adamsberg et son originalité. Il marche à l’instinct, à l’intuition, porté par ses bulles dans ses limbes. Et pourtant si attentif à tout ce qui l’entoure ! Il est déroutant, étonnant, souvent difficile à suivre (pour le lecteur comme pour ses acolytes !) mais tellement attachant !
J’ai terminé ce roman il y a un peu plus de 24 heures, et j’ai du mal à lire autre chose. Je reste imprégnée de ce style, de cet univers, presque amoureuse de ce personnage. Je pense que je ne vais pas tarder à me procurer L’homme aux cercles bleus et autres qui mettent en scène Adamsberg. Pour rester un peu sous ce charme, j’écoute son interview avec François Bunel, à la Grande Librairie…
Je crois qu'on peut dire que ce fut un coup de coeur. 


Ce qu'elle dit sur son roman et sa manière d'écrire, sur la fin, est tout simplement extraordinaire !

mercredi 5 juillet 2017

Sauveur et fils, saison 1 , Marie-Aude Murail

Quand on s'appelle Sauveur, comment ne pas se sentir prédisposé à sauver le monde entier ? 
C'est la question que se pose Sauveur Saint-Yves, 1m90, antillais et psychologue. Chaque jour défilent dans son cabinet des Margaux, des Gabin, des Charlottes, aux familles décomposées, recomposées, aux gros problèmes et petits soucis. Et Lazare, son fils de huit ans, écoute aux portes...

Complètement occupé à soigner ses patients, Sauveur en oublie son petit garçon, qui souffre en silence de l'absence de sa maman et fait des recherches sur la scarification et les TS à ses heures perdues, quand il attend que son père ait enfin un peu de temps pour lui. 
Bon, dit comme ça, c'est pas génial; mais en réalité, ce roman est formidable. La relation entre Lazare et Sauveur est super. Sauveur est un psy génial, qui nous apprend à écouter et aiguiller, sans s'immiscer, petit à petit. Les ados dont il s'occupe deviennent des personnages à part entière, auxquels on s'attache et qu'on a envie de voir évoluer. Lazare a un copain d'école qui a une jolie maman, et ça présage des épisodes sympa pour la suite. Et puis Lazare adopte un hamster... d'où la couverture !
Tout ce que je vous dis est très décousu n'est-ce pas ? Mais ce livre c'est un peu ça, il nous présente quelques semaines de la vie de Sauveur et Lazare, ces héros bibliques des temps modernes, qui s'occupent des autres au point de s'oublier eux-mêmes. Quand ça ne devient plus possible toutefois, c'est là qu'il faut agir. 

J'ai adoré ce roman. Je l'ai lu très vite, mais savouré en même temps. J'ai beaucoup apprécié cette façon originale d'évoquer l'intimité d'un cabinet de psychologie; je pense que ce livre peut faire réfléchir les ados en souffrance. Et puis ces histoires de hamster sont touchantes. Le tout forme un mélange adapté à toutes les classes d'âges : les collégiens qui peuvent s'identifier à Lazare, les lycéens qui peuvent se reconnaître en certains patients, et les parents. Le style de Marie-Aude Murail vient consolider le tout, et on a un roman qui, selon moi, est parfait.Inutile de vous dire qu'il me tarde de lire les tomes suivants !

Une petite remarque sur la couverture : on m'avait dit qu'elle était un peu inadaptée par rapport au sérieux du propos (et c'est vrai, les maux dont souffrent les patients de Sauveur sont plutôt graves, tabous, délicats, tout ce que vous voulez). C'est vrai. Mais j'ai aussi trouvé que le hamster de la couverture, comme celui du roman, donne une touche de fraîcheur, d'enfance, d'innocence, à ce monde âpre et souvent dangereux. Un hamster c'est doux, mignon, ça tourne dans sa roue et cache de la nourriture dans ses joues. A part faire le kamikaze sur les barreaux de sa cage, le hamster n'est pas fou, pas dangereux et pas tellement suicidaire. Le patient idéal ?

En tout cas je vous conseille vraiment ce premier tome, à toutes et tous, ados, adultes, parents, profs, jeunes, vieux, filles ou garçons. Une petite pépite. 

samedi 1 juillet 2017

L'amie prodigieuse, Elena Ferrante

Enfin je l'ai lu ! Ce roman qui fait tant parler de lui, qui a tant de succès, et qui suscite un engouement à la Harry Potter dans le coeur de ma génération (j'ai lu ça quelque part, oui oui oui !!). J'avais essayé de le lire une première fois, et il m'était tombé des mains : trop de personnages, trop dense, trop tout. Je n'avais pas l'esprit assez libre pour accueillir ce que je croyais être un roman fleuve à la Cent ans de solitude, avec plein de personnages. Mais finalement je me suis dit que ça valait le coup de réessayer, ce que j'ai fait...

Et voilà que j'étais partie. Finalement je l'ai lu assez vite (en surveillant le bac pour une bonne partie, mais chhhuutt ^^) et j'ai plutôt aimé. 

Elena, la narratrice, raconte sa vie dans un quartier populaire de Naples, à travers le prisme de son amie Lina (amie qui n'en est pas toujours une d'ailleurs...). Celle-ci est extravagante, forte, indépendante, différente, mais aussi méchante, dure et forte tête. Elle fascine Elena, qui raconte son enfance en grande partie par le biais des faits et gestes de cette prodigieuse amie. Si on regarde la définition de prodige dans le Trésor de la Langue Française (un super dictionnaire en ligne, très complet !) on a : Phénomène extraordinaire auquel on attribue une cause surnaturelle. Et c'est exactement ce que ressent Elena envers Lina : elle lui apparaît comme un être extraordinaire, plutôt inaccessible, un peu sorcière. La fascination qu'on peut ressentir à la lecture de ce roman est donc double : fascination pour le personnage de Lina, et fascination pour la vie trépidante qu'elle fait mener à Elena. Cette dernière possède en effet un caractère fort divergent de Lina : elle n'est pas très dégourdie, elle a des formes, des envies que semble ne pas avoir Lina. Et son caractère se modèle au grès des lubies de son amie : si Elena apprend le latin et le grec, c'est parce que Lina a commencé à le faire en cachette; si elle cherche à écrire des livres, c'est parce que son amie écrit des histoires. Tout ce qui Lina touche se transforme en or, et cela hypnotise Elena. 
Dans ce roman, deux thèmes m'ont touchée : la naissance des jeunes femmes (qu'on découvrira plus amplement dans le tome 2), avec leurs passions, leurs amours, leurs peines; et la naissance des écrivains qu'elles seront (enfin je suppose !). 

J'ai aimé cette lecture, j'ai aimé découvrir l'évolution des deux enfants, devant jeunes filles puis jeunes femmes. Toutefois je ne comprends pas l'engouement que ce roman a pu faire naître... Peut-être le comprendrai-je mieux après avoir lu le tome 2. Peut-être que cette idée de saga, le fait qu'on suive l'évolution des personnages, est ce qui a contribué à l'enthousiasme suscité. La fresque peinte par l'auteur de la Naples des années 60, de son évolution sociale, est finalement assez ténue. Ce qui est surtout touchant, c'est l'évolution en parallèle et parfois en miroir de ces deux jeunes femmes qu'a priori tout oppose. 

Concernant l'index des personnages en début de roman (place d'ailleurs stratégique, il permet de poser un cadre, pas comme s'il était à la fin : l'auteur pose le théâtre de son histoire, dans ce petit quartier de Naples clôt sur lui-même) : il fait peur, mais il est plus impressionnant qu'utile en réalité. Pour ma part je l'ai très peu consulté, alors que je suis nulle quand il s'agit de retenir des noms de personnages (je ne regarde jamais Game of Thrones seule à cause de ça, et ne le lirai sans doute jamais...). Finalement on se repère assez bien dans ce que raconte la narratrice, et ce qu'elle vit est ce qui m'intéressait le plus, plutôt que de savoir avec qui elle le vit. Ceci dit, il est intéressant de savoir de qui sont ces enfants qui gravitent autour d'elle, pour comprendre le mélange des classes, l'émergence d'une bourgeoisie et l'évolution sociale. Pour ma part ce n'est pas ce qui m'importe le plus, je m'en suis donc plutôt bien sortie ! On verra bien si ça se confirme avec le tome 2 :p. 

J'ai très envie de lire la suite, ce qui est très bon signe. Je pense que j'aurais écrit une critique plus dithyrambique dans d'autres conditions. Mais encore une fois le tapage médiatique est préjudiciable au roman : on s'attend à un tel prodige justement ! Et finalement, on ne peut être qu'un peu déçu. toutefois, en l'occurence, cette déception reste assez modérée pour moi :). 

jeudi 29 juin 2017

Instinct, Vincent Villeminot


Instinct, tome 1, Vincent Villeminot
PKJ         480 pages

Un de mes élèves m'avait conseillé ce roman, donc j'ai proposé au CDI de l'acheter. Je me suis dit que j'allais le lire pour me faire mon propre avis, et je ne regrette absolument pas !

Ce thriller ado raconte l'histoire de Tim, un garçon de 17 ans qui perd ses parents et son frère dans un accident de voiture, dès le début de l'histoire. Toutefois la dimension tragique de l'évènement est en partie gommée par ce qui arrive au même moment : la métamorphose de Tim en grizzly.

Je vous l'accorde, si j'avais lu ça dans le résumé, je ne sais pas si j'aurais poursuivi. C'est un peu une histoire étrange, bizarre, je me serais dit que ça n'allait pas me plaire. Mais en fait, le roman n'est pas uniquement basé sur ces métamorphoses : en effet Tim va être pris en charge dans une sorte de clinique spécialisée dans les anthropomorphes, et où il va côtoyer de nombreuses personnes comme lui et surtout découvrir des secrets. 

J'ai bien aimé ce tournant que prend l'histoire. Les amis que rencontre Tim sont chouettes : un jeune garçon intellectuellement précoce, bouddhiste et dont la métamorphose vous fera bien rire, et une jeune fille, forcément jolie et intelligente, hackeuse qui plus est. J'ai un peu moins aimé les secrets qu'ils découvrent ensuite à propos des ennemis qui traquent les métamorphes comme eux, mais dans l'ensemble j'ai passé de bons moments de lecture. Je ne sais pas si je tenterai la suite de la saga, mais en tout cas une chose est sûre : l'écriture de Vincent Villeminot est de grande qualité. Il emploie des termes relativement complexes, fait des références mythologiques et littéraires, joue avec le vocabulaire parfois. A travers ses personnages qui changent de forme ils nous instruit un petit peu sur les mythes et légendes ancestrales, les animaux totems et autres. J'ai aussi aimé que les chapitres s'enchaînent facilement, ils sont globalement assez courts et rythment bien la lecture. Malgré son épaisseur, je l'ai lu très rapidement.

Je suis en tout cas heureuse d'avoir découvert ce roman, et un peu plus la plume de Vincent Villeminot, que j'avais d'ailleurs rencontré l'an dernier et qui m'avait dédicacé (de manière assez étrange...) son tome de la saga U4. Je pense que je me lancerai volontiers dans d'autres romans de cet auteur, comme Réseau(x).

Quels sont les romans de Vincent Villeminot que vous avez lus ? 

dimanche 25 juin 2017

Envole-Moi, Annelise Heurtier

Hier soir j'ai commencé un roman; et hier soir, je l'ai fini. Cela ne m'arrive presque jamais. Rares sont les livres que je ne lâche pas d'un bout à l'autre. Certes il faut déjà qu'ils ne soient pas trop longs. Mais là quand même, plus de 250 pages, c'est un peu un record pour moi. Je me suis même dit que je comprenais pourquoi certains osaient le week-end à 1000 : avec des bouquins comme ça, ça peut effectivement passer. Bref, ce roman c'est Envole-Moi, le dernier d'AnneLise Heurtier. 

L'histoire est simple : Swan, un garçon de 15 ans fan de musique, est amoureux de Johanna, 15 ans, passionnée de danse. Et elle l'aime aussi. Tout va donc pour le mieux, ils sont jeunes, ils s'aiment et s'entendent à merveille. Mais voilà : Johanna est en fauteuil roulant.

Ce handicap, Swan ne l'a pas vu tout de suite, subjugué qu'il a été par la beauté de la jeune fille. Et puis il s'y est fait; non pas sans se poser des questions, mais il s'est totalement habitué aux contraintes liées au fauteuil. Tout va donc très bien jusqu'au jour où Johanna reçoit un appel qui va la bouleverser.
Attention, je ne vais pas spoiler, mais le terme "bouleverser" est un peu fort tout de même : ce qui arrive n'est pas grave en soi, toutefois ça met en perspective toute l'injustice qui revêt le handicap face aux plaisirs de la vie. Je ne vous en dirai pas plus, même s'il y a un indice dans le résumé :p.

Pourquoi j'ai adoré ce roman :

Parce que pour une fois, le point de vue est celui d'un garçon ! Et Swan est super, beau, tolérant, marrant, musicien, chouette, romantique, parfait quoi ^^
Parce que les deux amoureux s'entendent tellement bien ! On profite d'ailleurs de leurs petites blagues intimes, et c'est un bonheur. 
Parce que le sujet est très bien traité, sans apitoiement, sans angélisme, mais avec beaucoup de vérité je pense (il faudrait demander l'avis de quelqu'un qui a vit une situation similaire). 
Parce qu'on rigole, on s'énerve contre les clichés, on rêve et son s'amuse avec les personnages. 

A qui le conseiller :

A tout le monde ! C'est vraiment une façon simple, sincère et surtout crédible de traiter le sujet du handicap, sans tomber dans les clichés. Les banalités et autres lieux communs viennent plutôt des autres. 

Un excellent roman d'amour, qui nous donne à réfléchir à un sujet plutôt tabou, le tout avec humour, et à travers les yeux d'un garçon ! 

samedi 24 juin 2017

E.V.E de Carina Rozenfled

E.V.E 
Entité Vigilance Enquête, Carina Rozenfeld

Editions SYROS
384 pages
16,95 euros
Paru le 15 juin 2017

Elle s'appelle EVE. Elle n'a aucune idée de son apparence. Elle ne ressent rien. Et pourtant le monde n'a pour elle aucun secret, parce qu'elle le perçoit à travers les yeux de millions d'êtres humains. 24h sur 24, elle assiste à leur quotidien. Son rôle ? Surveiller la population et signaler en temps réel les crimes et délits. EVE (cette Entité.Vigilance.Enquête) est infaillible...jusqu'au jour où elle assiste à l'agression de la jeune Eva Lewis sans parvenir à identifier le coupable. Pour comprendre ce qui s'est passé, EVE investit à l'insu de tous le corps d'Eva. Et découvre le plaisir grisant de la vie réelle

Une intelligence artificielle qui devient humaine, une très bonne idée ! EVE devenue Eva découvre petit à petit la vie réelle, ses plaisirs simples et ses difficultés. Son émerveillement devant le monde m'a beaucoup plu; il nous remet à notre juste place, nous faisant voir ce qu'on oublie souvent : la beauté et la simplicité des choses. EVE est très touchante, très humaine, peut-être même plus humaine que certains. J'ai beaucoup apprécié et ce concept, et le personnage.

En parallèle de cette intrigue se joue une intrigue policière : qui a blessé Eva au point de la plonger dans un profond coma ? A l'heure des EVEs, ces entités surpuissantes capables d'identifier en moins d'une seconde un crime et son auteur, les policiers n'existent plus. Seuls les AII, ces agents d'intervention immédiate, vont sur le terrain suite aux alertes. Mais quelque chose d'étrange se produit : le criminel d'Eva a été impossible à identifier, comme invisible aux yeux des EVEs. Par conséquent, une enquête à l'ancienne doit se mettre en place, pour contrer ces étranges criminels. Feraient-ils parti de ces comités anti-EVEs ? L'agent Damian va sa charger de l'affaire, et rencontre EVE devenue Eva...

L'enquête se poursuit alors sous un regard double : celui des simples mortels et celui d'EVE, incarnée. Grâce à ses compétences elle aura toujours une longueur d'avance. Mais certains faits lui échappent, de même qu'au lecteur. Les points de vue alternent pour donner plus de profondeur aux diverses intrigues (parce que oui, il y a évidemment une intrigue amoureuse !). J'ai beaucoup apprécié cela. 

En bref, EVE est un roman doublement captivant : non seulement on a envie de savoir ce qu'il est advenu d'Eva, et en même temps on s'attache énormément à EVE. On en oublie qu'il s'agit d'une Intelligence Artificielle. Par ailleurs les intrigues se mêlent pour notre plus grand plaisir : roman psychologique, anticipation, thriller, polar, romance, tout y est. J'ai d'ailleurs lu le roman presque d'une traite. Seule la partie "course poursuite" m'a moins plue, mais c'est parce que les dénouements musclés sont moins mon genre. Pour le reste je me suis beaucoup attachée à EVE; j'ai trouvé le thème extrêmement intéressant et bien traité; j'ai aimé voir EVE devenir peu à peu une nouvelle Eva

Encore une fois les Editions Syros offrent aux adolescents un roman passionnant et qui en même temps soulève une réflexion pertinente sur les nouvelles technologies et le monde de demain. Les AI sont notre futur, et ce genre de roman permet de réfléchir à l'omniprésence de la technologie, à la maîtrise que l'homme peut en avoir et aussi à la perte d'intimité liée à cette vigilance permanente

En résumé, j'ai passé un très bon moment de lecture. C'est un roman qui se lit sans peine, les pages se tournent toutes seules et on est happés par toutes ces intrigues, toutes liées à ce personnage ambivalent : EVE.

Merci aux Editions Syros pour cet envoi, qui encore une fois m'enchante ! Et un remerciement spécial à l'auteur, qui a pris le temps de me dédicacer son roman :) !!!

vendredi 23 juin 2017

La Terre qui penche, Carole Martinez

La terre qui penche, Carole Martinez

Il va être difficile de parler de ce livre, ou du moins d'en parler à sa juste valeur; de faire un article qui soit à la hauteur de la qualité de ce nouveau roman de Carole Martinez. Quoi qu'il en soit je vais me lancer, pour rendre hommage à cette superbe lecture. 

Blanche la jeune et Blanche la vieille, la petite fille et la vieille âme dialoguent. L'une est dans la tombe, l'autre dans la vie, l'une dans le présent, l'autre dans le passé, au XIVème siècle pour être exact. A travers ces deux voix se dessine l'histoire de Blanche, une jeune fille que son père a confiée en épousailles au château voisin après la grande Peste afin de la marier. Elle traverse la forêt, revêt de beaux habits pour rejoindre son promis, un jeune garçon lui aussi. Et puis une fois arrivée dans la cour des Murmures, nombre d'aventures l'attendent dans ses alentours : des tournois, un séjour chez une vieille sorcière, la rencontre avec un beau jeune homme et j'en passe. Ces épisodes pittoresques servent de toile de fond à des découvertes plus précieuses : les origines de son père, et celles de sa mère. Son père qui est loin d'être l'homme bougon et dur qu'il fait paraître. 

Avec cette plume exceptionnelle et poétique qu'on lui connaît, Carole Martinez nous emmène dans l'univers médiéval qui avait aussi été celui de son précédent roman, du Domaine des Murmures. La rivière, la forêt, la Grande Peste sont des entités vivantes, parfois malfaisantes, parfois sources de vie et de découvertes. Au rythme des ballades médiévales et autres lais, on suit les aventures de Blanche, en quête du passé de ses parents et finalement d'elle-même. Magie, poésie, contes, truculence et violence se côtoient dans ces pages, autant de fils entrecroisés par Blanche afin de reconstituer son histoire. Encore une fois la métaphore de la couture, inaugurée dans Le Coeur Cousu, est au centre de ce roman magique. Blanche rêve de tisser sur sa petite chemise son nom, au fil rouge. Et s'il ne lui en reste plus assez, elle prendra ses cheveux. Une belle image, un méta-texte encore une fois, comme pour finir de me convaincre !

En plus de la qualité du style et de l’envoûtante histoire de Blanche, une fresque pittoresque du Moyen-Age se déploie. Dans ce roman à la frontière du conte et de la poésie, la violence et le prosaïsme du quotidien ont une part non négligeable : la dureté de la condition de la femme, la mort omniprésente, le manque de soins, d'hygiène, de respect pour cette chaire inférieure, objets de désirs malmenés. Malgré cela, Blanche parvient à apprendre qui elle est, et surtout qui était son père, cet homme qui s'avère fascinant. 

Pour tout dire je craignais un peu cette lecture : je connais l'écriture de l'auteur et craignais de ne pas m'y accrocher, après mes orgies de littérature de jeunesse. Mais finalement ce fut simple, envoûtant, et même addictif. Merci d'ailleurs à Marinette d'avoir achevé de me convaincre ! Le style poétique se laisse oublier, comme une petite musique agréable en toile de fond, et on a envie de connaître la suite des aventures de Blanche. J'ai vraiment ressenti cela : la lecture d'une bonne histoire, qu'on a envie de poursuivre et du mal à lâcher, sublimée par un style incomparable. Les mêmes images reviennent régulièrement, les mêmes refrains, les mêmes motifs et personnages, ce qui facilite la lecture. Si le début est déroutant, la suite se lit sans souci, agréablement, fluide comme cette rivière qu'on rencontre dès le premier chapitre, à la fois fascinante et pourtant mortelle. Le roman lui n'a rien de mortifère; nous sommes bien à l'abri derrière nos pages. Mais les personnages le sont moins...

Pour finir sur une dernière note positive, s'il en est besoin vu l'éloge que je me suis efforcée de faire sur ce roman, un petit mot sur la couverture de la version Poche : je l'adore ! Je la trouve magnifique. Elle fait penser à une personne sur un lit de roses, comme un suaire, mais bien vivante, et surtout la tête à l'envers : tout y est. La mort, la vie, la joie, la poésie, et la magie. 

dimanche 18 juin 2017

C'est dimanche : un petit bilan de lecture s'impose !

Chers tous, 
Cela fait un bout de temps que je n'ai pas fait d'article bilan : pour changer, j'ai posté régulièrement sur chacun des romans que j'ai lu. Je vais donc vous faire un petit bilan, avec des liens vers les articles concernés. 

Le dernier roman que j'ai lu 
La terre qui penche, Carole Martinez


Je ne vous en dirai pas trop sur ce roman puisque je vais lui réserver un article complet, mais en tout cas merci à Marinette d'avoir achevé de me convaincre de le lire, ce fut un vrai plaisir et presque un coup de coeur. J'adore la plume de l'auteur, même si j'avais craint que la dimension poétique ne soit complexe. 
Et puis j'ai adoré cette couverture ! 

Un roman que je n'ai pas chroniqué 
Phobie Douce, John Corey Waley
J'ai complètement oublié de chroniquer ce roman ! Sans doute parce que je suis loin d'avoir eu un coup de coeur. J'ai apprécié cette lecture, qui parle d'une relation d'amitié assez atypique entre un garçon agoraphobe et une fille férue de psychologie. Mais je n'ai pas été aussi touchée que d'autres ont pu l'être.

Des romans sur la danse


J'ai eu un coup de coeur pour le roman Danser d'Astrid Eliard, et j'ai enchaîné avec la biographie de Misty Copeland. Je vous invite vraiment à aller regarder cette vidéo (ou d'autres). Ce qu'elle fait est dingue ! 
Pour continuer dans cette découverte et me remettre à la lecture VO, sur les conseils de Capucine, j'ai commandé le roman Tiny Pretty Things de Sona Charaipotra et Dhonielle Clayton. Je vous en donnerai des nouvelles !

Un roman qui fait se poser des questions 
J'ai lu Treize raisons de Jay Asher et j'ai vraiment été chamboulée par cette lecture. Je la conseille vivement à ceux et celles qui s'intéressent au problème du harcèlement. 


Un joli tome 1, dont je lirai le tome 2 avec plaisir !


A la place du coeur a été un très bon moment de lecture. J'ai aimé suivre avec le héros les quelques jours de janvier qui ont suivi les attentats. Je lirai le tome 2 avec plaisir, même s'il concernera les attentats de Novembre 2015,  puisqu'il semble que ces romans traitent de sujets sensibles et difficiles avec recul, sans oublier la vie qui continue de tourner.

Une chronique à venir 
Un thriller ado plutôt sympa et inattendu.


Ma lecture en cours 
Enfin j'ai cédé, et je ne comprends pas pourquoi j'avais abandonné la première fois que j'avais essayé !



mercredi 14 juin 2017

Treize raisons, Jay Asher

Treize Raisons, Jay Asher

J'ai enfin lu le roman dont on parle tant à cause de sa sortie sur Nextflix. Et je dois dire que je suis contente de le connaître; c'est un livre qui mérite qu'on s'y intéresse. 

D'emblée j'ai été mal à l'aise; l'ambiance qu'instaure l'auteur dès le début, avec les cassettes que reçoit Clay, est terrible. Terriblement effrayante, pesante. Mais on a surtout terriblement envie d'en savoir plus. Qu'est-il arrivé à Hannah, cette jeune fille qui a laissé 7 K7 à l'intention de 13 jeunes gens qui lui ont nui dans le passé ? Pourquoi une telle mise en scène ? 

Le récit de Clay alterne avec ce qu'il entend dans les cassettes. Cette alternance des points de vue, simplement identifiable par un changement de police comme ici, est un peu dérangeante. Il faut être bien accroché pour suivre. Mais une fois cette gymnastique rodée, on découvre pourquoi Hannah a commis le pire... Chacune des faces des K7 rappelle ce qui lui est arrivé avec une personne du lycée : ceux qu'elle considérait comme des amis, son accueil en tant que nouvelle, et puis son nom sur une liste, les soirées, le rejet, et le harcèlement. 
Ce qu'a subi Hannah peut sembler anodin, si on considère les événements un par un. Mais quand on arrive au bout des écoutes, on se rend compte que c'est l'accumulation qui l'a poussée à bout... Le harcèlement est l'affaire de tout le lycée; chacun y va de sa petite touche, de sa rumeur, de son irrespect. Une fois le pied dans l'engrenages des "on dit", il est difficile de s'en dégager. C'est ce qui est arrivé à Hannah, prise pour une fille facile à cause de quelques garçons maladroits ou malintentionnés. Et puis quand les filles s'y mettent, surtout celles qu'elles croyaient ses amies, c'est vraiment triste...

J'ai beaucoup aimé ce roman, même si la lecture n'en est pas aisée, en raison du thème mais aussi de la mise en page. C'est un roman qui illustre parfaitement ce qu'est le harcèlement : une succession de faits qui minent peu à peu celui ou celle qui en est victime. 
Le roman date de 2007 pour sa version originale; les réseaux sociaux n'étaient pas tant développés qu'aujourd'hui. Je n'ose imaginer ce que peuvent subir nos jeunes dans notre société hyper connectée. 

Malgré la grande admiration que j'ai pour la justesse de ce roman, je voudrais partager deux bémols : d'une part, je rejoins Accalia dans son interrogation sur la crédibilité de la situation (je vous mets le lien vers son article ici). Est-ce que, dans la réalité, à quelques jours de se donner la mort, une jeune fille trouverait le courage d'enregistrer de tels messages, et de monter un tel stratagème ? Le ton des cassettes est vraiment dur, tranchant, parfois dérangeant. Comme si Hannah devenait elle aussi une harceleuse, en quelque sorte. Elle menace ceux qui lui ont fait du mal. Certes c'est la meilleure chose qu'elle avait à faire, mais je m'interroge sur la possibilité qu'une telle chose se soit produite en réalité. Toutefois on est dans un roman, donc la fiction a la part belle; et je pense que l'auteur a monté cette stratégie justement pour faire prendre conscience au lecteur de la violence de ce qu'a subi Hannah. Fi à la réalité; ce qui compte, c'est l'émotion qu'on ressent. Les mots d'Hannah deviennent allégoriques. 
La deuxième chose qui peut gêner est la fin : pourquoi avoir le sentiment que Clay va pouvoir se racheter ? Pourquoi ce besoin de happy end ? Je pense encore une fois que c'est une stratégie littéraire. N'oublions pas que l'auteur ne prétend nulle part faire vrai. Ce roman serait donc une belle illustration de ce qu'est la fiction : de grosses ficelles parfois, des choix étonnants, mais qui permettent justement de transmettre des idées fortes. 

Je n'ai pas vu la série télé, mais je crois que j'aimerais bien. Peut-être sortira-t-elle sur d'autres chaînes que Net Flix ? Je pense d'ailleurs que ça serait une bonne chose, pour faire comprendre le harcèlement aux élèves. 

Et vous, l'avez-vous lu ? Qu'en avez-vous pensé ? 

lundi 12 juin 2017

Dans la lignée de la danse : la biographie de Misty Coppeland

Une vie en mouvement, Misty Copeland


Après avoir lu le roman Danser, j'avais envie d'en savoir plus sur le ballet classique et ses danseurs. Alors quand ma libraire m'a montré ce roman, je me suis dit que ça pourrait me plaire.

Je me suis donc lancée dans les mémoires de Misty Copeland, cette jeune ballerine noire qui a percé dans le monde très fermé de la danse classique. Elle n'a pas commencé jeune, mais immédiatement on a perçu ses talents. Extrêmement souple, technicienne acharnée et véritable prodige, elle a su trouver sa place dans ce monde réservé aux blancs. Mais son parcours n'a pas été simple : malgré son talent elle s'est heurtée à des refus, des blessures, des animosités diverses. Son physique et ses courbes, malgré une puberté tardive, ne sont pas tellement adaptés à la danse classique, ce qui lui pause parfois problème également... En plus de cela, elle vient d'une famille pauvre et bien peu sécurisante, puisque sa mère changeait de compagnon tous les ans ou presque. Malgré tout cela elle n'a pas perdu espoir un seul instant et est parvenue à lutter pour sa passion.

Le roman n'est pas palpitant; la jeune femme a raconté sa vie chronologiquement mais malgré tout un peu en vrac. On sent qu'elle n'a pas tellement travaillé ses transitions, tout s'enchaîne sans lien évident parfois. Clairement, sa vie n'est pas romancée. Toutefois j'ai apprécié ma lecture car Misty est très touchante. Elle brave les difficultés liées aux exigences de la danse et à son milieu familial de façon remarquable. C'est une battante, une fille qui donne tout pour sa passion. Et ça c'était vraiment fascinant. 

J'avoue avoir lu les dernières pages en diagonal car je m'ennuyais un peu à force de lire les mêmes choses, à savoir comment elle avait réussi à obtenir tel ou tel rôle dans tel ou tel ballet prestigieux; mais globalement j'ai passé de bons moments. C'est aussi un très bel hymne à la tolérance et un beau pied de nez (c'est le cas de le dire ^^) au racisme, puisque Misty est la première danseuse noire à obtenir une place dans le corps de ballet de l'American Ballet Theatre. 

Je conseille ce roman prioritairement à ceux ou celles qui apprécient la danse classique. Pour ma part je ne connaissais pas du tout et les vidéos que j'ai regardées en complément du roman ont fini de me convaincre : ça n'est pas un sport, mais bien un art. Et danser sur pointes, quelle performance ! Je vous laisse admirer...



dimanche 11 juin 2017

Une très belle lecture : A la place du coeur, saison 1

A la place du coeur, Arnaud Cathrine

Caumes est un jeune garçon de bonne famille, vivant dans dans une ville non loin de Paris. Mais on est loin du cliché du bobo : ses amis s'appellent Karim, Kevin, Esther et Thomas. A la grande surprise de ses parents, cette foule bigarrée constitue sa bande, et ce pour notre plus grand plaisir. 

Mais en janvier 2015, la vie de Caumes bascule, pour plusieurs raisons : il embrasse Esther, donnant ainsi chair à ses rêves les plus fous, et quelques jours après, l'attentat à Charlie Hebdo bouleverse la France. Son coeur est touché deux fois; deux fois différentes, deux fois en même temps pourtant. On suit la vie de Caumes pendant les 6 jours qui suivent l'attentat, sa volonté de participer à la marche à Paris, les réactions divergentes, les mentalités qui se mélangent et s'accordent rarement. 

C'est un beau livre. Il parle avec justesse de la jeunesse, de l'amour, de l'engagement, du bouleversement, de l'Histoire qui côtoie l'histoire. J'ai beaucoup aimé ce roman, que j'ai lu très vite. Je me suis attachée au personnage de Caumes, un ado lambda, qui aime sortir, boire, faire la fête, mais qui s'avère très sensible. Il est vrai qu'il est un peu tourmenté par ce qu'il a entre les jambes, ça peut être gênant pour certains jeunes, les filles en particulier, mais finalement c'est simplement très juste, très réaliste : les jeunes de 17 ans ne pensent qu'à ça ^^. Et pourtant, tout ce qui se passe autour d'eux les touche avec force. 

Ce roman est une manière très intelligente de traiter la question du terrorisme et des attentats. Il serait à mettre entre de nombreuses mains. En plus de ça l'écriture est fluide, pas simpliste. L'auteur semble être un touche à tout, écrivain, critique, amateur de musique, de radio... En tout cas j'ai très envie de découvrir le tome 2, qui traitera sans doute des attentats de novembre 2015.

samedi 10 juin 2017

En attendant Bojangles

En attendant Bojangles, Olivier Bourdeaut 

J'avais entendu parler de ce roman depuis longtemps, ou plus précisément j'avais depuis longtemps vu et revu sa couverture. Mais je ne sais pas pourquoi, ça ne m'intéressait pas. Trop de médiatisation sans doute... Et puis il est sorti il y a peu en Poche en librairie et ma libraire me l'a bien vendu. Alors je me suis lancée...

Ce roman au titre étonnant raconte l'histoire d'un jeune garçon et surtout de ses parents. Ces derniers sont tous les deux très farfelus : ils entassent le courrier dans un coin de l'entrée en un tas qui devient immense et compact au point qu'on peut y plonger; ils ont acheté un vrai château dans une région d'Espagne, pour coller avec l'expression consacrée; ils habitent avec Mademoiselle Superfétatoire, une demoiselle de Numidie, une grue exotique et incongrue (il fallait bien le faire ^^). Avec beaucoup d'amour, le narrateur nous raconte les affres de ce couple détonnant, qui adore danser et plus particulièrement sur un titre nommé Bojangles. 

Le titre n'est pas sans rappeler Becket et Godot. Et effectivement, le registre de l'absurde a sa place dans ce roman, pour notre plus grand plaisir. Mais j'y ai surtout reconnu des bizarreries à la Boris Vian. Et comme dans L'Ecume des Jours, les artefacts superfétatoires et étranges dissimulent une réalité plus délicate... La maman du narrateur n'a pas un nénuphar au poumon, mais plutôt dans la tête... [attention spoil] : au milieu du roman on comprend qu'en réalité elle a un problème psychatrique, et elle se retrouve internée. Malgré tout, le ton reste très poétique, avec des rimes toutes les lignes ou presque, et un point de vu enfantin lucide sous l'humour.  Je vous laisse en juger vous-même : 

Je n'ai jamais vraiment compris pourquoi, mais mon père n'appelait jamais ma mère deux jours de suite par le même prénom. Même si certains prénoms la laissaient plus vite que d'autres, ma mère aimait beaucoup cette habitude, et chaque matin dans la cuisine, je la voyais observer mon père, le suivre d'un regard rieur, le nez dans son bol ou le menton dans les mains, en attendant le verdict. 
- Oh non, vous ne pouvez pas faire ça ! Pas Renée, pas aujourd'hui ! Ce soir nous avons des gens à dîner ! s'esclaffait-elle, puis elle tournait la tête vers la glace et saluait la nouvelle Renée en grimaçant, la nouvelle Joséphine en prenant un air digne, la nouvelle Marylou en gonflant les joues. 

Le récit du jeune narrateur alterne avec les carnets qu'écrit son père, dans lesquels il raconte sa rencontre avec sa femme et d'autres passages de leur vie. C'est vraiment intéressant de comparer les deux points de vue, de voir comment chacun des personnages appréhende la folie qu'elle pousse dans son sillage. 

Ce roman est un véritable hymne à l'amour, à la vie, à la légèreté face aux pires difficultés. J'ai été très émue par la fin (que je ne spoilerai pas !) et je me suis dit qu'il fallait vraiment que je fasse la promotion de ce roman très étonnant, à la fois exercice de style, leçon de tolérance et démonstration d'amour. 

dimanche 4 juin 2017

Coup de coeur : je suis ton soleil, Marie Pavlenko

Je suis ton soleil, Marie Pavlenko 

Déjà, j'arrive à écrire le nom de l'auteur de tête, et sans faute. C'est le premier signe.
Il fait 500 pages ou presque, et je l'ai lu en 20h, sans compter les moments où j'ai dormi, mangé, fait un peu de sport, les courses, manger (et oui ^^), enfin bref... Je l'ai lu très vite. Deuxième signe.
J'ai eu les larmes aux yeux deux fois au moins. Troisième signe.
En faut-il encore, des signes ? Et bien oui, je peux encore en trouver : l'héroïne est une férue de littérature et le livre regorge de citations. 
Tout ça cumulé, ça donne forcément : un énorme coup de coeur.

Cela faisait longtemps que je n'avais pas autant adoré un roman jeunesse. Depuis On est tous faits de molécules, je n'avais pas autant pris plaisir à suivre la vie d'un personnage. Mais là...

Déborah est une jeune fille comme les autres, à ceci près qu'elle adore la littérature (Hugo en particulier) et qu'elle surprend son père avec une autre femme que sa mère. Ceci est le point de départ de cette année de Terminale qui ne va pas être simple pour elle. Heureusement elle rencontre deux nouveaux amis, Victor (pas Hugo, un autre !) et Jamal, un passionné de mygales (oui oui). Délaissée par sa meilleure amie, elle trouve refuge chez Jamal, et tous les trois écrivent des cadavres exquis, entre autres passe-temps. Bien entendu des sentiments vont naître entre elle et un des deux garçons, c'est cliché, mais pas tellement dans ce livre. Les amours sont traités avec beaucoup de pudeur et sans trop de grandiloquence. Déborah est d'ailleurs un personnage extrêmement attachant, ni trop ni pas assez : marrante mais normale, c'est à dire que son optimisme n'est pas à 100 000 volts, romantique mais pas trop, avec ce qu'il faut d'auto-dérision, triste mais avec du recul. Une fille normale, mais en mieux. Sa dérision est ce que j'ai préféré en elle; et puis la justesse qu'elle a quant aux sens dans la vie, grâce à la littérature (entre autres, mais j'en suis sûre). 

Ce roman est une vraie pépite, ça brille de partout; pourtant on est triste aussi, la vie n'est pas tendre mais les choses s'arrangent. Cette année est vraiment pleine de rebondissements, et c'est compliqué pour Déborah. Cela l'est aussi pour sa mère, qui finit par apprendre que son mari la trompe et pour qui c'est difficile à encaisser. La relation que tissera ensuite la jeune fille avec elle sera très touchante, et a d'ailleurs inspiré le titre. 

Je ne peux que conseiller cette lecture. Le livre est épais mais les titres de chapitres, qui sont des citations remaniées, dont l'auteur nous donne les sources à la fin, prennent une page entière, ce qui réduit déjà. Et puis c'est écrit assez gros. Donc que ça ne soit pas un frein ! La couverture est si belle en plus ! Je conseille ce livre non seulement aux ados, mais aussi aux adultes. La vision qu'on a du divorce est plutôt pertinente je pense. Et les profs dans ce livre sont chouettes : pas trop sympa, mais carrément bienveillants. 
Bref, ce roman touche à la justesse par une balance des grands sentiments et des affres du quotidien. 

Danser, Astrid Eliard

Danser, Astrid Eliard

Il est de ces romans qui nous font découvrir un pan de l'univers qu'on ignorait, et qui pourtant nous devient fascinant. Il est de ces romans qui sont inclassables, entre la jeunesse et les romans adultes. Il est de ces romans qui nous font réfléchir à la passion, la vie, les désirs. Ce roman a été une belle surprise et un coup de coeur. 

Je l'ai lu en quelques heures à peine, presque d'une traite, ce qui pour moi est un critère certain de coup de coeur. J'ai adoré la manière dont l'auteur raconte l'histoire de ces trois petits rats de l'Opéra de Paris : en alternant leur point de vue. Chine est une jeune fille très rigoureuse, indépendante et autonome, mais fragile comme une porcelaine. Delphine est plus délurée, plus entourée, plus appréciée, mais tellement maladroite parfois... Et Stéphane, le dernier d'une fratrie virile qui joue au foot, mais que les filles du cours de danse sont loin de laisser indifférent. Ces trois jeunes gens de 13 ou 14 ans viennent d'entrer à l'Opéra de Paris, dans son internat, ses cours, ses exigences, sa sélection permanente. Ils se voient évoluer dans cet univers où rien n'est laissé au hasard et où la moindre foulure peut vous coûter l'année... ou la carrière. Un univers impitoyable et pourtant, nos trois ados sont pris dans des tourments bien adolescents : les premiers amours, les premiers désirs, les parents, les amis, les soirées. Je pensais qu'il allait surtout être question de rigueur, de régime, de souffrance, mais finalement ces petits rats sont des jeunes comme les autres, avec un esprit adolescent, en pleine évolution, qui se pose des questions sur la vie et l'amour. 

Astrid Eliard est journaliste, et pourtant son style n'est pas sans personnalité. Il est simple, certes, fluide oui, mais pas journalistique, pas didactique. Elle a su se mettre dans la peau de ces ados très différents, mais qu'une chose relie : la passion de la danse.

Cette lecture va laisser une marque : depuis j'ai jeté un oeil à des vidéo de ballets, et je sais ce qu'implique cette beauté, cette grâce. J'ai également été touchée par les moments à l'internat, qui faisaient écho à de jolis souvenirs. Et puis je me souviendrai longtemps de ce bon moment de lecture, à la jonction parfaite entre ces deux pans de la littérature : l'évasion de la jeunesse et les atermoiement des romans adultes. 

dimanche 28 mai 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sur le (tant désiré) transat ?!

Me revoilà mes chers ! Et en cette fin d'année scolaire, plus motivée que jamais. Je suis d'ailleurs en plein renouveau livresque : après avoir passé presque un an à lire énormément de romans jeunesse ( pas moins d'une soixantaine depuis septembre dernier, je viens de compter en feuilletant mon blog...!) j'ai eu une besoin soudain (mais sans doute latent) de revenir à mes premiers amours, c'est à dire la littérature classique, et la littérature tout court. J'ai envie de replonger dans mes cours de Lettres, de relire des classiques, de refaire des cours pour la rentrée. Je pense d'ailleurs me lancer dans Britannicus  de Racine et les Cahiers de Douais de Rimbaud en Seconde. Je suis heureuse d'avoir retrouvé cet engouement, qui m'avait finalement manqué. 

Ce qui m'amène à la réflexion du jour


Pourquoi ai-je pris tant de plaisir à lire de la littérature de jeunesse pendant toute cette année scolaire ? Il y a plusieurs raisons à cela, et certaines m'échappent encore sans doute...

Tout d'abord nous avons organisé le Défi Babelio avec ma collègue du CDI, et nous nous devions de connaître la plupart de ces 40 livres. Par ailleurs je me suis rendue compte que beaucoup d'histoires étaient de grande qualité, et que ces romans étaient plaisants à lire. J'ai beaucoup apprécié le fait de pouvoir lire plus d'un roman par semaine en plus du travail, et de les enchaîner, ce qui est difficile avec des romans plus "intellectuels". Je me plongeais dans ma fiction ado comme on s'allonge devant une bonne série télé, la passivité en moins. Chaque soir, ou même dès que j'avais un peu de temps, je m'évadais. Ces romans permettent un repos intellectuel dont j'avais besoin et, comme je l'ai lu dans un article sur la litté jeunesse (que je ne retrouve plus, mais j'avais pris des notes !), ce repos intellectuel est couplé à un réveil émotionnel. J'avais besoin de me laisser porter par ces émotions  brutes, pures, positives la plupart du temps, et sans prise de tête. Rien à voir avec les circonvolutions mentales qu'on peut trouver dans la littérature "adulte", et que je fuyais finalement comme la peste. Je ne voulais pas de cette identification; j'avais besoin de simplicité parce que l'âge adulte, c'est déjà assez difficile comme ça, pas la peine de m'étaler sous le nez ses déceptions, ses crises et ses désillusions. Donc j'ai lu, lu et relu de la jeunesse. Avec parfois quelques romans plus littéraires, comme Chanson Douce, Rien ne s'oppose à la nuit ou Pennac. 
Mais globalement, j'ai surtout lu pour mes élèves. C'est la seconde raison, après le plaisir simple que je retirais de ces lectures : je pouvais parler de ces romans à mes élèves, et leur donner envie de lire. Que demander de plus ? C'est une expérience super. Ajoutons à cela les partenariats, et l'ensemble est parfait. Rien que pour ça,ce partage, ces échanges, je continuerai à lire de la littérature pour la jeunesse. Mais avec les vacances, il semble que l'heure de l'inversion soit venue : la litté jeunesse viendra en appoint à une retour à la plus grande littérature. Enfin j'espère; en tout cas, l'avenir nous le dira, je ne me mets pas de barrières !

Avant de continuer mes chers, j'ai un problème : je ne sais pas comment nommer ces deux littératures : la littérature de jeunesse ça passe, mais parfois ce sont des romans ados qui peuvent convenir aux adultes. La littérature tout court, ça fait un peu élitiste, pédant, réducteur. Et la littérature adulte ça fait un peu ado attardé. Bref, je ne sais pas trop comment différencier ces deux catégories de lecture, qui se distinguent pourtant bien facilement en librairie : prenez un roman grand format des éditions Syros et mettez le à côté d'un roman de la collection blanche. Pas la peine de vous faire un dessin, vous saurez immédiatement les classer. Mais avec des mots, c'est plus compliqué... 
Qu'en pensez vous ? En attendant je vais essayer de faire au mieux...


Qu'est-ce que j'ai lu cette semaine ? 


Cette semaine j'ai fini le tome 2 de la saga La Sélection, qui s'appelle l'Elite. J'ai bien aimé mais sans plus. J'avais préféré le tome 1; dans ce second opus, je trouve que l'héroïne, América, ne cesse de bouder, pleurer et s'enfermer dans sa chambre... Je lirai sans doute le tome 3, mais sans grand enthousiasme préalable; même si peut-être que le 2 n'était qu'un pivot vers plus d'action.

Ensuite je suis allée à la librairie, après être tombée sur une sélection de romans pour le prix des lecteurs lycéens de la collection Folio, où j'ai acheté deux petits romans, dont je vous parlerai prochainement ! J'ai lu le premier, pas encore le deuxième...


Qu'est-ce que je lis en ce moment (dans mon canapé, parce qu'il n'y a pas de soleil...)


En regardant la télé l'autre soir, j'ai vu une interview de Virginie Despentes chez Yann Barthes, qui vient de sortir le dernier tome de la série des Vernon Subutex. Ni une ni deux, j'ai sorti le tome 2 de ma PAL, en sommeil depuis un an. Et je l'ai presque terminé. Il y a quelques longueurs contrairement au tome 1, je m'éclate moins car c'est plus politique, mais il y a encore des personnages hauts en couleur et à la vie bien mouvementée. On retrouve aussi de nombreuses aspirations littéraires, Céline et ses miteux, Balzac et sa fresque romanesque, Baudelaire et la foule, les artistes, les marginaux, les SDF, toute une faune de personnages plus rocambolesques les uns que les autres. Dans l'ensemble, j'aime beaucoup. Je vous ferai une critique dès que possible.

Qu'est-ce que je compte lire après ? 

Après tout ça, je pense alterner entre un roman jeunesse et un roman historique, mais je ne sais pas encore lequel : soit un qui se passe au temps de Sénèque, ou bien un qui prend le point de vue de la fille de Marie-Antoinette.