samedi 18 février 2017

Pennac, Frain et Emma

Bonjour chers lecteurs !
Je reviens vers vous pour vous parler de deux lectures. J'aurais voulu ne poster que l'article concernant la Lecture Commune (vous savez avec qui !) mais je lis plus que je ne prends le temps de poster, donc je joints un autre roman à la chronique. J'espère que vous me pardonnerez cet éclectisme, calculé ceci étant :p

Marie Curie prend un amant, Irène Frain
Avec Emma, nous avons découvert par hasard que nous avions toutes les deux ce roman chez nous. Alors on s’est dit qu’on allait enfin faire une lecture commune ! Depuis le temps qu’on se connait, il était temps J
Et le livre était parfait, avant même de l’avoir lu. En effet, on avait toutes les deux adoré Beauvoir in Love de la même auteure, alors ça ne pouvait qu’être pas mal. Nous nous sommes donc lancées dès que nous avons toutes les deux été disponibles. Pour parfaire l’expérience, on a décidé de communiquer par texto puisque, je l’avoue, je ne vérifie pas toujours mes mails, par flemme d’attendre que l’ordinateur s’allume (je suis une impatiente, je sais… j’essaie de me soigner, surtout pour la musique … les silences et les blanches ne sont pas mes amis !). Bref, on s’est envoyé des textos pendant la lecture et c’était chouette !

Parlons un peu du roman maintenant. Comme le titre l’indique, il va s’agir de Marie Curie, l’éminente scientifique. L’auteur nous fait découvrir sa vie avec Pierre, ses recherches sur le radium, son acharnement au travail. Mais ce sur quoi elle va surtout insister, c’est sur le tournant de son existence après la mort accidentelle de Pierre, l’amour de sa vie. Après ça, elle va continuer ses recherches, obtenir un second prix Nobel et surtout, prendre un amant. Le choix du verbe dans le titre est étonnant d’ailleurs. Elle aurait pu écrire « a un amant », mais non ; elle « prend ». Et je trouve finalement que c’est assez représentatif du tempérament de la dame : une battante, qui ne se laisse pas dicter sa vie. Elle est le maître de son destin. Non pas qu’elle lui soit douce et facile cette vie ; elle doit lutter pendant cette période contre l’opinion, tous ces gens qui s’acharnent sur elle parce qu’elle est une femme, qu’elle obtient des titres réservés aux hommes et surtout, qu’elle est une veuve qui ne s’enlise pas dans le chagrin. Son adultère a défrayé la chronique ; on ne lui a pas pardonné cet égarement face aux « bonnes mœurs ». D’autant que Paul est un homme marié, avec des enfants, et plus jeune qu’elle. Et qu’il est un ancien élève de Pierre, même un ancien disciple.
Avec Emma on a beaucoup aimé découvrir l’enquête de l’auteur pour essayer de percer le mystère de l’engouement né autour de ce couple. Que recherchait Marie en Paul ? Un autre Pierre ? Un autre compagnon de recherche ? Une aventure pour pimenter la quarantaine ? Paul est un personnage étonnant d’ailleurs : battu par sa femme, il n’ose jamais la quitter, même pour sa passion avec Marie. Marie qui le « prend » presque littéralement, puisque lui est étonnamment passif dans cette histoire.
« Marie Curie prend un amant » aurait aussi pu être le titre d’un journal à scandale comme il en fleurissait à l’époque. ça sonne choc, ça heurte l’opinion, ça fait vendre. Etonnant donc tout ce tapage médiatique, qui est d’ailleurs ce qui a mené Irène Frain sur cette enquête. On a beaucoup aimé le ton employé par l’auteur, qui nous implique dans ses recherches. Ce que j’ai moins apprécié par moment, c’est l’aspect un peu catalogue de la succession des évènements de la vie de Marie ; mais c’était je pense un passage obligé, on ne pouvait cerner la femme sans cerner la science et les recherches.

J’ai passé de bons moments de lecture et surtout de très bons moments d’échanges avec Emma. A chaque fois c’est très riche, et je l’en remercie. Au plaisir d’en faire une prochaine ensemble J


Le cas Malaussène, tome 1, Daniel Pennac
« Ils m’ont menti »

Quand j’ai découvert par hasard en regardant la Grande Librairie que Pennac venait de sortir un nouveau roman, je me suis tout de suite dit que je le lirai. J’ai donc profité des chèques Livres qu’il me restait de Noël pour l’acquérir J et le lire, presque dans la foulée.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas la série des Malaussène (comment peut-on ne pas connaître ne serait-ce que la Fée Carabine ?!), je vous explique. Il s’agit d’une famille un peu étrange, dont l’aîné est Benjamin, bouc émissaire de son état. Il a plusieurs frères et sœurs, tous aux noms plus ou moins poétiques (Gervaise, Le Petit, C’est un Ange), un chien Julius, une femme Julie et des enfants (Monsieur Mallaussène, Verdun et d’autres). Ils vivaient à Belleville et ont vécu des aventures plus racambolesques les unes que les autres. Mais voilà maintenant Benjamin exilé à la campagne, dans le Vercors, et ses enfants partis aux quatre coins du monde. Il travaille toujours pour les éditions du Talion, avec la Reine Zabo, et produit des vévés : auteurs de Vérité Vraie. Dans tout ce mic-mac, voilà qu’apparaît le gérant de l’industrie LAVA (gestions des eaux usées), qui se fait enlever. Et c’est Verdun, juge de son état, qui est chargée de l’affaire.

Vous êtes un peu perdus ? Rien de plus normal. C’est tout le temps comme ça avec Pennac et Benjamin Malaussène. Et c’est ce qu’on aime : chercher le sens d’une expression, d’un nom, le lien d’un évènement avec le reste, ce qui lie les personnages, bref, on essaie de comprendre la logique souvent oulipienne de l’auteur. C’est ce que j’avais adoré ado, quand je lisais avec avidité les aventures de cette fratrie sans pareille : chercher le lien. Dans ce nouvel opus, mon avis est plus mitigé.

J’ai été heureuse de retrouver tous ces personnages dont je me suis surprise à ne pas avoir oublié les noms, à 10 ans d’écart. Pour nous aider, l’auteur nous laisse d’ailleurs un glossaire à la fin du livre. J’avais adoré Gervaise, Van Thian, Julius, Julie, C’est un Ange et les autres. Beaucoup de policiers aussi, dont je me souvenais des noms mais pas des fonctions. Mais disons-le, se référer au glossaire sans arrêt est un peu pénible. Heureusement que ça n’est pas nécessaire tout du long. Ensuite j’ai bien aimé les nouvelles aventures de la famille. Elles sont amusantes bien que tarabiscottées. La séquestration du chef d’entreprise est assez savoureuse, les recherches qui vont avec aussi. Et enfin j’ai adoré tout ce qui touchait à l’écrivain Alceste, détesté par sa famille pour avoir publié un livre racontant leur histoire aux éditions de la Reine Zabo. Pennac illustre avec ce cas, et avec beaucoup d’ironie, ce qu’est la biographie aujourd’hui, et la volonté de faire vrai. Le sous-titre du roman, « ils m’ont menti » est également celui du livre d’Alceste, qui accuse ses parents (qui se révèleront adoptifs) de lui avoir menti sur ses origines, en racontant à leurs enfants des tas d’histoires. Mais ce sous-titre a évidemment aussi un autre sens… !
Pennac c’est donc toujours un méta-texte, des romans qui parlent en creux de littérature et jouent avec elle, ce que j’adore. Mais j’ai moins accroché à l’histoire que je ne l’aurais cru. Je n’ai pas été embarquée avec Benjamin comme il y a dix ans. A quoi cela est-il du ? Je n’en sais rien, il faudrait que je relise les autres pour vous le dire ; ce que je ferai sans doute un jour. Ce roman a eu en effet ce beau mérite : me replonger dans un de mes meilleurs souvenirs de lecture !


12 commentaires:

  1. Il faudrait vraiment que je relise du Pennac. J'ai lu la Fée Carabine il y a longtemps, mais je n'avais pas adhéré. Sans doute parce que ce n'était pas le bon moment. Il va falloir que je me plonge un peu dans ce qu'il a écrit pour enlever ce sentiment mitigé qui me reste.

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    1. Je crois qu'on adore ou qu'on déteste Pennac; c'est tellement particulier !
      Je serai contente de lire ton avis en tout cas.

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  2. Cette lecture commune était vraiment chouette et ce serait un plaisir d'en faire une nouvelle avec toi :) J'aime beaucoup ce que tu dis sur le titre et le verbe "prendre". Je te rejoins complètement dans cette analyse. J'ai été moins gênée que toi par l'aspect catalogue que tu évoques. J'ai trouvé que ça restait bien rythmé. De mon côté ce fut un coup de coeur !

    Je n'ai pas lu la série Malaussène mais j'avais vu l'adaptation cinématographique d'il y a quelques années (parce que l'acteur Raphaël Personnaz y joue Benjamin, et j'adore cet acteur !) et j'avais beaucoup aimé l'univers loufoque de Pennac.

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    1. J'ai adoré aussi cette lecture commune et je pense vraiment qu'on devrait en refaire (cf comm infra :p)
      Je ne connais pas du tout cette adaptation des Malaussène, je ne savais même pas qu'elle existait :). Merci de l'info !

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  3. J'allais oublier : je suis touchée de figurer aux côtés de Frain et Pennac dans le titre de ton article !

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    1. Ahah oui ^^
      Une prochaine fois on se fait une lecture de Marcel, comme ça ton nom figurera près du tien ^^ (idée clin-d'oeil, mais on pourrait vraiment lire un tome de la Recherche en commun !). On en reparle, peut-être peut-on garder ce projet pour l'été.

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  4. Je suis une grande adepte de Daniel Pennac mais je n'ai toujours pas lu la saga des Malaussène... Shame on me ! Du tout je vais clairement attendre pour son dernier roman

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    1. Oui il faut que tu lises les autres pour comprendre :).J'espère que tu aimeras cette série aussi.

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  5. Je me garde le Pennac précieusement pour un moment coup de mou...je me pose même la question de relire toute la saga avant!

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  6. Et j'ai loupé cet article aussi ! Shame....
    En même temps... Je pense que tu va te douter de se qui va suivre ^^ Je ne pense pas que le premier soit fait pour moi :/ Oui, je sais, je devrais peut-être parfois m'ouvrir à de nouveau truc mais j'ai la flemme et pas la patience non plus :p
    Quand à Monsieur Pennac, je ne connais pas... Je devrais peut-être être honteux ?? Enfin bref, du coup je ne jugerais pas

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    1. Lol tu es gentil de commenter :p
      Mais tu devrais essayer Pennac, ça pourrait te plaire. Même si ça n'est pas une lecture hyper facile.

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