dimanche 20 août 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sous le plaid estival ?

Bonjour à tous !
Je suis partie quelques jours dans ma famille, et je viens de rentrer. Je n'ai donc pas pu poster de nouvelles de mes lectures, mais j'ai bien lu. Voilà le bilan. 

Un roman abandonné et un autre que j'ai adoré



Malgré mes espoirs, je n'ai pas accroché au Septième Guerrier-Mage. J'ai donc abandonné cette lecture et ai commencé mon dernier SP de l'été pour Syros : Un roman d'aventures (ou presque) de Yaël Hassan. Je l'ai adoré, je vous en parle prochainement. 

Une lecture un peu différente


J'ai profité d'être dans ma famille pour lire un roman que j'avais acheté à ma mamie, le célèbre : Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n'en as qu'une. Sous ce titre trèèèsss long se cache un roman hybride, entre essai de développement personnel et petite histoire sans prétention. On suit en effet Camille, une maman de 35 ans, qui voit sa vie partir à vau-l'eau, son métier, son couple, sa relation avec son fils, rien ne va vraiment. Elle souffrirait de "routinite". Derrière ce terme se cache Claude, un "psychologue" spécialisé dans le développement personnel. Au fil des chapitres, il va donner à Camille des conseils pour obtenir ce qu'elle veut dans la vie, être plus heureuse et plus épanouie. Ainsi elle va apprendre la gratitude, la pensée positive, les outils de communication non-violente et j'en passe. J'ai beaucoup apprécié cette lecture qui permet une synthèse illustrée de nombreuses techniques de développement personnel à la mode. A la fin du roman, il y a d'ailleurs un vade-mecum qui rappelle les différentes méthodes abordées au cours de la transformation de Camille, ce qui est bien pratique. Par ailleurs les outils présentés tout au long du roman sont chaque fois soulignés en gras, ce qui permet de le feuilleter ensuite. 
En bref une bonne lecture pour ceux et celles qui s'intéressent au développement personnel. Mais il ne faut clairement pas s'attendre à lire un roman palpitant. 

Un roman lu en partie 


J'ai lu la moitié de Poulets Grillés de Sophie Henaff. Au début cette lecture m'a captivée, j'ai beaucoup aimé le concept des rebus de la Police regroupés en une brigade "de la honte", commandités pour s'attaquer aux délits et crimes irrésolus des dix dernières années au 36, Quai des Orfèvres. Avec à leur tête Anna Capestan, étoile déchue de la Judiciaire. Ces alcooliques, mégalo, écrivain et bande de crétins vont partir en équipe à la conquête des zones d'ombres du passé. 
Ce polar se devait être une sorte de caricature du genre, plein d'humour et de dérision. Mais au bout d'une centaine de pages, une fois le speech et les protagonistes présentés, je n'ai pas bien ressenti l'humour... Je me suis lassée, surtout que plusieurs affaires sont traitées en même temps, par des équipiers différents, et qu'à ces chapitres qui se succèdent sans grande logique selon moi, s'ajoutent de courts passages où il est question de personnages non-identifiables avant au moins 200 pages... Bref, j'ai trouvé que c'était un polar très confus et une satyre qui ne tient pas ses promesses, surtout qu'il a reçu de nombreux prix... Alors j'ai préféré passer à autre chose :). 

Ma lecture en cours 


Le dernier roman de Pierre Lemaître ne pourra pas vous lâcher. Fin décembre 1999, Antoine Courtin, 12 ans, tue sans le vouloir le petit Rémy Desmedt, et le cache dans les bois. Pendant deux jours des recherches sont organisées pour le retrouver, on craint l'enlèvement. Mais le 26 décembre survient la fameuse tempête de Noël 1999... et les priorités changent.
Tout au long du roman on suit Antoine et ses angoisses, ses peurs d'être découvert et accusé. Quelques temps après la tempête, l'auteur opère une ellipse temporelle, Antoine a alors une 23 ans. Je ne vous en dirai pas plus, d'autant qu'il me reste encore quelques pages à finir. Ce roman est un bon thriller psychologique, un bon page-turner, et l'auteur n'use pas d'artifices pour nous donner la chair de poule. Il lui suffit de s'immiscer dans la psychologie de cet enfant assassin malgré lui, au remords étroitement chevillé au corps. Un bon moment de lecture !

Ce que je pense lire ensuite 




dimanche 13 août 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sous ... le plaid (oui oui, vous lisez bien :p)

Après toutes les émotions "lecturales" de cette semaine, je vous dois bien un petit compte-rendu !

Les "grands" moments de la semaine :
De dimanche dernier à jeudi, tout allait bien, plus que bien même, puisque je lisais Aeternia ! Pour la petite histoire, j'ai donc acheté le tome 1 samedi dernier suite à la vidéo de Margaud regardée le matin même (merci Espace Culturel de l'hypermarché !!) et j'ai eu la chance (et la présence d'esprit aussi...) de pouvoir acheter le tome 2 lundi, alors que je n'avais pas fini le premier. Je me disais que j'allais essayer de lire un roman du CDI en attendant, mais finalement, je n'ai pas résisté... J'ai quand même lu quelques pages du tome 2 du Labyrinthe, pour essayer, mais clairement, ça ne l'a pas fait...
Donc jeudi soir, j'étais triste comme les pierres, et surtout je ne savais que faire, et surtout que lire. Que faire finalement ça a été, puisque j'ai rédigé l'article sur Aeternia. Mais ma lecture du soir alors ?!!
J'ai feuilleté pas mal de livres, et j'en ai commencé deux : La Dame du Palatin, de Patrick de Carolis qu'une collègue m'a prêté et qui m'attire pas mal depuis le début de l'été, mais que l'épaisseur et la densité des premiers chapitres (selon les critiques que j'ai pu lire) me pousse à laisser de côté. Et c'est vrai, c'est dense, un peu indigeste au début, alors, pour plus tard !
J'ai ensuite commencé et même bien entamé Le goût du bonheur, tome 1, Gabrielle, de Marie Laberge. Je l'ai dans ma PAL, on me l'a prêté en m'en disant du bien, et c'est encore un coup de coeur de Margaud. Cela me semblait une très bonne idée ! Je lis donc un quarantaine de pages dès jeudi soir, et me dis "ouf, c'est bon, j'ai trouvé par quoi poursuivre, après un tel coup de coeur". Je continue un peu à lire vendredi et puis, au bout de 100 pages... je ne sais pas, une lassitude, un manque d'action, un manque de piquant. Je n'en dirai pas davantage car j'espère reprendre cette lecture sous de meilleurs hospices, mais clairement, après la claque Aeternia, il me fallait davantage de peps. En fait, la saga Aeternia aurait du êtes constituée de plein de tome, comme L'Assassion Royal. Là j'aurais été bien ! Bref, j'étais un peu désespérée, je voyais LA PANNE DE LECTURE se rapprocher de plus en plus. Alors ça non, pas de panne de lecture !!! Qu'est-ce que je ferais le soir avant de dormir sinon ??? (ok, gardez vos idées pour vous hein ^^)
Donc je me suis reportée sur un roman que je gardais pour la fin des vacances, pour le blues de la rentrée : le dernier tome de la série l'Elite, de Kiera Cass. Ce sont des romans que je lis en une journée, qui sont plutôt prenants bien que l'écriture ne soit pas transcdendante. Et je me suis dit que là, à situation particulière, dérogation particulière. Et j'ai eu raison...

Le dernier roman que j'ai lu en entier

L'élue, L'Elite #3, Kiera Cass
America se rapproche du but, mais c'est sans compter les attaques des Renégats...

J'ai apprécié cette lecture rapide qui a eu le mérite de me sauver de ma panne de lecture. Clairement ce tome est meilleur que le #2, il y a beaucoup d'actions, d'ailleurs ça s'enchaîne parfois trop vite pour être crédible. Mais bon, on se laisse emporter, on se doute de ce qui va se passer entre America et Maxon, mais pas par rapport aux enjeux politiques. Les Renégats se révèlent surprenants, et le destin des Castes est compromis, tant mieux. 
Il y a de grosses ficelles, des passages mièvres; toutefois ça se lit ! Et je ne vais pas cracher sur mon sauveur :p

J'ai donc lu ce roman en une journée, comme prévu. Et hier (merci Espace Culturel !) j'ai pu acheter ma lecture en cours, conseillée par une jeune femme sur la page Facebook du blog : Le Septième Guerrier-Mage de Paul Beorn. Je me suis renseignée et j'ai vu que c'était un bon page-turner, et qu'en plus il avait reçu le prix des Imaginales des Lycéens en 2016. De bons points. J'ai donc commencé dès hier soir. La couverture est très chouette en plus. 

Ma lecture en cours 


Le récit est à la première personne, ce dont je ne suis pas absolument fan mais bon. En tout cas le héros a une gouaille qui me rappelle un peu Desmeon, ça c'est chouette; et on a envie de savoir ce qui va lui arriver. Bon clairement je ne peux imaginer retrouver tous les ingrédients et l'alchimie d'Aeternia (sinon ça se saurait hein !) mais c'est pas mal. Je ne sais pas ce que j'ai avec la Fantasy en ce moment, mais ça me botte ! La vie est pleine de surprises, et puis il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, n'est-ce pas ?? Oui oui je me jette des fleurs :p.

Et vous, comment vivez-vous les jours qui suivent la lecture d'un coup de coeur ? 

jeudi 10 août 2017

Enorme coup de coeur : Aeternia de Gabriel Katz

Aeternia, duologie par Gabriel Katz 

J'ai terminé en un temps record la duologie fantasy de Gabriel Katz; je lisais dès que je pouvais : dans la voiture, le soir, le midi... et pourtant pas autant que j'aurais pu, j'essayais de ne pas avancer trop vite ! Bref, plus qu'un coup de coeur, ces moments de lecture représentent pour moi un idéal. Je vous explique. Déjà c'est un roman avec des chapitres qui s'enchaînent merveilleusement, sans jamais traîner en longueur. On a donc l'impression de bien avancer. En plus de ça, une intrigue très bien ficelée, d'un bout à l'autre. Pour un roman de Fantasy, il y a très peu de surnaturel et de magie. Et enfin, des personnages extraordinaires, tellement extraordinaire que j'ai retenu tous leurs noms ou presque, et m'en souviens encore... Et ça, pour moi, c'est rare ! D'autant plus rare qu'il s'agit d'un roman de Fantasy, et que c'est un genre que je fuis comme la peste d'habitude. Bref, une véritable surprise.
Certes j'en avais beaucoup entendu parler sur les blogs et Booktube, et c'est la vidéo de Margaud sur le Fantastique et la Fantasy qui m'a faite craquer; j'étais loin de penser que ces deux romans marqueraient autant mon parcours de lectrice

Pour entrer un peu plus dans les détails :

Aeternia raconte l'histoire d'une guerre de religion : les adeptes d'un nouveau culte, le culte d'Ochin, s'opposent à la religion en place, celle de la Déesse. Rien de bien original là-dedans. Oui mais; là où l'auteur a été fort, c'est qu'il a organisé son histoire autour de l'alternance des points de vue à la troisième personne, alternance à laquelle s'ajoute le flux et le reflux de héros récurrents et de personnages de tous horizons. Ainsi le lecteur a une vision globale de tout ce qui se trame (ou presque), dans un camp comme dans l'autre. 
Je vous parlais aussi des personnages : ces derniers sont fouillés, attachants et loin de ce que j'imaginais pour un roman de Fantasy. J'ai adoré les deux héros masculins, Leth Marek et Desmeon. Le premier évolue dans le premier tome, le second est plus fouillé par la suite. Desmeon est même plus qu'un héros : c'est un combattant remarquable, un dom juan notable et un être particulièrement sensible et surtout plein d'humour. J'ai adoré ses réparties, et l'amour qu'il voue au petit chien de Leth Marek, le champion d'arènes. Dez, comme on l'appelle, est un personnage que je n'oublierai pas de si tôt, et même la fin de l'histoire nous réserve de sacrées surprises le concernant. J'ai aussi apprécié un personnage féminin, Synden, la jeune prostituée qu'on découvre dans le tome 2. Elle est courageuse, fougueuse et amoureuse de Dez. Je n'ai en revanche pas apprécié Neesydia, la jolie prêtresse fourbe à souhait sous son beau sourire. Les autres personnages m'ont bien moins interpellée, notamment Varian, le principal protagoniste du "clan" de la Déesse. C'est un arriviste finalement assez fade. Les prêtres des différents cultes sont quant à eux exécrables, uniquement interessés par le pouvoir et l'argent. Et effectivement, à travers ce roman d'actions et de complots, c'est une critique de la société et des hommes très réaliste qui nous est livrée... Il reste deux personnages secondaires que j'ai beaucoup apprécié : le Baron de Ridan pour sa bonhommie et son plaisir à voir son château reprendre vie après ses longues années de solitude, et Mae Nam, la notable qui recueille Desmeon vers la fin du dernier tome. Je l'ai trouvée chouette, distante mais avec un grand coeur. 


Je me surprends moi-même. C'est la première fois que je m'attache à autant de personnages et suis capable d'émettre un jugement à leur propos. D'habitude je lis pour l'intrigue, les pensées des personnages, les idées et les points de vue que je peux faire miens. La dernière fois que cela m'est arrivé était il y a deux ans, avec Fan Girl, roman pour lequel j'avais eu un coup de coeur ultime. Dans ce roman jeunesse, l'univers de la fac et le personnage de Cath (tiens tiens ^^) avait provoqué la magie de l'identification. Mais avec Aeternia, clairement, où serait l'identification avec des champions d'arènes et des prêtresses ? C'est donc un coup de coeur d'un autre genre, un coup de coeur pour un roman à la construction parfaite à mon sens. 

Et pour finir mon argumentaire sur ce roman idéal : je ne me suis pas pris une seule fois la tête à
comprendre et suivre l'intrigue ! Tout est fluide, on comprend tout bien, je retenais tous les évènements et suivais très bien leur enchâssement. C'est rare, très rare pour moi, qui exècre tout ce qui touche à des intrigues politiques et religieuses. Gabriel, je ne sais quel est ton secret, mais je te tire mon chapeau !

Bref, je conseille ce livre à tous, jeunes, vieux, amateurs de polars, romances ou quoi que ce soit. Je pense que tout le monde peut aimer. Et c'est un roman que je vais prêter, offrir, conseiller, bref, en plus d'un roman idéal à lire, c'est le livre idéal à partager. 

PS : j'ai joint à mon article les images des éditions de Poche, et je dois dire que la couverture du premier tome est complètement décevante et surtout ne reflète en rien la grandeur du roman, comme pouvait le faire la version originale. J'ai préféré celle du tome 2, même s'il y a aussi à redire. 

dimanche 6 août 2017

C'est dimanche, qu'est-ce qu'on lit sous le para(pluie)sol ?

Le bilan hebdomadaire :)

Un roman que je n'ai pas terminé :

« C’est moi qui ai tué Emerence. Je voulais la sauver, non la détruire, mais cela n’y change rien. » La Porte est une confession. La narratrice y retrace sa relation avec Emerence Szeredás, qui fut sa domestique pendant vingt ans. Tous les oppose : l’une est jeune, l’autre âgée ; l’une sait à peine lire, l’autre ne vit que par les mots ; l’une est forte tête mais d’une humilité rare, l’autre a l’orgueil de l’intellectuelle. Emerence revendique farouchement sa liberté, ses silences, sa solitude, et refuse à quiconque l’accès à son domicile. Quels secrets se cachent derrière la porte ?

J'ai acheté ce roman il y a quelques mois, suite à la lecture du résumé mais aussi en raison du bandeau estampillé Pennac, et puis de la couverture, que je trouve très belle. J'ai commencé ma lecture et ai découvert un univers auquel je ne m'attendais pas : désuet, clos sur lui-même et un peu fantastique. Je pensais que la relation entre la narratrice et sa domestique serait plus détaillée, plus psychologique. Mais en réalité, l'auteur brosse le portrait de l'étonnante Emerence à travers les yeux de la romancière. Je n'ai pas eu le courage de poursuivre ma lecture, pourtant bien commencée, à cause de la lenteur de certains chapitres, orientés sur le passé d'Emerence ou bien sur celui d'autres personnages. Encore une fois, dès qu'il s'agit d'Histoire ou bien d'illustration culturelle et politique, je me lasse... 
J'ai quand même laissé un marque-page dans le roman, parce que cette histoire de porte m'intrigue beaucoup... D'autant plus que je viens de lire qu'en réalité le roman a une dimension auto-biographique. Cette Emerence quasiment mythologique aurait existé dans la vie de l'auteur. C'est donc un roman qui joue avec le suspense, ce qui fait qu'on peut avoir bien envie de le continuer !

Un coup de coeur :



Le premier roman d'une jeune auteur auto-éditée, donc je vous fait l'apologie dans cette chronique.

Ma lecture en cours : 


Suite à la vidéo de Margaud, j'ai eu envie de me lancer dans cette duologie dont j'entends parler depuis longtemps, Aeternia. J'ai commencé le tome 1 hier soir, et j'avance très vite. Je ne boude pas mon plaisir, alors que d'habitude j'ai du mal avec la Fantasy. Mais là, comme le laissaient présager tous les bons avis que j'ai entendu, on ne s'ennuie et ne s'embrouille pas un instant ! Pourvu que ça dure :p.


J'ai acheté la version Poche (comme souvent !) mais je vous mets la couverture du grand format, qui est beaucoup plus belle. Dommage pour l'édition Pocket d'ailleurs...
  

samedi 5 août 2017

Coup de coeur pour un premier roman : Les douceurs d'Adrien, Céline Theeuws

Il y a une semaine environ, j'ai reçu un mail sur la page Facebook du blog : Céline Theeuws, une jeune auteur auto-éditée. Elle me demandait si je voulais recevoir son livre dédicacé. J'ai rapidement lu le résumé : 

Louise, une romancière atteinte de troubles obsessionnels compulsifs qui vit recluse dans son appartement parisien va faire la rencontre d’Adrien, un pâtissier créatif qui puise son inspiration dans la rue et dans les livres. Fermement décidée à ne jamais ouvrir sa porte, elle va se heurter à la détermination du jeune homme qui va s’insinuer progressivement dans son quotidien monotone rempli de rituels. Avec tendresse et humour, ce roman montre la difficulté de rompre avec un équilibre de vie douloureux mais bien installé.

Je me suis dit qu'une héroïne romancière me plairait certainement, et que même si ça semblait un peu léger, un peu chick-litt, je pouvais tenter ma chance. Je l'ai donc reçu peu après dans ma boîte aux lettres. Le livre est mignon, épuré, un peu girly vu comme ça, mais agréable. Et j'ai commencé ma lecture. 

Presque immédiatement j'ai été happée par le personnage de Louise. Cette jeune femme sensible, romancière en plus de cela, et qui voit sa vie dévorée par les tâches ménagères m'a émue. J'ai trouvé que l'auteur parvenait très bien à rendre compte de ses tocs, dans une juste mesure : suffisamment précis pour qu'on se rende compte du calvaire qu'elle s'impose, suffisamment mêlé au reste de l'histoire pour qu'on n'en fasse pas une overdose. 

A la lecture du résumé, je craignais plusieurs choses : que l'aspect tocs soit traité de façon expéditive, et que la jeune femme en guérisse très vite grâce à l'amour (un peu cliché). Et aussi qu'elle soit très rapidement libérée de ses troubles et que la moitié du roman soit consacrée à l'histoire d'amour avec Adrien. Or il n'en est rien, si ce n'est qu'il est vrai que tout de même Louise sera sauvée par l'amour, mais de manière douce et progressive. Par ailleurs le personnage d'Adrien est attachant, gentil sans trop en faire. Comme le laisse penser le résumé, je croyais que la place de la pâtisserie serait plus prégnante, un peu étouffante, comme un excès de sucre; en définitive, le tout est très bien dosé. J'ai d'ailleurs dégusté ce livre lentement mais sûrement, appréciant l'évolution du personnage mais également la plume de l'auteur. Céline Theuuws s'amuse à user de termes désuets ou peu usités, arrogance coquette de notre recluse volontaire. J'ai apprécié cela, d'autant que la narratrice est une romancière reconnue. 
Concernant les tocs, comme je vous le disais, le trouble est bien rendu, avec un très bon dosage. J'ai énormément appris grâce à la lecture de ce livre. Les angoisses de Louise l'obligent à astiquer pendant des heures, laver et relaver ses vêtements, lessiver les commissions qu'elle se fait livrer et surtout à vivre enfermée chez elle pour qu'aucun microbe ne puise s'y introduire. Le roman est en cela extrêmement bien fait, puisqu'on se rend compte du quotidien de la jeune femme, à laquelle je ne savais d'ailleurs pas donner d'âge au début du roman, forte qu'elle était de son vocabulaire châtié et de ses petites habitudes immuables, finalement sources d'une solitude douloureuse. On s'attache très facilement au personnage dans ce huis-clos qu'est son appartement; on la suit dans ses tâches quotidiennes, puis dans la rédaction de son nouveau recueil de nouvelles. L'amour avec Adrien naît peu à peu, mais ça n'est pas tant cela que son retour à la vie qui est au coeur de l'histoire. 

Je crois que c'est tout cela qui fait que j'ai été très touchée par le roman : la capacité de résilience de Louise, l'illustration tout en douceur d'un trouble que je n'avais jamais vu traité dans la littérature auparavant, et la magie de l'inspiration venue du sucre et de l'amour. 

J'ai bien entendu été un peu surprise par certains choix de rédaction ou par certains épisodes, et j'ai eu la chance d'échanger avec l'auteur elle-même. Ceci dit, pour un premier roman, rédigé en un mois, sur une inspiration fulgurante, je dois dire que la qualité est véritablement au rendez-vous.

Pour finir cet article, je voudrais remercier Céline Theeuws : tout d'abord pour ce roman qui m'a beaucoup touchée, et qui je l'espère touchera d'autres lecteurs d'ici peu. Et ensuite pour les échanges que nous avons eus, et que nous continuerons d'avoir, je l'espère. Elle a su répondre à mes questions, et surtout, elle est pour moi une preuve que tout est possible (elle me comprendra :p). 

mardi 1 août 2017

Broadway Limited, Malika Ferdjoukh

Broadway Limited, Un dîner avec Cary Grant, Malika Ferdjoukh

Après avoir entendu beaucoup de bien de ce roman, nous avons décidé avec ma collègue de l'acheter pour le CDI et j'ai profité des vacances pour le lire (c'est tout de même un pavé de presque 600 pages !). Avant de commencer ma lecture, je me disais que le nom de l'auteur me disait quelque chose, mais impossible de remettre un titre dessus. J'ai donc commencé ma lecture en me fiant au résumé...

Normalement, Jocelyn n'aurait pas dû obtenir une chambre à la Pension Giboulée. Mrs Merle, la propriétaire, est formelle : cette respectable pension new-yorkaise n'accepte aucun garçon, même avec un joli nom français comme Jocelyn Brouillard.

Et puis j'ai lu les premières lignes.

La jeune fille ouvrit la porte au jeune homme. Un essaim de feuilles rouges s'engouffra aussitôt à l'intérieur de la maison tel un gang de sorcières à l'affût. 
La jeune fille était brune et sans doute souriait-elle. Difficile d'en être sûr à cause de la sphère en bublle-gum rose, d'un diamètre épanoui, qui lui poussait au milieu de la figure. 

J'ai de suite reconnu quelque chose, un style, des décalages, une poésie. Et ça y était : la série des Quatre Soeurs, mais bien sûr ! Le style inimitable de Malika Ferdjouk ne trompe pas, si décalé, drôle, empirique parfois, et surtout très reconnaissable. 
J'ai poursuivi ma lecture encore plus ravie que je ne l'étais, heureuse de retrouver un univers qui fasse écho à celui des soeurs. Le contexte est toutefois très différent : l'intrigue se passe en 1948, en Amérique, peu après les conflits qui ont secoué le monde. Jocelyn arrive de France, avec son aura différente, un peu fantasmée, aux odeurs de Paree. Il n'a pas de difficultés à se faire une place au milieu de toutes ces femmes à la pension Giboulée; elles sont toutes adorables (ou presque). Chacune a une vie dense, très occupée, par les hommes et les arts. Les chapitres s'enchaînent et on découvre petit à petit et de mieux en mieux Manhattan, Chic et quelques autres filles aux prénoms improbables. On les suit dans les nuits américaines, les cafés, bars, drugstores et autres clubs, où chacun doit batailler pour se faire une place. Jocelyn lui aussi construit sa vie autour du paino, des filles et de Thédora. L'histoire qui m'a le plus touchée dans ce premier tome est celle d'Hadley, deux ans plus tôt, et sa rencontre avec un soldat dans le Broadway Limited, ce train qui donne son titre au roman. 

Ce premier tome a été assez long à lire, sans doute en raison du style si particulier qui nous déroute à tout moment avec ses hypallages (alliance de mots incompatibles), métaphores et autres figures acrobatiques. Et puis en raison des nombreux personnages aux noms déroutants. La lecture qui en résulte est donc d'une certaine manière doublement plaisante, puisqu’à une jolie histoire s'ajoute un style unique  ; toutefois j'ai moins apprécié les histoires des personnages de la pension que je n'avais pu aimer celles de Geneviève, Charlie et les autres sœurs. Je me suis beaucoup moins attachée aux personnages. Il n'empêche que je lirai le second tome avec plaisir, quand il sortira, surtout pour retrouver l'univers si particulier, si éthéré et fantaisiste de Malika Ferdjoukh.

En complément, le très bon article (comme toujours !) de Marinette.